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Document transmis par : Moonlight-265981


Publié le : 19/3/2016 -Format: Document en format HTML protégé

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Faut-il craindre le regard d'autrui ?
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Faut-il craindre le regard d’autrui ?



Lorsque l’on se sent regardé, on est mal à l’aise, toutefois on n’apprécierait guère que personne prête attention à nous. Alors, faut-il craindre le regard d’autrui ? Avons-nous donc à avoir peur, à redouter les yeux que pose sans cesse sur moi cet alter ego, cet autre moi qui est autre que moi ? Pourquoi donc ? Se pourrait-il vraiment qu'il soit malveillant, dérangeant, opprimant même ? Infernal ? Serait-il une menace, un danger ? Au demeurant, la peur du regard d'autrui est une expérience souvent quotidienne Mais est-ce là une attitude bien raisonnable, vraiment justifiée ? Est-ce irrémédiablement sur le mode de la crainte qu'il nous faut envisager ce regard ? C’est une question essentielle pour comprendre nos relations avec les autres. Est-ce une obligation ou est-ce nécessaire d’avoir peur ou de se méfier du regard des autres ? Qui sont ces « autres », cet « autrui » ? : Un alter ego, un semblable mais aussi quelqu’un différent de moi. S’interroger ainsi sur la crainte du regard des autres, c’est se demander si nous sommes sensibles, au point de le redouter, au pouvoir moral qu’exercent sur nous nos semblables du fait qu’ils nous observent et nous jugent. Le regard peut-être bienveillant ou non, neutre, sombre ou non, positif ou négatif… En nous demandant s’il faut craindre ce regard, nous serons amenés à déterminer si une telle crainte est non seulement inéluctable mais aussi si elle est souhaitable. Sommes-nous soumis de fait, comme malgré nous, à ce regard et est-il bon moralement de ne pas nous y soustraire ? Nous ressentons de fait comme une menace le regard des autres ; Sartre l’a montré dans l’Être et le Néant et dans Huit-Clos alors que, peut-être, nous devrions l’éprouver moins comme une menace que comme une chance, ainsi que le suggère, par exemple, la relation de Robinson et Vendredi dans Robinson Crusoe. En sachant que si le regard des autres est à craindre, nous saurons donc la nature et le degré de notre dépendance à son égard. Nous saurons ainsi s’il vaut mieux fuir ou même mépriser le regard des autres ou, au contraire, l’apprécier et le rechercher, en acceptant de l’affronter ? Pour savoir s’il faut craindre le regard d’autrui, nous rechercherons d’abord les raisons que chacun pourrait avoir de craindre le regard des autres. Nous nous demanderons ensuite les raisons que chacun pourrait avoir de ne pas le craindre. Nous pourrons alors étudier enfin comment assumer l’obligation morale de craindre le regard d’autrui quand il nous formule une demande qui nous apparaît comme un impératif moral.



Premièrement, quelles sont les raisons pour lesquelles nous devrions craindre le regard des autres ?

