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Union des républiques socialistes soviétiques [URSS]

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Publié le : 13/4/2013 -Format: Document en format HTML protégé

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Union des républiques socialistes soviétiques [URSS]
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1   PRÉSENTATION

Union des républiques socialistes soviétiques [URSS], (en russe, Soïouz Sovetskikh Sotsialistitcheskikh Respoublik), État fédéral né de la révolution russe d’octobre 1917, proclamé en 1922 et dissous en 1991, à la suite de la perestroïka mise en place par Mikhaïl Gorbatchev et dans l’élan des révolutions démocratiques de 1989.

Durant cette période, l’URSS regroupait quinze Républiques en Europe orientale et en Asie centrale et septentrionale, sur le territoire de l’ancien Empire russe. Avec une superficie de 22 400 000 km2, elle était le plus grand État du monde et la deuxième grande puissance avec les États-Unis — en 1989, l’URSS comptait 289 millions d’habitants. Mais elle était aussi, et avant tout, le laboratoire d’un communisme d’État assimilé aux régimes totalitaires du xxe siècle (marqué par la personnalité de Staline) et l’un des deux grands protagonistes, avec les États-Unis, de l’histoire des relations internationales au temps de la guerre froide et de la coexistence pacifique.

2   LA RUSSIE SOVIÉTIQUE ET L’URSS SOUS LÉNINE (1917-1924)
2.1   L’établissement du nouveau régime

Dès le 26 octobre 1917, dix jours après que le Comité central du Parti bolchevique a approuvé l’appel de Lénine à la prise du pouvoir par une « insurrection armée «, qui vient d’éclater la veille, le IIe Congrès pan-russe des soviets souligne les orientations du nouveau régime à travers une série de décrets : décret « sur la paix « (par lequel la Russie se retire de la Première Guerre mondiale et « invite toutes les nations belligérantes et leurs gouvernements à ouvrir sans délai les négociations d’une juste paix démocratique «) et décret « sur la terre « (qui abolit la grande propriété foncière sans indemnités et met toutes les terres à disposition des paysans). Suit le décret « sur les nationalités « qui proclame le droit des peuples de Russie à l’autodétermination, et permet à l’Ukraine, à la Finlande, à l’Arménie russe et à la Pologne d’obtenir leur indépendance. En décembre sont promulgués le décret sur les entreprises industrielles — elles passent sous le contrôle des ouvriers et des employés, et sous la surveillance du Conseil supérieur de l’Économie nationale (VSNKh en russe) —, ainsi que le décret sur la nationalisation des banques et des fleurons de l’industrie, telles les usines Poutilov de Moscou.

Le Conseil des commissaires du peuple (en russe Sovnarkom) constitué en gouvernement prend une nouvelle série de mesures au cours de l’année 1918 : abolition des grades, titres et décorations de l’Ancien Régime ; séparation de l’Église et de l’État ; création de l’Armée rouge ; proclamation de l’égalité entre hommes et femmes ; poursuite des nationalisations ; adoption du calendrier occidental. Présidé par Lénine, il comprend notamment Trotski aux Affaires étrangères et Staline aux Nationalités.

La Constitution soviétique, ratifiée le 10 juillet 1918, institue l’ensemble de ces mesures. Son principal élaborateur, Sverdlov, s’appuie sur les grandes lignes constitutionnelles esquissées au IIIe Congrès des soviets qui, en janvier 1918, a proclamé la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) et voté la « Déclaration des droits du peuple travailleur et exploité «, reprise en préambule de la Constitution.

Dans l’année qui suit la révolution d’Octobre, les bolcheviks, menés par Lénine et le Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), commencent à s’emparer des rouages du pouvoir. Ils se heurtent, cependant à l’opposition croissante de ceux qui avaient refusé de lutter contre eux en octobre 1917 (sociaux-révolutionnaires [S-R], cadets et mencheviks de l’ex-Assemblée Constituante), malgré les appels à la résistance contre-révolutionnaire de Kerenski. Aussi, progressivement, les bolcheviks entreprennent-ils d’écarter ces interlocuteurs.

