LE SITE D'AIDE A LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN PHILOSOPHIE

banniere

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: L'homme est-il réellement libre ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme libre

POUR LE SUJET: En quel sens la société libère-t-elle l'homme de la nature ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme nature ou homme nature société
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
»125895 inscrits
<< saint-gris ! soit dans quelque bonne plaine, avec deux à t ... >>


Partager

XIV - Seconde nuit de noces   La reine mère promena son regard autour d'elle avec une merveilleuse rapidité.

Anthologie

Aperçu du corrigé : XIV - Seconde nuit de noces   La reine mère promena son regard autour d'elle avec une merveilleuse rapidité.



Publié le : 4/11/2013 -Format: Document en format HTML protégé

XIV - Seconde nuit de noces

 
La reine mère promena son regard autour d'elle avec une merveilleuse rapidité.
Zoom
XIV - Seconde nuit de noces

 
La reine mère promena son regard autour d'elle avec une merveilleuse rapidité. Des mules de velours au pied
u lit, les habits de Marguerite épars sur des chaises, ses yeux qu'elle frottait pour en chasser le sommeil,
onvainquirent Catherine qu'elle avait réveillé sa fille.
Alors elle sourit comme une femme qui a réussi dans ses projets, et tirant son fauteuil :
- Asseyons-nous, Marguerite, dit-elle, et causons.
- Madame, je vous écoute.
- Il est temps, dit Catherine en fermant les yeux avec cette lenteur particulière aux gens qui réfléchissent ou
ui dissimulent profondément, il est temps, ma fille, que vous compreniez combien votre frère et moi aspirons à
ous rendre heureuse.
L'exorde était effrayant pour qui connaissait Catherine.
- Que va-t-elle me dire ? pensa Marguerite.
- Certes, en vous mariant, continua la Florentine, nous avons accompli un de ces actes de politique
commandés souvent par de graves intérêts à ceux qui gouvernent. Mais il le faut avouer, ma pauvre enfant, nous
ne pensions pas que la répugnance du roi de Navarre pour vous, si jeune, si belle et si séduisante, demeurerait
opiniâtre à ce point.
Marguerite se leva, et fit, en croisant sa robe de nuit, une cérémonieuse révérence à sa mère.
- J'apprends de ce soir seulement, dit Catherine, car sans cela je vous eusse visitée plus tôt, j'apprends que
votre mari est loin d'avoir pour vous les égards qu'on doit non seulement à une jolie femme, mais encore à une
fille de France.
Marguerite poussa un soupir, et Catherine, encouragée par cette muette adhésion, continua :
- En effet, que le roi de Navarre entretienne publiquement une de mes filles, qui l'adore jusqu'au scandale,
qu'il fasse mépris pour cet amour de la femme qu'on a bien voulu lui accorder, c'est un malheur auquel nous ne
pouvons remédier, nous autres pauvres tout-puissants, mais que punirait le moindre gentilhomme de notre
royaume en appelant son gendre ou en le faisant appeler par son fils.
Marguerite baissa la tête.
- Depuis assez longtemps, continua Catherine, je vois, ma fille, à vos yeux rougis, à vos amères sorties contre
la Sauve, que la plaie de votre coeur ne peut, malgré vos efforts, toujours saigner en dedans.
Marguerite tressaillit : un léger mouvement avait agité les rideaux ; mais heureusement Catherine ne s'en
était pas aperçue.
- Cette plaie, dit-elle en redoublant d'affectueuse douceur, cette plaie, mon enfant, c'est à la main d'une mère
qu'il appartient de la guérir. Ceux qui, en croyant faire votre bonheur, ont décidé votre mariage, et qui, dans leur
sollicitude pour vous, remarquent que chaque nuit Henri de Navarre se trompe d'appartement ; ceux qui ne
peuvent permettre qu'un roitelet comme lui offense à tout instant une femme de votre beauté, de votre rang et
de votre mérite, par le dédain de votre personne et la négligence de sa postérité ; ceux qui voient enfin qu'au
premier vent qu'il croira favorable, cette folle et insolente tête tournera contre notre famille et vous expulsera de
sa maison ; ceux-là n'ont-ils pas le droit d'assurer, en le séparant du sien, votre avenir d'une façon à la fois plus
digne de vous et de votre condition ?
- Cependant, madame, répondit Marguerite, malgré ces observations tout empreintes d'amour maternel, et
qui me comblent de joie et d'honneur, j'aurai la hardiesse de représenter à Votre Majesté que le roi de Navarre
est mon époux.
Catherine fit un mouvement de colère, et se rapprochant de Marguerite :
- Lui, dit-elle, votre époux ? Suffit-il donc pour être mari et femme que l'Église vous ait bénis ? et la
consécration du mariage est-elle seulement dans les paroles du prêtre ? Lui, votre époux ? Eh ! ma fille, si vous
étiez madame de Sauve vous pourriez me faire cette réponse. Mais, tout au contraire de ce que nous attendions
de lui, depuis que vous avez accordé à Henri de Navarre l'honneur de vous nommer sa femme, c'est à une autre
qu'il en a donné les droits, et, en ce moment même, dit Catherine en haussant la voix, venez, venez avec moi,
cette clef ouvre la porte de l'appartement de madame de Sauve, et vous verrez.
- Oh ! plus bas, plus bas, madame, je vous prie, dit Marguerite, car non seulement vous vous trompez, mais
encore...
- Eh bien ?
- Eh bien, vous allez réveiller mon mari. À ces mots, Marguerite se leva avec une grâce toute voluptueuse, et
laissant flotter entrouverte sa robe de nuit, dont les manches courtes laissaient à nu son bras d'un modelé si pur,