"L'enfer, c'est les autres", c'est sur cette phrase pour le moins frappante et catégorique que s'achève Huis Clos, la célèbre pièce de Sartre. Ainsi pourrions-nous donc supposer, a priori, que nos rapports avec les autres seraient toujours cruels, empoisonnés, infernaux ? Dans la perception immédiate, autrui m’apparaît comme un regard qui pèse sur moi et qui est autre que moi. Le regard pourrait être source de violence : la présence d'autrui, qui est pourtant un autre moi-même, peut être ainsi parfois beaucoup plus dérangeante que celle des choses qui peuvent me laisser indifférent. Le regard de l’autre posé sur moi me trouble. Il m’inquiète, il m’attire ou me repousse. S’il n’y a personne pour me voir, si je suis seul, je peux être tenté de commettre des actes délictueux. Si je trouve par terre un portefeuille, je peux m’en saisir plutôt que de le déposer au commissariat. Un autre que moi aurait probablement adopté une même conduite. Mais imaginons que je sois vu, alors un sentiment de honte m’envahit. L’autre est là et je ne peux pas faire ce que je veux. Tel est le sens des célèbres analyses de Sartre dans L’Être et le Néant sur autrui. Imaginons que par jalousie, par intérêt, par vice, j’en sois venu à coller mon oreille contre une porte pour vérifier qu’aucune trahison ne se fait envers moi. Je me crois seul et à ce moment là, je n’ai pas conscience du caractère indiscret et inconvenant de mon attitude. Ma conscience colle à mes actes, elle est irréfléchie et quelqu’un m’a vu alors tout d’un coup j’ai honte. L’autre me regarde. Je suis gêné par son regard, il a contrôle sur moi, il m’a surpris. Du coup, je ne suis plus sous son regard qu’une chose honteuse. Dans la honte, l’autre me vole ma liberté et je me sens prisonnier, coupable, englué dans l’aliénation de la présence écrasante d’autrui. Je comprends qu’il est un autre moi-même, qu’il constitue comme moi une conscience, parce que dans son regard je perçois un jugement car on dit que le regard est le miroir de l'âme. Il me permet d’accéder à un niveau de conscience morale, dans la mesure où il favorise une distinction entre ce qui est permis et ce qui est défendu. Le cogito sartrien devient : non pas le « je pense, donc je suis », mais : « on me regarde, donc je suis ». Je suis sa chose, il me vole ma liberté et me réduit à ce regard qu’il a surpris et dans lequel je suis pétrifié.

Puis, autrui par son regard constitue un obstacle à ma liberté et installe donc une conflictualité. Autrui semble avoir le pouvoir de menacer ce qui constitue notre intégrité, par le simple effet d’un regard. La relation entre dominant et dominé est instaurée. Pour sortir de cette humiliation du sentiment d’être une chose sous le regard de l’autre, je ne trouve plus alors qu’une issue, lui lancer à mon tour un regard insolent pour l’obliger à baisser les yeux. Si j’y parviens, il devient le dominé, tandis que je suis alors le dominant. La situation de conflit est là, tendue, empreinte d’une hostilité réciproque. En ce sens nous pouvons nous demander si la crainte ne devient pas une réaction naturelle nécessaire pour se protéger du regard d’autrui. La crainte, en effet, est un sentiment, d’appréhension qui inhibe nos actions. C’est un état de conflit perpétuel de l'homme car cet état de nature est caractérisé par ce qu'Hobbes appelle la liberté naturelle ou par le droit naturel ; il s'agit de la faculté d'accomplir, pour un individu, tout ce qui est en sa puissance aussi loin que s'étend cette puissance tant qu'il ne rencontre pas d'obstacle extérieur. Dans l'état de nature, les droits naturels de chacun s'opposent et cet état de nature est conflictuel. Le regard somme l’autre de répondre à ma demande, et elle me soumet à l’autre en me dévalant sur le plan de l’objet. Or, cette demande est en même temps une violence première qui s'introduit dans la relation. C'est un état d'insécurité, de crainte dans l'état de nature, tout le monde vit au jour le jour sous la pression de la crainte, de la mort violente donné par autrui. Cette thèse a été exprimée par Hegel dans La phénoménologie de l’esprit avec la dialectique du maître et de l'esclave. Avant Sartre, Hegel met en relief le fait que, à la différence de l’animal qui n’aspire généralement qu’à la conservation de soi et à la satisfaction de besoins élémentaires, l’homme manifeste un désir de reconnaissance. Au commencement de l’histoire humaine, Hegel imagine une lutte des consciences à l’origine de la différenciation entre le maître et l’esclave. Le maître est celui qui a su prendre le risque de perdre sa vie pour asseoir son autorité. Témoignant en cela de son détachement à l’égard de l’instinct de conservation animal, il s’est libéré de l’ordre de la matérialité et de la n...


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