2.2   Faire la paix pour pérenniser la révolution

Mais pour perdurer, le nouveau pouvoir révolutionnaire doit, avant tout, solder la question de la guerre. La conclusion de la paix est une priorité pour le nouveau régime s’il veut accroître son autorité et que la Révolution soit pérenne. En effet, l’ex-Russie est un pays dévasté, qui porte le deuil de millions de morts et où plane en permanence la menace d’offensives contre-révolutionnaires d’envergure. Plus profondément, la crise sociale et politique que connaît la Russie depuis la fin du xixe siècle et la Révolution de 1905 ont été les ferments premiers de la Révolution ; or cette crise lui survit, amplifiée par la pénurie subséquente aux réquisitions de guerre. Cette tension endémique est dangereuse, de même, d’ailleurs, que les réactions de l’armée, disloquée par la Révolution et la guerre. Dans un contexte tendu, la guerre civile, amorcée en 1917, risque à tout moment de s’aggraver et de mettre le régime en péril.

La paix est donc une première étape indispensable avant de « pacifier « le pays lui-même. Des pourparlers d’armistice sont engagés à Brest-Litovsk le 3 décembre 1917 entre les Empires centraux (austro-allemands) et la délégation russe menée par Trotski. Celle-ci, fidèle à la ligne de conduite adoptée lors du congrès de Zimmerwald (1915) et aux termes du décret sur la paix, souhaite une « paix sans annexion et sans contribution «. D’accord sur le principe, les Austro-Allemands exigent toutefois, en justifiant leur requête par le droit des peuples à l’autodétermination, que les territoires de l’Empire russe occupés par leur armée leur reviennent (Galicie, Lituanie, Lettonie, Estonie, Pologne). Face à ces conditions draconiennes, les dirigeants bolcheviques sont divisés. Convaincus de l’imminence de la révolution prolétarienne en Allemagne et en Hongrie et soucieux d’asseoir l’autorité du gouvernement soviétique, Lénine, Zinoviev et Staline préfèrent la signature d’une paix séparée, aux conditions de l’Allemagne, même injustes, pour « sauver la révolution russe «. Au contraire, Nicolaï Boukharine et les S-R préconisent une guerre révolutionnaire pour « la défense commune de la terre russe et du prolétariat mondial «. Quant à Trotski, partisan de l’adage « ni guerre, ni paix «, il souhaite que la Russie se retire unilatéralement du conflit en démobilisant son armée et sans signer la paix.

Le 27 janvier 1918 survient le problème ukrainien qui complique davantage les choses : des délégués de la Rada (assemblée nationale ukrainienne), hostiles aux bolcheviks, signent une paix séparée avec les Austro-Allemands en leur demandant une protection militaire contre Moscou. Trotski met alors fin aux négociations (10 février), annonçant : « Nous retirons de la guerre notre peuple et notre armée. (…) Nous déclarons que l’état de guerre a pris fin entre les Empires centraux et la Russie. « Mais, à la suite d’une nouvelle offensive militaire allemande et d’une menace grandissante des armées européennes de l’Ouest (même si elles sont censées contrer les Allemands), les Soviétiques sont contraints de signer le traité de Brest-Litovsk (3 mars). Celui-ci impose des conditions désastreuses à la Russie : en premier lieu, perte de l’Ukraine, des pays baltes et de la Pologne notamment, abandon de toute prétention sur la Finlande, cession de Kars, de Batoum et d’Ardahan à la Turquie (au total, 800 000 km2, 26 p. 100 de la population de la Russie, 32 p. 100 des récoltes et près de 75 p. 100 de la production industrielle russe perdus). En second lieu, la Russie doit payer de très lourdes indemnités de guerre à l’Allemagne (6 milliards de marks-or) et s’abstenir de toute propagande dans les Empires centraux.

2.3   La situation politique intérieure au lendemain de la paix

La signature du traité de Brest-Litovsk a des conséquences en politique intérieure : les sociaux-révolutionnaires (S-R), qui ont jusqu’alors collaboré avec les Bolcheviks, dénoncent le traité comme une trahison à la cause révolutionnaire et quittent le gouvernement (16 mars). Leur opposition prend une forme violente connue sous le nom de « Terreur Blanche « : assassinat de l’ambassadeur d’Allemagne en Russie (6 juillet 1918), dans le dessein de pousser les Allemands à rouvrir les hostilités ; mutinerie de Moscou (6-7 juillet 1918) ; attentat contre Lénine (30 août).

