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La royauté homérique

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Publié le : 30/11/2018 -Format: Document en format HTML protégé

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La royauté homérique
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1.La royauté homérique

 

Après une période mycénienne riche, celle-ci va s\'éteindre subitement sans aucune cause véritable, on pense à des invasions des Balkans ou un essoufflement de ce système, laissant ainsi place à de la piraterie et à des guerres fratricides dans le but de survivre. Dans ce contexte, c\'est à partir du IXe siècle que commence la société homérique, ce qui correspond aux écrits d\'Homère que sont l\'Iliade et l\'Odyssée. On constate la renaissance de certains sites comme Athènes et l’apparition de sites nouveaux comme Thèbes, Sparte, Argos. On pourrait situer à la même époque la composition des poèmes attribués à Homère. La cité homérique est dirigée par un basileus. Quant à savoir s’il s’agit d’un roi, les caractéristiques de sa royauté restent controversées. Le roi de l’époque d’Homère tient son pouvoir des Dieux dont il descend. L’Iliade en donne de multiples exemples. Achille descend de Zeus par son père Pélée, comme Ulysse qui en descend lui aussi par son père Laërte. Le pouvoir est donc détenu par une famille choisie par les dieux, ce qui lui donne une grande légitimité à exercer le pouvoir, et acceptée par le peuple. Le symbole de son autorité est le bâton de pouvoir, le sceptre qu’Agamemnon utilise encore parfois comme d’une arme en le maniant à la manière d’un gourdin. La transmission du pouvoir royal est dynastique selon l’ordre de primogéniture i.e. que l’aîné des fils du roi défunt lui succède. Et de fait, l’exemple de Télémaque semble montrer ce pouvoir héréditaire, car il semble régner en l’absence de son père. Il convoque l’assemblée, siège sur le trône d’Ulysse et il empoigne le sceptre avant de parler.

 