et sa main véritablement royale, elle approcha un flambeau de cire rosée du lit, et, relevant le rideau, elle montra
du doigt, en souriant à sa mère, le profil fier, les cheveux noirs et la bouche entrouverte du roi de Navarre, qui
semblait, sur la couche en désordre, reposer du plus calme et du plus profond sommeil. Pâle, les yeux hagards, le
corps cambré en arrière comme si un abîme se fût ouvert sur ses pas, Catherine poussa, non pas un cri, mais un
rugissement sourd.
- Vous voyez, madame, dit Marguerite, que vous étiez mal informée.
Catherine jeta un regard sur Marguerite, puis un autre sur Henri. Elle unit dans sa pensée active l'image de
ce front pâle et moite, de ces yeux entourés d'un léger cercle de bistre, au sourire de Marguerite, et elle mordit
ses lèvres minces avec une fureur silencieuse.
Marguerite permit à sa mère de contempler un instant ce tableau, qui faisait sur elle l'effet de la tête de
Méduse. Puis elle laissa retomber le rideau, et, marchant sur la pointe du pied, elle revint près de Catherine, et,
reprenant sa place sur sa chaise :
- Vous disiez donc, madame ? La Florentine chercha pendant quelques secondes à sonder cette naïveté de la
jeune femme ; puis, comme si ses regards éthérés se fussent émoussés sur le calme de Marguerite :
- Rien, dit-elle. Et elle sortit à grands pas de l'appartement. Aussitôt que le bruit de ses pas se fut assourdi
dans la profondeur du corridor, le rideau du lit s'ouvrit de nouveau, et Henri, l'oeil brillant, la respiration
ppressée, la main tremblante, vint s'agenouiller devant Marguerite. Il était seulement vêtu de ses trousses et de
a cotte de mailles, de sorte qu'en le voyant ainsi affublé, Marguerite, tout en lui serrant la main de bon coeur, ne
ut s'empêcher d'éclater de rire.
- Ah ! madame, ah ! Marguerite, s'écria-t-il, comment m'acquitterai-je jamais envers vous ?
Et il couvrait sa main de baisers, qui de la main montaient insensiblement au bras de la jeune femme.
- Sire, dit-elle en se reculant tout doucement, oubliez-vous qu'à cette heure une pauvre femme, à laquelle
ous devez la vie, souffre et gémit pour vous ? Madame de Sauve, ajouta-t-elle tout bas, vous a fait le sacrifice de
a jalousie en vous envoyant près de moi, et peut-être, après vous avoir fait le sacrifice de sa jalousie, vous faitlle celui de sa vie, car, vous le savez mieux que personne, la colère de ma mère est terrible.
Henri frissonna, et, se relevant, fit un mouvement pour sortir.
- Oh ! mais, dit Marguerite avec une admirable coquetterie, je réfléchis et me rassure. La clef vous a été
onnée sans indication, et vous serez censé m'avoir accordé ce soir la préférence.
- Et je vous l'accorde, Marguerite ; consentez-vous seulement à oublier...
- Plus bas, Sire, plus bas, répliqua la reine parodiant les paroles que dix minutes auparavant elle venait
'adresser à sa mère ; on vous entend du cabinet, et comme je ne suis pas encore tout à fait libre, Sire, je vous