Les Bolcheviks, qui ont entre-temps rebaptisé le POSDR « Parti communiste « (PC, 8 mars), inaugurent alors l’ère des représailles : c’est le début de la « Terreur rouge «. Elle aboutit à la disparition physique et politique du parti social-révolutionnaire. Nombre d’opposants sont exécutés, ainsi que le tsar Nicolas II et sa famille (17 juillet 1918). Peu à peu, les partis non bolcheviques sont éliminés, interdits, absorbés par le PC. L’Union soviétique devient un État à parti unique.

Dans la foulée et indissociablement, des outils d’État et des procédures sont mis en place pour bâillonner toute velléité sécessionniste et / ou d’opposition. Hormis la censure qui pèse sur la presse, la création de la Tcheka (« commission extraordinaire de lutte contre le sabotage et la contre-révolution «, police politique qui succède à l’Okhrana tsariste), le 7 décembre 1917, annonce d’emblée que les hommes au pouvoir ont un sens de la démocratie assez restrictif.

2.4   La guerre civile et l’intervention étrangère
2.4.1   La révolte blanche

À cette politique coercitive n’est pas étrangère, bien sûr, la situation de guerre civile qui s’affirme à partir de la naissance de l’Armée volontaire recrutée en pays cosaque par les généraux antibolcheviques Alexeev et Denikine (novembre 1917). Une autre armée se forme en Sibérie occidentale autour d’un contingent de 45 000 anciens prisonniers de guerre tchèques, armés par une partie de l’ex-gouvernement libéral tsariste pour combattre l’Allemagne. En effet, à peine signé, le traité de Brest-Litovsk est violé par l’Allemagne et par l’Autriche qui envahissent l’Ukraine, la Géorgie et la Crimée (avril 1918). Les Britanniques, hostiles au régime bolchevique depuis le traité de paix qu’ils considèrent comme une trahison, apportent leur soutien militaire aux armées blanches. Ils occupent Mourmansk (mars 1918), puis Arkhangelsk (août 1918) à l’extrême nord de la Russie, dans le but de contrer l’avancée allemande sur Petrograd (aujourd’hui Saint-Pétersbourg). Ils convainquent les Japonais, aidés d’un corps expéditionnaire américain, d’occuper Vladivostok en Sibérie orientale (avril 1918), avec pour objectif de réactiver le front oriental.

Dans le même temps, Kornilov mène un soulèvement au Kouban et l’ancien chef du gouvernement provisoire de mars 1917, le Prince Lvov, prend la tête d’un gouvernement en exil à Pékin. En septembre 1918, les différents gouvernements « blancs « se coalisent lors de la conférence d’Omsk en Sibérie. Mais, en novembre, l’amiral monarchiste Koltchak (mandaté par les Anglais pour lever une armée d’Extrême-Orient) prend le commandement de l’armée blanche et se proclame « Régent suprême de Russie «. Très vite, il ne maîtrise plus la situation, et d’autres armées contre-révolutionnaires, plus modestes, se forment au nord-ouest, au nord et en Sibérie orientale, accroissant encore l’instabilité du pays.

Rapidement, les contingents français débarqués à Odessa (décembre 1918) se retirent sans avoir combattu. Les Britanniques restent jusqu’à l’automne 1919. Leur soutien aux forces antibolcheviques se limite surtout à une aide financière et à du matériel militaire.

Ainsi, la vaste opération contre-révolutionnaire redoutée par le pouvoir russe n’a pas eu lieu. Devant ces multiples assauts, Moscou a réagi très tôt du reste, en fondant l’Armée rouge (15 janvier 1918). Initialement composée de 100 000 volontaires paysans et ouvriers, elle réunit, au plus fort du conflit, près de cinq millions d’hommes.

2.4.2   La victoire du « communisme de guerre «

Entre l’été 1918 et la fin de l’année 1920, le pays et le régime vivent donc au rythme de la guerre civile. Le « communisme de guerre «, défini par Trotski comme « la réglementation de la consommation dans une citadelle assiégée «, tente d’endiguer, par la réquisition et une mobilisation massive, les multiples offensives contre-révolutionnaires.

Les batailles décisives ont lieu en 1919 : au printemps, Koltchak lance une offensive contre Moscou. Il atteint les rives de la Volga. L’Armée rouge l’y stoppe et le contraint au repli. Son armée se désintègre rapidement. Lui-même est arrêté et exécuté (7 février 1920). En octobre-novembre, l’armée volontaire du général Denikine rejoint Orel, à 250 km au sud de Moscou. Mais elle est repoussée vers la mer Noire, à l’issue de rudes combats.