Et l’Assemblée ne l’aide pas et ne lui accorde pas de navire. Mais il est fragile, instable, comme le montrent les intrigues des prétendants de Pénélope [raconter qu’ils essaient même de tuer Télémaque], ou Hector déplorant que son fils soit obligé d’aller mendier auprès des anciens compagnons d’armes de son père qui le repoussent avec mépris (Il. XXII, 490-496). D’ailleurs les successions sont rarement héréditaires, et signe qui ne trompe pas, les généalogies des héros courent sur peu de générations. Quelles sont les fonctions de ce roi ? Il participe aux cérémonies du culte aux côtés des prêtres. Mais, il exerce rarement des fonctions directement religieuses. Il est plutôt un intermédiaire entre son peuple et les dieux. Surtout, c’est un chef de guerre qui conduit en personne l’armée au combat et y participe après y avoir été mené sur son char de combat. Puis il en descend pour combattre à pied. L’autre source de sa puissance est sa richesse, qu’il acquiert d’ailleurs grâce au butin de guerre. Il est le « pasteur de peuples », selon l’expression répétée près de cinquante fois entre l’Iliade et l’Odyssée. Il est finalement un despotês, et Aristote analysera son pouvoir comme celui du père famille sur ses enfants ou du maître sur ses esclaves. Il est différent du roi de la tradition indo-européenne dont la puissance est davantage religieuse que guerrière. Selon Hésiode, dans sa Théogonie, le roi des dieux, Zeus, est d’ailleurs accompagné par deux personnages qui le suivent constamment, les titans Kratos et Biè, i.e. Domination et Violence. Mais, à la différence des temps ultérieurs il n’agit pas en législateur. Cependant il est un roi justicier dont le symbole est son sceptre. Il est en effet « celui qui administre la Thémis ». C’est lui qui dit le droit. Cette Thémis est ce qui est licite, le droit qui est proclamé par le roi. Ce faisant elle ignore le concept de loi écrite ou nomos qui n’existe pas encore. Concrètement, elle consiste dans des précédents judiciaires dont la conservation est confiée à des personnages qui sont nommés les mémoires, les « mnemones ». Le roi est donc avant tout un juge, et c’est en jugeant qu’il élabore la législation. On le voit dans le chant XI de l’Odyssée, quand Ulysse descend aux enfers. Là, Minos, « tenant le sceptre d’or ; le roi siégeait pour rendre la justice aux défunts ». Le terme qui indique cette activité judiciaire est themistevein. Et à la lecture des poèmes on ne peut qu’être frappé de la fragilité de son pouvoir. Souvent son peuple ou ses vassaux s’opposent à lui avec succès. Son pouvoir est faible. A côté du roi, on trouve une assemblée des guerriers, ainsi que le mentionne le chant II de L’Iliade. C’est le conseil des compagnons du roi, eux aussi nobles et pouvant avoir le titre de roi. Ce qui indique que de multiples degrés sont possibles dans la royauté de l’époque homérique : on peut être basileus, roi, basileuteros, plus roi qu’un autre, ou comme Agamemnon basileutatos, plus roi que tous les autres. Ces nobles forment donc le conseil du roi et se réunissent au palais royal ou se trouve le Prytanée ou feu sacré. Le roi y a le pouvoir de décision, mais il doit écouter l’avis des sages et s’y conformer. C’est ainsi que la Thémis (exercice du droit) sera conforme à la Diké, justice droite. La Thémis du roi doit donc être conforme à l’idéal de justice exprimé par la Diké. Cette assemblée est aussi réunie en temps et réunit le peuple ou «laos». Plus tard ce sera le «demos. Il se réunit sur la place ou agora. Aucune organisation n’est prévue, c’est selon les vers de l’Odyssée, «la masse de ceux qui n’ont pas pris part au conseil». Le roi la convoque lorsqu’il le juge opportun et la consulte sur la question qu’il veut. Mais il n’est pas le seul à pouvoir la convoquer. En outre, pendant 20 ans, ni l’assemblée ni le conseil n’ont été convoqués. Donc seul le roi peut le faire. Donc, quand Télémaque la convoque, il agit en citoyen et non en prince régnant. De même, dans l’Iliade, c’est Hector et non Priam qui convoque et dissout l’Assemblée. L’assemblée n’hésite pas à se montrer hostile au roi. Mais à la manière d’un témoin, d’un observateur. En effet le peuple a rôle passif et muet, mais c’est lui qui accorde ou refuse la confiance. Et malgré les apparences, cette assemblée est importante. En effet, quand Ulysse relate son séjour chez les cyclopes, il montre que la sauvagerie est le principe de leur société par cette description : « Chez eux, pas d’assemblées qui jugent ou délibèrent, pas de lois (thesmistes), mais au haut des montagnes, au creux des cavernes, chacun, sans s’occuper d’autrui, dicte sa loi à ses enfants et ses femmes » (chant IX). La plus haute autorité est chez eux le chef de famille, et ne possèdent pas de vie publique, cette assemblée, qu’Homère appelle « gloire des hommes » dans le premier chant de l’Iliade, v. 490. On voit apparaître deux éléments importants dans les temps suivants, l’aristocratie et le peuple qui fonctionnent en assemblées. Finalement, ces cités paraissent petit à petit moins organisées que les états mycéniens. A la tête de la cité, il y a certes un roi assisté d’un conseil d’anciens, mais la bureaucratie a disparu, ainsi que la classe professionnelle de soldats. Le droit de porter les armes semble être le privilège exclusif des chefs, ce qui peut être l’origine de l’aristocratie

 

2.L\'action des réformateurs (Solon, Dracon…) fut-elle importante ?

 

 

 

A Athènes, après 640, les privilèges des nobles ne sont plus acceptés. Athènes se tourne alors vers des réformateurs, Dracon et Solon.

 

Il faut auparavant mentionner l’aventure de Cylon. En 632 ou 636 av. JC, il profite de l’absence de la noblesse qui s’est rendue aux Grands Jeux, pour s’emparer de l’Acropole. Son but était certainement d’installer la tyrannie à Athènes et d’abolir les privilèges des nobles. Mais son origine étrangère et le fait qu’il n’a pu en conséquence se concilier les classes populaires entraîne son échec.

 

Et vers 624, Dracon intervient. La tradition en a fait l’auteur d’une constitution et même d’un code sévère puisqu’il a laissé son nom dans les langues européennes par l’adjectif draconien, qui exprime l’idée de jugement sévère.

 

Dracon n’a pas modifié le paysage judiciaire ; il a simplement publié la loi. Cette loi devient connue de tous et par là, la communauté ou polis l’emporte sur les lignages nobles. Donc, la réapparition de l’écriture, qui avait disparu dans le naufrage de la civilisation mycénienne, permet l’émancipation politique.