rierai de parler moins haut.
- Oh ! oh ! dit Henri, moitié riant, moitié assombri, c'est vrai ; j'oubliais que ce n'est probablement pas moi
ui suis destiné à jouer la fin de cette scène intéressante. Ce cabinet...
- Entrons-y, Sire, dit Marguerite, car je veux avoir l'honneur de présenter à Votre Majesté un brave
entilhomme blessé pendant le massacre, en venant avertir jusque dans le Louvre Votre Majesté du danger
u'elle courait.
La reine s'avança vers la porte. Henri suivit sa femme. La porte s'ouvrit, et Henri demeura stupéfait en
oyant un homme dans ce cabinet prédestiné aux surprises. Mais La Mole fut plus surpris encore en se trouvant
nopinément en face du roi de Navarre. Il en résulta que Henri jeta un coup d'oeil ironique à Marguerite, qui le
outint à merveille.
- Sire, dit Marguerite, j'en suis réduite à craindre qu'on ne tue dans mon logis même ce gentilhomme, qui est
évoué au service de Votre Majesté, et que je mets sous sa protection.
- Sire, reprit alors le jeune homme, je suis le comte Lerac de la Mole, que Votre Majesté attendait, et qui vous
vait été recommandé par ce pauvre M. de Téligny, qui a été tué à mes côtés.
- Ah ! ah ! fit Henri, en effet, monsieur, et la reine m'a remis sa lettre ; mais n'aviez-vous pas aussi une lettre
e M. le gouverneur du Languedoc ?
- Oui, Sire, et recommandation de la remettre à Votre Majesté aussitôt mon arrivée.
- Pourquoi ne l'avez-vous pas fait ?
- Sire, je me suis rendu au Louvre dans la soirée d'hier ; mais Votre Majesté était tellement occupée, qu'elle
'a pu me recevoir.
- C'est vrai, dit le roi ; mais vous eussiez pu, ce me semble, me faire passer cette lettre ?
- J'avais ordre, de la part de M. d'Auriac, de ne la remettre qu'à Votre Majesté elle-même ; car elle contenait,
m'a-t-il assuré, un avis si important, qu'il n'osait le confier à un messager ordinaire.
- En effet, dit le roi en prenant et en lisant la lettre, c'était l'avis de quitter la cour et de me retirer en Béarn.
M. d'Auriac était de mes bons amis, quoique catholique, et il est probable que, comme gouverneur de province, il
avait vent de ce qui s'est passé. Ventre-saint-gris ! monsieur, pourquoi ne pas m'avoir remis cette lettre il y a
trois jours au lieu de ne me la remettre qu'aujourd'hui ?
- Parce que, ainsi que j'ai eu l'honneur de le dire à Votre Majesté, quelque diligence que j'aie faite, je n'ai pu
arriver qu'hier.
- C'est fâcheux, c'est fâcheux, murmura le roi ; car à cette heure nous serions en sûreté, soit à La Rochelle,




Signaler un abus

administration
Echange gratuit

Corrigé : Corrigé de 1691 mots (soit 3 pages) directement accessible

Le corrigé du sujet "XIV - Seconde nuit de noces   La reine mère promena son regard autour d'elle avec une merveilleuse rapidité." a obtenu la note de : aucune note

150000 corrigés de dissertation en philosophie

 Maths
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit