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Dictionnaire de poétique, M. Aquien

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Introduction

 

1. Définition et histoire du mot

• Poésie = poiein, « faire « : art du langage

è « genre précis de littérature dont la product° de base est le poème, pdt lgtps caractérisé par le vers, et tjrs par la recherche d’un rythme, d’images spé «

• XV°s : poésie désigne le texte lui-mm, cô synonyme de poème

• XVII°s : catégorie esthétique

=> diversificat° du terme.

 

2. Histoire de la forme/fonction

• 1er rôle = fixer le langage, mémoire de l’oralité, d’où moyens mnémotechniques propres au langage poétique. Muses, inspiratrices, filles de Zeus et Mnémosyne.

• Evolut° forme : système latin quantitatif => français syllabique avec disparition ds la langue orale des brèves/longues. « Rime « apparaît au VIII°s.

• Fin MA : le travail sur les formes continue. 15 variétés de rondeaux.

• Pléiade : distinction rimeur/poète. Réaction à la virtuosité formelle. L’alexandrin s’installe ds la poésie française.

• Poésie/musique : vers chanté jusqu’au XV°s. Dissociat° progressive : langage poétique acquiert statut, rythme propres. Imprimerie => poésie lue en silence.

è « Evolution… de ce que supporte un auditoire à ce que supporte et emporte un œil rapide, avide, libre sur la page « (Tel quel, Valéry)

• Classicisme remet esthétique de l’autorité et non de la surprise. Système valable 2 siècles, jusqu’au XIX°s

• Romantisme met accent sur langage lui-mm 

è Hugo met « un bonnet rouge au vieux dictionnaire « et disloque « ce grand niais d’alexandrin «.

Trimètres, rejets, contre-rejets. Césure moins nettement prononcée sur pauses syntaxiques (mm à l’intérieur d’un mot avec Verlaine, Mallarmé).

• Individualisme croissant => poésie plus réflexive.

è « La poésie, pour peu qu’on veuille descendre en soi-même, interroger son âme, rappeler ses souvenirs d’enthousiasme, n’a pas d’autre but qu’elle-même ; elle ne veut pas en avoir d’autre. « (Baudelaire, Notes nouvelles sur Edgar Poe)

• Vers n’est plus identité de la poésie : Illuminations de Rimbaud, Petits poèmes en prose de Baudelaire. Fin du siècle : symbolistes, vers libre (abandon compte syllabique, reprise césures médiévales). Mallarmé désarticule la syntaxe, exploite la mise en page (Coup de dés, 1897).

• Fécondité de la confrontat° audace poétique / anciennes règles :

è« Des infractions volontaires ou de savantes dissonances en appellent à notre délicatesse, au lieu que ce fût, il y a 15 ans à peine, le pédant, que nous demeurions exaspéré, comme devant quelque sacrilège ignare ! Je dirai que la réminiscence du vers strict hante ces jeux à côté et leur confère un profit. « (Crise de vers, Mallarmé)

• Variété : œuvre de St John Perse toute en versets (sauf 1 poème en octosyllabes) / Bonnefoy : vers trad, prose, vers libre, verset, rime ou pas.

 

=> Définit° poésie devenue difficile début XX° : verset, calligrammes, audace typographiques, collages. Désormais poésie ≠ vers. Enjeux poétiques à redéfinir.

 

3. Signifiant/signifié

• Poètes du signifiant : jeu sur acoustique/graphique (mvmt dada). « Poème à crier et à danser « de Birot, 1924.

• OuLiPo : réalisat° fondées sur hasard ou chiffrage du txt => le sens peut ne pas préexister au poème, mais être entraîné par lui.

è«Ce n’est pas ac des idées qu’on fait un poème, c’est ac des mots« (Mallarmé)

è« La pensée se fait dans la bouche « (Tristan Tzara)

• Aristote = 1er analyste du langage poétique (La Poétique, 340 av. JC). Différence poétique (art de versificat°) / rhétorique (art de convaincre)

• Roman Jakobson, linguiste russe, réduit la poétique à un pur formalisme linguistique. Ms poésie n’est pas que linguistique (Meschonnic) : étude spécifique de la polysémie liée à l’écriture et à la lecture.

• Poésie = langage à part, ss ê une infract° à la langue.