 

Dracon publie ainsi le droit pénal, le droit familial, le droit des successions et l’organisation de l’insolvabilité des débiteurs qui entrent en servitude du fait de leurs dettes. Le lignage s’efface peu à peu devant l’individu. Ceci permet aussi la disparition de la peine collective qui frappait tous les membres d’un clan pour la faute de l’un des leurs. On recherche l’intention coupable individuelle, dont la gravité permet de graduer la peine.

 

Quant à Solon maintenant, l’un des sept sages de la Grèce dont les Grecs étaient fiers, avec Thalès de Milet, Chilon de Lacédémone… Après Dracon, les nobles se sont refusés à de nouvelles concessions. Et l’ordre ou discipline l’eunomia, principe très important dans les institutions des cités grecques fut mis à mal de nouveau. Solon est né vers 640-630 av. JC dans une famille de la grande noblesse, donc lui-même un Eupatride. Mais, original, il refusa l’héritage paternel, fit du commerce et voyagea. De retour, il prit parti pour les paysans et fut nommé archonte vers 594 av. JC, élection fruit d’un compromis entre les nobles et le peuple. Il est investi des plus grands pouvoirs pour mener à terme la réforme. Ses réflexions l’amènent à vouloir réformer les institutions.

Solon essaie de faire de même avec le corps social. Il essaie d’en dégager des règles, des principes, des effets. . Pour lui c’est donc le déséquilibre et l’excès (hybris qui est une notion fondamentale) des groupes rivaux qui menacent la cité et donc l’entraînent vers un devenir inéluctable. Parallèlement, le peuple est prêt à se donner à un tyran et à anéantir les Eupatrides par jalousie de leurs richesses. Pour éviter l’avenir sombre qu’il pressent, Solon pense que seuls des contrepoids s’équilibrant peuvent sauver la cité. Ainsi les nobles et la masse populaire se feront naturellement contrepoids. Après une amnistie générale pour restaurer la paix, il s’attaque au problème de la dette qui détruit la paysannerie indépendante. Il pense en effet qu’il faut d’abord sauver la petite paysannerie indépendante. Nous avons vu qu’elle était en crise. Solon propose donc la « seisachtheia » ou « rejet du fardeau ». Il libère les débiteurs de leurs dettes, que celles-ci soient publiques et donc dues à la cité ou privées. Et il est décidé que les créanciers, qui sont en fait les propriétaires nobles, ne recevront de ce fait aucune indemnité. Ces mesures sociales s’accompagnent de mesures juridiques destinées à assurer la stabilité de la société, avec un code de lois qui va rester le fondement juridique de la Cité jusqu’aux réformes de 410-399. Il préfère développer l’économie en faisant d’Athènes un marché florissant, en favorisant l’exportation de certains produits comme la céramique. Ainsi, Athènes devient la principale exportatrice de vases grecs. Mais par mesure de précaution, il en interdit l’exportation d’autres comme celle du blé, produit de première nécessité. Il réforme aussi le système des poids et mesures et peut-être le monnayage.

Ces réformes s’accompagnent de réformes politiques et institutionnelles. Solon reconnaît de nouveaux pouvoirs à l’assemblée du peuple ou ecclesia. Le peuple participe désormais à l’élection des magistrats, même si celle-ci reste encadrée par des lois censitaires. Très strictes. Surtout, il va déplacer la fonction de juger depuis les magistrats vers le peuple assemblé. C’est dorénavant ce dernier qui exercera la fonction de jugement. Il crée un nouveau tribunal nommé l’Héliée, constitué de jurés assermentés. Dérivant du mot dorien Haliaia qui signifie le peuple rassemblé, il comporte peut-être déjà 6000 citoyens qui sont désignés par tirage au sort. Il semble qu’il y ait un droit de dessaisir tout magistrat avant que celui-ci ait rendu sa sentence et de porter l’affaire directement devant l’Héliée. Ceci est un véritable contrepoids à la juridiction des archontes qui sont nobles. Ceux-ci finissent par seulement instruire l’affaire, et c’est le peuple assemblé dans l’Héliée qui juge. Et pour assurer le succès de cette réforme, l’action judiciaire est ouverte à tout citoyen, même si celui-ci n’est pas la victime ou s’il n’a pas subi de préjudice. Outre sa participation au pouvoir judiciaire, l’ecclesia participe au choix des magistrats. Ce choix est retiré à l’aréopage et l’élection des magistrats revient à cette assemblée de l’ecclesia. Les magistrats sont désormais choisis sur ces critères censitaires qui remplacent donc la naissance par la richesse. Une catégorie de citoyens sur les quatre dont est composée la société, la plus pauvre, celle des journaliers est en effet exclue de toutes les fonctions publiques, tandis que pour certaines hautes fonctions, il faut nécessairement appartenir à la classe la plus riche. Pour Aristote, ces différentes réformes sont cependant démocratiques. Certes, il y a évolution, mais Solon n’a pas voulu bouleverser les institutions et fondamentalement il raisonne en termes de riches qui sont bons parce qu’ils exercent les vertus politiques et les autres qui sont pauvres et n’ont pas une sagesse suffisante leur permettant d’exercer le pouvoir. Mais l’œuvre de Solon, équilibrée, mécontente beaucoup et aboutit à l’instauration de la tyrannie.