En avril 1920, la Pologne lance une nouvelle offensive, avec le soutien de quelques divisions biélorusses commandées par le baron Petr de Wrangel. Mais ces troupes sont vaincues à l’automne et doivent abandonner la Biélorussie et l’Ukraine. Le traité de Riga (mars 1921) fixe la frontière soviéto-polonaise.

La RSFSR entre alors dans une période plus faste. L’évacuation des Britanniques et des Allemands permet aux Soviétiques de réfuter le droit à l’autodétermination proclamé en 1918 et de s’emparer, en 1920-1921, de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie, de la Géorgie et du Turkestan. Enfin, les Japonais quittent Vladivostok en octobre 1922.

Malgré des désertions massives, l’Armée rouge sort victorieuse de la guerre civile, grâce surtout à la qualité de son organisation et à sa supériorité en nombre et en matériel (hérité de l’époque tsariste). À l’inverse, entièrement dépendantes de l’aide des puissances étrangères, les armées blanches ne peuvent que faire illusion.

Au début de l’année 1921, la guerre civile est terminée et le régime, malgré la haute tension qui demeure, a consolidé son pouvoir.

2.4.3   Consolider le régime

La crise économique, endémique, s’est du reste aggravée. Le « communisme de guerre « (nationalisation de l’industrie et des transports, réquisition des produits agricoles), laisse l’économie exsangue. Cette crise socio-économique entraîne des flambées contestataires qu’illustrent de nombreuses révoltes paysannes dans tout le pays et l’insurrection des marins de Kronstadt (mars 1921), violemment réprimée.

Pour trouver une issue à cette situation, Lénine, contre l’avis des trotskistes, instaure la Nouvelle politique économique (NEP) en mars 1921. D’inspiration capitaliste, cette politique, longuement discutée lors du Xe Congrès du parti, entend réduire les réquisitions sur les produits agricoles et dénationaliser les petites entreprises industrielles et liées au commerce intérieur, ce qui, selon Lénine, doit permettre l’accroissement de la production agricole et industrielle. Les effets sociaux et économiques de la NEP s’avèrent rapidement autres : le nivellement des revenus ruraux s’accentue, la misère (famine de la Volga, en 1921-1922) et le « banditisme rouge « sévissent.

À cette politique économique aux résultats peu convaincants est associée une politique de musellement du pays. À la mort de Sverdlov, en mars 1919, le VIIIe Congrès décide, outre la radicalisation de sa ligne anticapitaliste et le développement du prosélytisme pro-communiste, de réorganiser la direction du PC. Désormais, le pouvoir est entre les mains d’un collège, le politburo (« bureau politique «), composé de cinq membres (Lénine, Trotski, Staline, Kamenev et Krestinski), élu par le Comité central, lui-même désigné par le Congrès des soviets. Mais l’illusion de la collégialité apparaît clairement en 1921-1922, lorsque le PC devient parti unique et que la règle de l’écrasement de l’antisoviétisme domine tout rapport à la contestation. C’est au PC seul, qui règne en maître sur l’État, qu’est donc dévolu le règlement de la crise dont le pays peine à sortir.

2.4.4   La formation de l’URSS

L’autre événement majeur de la période est la naissance, le 30 décembre 1922, de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) issue du traité qui réunit la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) et les trois républiques d’Ukraine, de Biélorussie et de Transcaucasie. Staline supervise un projet de confédération et une nouvelle Constitution, ratifiée en janvier 1924, est promulguée. Du point de vue formel, elle consacre l’idée d’une union de républiques égales en droit et souveraines. Le gouvernement central garde toutefois le contrôle des affaires étrangères, de la défense et de la planification économique. La Constitution proclame le droit des républiques à la sécession, mais aussi la possibilité d’adhésion de nouvelles Républiques socialistes, créées par promotion interne ou du fait d’une extension du territoire. Entre 1924 et 1929, plusieurs remaniements territoriaux modifient le profil de l’URSS : scission de la Transcaucasie en trois Républiques (Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan), formation des républiques du Kazakhstan et de l’Asie centrale, intégrées jusqu’alors à la RSFSR ; puis, avec le partage de l’Asie centrale, création des républiques du Turkménistan et de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan et de la Kirghizie. Après la Seconde Guerre mondiale, l’URSS comptera au total quinze républiques associées.

L’URSS ainsi constituée peut « normaliser « ses relations internationales. Elle réintègre progressivement la communauté des nations et rompt partiellement l’isolement consécutif à la crise de défiance des puissances occidentales en 1917-1921. En 1924, la plupart des grandes puissances ont reconnu le pays et établi des relations diplomatiques avec lui. Il faut toutefois attendre 1933 et la présidence de Franklin Roosevelt pour que les États-Unis reconnaissent à leur tour l’Union soviétique.

3   STALINE S’IMPOSE À L’URSS (1924-1939)
3.1   Les premières heures de la stalinisation

Dès la mort de Lénine (21 janvier 1924), la lutte pour sa succession s’ouvre, témoignant des fractures qui traversent un PC où les tendances sont normalement interdites.

Sur fond de crise politique (12 S-R viennent d’être exécutés pour actes terroristes et sabotage et le PC a été expurgé de plusieurs dizaines de milliers « d’ennemis du peuple «), cette lutte de succession oppose Trotski (qui dénonce la bureaucratisation centralisatrice du régime) à Staline (qui vient d’accuser Lénine de « révisionnisme antibolchevique «). Dès 1923, Staline a formé une première troïka antitrotskiste avec Kamenev et Zinoviev. Cette direction collective apparaissait plus rassurante que le « cours nouveau « préconisé par Trotski. Mais la troïka se divise à son tour : Staline s’allie alors avec Boukharine, Rykov et Tomski contre la seconde troïka formée par Trotski, Kamenev et Zinoviev.

En 1924, 1925, 1926, le combat idéologique fait rage. Mais courant 1927, fort de son contrôle sur l’appareil du parti depuis qu’il est en le secrétaire général (mai 1924), Staline impose ses vues. Il développe l’idée de la construction du « socialisme dans un seul pays «. Après avoir rejeté le léninisme, il porte l’accusation contre Trotski. En 1927, Trotski, déjà privé depuis janvier 1925 de son poste hautement stratégique de président du Conseil militaire révolutionnaire (qui lui donnait l’autorité sur l’Armée rouge) publie le tome III de ses œuvres, qui comporte une préface intitulée « Les leçons d’Octobre «. Il y tire les conclusions de la Révolution de 1917 et de ses conséquences. Mettant en avant le concept de « révolution permanente «, Trotski se heurte à l’immobilisme de Staline, adepte d’un révolutionnarisme figé. En novembre 1927, avec Kamenev et Zinoviev auxquels il s’est associé dans l’« Opposition unifiée «, il est victime de la vague antitrotskiste et exclu par référendum du PC en octobre 1928. En 1929, il est banni d’URSS, puis assassiné à Mexico en 1940, sur l’ordre de Staline, par un agent du Guépéou (qui remplace la Tcheka en février 1922) . En revanche, Zinoviev et Kamenev sont réintégrés après leur autocritique.

Après avoir éliminé et / ou muselé l’opposition « de gauche «, Staline s’attaque enfin à l’opposition « de droite « — ses anciens alliés : Boukharine, Rykov et Tomski sont accusés d’« opportunisme de droite « à cause de leur critique du système économique soviétique et jugés trop dangereux aux postes qu’ils occupent (Boukharine, qui lui aussi fera son autocritique, dirige la Pravda [« la Vérité «], organe aux ordres du parti).

Grâce à cette politique du vide et par la mise en place du système de la nomenklatura, grâce aux purges, au Goulag et à l’hyperbureaucratisation délatrice du PCUS qui domine l’État, Staline est devenu, en 1929, le chef incontesté du pays. Pour gouverner, il s’appuie sur l’appareil du parti, sur la police et sur le Guépéou qui a pour tâche d’user de ses pouvoirs répressifs contre toute personne accusée ou soupçonnée de nuire aux intérêts du prolétariat. Staline prend également soin de nommer ses proches — Molotov, Kouibytchev, Ordjonikidze et Vorochilov — aux postes clés.

Cette « caporalisation « (J.-J. Marie, 1997) de la vie politique se double, en outre, d’une mise sous tutelle de la vie associative, culturelle, intellectuelle, qui passe, entre autres exemples, par la mise au pilon des ouvrages rédigés par les ex-membres du parti condamnés ou déportés en camp. L’ascendant de Staline sur l’URSS ne cesse de croître.