è« Tte littérature qui a dépassé un certain âge montre une tendance à créer un langage poétique séparé du langage ordinaire, avec un vocabulaire, une syntaxe, des licences et des inhibitions, différents plus ou moins des communs « (Valéry, « Les droits du poète sur la langue «)

• Situat° paradoxale de la poésie par rapport au langage

è « L’expérience poétique est irréductible à la parole et cependant la parole seule l’exprime. « (Octavio Paz, L’Arc et la Lyre)

 

4. Poésie et prose

• Poésie permet transmiss° (car publicat°)  ms n’est pas un simple outil.

è « Les mots que j’emploie, ce st les mots de ts les jrs, et ce ne st pas les mm ! « (Claudel, Cinq grandes odes)

è« Message centré sur lui-mm «

 • Opposit° poésie/prose ?

è Genette, « La poésie, c’est l’antiprose «

Distinct° récusée par Meschonnic car schématique et totalisante. Cohen les distingue par différents degrés d’utilisat° de « figures «.

 

5. Liens poésie/inconscient 

è « La poésie est ce qu’il y a de plus réel, car c’est ce qui n’est complètement vrai que dans un autre monde « (Baudelaire, 1855)

 

1) Poésie/enfance

è « Le génie est l’enfance retrouvée à volonté « Baudelaire.

Apprentissage signifiants, mots st encore choses en eux-mm, 1er  contact avec le langage et le plaisir qu’il procure (prononcer, énoncer, maîtriser)

 

 

2) Poésie/ langage de l’inconscient 

• Procédés ressemblent à ceux découverts par psychanalyse (lapsus, rêve). Signifiants permettent de faire surgir d’autres mots par paronomase, anagramme, etc. Rhétorique de l’inconscient analogue aux procédés stylistiques. Silence en psychanalyse rprsté par blanc typo : l’ineffable, innommable pr Glancier.

è « L’aliéné emploie un style poétique, langage de base, auquel son état désastreux l’a fait revenir… Plus grave encore, il le vit. Il réalise la métaphore, il se laisse fasciner par elle. Martyr d’une analogie tp sentie, tp subie. Il ne sait pas se retenir, ce que savent si bien les poètes de profess° qui passent de l’une à l’autre. Lui, il est ds le pfd caveau d’une seule« (Michaux, Connaissance par les gouffres)

 

6. Trois caractères fondamentaux du langage poétique

1- Primat du signifiant 

• Aussi important que le signifié, pas un simple support acoustique/graphique. Typographie, mise en page, blancs : présentat° constitue aussi le sens.

• Polyphonie du signifiant renvoie à polysémie => densité. Utilisat° de la langue jusque ds le non-sens, l’absurde (ms lettrisme ne signifie rien, encore poésie ?)

 

2- Caractère cyclique 

• « vertere «, tourner // « prorsum «, tout droit (linéarité de la prose).

• Poésie liée par nature au rythme (cf associat° musique/poésie). « Strophe « signifie en grec « retour «, forme du « rondeau «...

•Vers n’est plus l’idée poétique ms reste l’essence de son express°.

•Répétit° des phonèmes, des rythmes, du lexique, syntaxique.

 

3- Densité 

•Concentrat° du sens. 

è« De ttes les émot° qu’il (le poète) reçoit, il sort parfois un léger diamant d’une eau et d’un éclat incomparables « (Reverdy).

• Densité par mise en relat° de ts les niveaux possibles de significat°. Relat° aussi entre signifiant/signifié, le son participe du sens. => pvr de concentrat° permet de nommer  un réel inépuisable qui ns échappe. Imp du statut de l’image.

 

7. Lire la poésie

• Lecture spéciale : pas cursive.

• Ne pas se poser la q° du « pourquoi «, ms du COMMENT. Code à déchiffrer pour chaque poème, car il en fait la cohérence.

• Lire poésie = acte poétique. Requiert appréhension de ce langage particulier fondé sur les possibilités signifiantes, l’attent° pr ne pas laisser déraper sa propre subjectivité => acte difficile.

 

8. La place de la beauté

• Pas de véritable définition. Ms elle doit ê ds le poème.

• N’est pas la fin du poème, ms elle prend qd mm tte la place.

è « Or, l’objet Vérité, ou satisfaction de l’intellect, et l’objet Passion, ou excitation du cœur, sont, — quoiqu’ils soient aussi, dans une certaine mesure, à la portée de la poésie — beaucoup plus faciles à atteindre par le moyen de la prose. […] le véritable artiste s’efforcera toujours, d’abord de les réduire à un rôle favorable au but principal poursuivi, et ensuite de les envelopper, autant qu’il le pourra, dans ce nuage de beauté qui est l’atmosphère et l’essence de la poésie. « Edgar Poe, Genèse d’un poème

 

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