 

 

3.Evolution des institutions athéniennes de Clisthène à Périclès.

 

 

A la fin du VIe siècle, le mot démocratie n’existait pas encore même si la réalité du pouvoir était détenue à Athènes par le peuple, demos. Après le renversement d\'Hippias, Clisthène se fait bannir mais il revient en force avec l\'aide du « demos » en 508 lui permettant ainsi d\'obtenir une majorité à l\'assemblée. Il propose à cette assemblée différentes réformes qui vont former la base de la démocratie athénienne aux Ve et IVe siècle, ce qui va totalement bouleversé le système athénien. Les réformes de Clisthène réorganisent le corps civique et créent des cadres politiques nouveaux, tout en modifiant en profondeur les institutions politiques déjà existantes.Il crée le dème qui est une nouvelle circonscription qui divise le territoire d’Athènes, ainsi la notion de citoyenneté n\'est plus liée au territoire. Clisthène décide également de doubler l’aréopage d’un autre conseil, la Boulé. Composée de 500 membres tirés au sort. Pour en faire partie, aucune condition de cens n’est requise, mais on ne peut être membre de la Boulé plus de deux fois dans sa vie. Dorénavant, l’assemblée de l’ecclesia ne peut prendre aucune décision sans que la Boulé ait exprimé son avis. En outre la Boulé gère les affaires de la cité. ( → Il met également en place l\'ostracisme.)

 

Les guerres médiques ont une influence sur les institutions en ce qu’elles ont renforcé la démocratie. Tous les citoyens ont le droit et le devoir de siéger à l’assemblée populaire. Tous doivent le service militaire en fonction de leur fortune. Tous sont égaux devant la loi : « isonomia ». Durant, la guerre opposant Darius à Athènes, il fallait des rameurs pour faire avancer les bateaux selon l\'idée de Thémistocle ce sont les pauvres, sans patrimoine, qui en furent l’âme. Cependant en leur donnant un rôle militaire, Thémistocle a créé les conditions d’un nouveau développement de la démocratie car les bases sociales qui permettent la puissance navale ne sont plus celles sur lesquelles reposait la démocratie de Clisthène. Finalement, les rameurs deviennent l’âme de la cité et l’élément primordial de l’évolution de la cité.

 

Après, les guerres médiques. Ephialte, voyait dans l’aréopage le principal obstacle à l’élargissement de la démocratie. Il décida de priver cette institution de ses pouvoirs politiques pour les transférer aux organes de décision issus de la démocratie. Pour lui, il était contraire à la démocratie et surtout à son esprit que des fonctions très importantes soient laissées à un conseil formé de membres désignés à vie. Il fit passer une loi transférant la plupart des pouvoirs de l’aréopage à la Boulé des 500 et à l’Héliée. A l’Héliée il transfère les crimes de sang et à la Boulé l’examen des comptes. Cependant, une fois la loi passée, Ephilate fut assassiné sans avoir pour totalement consolider la démocratie c\'est pourquoi Périclès prie sa relève. Périclès correspond au développement harmonieux de la cité grecque à son apogée. Et le fait qu’il resta au pouvoir pendant près de trente ans a favorisé la stabilité des institutions et a permis de nuancer les aspects pratiques les plus radicaux de la démocratie dite radicale instituée par Ephialte.

 

La principale réforme de Périclès en matière constitutionnelle fut la misthophorie. C’est le fait de rétribuer ceux qui participaient à l’assemblée, aux tribunaux…, bref aux différentes institutions politiques.

→ Dans la Politique, Aristote dit qu’il y a deux manières d’encourager le peuple à participer à la vie politique de la Cité. Soit on punit l’absentéisme, ce qui est oligarchique, soit on rémunère la participation politique, ce qui est le fait des démocraties radicales

Un tel régime, fondé sur la recherche des honneurs, s’appelle la timocratie. Un tel régime qui récompense les mérites s’appelle de manière moderne la méritocratie.

 

Grâce à Périclès et à Clisthène, les institutions athéniennes avaient atteint un point d’équilibre, d’harmonie. Mais la guerre du Péloponnèse allait complètement remettre en cause tout l’équilibre de ces institutions.

4.Que retenir d\'Aristote et de Platon

Par sa naissance et son éducation, Platon est du parti des aristocrates.
Tout destinait Platon à une carrière politique. Il est issu d\'une famille noble. Du côté paternel, il descendrait de Codrus, dernier roi d\'Athènes. Sa mère était la petite fille de Critias l\'ancien et la cousine germaine du Critias qui fit partie des Trente tyrans que Spartes imposa à Athènes vers 404 avant J.C. et qui furent, du reste, promptement démis du pouvoir. La mère de Platon était sœur de Charmide auquel ce même gouvernement des Trente confia des fonctions importantes.

Aristote aussi était un personnage important de la politique de son temps. Né à Stagire en 384, une quarantaine d’années après Platon, son père et lui-même ont évolué dans la cour de Philippe de Macédoine, un des principaux alliés de l’Empire Perse qui, à l’époque, exerçait son hégémonie sur toute cette partie du monde, à l’exception de la Grèce. Aristote n’était pas un esprit libre à l’instar des citoyens Grecs, mais reflétait de par sa famille et sa naissance, la mentalité oligarchique. On sait qu’en 342, Philippe de Macédoine l’a nommé précepteur auprès de son fils Alexandre le Grand. Alexandre renvoya Aristote le soupçonnant de vouloir « contrôler et manipuler » sa pensée.  L’influence politique de Platon et d’Aristote ne se limite nullement à la période de leur existence mais a continué à se développer au cours du reste de l’histoire humaine. Grâce à Saint- Augustin, Socrate et Platon ont fait une entrée majestueuse au sein de l’Eglise chrétienne transformant pour le mieux la chrétienté et la Grèce antique. Au cours de presque six siècles, ces conceptions ont été hégémoniques au sein de la chrétienté, jusqu’au XIIème siècle qui marque l’entrée en force d’Aristote dans cette même église chrétienne.

« La démocratie est fondamentalement démagogique. C\'est la domination de l\'opinion c\'est-à-dire du langage des préjugés, de l\'incompétence. » (Platon)

                 Pour Platon, la politique est un savoir. Pour Platon est compétent celui qui connaît la fin d\'une action. Quand les fins sont différentes, les compétences sont différentes. Or il est toujours possible de faire croire qu\'on sait (démagogie). Il y a deux manières de gouverner des ignorants : on peut le faire en toute honnêteté dans l\'intérêt de tous mais on peut aussi utiliser la démagogie, flatter les passions.  Contrairement à Platon, Aristote ne conçoit pas l\'Etat idéal mais plutôt les conditions de possibilité de l\'Etat. Réalisme d\'Aristote
« On doit en effet examiner non seulement le régime politique le meilleur mais encore celui qui est simplement possible »
L\'autorité politique se distingue des autres formes d\'autorité (père/enfant, maître /esclave) en ce qu\'elle s\'exerce sur des hommes libres, des citoyens. Celui qui gouverne doit apprendre en pratiquant lui-même l\'obéissance car ce sont les lois qui doivent faire autorité, des lois justes.
Le but de l\'État n\'est pas seulement d\'assurer la survie mais de vivre dans une communauté qui doit s\'entendre sur l\'utile, le bon et le juste. Le but de l\'Etat est l\'accomplissement éthique des citoyens. Or cet accomplissement consiste en une vie heureuse des hommes (eudémonisme d\'Aristote, le but est le bonheur qui pour tout être réside dans la réalisation de sa nature). Mais il n\'est pas de bonheur sans vertu. Le citoyen ne doit pas mener une vie mercantile (sans noblesse) ni agricole (la vertu suppose le loisir). Si l\'homme et un animal politique, la politique n\'est sa fin que s\'il est vertueux et c\'est à la vertu du gouvernement qu\'on juge la valeur d\'un régime. Le citoyen se définit par son droit au suffrage et sa participation à l\'exercice de la puissance publique.

Les éléments essentiels de la bataille fondamentale entre Platon et Aristote peuvent très bien être saisis en comparant deux de leurs principaux ouvrages : La République de Platon et La Politique d’Aristote.

Dans la forme, La Politique d’Aristote est la réplique à la République de Platon. Aristote avait été l’élève de Platon à l’Académie et l’influence dont jouissait Platon contraignait Aristote à le suivre et à répondre à Platon dans la conception de son ouvrage. Au final, Platon et Aristote furent les deux grands penseurs du monde Grec, leur influence ne cesse de croître encore aujourd\'hui.

 

 

 

5 - Athènes fut-elle réellement une démocratie ?

 

Athènes est la plus importante des cités grecques au Vème et IV ème siècles. C\'est elle qui donne au monde grec son unité. C\'est elle qui domine le monde égéen jusqu\'en 338 av J.C.

Athènes est la démocratie « la plus féconde intellectuellement ». Dès l\'Antiquité, Athènes apparaît comme la forme la plus achevée des institutions en raison de son régime politique qui est la démocratie.

 

 

La démocratie athénienne représente l’exemple le plus achevé et le plus typique de la cité grecque, comme étant fondée sur le demos. C’est pourquoi Xénophon, dans la Constitution d’Athènes, s’attache à démontrer que les lois athéniennes sont mauvaises en elles-mêmes mais qu’elles sont parfaitement adaptées à leur but : assurer la sauvegarde des intérêts du demos et assurer sa suprématie. N’est-ce pas valable finalement pour toute démocratie ? Mais ce ne fut pas le seul mode de constitution ou de politeia, même si Athènes a imposé son régime dans de nombreuses cités. Dans un certain nombre de cités, les institutions oligarchiques ont subsisté, appelées ainsi parce que les magistratures étaient réservées à un petit nombre d’hommes. Ce sont les archai que les auteurs n’ont pas autrement défini. L’oligarchie se définit donc d’abord comme une opposition à la démocratie. Soit tous les citoyens appartiennent à l’assemblée, mais celle-ci n’a pas réellement de pouvoirs, comme à Sparte. Soit, des conditions de cens sont exigées pour exercer l’ensemble des droits politiques, comme Corinthe, Thèbes, Marseille. Platon distinguait ces deux sortes d’oligarchies en timocratie (fondées sur la naissance et une classe guerrière) et ploutocratie (fondée sur la richesse).

Parmi ces régimes, seule Sparte sera étudiée dans le cadre de ce cours.

6.Réquisitoire contre la démocratie athénienne

 

A) Incompétence citoyenne, divisions sociales et anarchie.

 

Le tirage au sort exclut toute idée de capacité de savoir-faire politique spécialisé. Or, tous les citoyens possèdent-il une égale compétence ? Les critiques de la démocratie corrigent l\'ignorance d\'un peuple aux sentiments incontrôlés et l’inconstance de la foule en proie aux passions violentes. Pour Euripide : « Comment le démos, incapable lui-même d\'une raisonnement droit, pourrait-il conduire la cité dans le droit chemin ? ». Par défaut d’instruction, il cède l\'entraînement réciproque. Comme le reconnaît Solon même, le fondateur de la démocratie athénienne « Chacun de vous pris isolément suit la trace du renard; mais réunis, vous avez l\'esprit béant ». Les citoyens subissent l\'influence du délétère des « démagogues », orateurs habiles à les flatter. Les sophistes, qui enseignent à discuter de tout, sont accusées de saper la religion et de mépriser les lois.

Platon dénonce la fragilité constitutive de la démocratie fondée sur la parole : le discours peut ruiner ce que la raison veut fonder. A la rhétorique, l\'art de « bien dire », relatif au monde des opinions mensongères et des discours trompeurs, il oppose la science et la dialectique, le souci de « dire vrai » qui approche la vérité de manière rationnelle, pour s\'élever jusqu\'à l\'idée de Bien. L\'élève de Socrate pointe une réelle contradiction au cœur d\'Athènes. L\'assemblée du peuple, qui confie les questions techniques à des spécialistes, agit tout autrement pour le gouvernement de la cité, l\'activité pourtant la plus haute de toutes. Contre Protagoras, Platon réfute l\'idée d\'une compétence politique universelle le savoir (qui n\'est pas un simple savoir-faire technique) est au principe du pouvoir . La philosophie détient le monopole de la connaissance légitime.

