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LA : Médée de Corneille

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Publié le : 10/4/2019 -Format: Document en format HTML protégé

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LA : Médée de Corneille
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LA : Médée








Le XVIIème siècle en France voit l’ascension du prestige et la réhabilitation du genre, né en Grèce antique, de la tragédie. Ainsi, pendant le « siècle classique » qui est celui de Louis XIV, les dramaturges perçoivent dans la tragédie le genre littéraire le plus noble, notamment parce qu’il amène le public à se distraire tout en observant un modèle héroïque, qui va l’amener à se comparer lui-même au héros, pour bénéficier de ses qualités, et se prémunir de ses défauts. Dans le cas de Médée, par exemple, le dramaturge Corneille présente au spectateur une femme monstrueuse qui renie son rôle de mère, pour se laisser envahir par la haine qu’elle éprouve en tant que femme trompée. En mettant un tel personnage en scène, l’auteur avertit son public contre toute attitude excessive qui pourrait s’apparenter à celle de Médée. Ici, la femme répudiée par Jason a appris qu’elle allait être condamnée à l’exil, et que ses enfants allaient lui être arrachés pour être confiés à sa rivale par l’homme qui l’a trahie. Médée a commencé à mettre son plan de vengeance en action, en offrant à Créon et Créuse une robe empoisonnée conçue pour les tuer. Dans la scène 2 de l’acte V, l’héroïne se trouve en plein dilemme et c’est grâce au monologue qu’elle va nous annoncer son choix. On peut donc s’interroger sur les modalités du dilemme de l’héroïne tiraillée entre deux passions contraires, mais contrainte de prendre une décision fixée et inéluctable. Il s’agira en premier lieu de souligner les caractéristiques et les particularités de ce monologue délibératif, apparemment logique, mais en réalité dysfonctionnel, avant d’étudier l\'ambiguïté des sentiments de l’héroïne en proie à un doute extrême, ce qui la pousse à la folie. Enfin ,nous allons  en quoi la décision prise par l’héroïne apparaît comme irrévocable.
I Les particularités de ce monologue délibératif :                                 
1) Une délibération apparemment réfléchie et logique :
–Évolution progressive du monologue de l’interrogation à la prise de décision → la réflexion se fait progressivement, en enchaînant de manière logique un questionnement (v.1327-1332), puis des arguments qui se font face (v.1333-1354), puis une prise de décision en fin de passage (v.1355-1358). Le monologue est donc lui-même organisé de manière progressive, pour mener à la fin à une situation stable dans laquelle le questionnement n’a plus lieu d’être, car la décision a été prise.
– Médée se pose de véritables questions, qui ne sont pas rhétoriques, même si le lecteur connaît, lui, la fin de l’histoire : « Est-ce assez…./ est-ce assez /…. est-ce pour… ? » → l’anaphore des expressions interrogatives souligne le questionnement de l’héroïne qui sert de base à cette scène. L’expression impérative « consulte avec loisir » montre la nécessité d’un temps de réflexion dans le processus de la prise de décision.
– Puis viennent les arguments qui s’opposent et se complètent → les idées se font face et s’opposent non pas en deux blocs distincts, mais groupes de vers après groupes de vers : 1333-36, argument favorable au meurtre ; 1337, argument défavorable ; 1337-40, favorable ; 1341-42, défavorable ; 1347-51, favorable ; 1352, défavorable.
– Enfin, la prise de décision, comme attendu, s’effectue en fin de monologue, dans les quatre derniers vers.
– La portée argumentative apparaît de dans le monologue grâce au champ lexical de la délibération et de la prise de décision : « n’en délibérons plus », « innocents », « loi », « criminels », etc. → ce champ lexical judiciaire souligne l’importance d’une prise de décision apparemment réfléchie, qui se ferait de la même manière que dans un tribunal. L’analogie du monologue délibératif avec le système judiciaire se fait ainsi de façon évidente et pousse le lecteur à accorder au monologue de Médée une dimension réfléchie et sensée.


2) Malgré ces apparences, une délibération dysfonctionnelle :
– Même si le texte semble argumenté et sensé, Médée prononce ici un monologue dysfonctionnel, où elle occupe tous les rôles dans la délibération ; elle est à la fois victime, juge et avocat des deux parties, et bourreau.
– Médée est avant tout la victime de la situation : lexique de la trahison appliqué à Jason “perfide” “trahison” ”traître” → rappel des affronts subis par Médée
– Elle est aussi l’avocate de sa propre cause : on retrouve ainsi le vocabulaire de la culpabilité appliqué au “camp” de Jason : “criminels d’avoir Jason pour père” → culpabilité de Jason est si grande qu’elle semble s’étendre par métonymie à ses enfants qui sont une part de lui.
– Le plaidoyer de Médée pour sa propre cause transparaît aussi dans les tournures injonctives reprises en anaphore (v.1339-40) « Il faut », « ce n’est pas seulement pour » → montrent la nécessité d’une punition pour satisfaire à la justice
– Médée semble quand même se plonger dans une argumentation sans queue ni tête : la répétition des « mais » (v.1337-41-52) souligne la juxtaposition sans lien d’arguments opposés qui ne sont pas réconciliables / l’exclamation « Mais quoi ! » (v.1352) insiste sur la situation délicate et sans issue dans laquelle est Médée
– Les termes repris par la Médée « avocate de la défense » soulignent l’absurdité du projet de s’en prendre à ses enfants, avec le lexique de l’innocence : « ils sont innocents » (v.1337). On remarque que la proportion des passages où Médée prend la défense de ses enfants, par rapport à ceux où elle projette leur mort, est plus petite, et sont toujours entourés par des arguments contraires.
– L’héroïne, qui est à la fois victime et avocate de sa propre cause, assure également le rôle de juge, qui est contradictoire avec ses deux rôles précédents : termes à la première personne fréquemment associés à l’idée de décision finale et de châtiment, « immolons », « suppléons », « n’en délibérons plus », « allons à son trépas… » → les impératifs à la 1ère personne montrent que la décision induite par les impératifs est lié au destin aux dieux → tragédie classique; la métonymie « mon bras en résoudra » associe aussi la personne de Médée avec « mon bras » et l’idée de sentence définitive avec « résoudra ».


3) … entièrement soumise à la vengeance et non à la justice :
– Enfin, Médée revêt également l’habit du bourreau, de celui qui inflige la sentence : lexique des actes violents associés à Médée (donc à la première personne dans le texte) « arracher », « immolons », « je vais l’en priver », « ce triste ouvrage » → tous ces termes insistent sur l’idée d’un acte violent et sanguinaire. La proposition « mon bras en résoudra » connote aussi une certaine violence → le bras, par métonymie, sert de symbole pour le meurtre, le moment de l’infanticide.
– En raison de ces différents rôles tenus par une Médée qui endosse différents habits, il ne s’agit donc pas ici de justice, mais de vengeance, raison fondamentale pour laquelle l’argumentation n’a plus lieu d’être. On retrouve d’ailleurs le champ lexical de la vengeance, qui vient compléter et en même temps...



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