3.2   Limites et effets de la politique de collectivisation-industrialisation

En 1927, les récoltes sont toujours inférieures à celles de 1913. Il est donc décidé d’accentuer la « construction du socialisme « par une collectivisation plus poussée. En 1928 est ainsi inauguré le premier des plans quinquennaux (1928-1932), dont le but, sous la houlette du Gosplan (comité d’État au plan), est de transformer un pays agricole arriéré en grande puissance industrielle et de changer la nature profonde de la société. Les deux mots d’ordre sont : industrialisation à outrance et collectivisation des terres.

La priorité est donnée à la réalisation de grands projets d’infrastructure et à l’industrie lourde. Ces transformations sont réalisées grâce à une main-d’œuvre considérable, qu’il faut qualifier en ayant recours à des « spécialistes étrangers « (5 000 en 1931) et à l’émulation sociale. Les grands travaux de construction aboutissent grâce à la force de travail des centaines de milliers de prisonniers du Goulag notamment. Au début de 1933, à la fin du plan, la production de l’industrie lourde a augmenté de 273 p. 100.

Dans les campagnes, la collectivisation forcée se heurte à l’opposition des paysans. Une partie d’entre eux, enrichis par la NEP — les koulaks —, sont impitoyablement massacrés (on parle de la dékoulakisation). Des millions d’autres sont déportés ou meurent de faim, en raison de l’état de dénuement où les campagnes ont délibérément été plongées. La collectivisation aboutit, de gré ou de force. Fin 1932, 210 000 kolkhozes cultivent 70 p. 100 des terres et 4 300 sovkhozes 10 p. 100. Ils sont soutenus par 2 400 stations de machines agricoles.

Cet ensemble de mesures économiques, industrielles et agricoles doivent, selon Staline, servir à forger une image positive de l’URSS. L’idéal du « paradis socialiste «, fondé sur des preuves concrètes, doit voyager au-delà des frontières. L’État impose donc au peuple des cadences infernales et réussit, en partie, son pari : ses résultats contrastent avec la crise économique de 1929 et ses contrecoups, que subissent l’Europe de l’Ouest et les États-Unis.

Il y a un prix à payer cependant. La collectivisation à marche forcée entretient la colère d’une petite paysannerie de plus en plus misérable. Plus de 3 000 révoltes ont lieu en 1929-1930 et la baisse générale de la production de 1/5 à 1/4 entraîne une famine en 1932-1933. En outre, le niveau de vie des ouvriers ne s’est pas réellement élevé et il faut que le gouvernement adopte une politique monétaire qui dope l’économie. Au total, le pays reste en crise et Staline, conscient du danger, promulgue des décrets qui annoncent l’ère des grandes purges et l’apogée du goulag : ainsi, à partir de 1932, toute personne portant atteinte à l’intégrité de la propriété terrienne socialiste risque la mort.

3.3   Les purges et le goulag : l’affirmation du système totalitaire

Cette situation explique largement l’émergence de la rhétorique du complot anticommuniste dans le discours soviétique — logique qui justifie la systématisation d’une Terreur prophylactique qui doit réduire au silence tous les « ennemis du peuple « et du communisme.

En décembre 1934, l’assassinat à Leningrad de Kirov, concurrent de Staline et secrétaire du Comité central du PCUS, marque le début de la première grande épuration des cadres du parti soupçonnés d’opposition au régime ou accusés d’avoir appartenu au courant trotskiste. Saisissant le prétexte de cet assassinat, Staline les fait emprisonner, déporter en Sibérie ou exécuter. Les « purges « staliniennes touchent également les membres du Comité central à partir d’août 1936 (les deux tiers sont exécutés entre 1934 et 1938), ainsi que les officiers de l’Armée rouge (35 000 officiers sur 70 000 sont arrêtés entre 1936 et 1938, 75 des 80 siégeants du Conseil militaire suprême sont écartés !). Au cours des procès de Moscou (1936-1938), plusieurs des dirigeants parmi les plus influents du parti, dont Zinoviev, Boukharine, Rykov et Kamenev sont accusés de comploter avec l’Allemagne et le Japon pour renverser le régime. Reconnus coupables, les trois premiers sont exécutés. Des charges identiques sont retenues contre plusieurs commandants de l’Armée rouge, dont le maréchal Toukhatchevski. Ils sont condamnés et exécutés. L’Armée rouge, orpheline, passe sous la coupe stalinienne.