Une autre critique condamne les divisions qui déchirent Athènes. Comme l\'illustre l\'ambiguïté sémantique de démos, à la fois la communauté politique dans son ensemble et la multitude, la démocratie repose sur la loi du nombre qui penche toujours du même côté. Face au peuple majoritaire (paysans propriétaire de leurs fermes, ouvriers, agricoles, …). Les plus riches et les aristocrates se sentent exclus. Une telle frustration attise l\'affrontement entre « deux classes ennemies ». Si Solon, soucieux de « contenir le peuple », tente de l\'atténuer, cette fracture sociale atteint son paroxysme lors des guerres civiles de 411 et 404, à l\'origine de brèves tyrannies. Le réquisitoire de Platon est implacable. L\'anarchie est consubstantielle à la démocratie, régime de la liberté déréglée et de la « licence » dont les excès mènent à la tyrannie. Tandis que le peuple souhaite s\'approprier les biens des riches propriétaires, qui essaient de résister, la lutte s’intensifie. Le peuple choisit alors un protecteur, qui devient un tyran, selon un engrenage (« La nécessité et loi du destin est ou de périr de la main de ses ennemis ou de se changer en loup »). Aristote observe la même évolution : quand la souveraineté n\'appartient plus à la loi mais à la masse, et que règne l\'arbitraire du peuple, il n\'y a plus de Constitution (au sens du Bien Commun). A ceci près qu\'Aristote admet que la tyrannie provient aussi de l\'oligarchie.

 

B) Une démocratie au rôle limité face à des crises majeures.

 

 

Les institutions athéniennes avaient atteint un point d’équilibre, d’harmonie. Mais la guerre du Péloponnèse allait complètement remettre en cause tout l’équilibre de ces institutions. En effet, cette première démocratie fondée sur des bases solides avait atteint son paroxysme et son déclin semblait imminent car elle n\'a pas su faire face à des crises majeures qui ont bouleversé tout un monde antique. En 431, Athènes et Sparte entrent en conflit. Il durera 25 ans. Ce conflit est retracé par Thucydide dans sa Guerre du Péloponnèse. Et dès le début de l’ouvrage, il montre l’évolution dangereuse de la Cité qui applique l’opposition loi-nature dans ses rapports avec les autres cités, amenant cette crise de la loi. Périclès décide de laisser les spartiates gagner sur terre pour mieux contrôler la mer, finalement de considérer Athènes comme une île inexpugnable (I, 143). Les campagnes sont dévastées. Pendant ce temps, la population s’est réfugiée dans Athènes, occupant les temples, les sanctuaires, les remparts. Les conditions sont telles qu’une épidémie de peste éclate bientôt, décimant le quart de la population.La stratégie est un immense échec d’autant que les spartiates ne s’aventurent pas sur mer et que la flotte athénienne ne peut donc gagner la grande victoire navale qu’elle attend. Désavoué, Périclès quitte le pouvoir en 430 et meurt en 429, laissant la place Lysiclès, marchand de moutons, puis à Cléon le Tanneur. La politique de la cité n’est plus entre les mains des membres de la vieille aristocratie, mais la cité reste organisée. Depuis, à la mort de Périclès, en 429, ses successeurs aggravent la situation. Durant le quart de siècle qui suit, ce sont les démagogues qui détiennent les rênes du pouvoir. Ils sont dénoncés par Thucydide et par Aristophane. Pourtant, ils ont tenté de poursuivre la politique de Périclès. Mais, d’origine sociale inférieure, ils ne peuvent s’imposer à la foule et suivent davantage ses décisions qu’ils ne les inspirent. Pour rester au pouvoir, leur régime devient de plus en plus radical. Et finalement, les partisans de l’oligarchie prennent le pouvoir en 411 av. JC avec le but avoué de revenir à la constitution de Solon mais avec le moyen de la terreur. A l’issue d’un vote illégal, l’Assemblée vote l’abolition de la démocratie et remet le pouvoir à un conseil des Quatre-Cents sur le modèle d’un conseil qui aurait mythiquement existé à l’époque de Solon. Ils suppriment la misthophorie et réduisent le corps des citoyens exerçant l’ensemble des droits civiques à 5000 personnes. Mais, ils ne peuvent s’installer et sont renversés par les marins et les soldats. La démocratie est rétablie dès 410 et on entreprend la révision des lois de Dracon et de Solon. La guerre n’est pas finie et les désastres militaires continuent pour Athènes. Le peuple devient ivre de son pouvoir selon. Même si, il arrive à restaurer la démocratie en 322.