Cette série de purges vaut à l’URSS la condamnation de la communauté internationale. Elle réveille une polémique entre les intellectuels de gauche européens (en France notamment, autour d’André Gide), selon qu’ils sont « compagnons de route « ou non, polémique d’autant plus forte que, non content de frapper en URSS, Staline dirige aussi à distance l’épuration des partis communistes étrangers.

Autre instrument de la répression mis en place dès 1919 afin d’écarter les fauteurs de troubles de l’ordre social : les camps de travail forcé. Ces goulags, selon la dénomination adoptée en 1930, regroupent condamnés de droit commun et détenus politiques qui doivent subir un redressement par le travail et une réhabilitation idéologique, sous le contrôle du NKVD (le Guépéou s’occupe désormais des affaires extérieures) et des commissariats du peuple à la Justice ou aux Affaires intérieures. Staline développe l’institution et l’utilise pour la réalisation des grands travaux de modernisation prévus au programme du IIe Plan.

Ainsi, la logique instituée au début des années trente, traduite en une sorte de paranoïa idéologique, débouche, à terme, sur une répression de grande ampleur et sur son officialisation lors du VIIIe congrès des Soviets de l’Union, qui justifie la « lutte contre les ennemis du régime et de la patrie «. Entre 1935 et 1939, malgré l’annonce, début 1939, d’une modération dans la répression par Jdanov et Beria, plus de 6 millions de Soviétiques sont victimes des épurations. Plus de 1,7 million de personnes sont arrêtées, souvent sur la décision arbitraire d’organismes extra-judiciaires. En 1939, le goulag compte près de 2 millions de déportés. Cette ponction sur les forces vives de la société, associée au démantèlement de l’Armée rouge, explique pour une part la faiblesse de l’URSS au début de la Seconde Guerre mondiale.

Au total, Georges Sokoloff (la Puissance pauvre : une histoire de la Russie de 1815 à nos jours, 1993) estime à 1,2 million le nombre d’exécutions des années 1936-1939.

3.4   La politique extérieure

Au cours des années trente, les tensions internationales, notamment l’agressivité teintée d’élans hégémoniques de l’Allemagne et du Japon, mettent en danger la sécurité de l’URSS. Celle-ci cherche alors à consolider sa position diplomatique, non sans difficultés.

En Extrême-Orient la situation se dégrade rapidement : en 1931, l’invasion de la Manchourie par le Japon menace directement les intérêts soviétiques. Dans un premier temps, l’URSS maintient des relations avec les trois parties en conflit : le Japon, le Guomindang et les communistes chinois. Soucieux d’éviter toute entente entre le Japon et le Guomindang, les Soviétiques renouent des relations diplomatiques avec Tchang Kaï-chek et convainquent les communistes chinois de faire front commun avec les nationalistes contre les Japonais. En août 1937, l’URSS signe donc un traité de non-agression avec la Chine. À partir de l’été 1938, de très violents combats opposent l’URSS aux Japonais en Sibérie orientale, puis en Mongolie.

S’agissant de l’Allemagne, le pouvoir discrétionnaire d’Hitler, dont la politique expansionniste et antibolchevique représente une menace palpable, amène l’URSS à multiplier les négociations bilatérales et les traités de neutralité et de non-agression pour assurer sa sécurité : pactes de non-agression avec la Finlande, la Lettonie et l’Estonie (1932) ; entrée à la Société des Nations (SDN) en 1934 ; pacte franco-soviétique d’assistance mutuelle (1935) ; pacte de non-agression avec la Tchécoslovaquie (1935).

Commissaire soviétique chargé des Affaires étrangères et représentant de l’URSS à la SDN, Litvinov, n’a de cesse, entre 1934 et 1939, que les puissances occidentales fassent front contre le fascisme. Staline cherche, par ailleurs, à mener une politique de « sécurité collective « en encourageant la formation de gouvernements d’union nationale ou de front populaire, notamment en France et en Espagne (voir voir Front populaire [France] ; Front populaire [Espagne]), où communistes, socialistes et radicaux s’allient dans des fronts antifascistes.

Mais durant l’été 1938, une grave crise éclate lorsque l’Allemagne exige que la Tchécoslovaquie lui cède les Sudètes, zone frontalière où vit une forte minorité allemande. L’Union soviétique annonce qu’elle est prête à soutenir les Tchèques dans leur refus de satisfaire cette demande. Inquiétée par leur passivité depuis l’annexion de l’Autriche en mars 1938, elle appelle la France et le Royaume-Uni à l’imiter. Toutefois, espérant encore éviter la guerre, ceux-ci signent les accords de Munich avec le régime nazi (l’URSS n’y est pas associée) — accord qui prévoit l’annexion des Sudètes. En mars 1939, Hitler envahit, en effet, la Tchécoslovaquie.

4   L’URSS DANS LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Engagé dans une guerre frontalière contre le Japon en Extrême-Orient et craignant l’avance allemande à l’ouest, Staline ouvre en 1939 des négociations secrètes avec le IIIe Reich pour signer un pacte de non-agression (tout en continuant les pourparlers avec la France et le Royaume-Uni).

4.1   Le pacte germano-soviétique

Le 24 août 1939, un pacte germano-soviétique d’amitié et de non-agression est signé à Moscou par Ribbentrop et Molotov. Il contient une clause secrète qui prévoit la partition de la Pologne, l’attribution de la Lituanie à l’Allemagne et celle des autres pays baltes, ainsi que de la Finlande et de la Bessarabie à l’URSS. Le 1er septembre, l’Allemagne envahit la Pologne, provoquant l’entrée en guerre du Royaume-Uni et de la France et le début de la Seconde Guerre mondiale. Le 17 septembre, l’Armée rouge franchit à son tour la frontière polonaise, s’empare des régions orientales et entreprend la soviétisation de la zone occupée. Des centaines de milliers de Polonais sont déportés au goulag. Le 29 septembre enfin, les gouvernements allemand et soviétique signent un traité délimitant leurs zones d’influence en Pologne. Le traité reconnaît la suprématie de chaque puissance dans sa sphère respective et prévoit une résistance commune à toute ingérence extérieure.

Le pacte avec Hitler annonce un tournant de la politique soviétique qui dépasse de loin la question de la connivence germano-soviétique (la question historiographique du jugement porté par Staline sur le régime hitlérien reste à trancher). En effet, à la fin des années trente, l’URSS se préoccupe en premier lieu de la « construction du socialisme « chez elle. Or, le partage de la Pologne orientale constitue la première d’une série d’annexions territoriales qui souligne l’entrée dans une phase plus expansionniste de la politique extérieure du parti-État soviétique. Après la Pologne, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie passent sous contrôle soviétique.

4.2   La guerre contre la Finlande

La guerre contre la Finlande symbolise ce tournant expansionniste. En octobre 1939, le gouvernement soviétique demande à la Finlande de lui céder le territoire de l’isthme de Carélie, au nord-est de Leningrad (aujourd’hui, Saint-Pétersbourg) et de permettre à l’URSS d’établir une base navale à Hanko, qui commande l’entrée du golfe de Finlande. Le rejet finlandais des exigences soviétiques conduit à la guerre russo-finnoise, déclenchée par l’URSS à l’issue d’un incident de frontière, mais jamais déclarée comme telle, ce qui lui vaut son exclusion de la SDN (14 décembre 1939).

Après une vaillante mais vaine résistance, les Finlandais sont vaincus par des forces soviétiques largement supérieures. Selon les termes du traité du 12 mars 1940, Staline obtient gain de cause : annexion des territoires de la Carélie, du port de Vyborg, sans compter d’autres avantages stratégiques et économiques.

4.3   L’expansion dans la Baltique et les Balkans

L’expansion soviétique se poursuit en 1940. Les 15 et 16 juin, l’URSS demande le libre passage de ses troupes et la formation de gouvernements prosoviétiques en Lettonie, en Lituanie et en Estonie. Sans attendre le moindre accord, l’Armée rouge occupe les pays baltes où des gouvernements fantoches, aux ordres, sont mis en place, cependant que les opposants sont éliminés. Début août 1940, le Soviet suprême de l’URSS consacre la transformation des trois pays en Républiques socialistes soviétiques (RSS).

Dans le même temps l’URSS s’étend en direction des Balkans. Confrontée à un ultimatum, la Roumanie est contrainte, en juin 1940,...



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