Le peuple se détourne de l’Assemblée sauf pour décider de guerres que chacun espère fructueuses. Ce désintérêt de la vie publique peut s’expliquer par les conditions économiques qui sont désastreuses, le mystophorie sert à attirer les gens vers les assemblées mais seuls les pauvres viennent. Pour M. Humbert, la situation peut se résumer en 4 mots : « conformisme, égoïsme, radicalisme, providentialisme ». Ceci a des répercussions sur les institutions. Au IVe siècle, l’Assemblée perd de son pouvoir effectif. Pourtant ses pouvoirs théoriques sont de plus en plus importants et entraînent la Cité dans des politiques incohérentes et contradictoires tandis que l’ecclesia s’abandonne aux orateurs et aux politiciens sans scrupules. Cette inefficacité vient en partie du fait que la Boulé n’a plus joué au IVe siècle le rôle modérateur qui était le sien au Ve siècle. Or l’assemblée veut agir par décrets et ne plus s’embarrasser de la loi parce qu’elle est le peuple. Finalement, la loi n’a pas résisté à la crise politique, à la crise intellectuelle, à la guerre.

 

 

La crise de la démocratie qui affecta Athènes au 4ème siècle avant J.C n\'est pas sans nous rappeler la situation actuelle. Certes les époques ne sont pas comparables, mais les mêmes causes ont tendance à produire les mêmes effets. L\'implication citoyenne peut certes paraître moins primordiale dans notre démocratie représentative qu\'elle il ne l\'était pour la démocratie directe athénienne, mais le fait qu\'une part de plus en plus grande de citoyens s\'abstient de participer au seul acte où on lui demande son avis, le choix de ses représentants, est un signe inquiétant de désaveu de notre régime politique. Celui-ci n\'a plus grand chose à voir avec la démocratie, se rapprochant plutôt de ce que les grecs appelaient oligarchie, c\'est-à dire le pouvoir d\'une minorité de professionnels de la politique, de technocrates

 

 

7.Plaidoirie pour la démocratie athénienne

 

 

 

C\'est à la fin du vie siècle avant J.-C. que la cité d\'Athènes devient une démocratie, une nouvelle forme de régime politique. Les citoyens athéniens (en grec le « démos » signifie le peuple, le corps des citoyens) ont le pouvoir (« cratos ») et sont au cœur des institutions et de l\'administration de ce petit État. Pourtant, le fonctionnement de cette démocratie fait l\'objet de beaucoup de débats au sein de la cité et il faut attendre le ive siècle pour que ce régime politique, toujours menacé, se stabilise… avant de disparaître.

La démocratie athénienne de l\'Antiquité est en fait très différente de la nôtre, car les sociétés antiques n\'ont ni les mêmes valeurs ni le même fonctionnement que les sociétés contemporainesLes citoyens à Athènes sont réellement les acteurs du jeu politique ainsi que des pièces assurant le bon équilibre.

 

I. Être citoyen à Athènes aux ve et ive siècle avant J.-C.

 

 

À l\'origine, Athènes est un régime aristocratique : une forme de gouvernement où le pouvoir est détenu par les aristocrates, l\'élite de la société par la richesse et la naissance. Cette élite, composée de quelques familles de grands propriétaires, détenait les terres et dirigeait la cité : le reste du peuple n\'avait aucun pouvoir.

Le rôle des citoyens à Athènes a évolué au cours de la période :

en −594, Solon, un aristocrate, met en place l\'isonomie : l\'égalité de tous les citoyens devant la loi. Mais Athènes n\'est pas encore une démocratie ;

en −507, Clisthène (un autre réformateur) divise les citoyens en dix tribus comportant chacune trois dèmes (subdivisions territoriales correspondant à un village ou à un quartier). Les riches et les pauvres sont mélangés et participent ensemble à la vie de la cité. Cependant, les plus riches ont encore les postes de direction de la cité ;

au ve siècle, Périclès (un autre aristocrate) met en place des lois plus égalitaires : les pauvres peuvent désormais participer à la direction de la cité.

Beaucoup de débats animent Athènes pour décider si c\'est l\'ensemble du « démos » qui doit diriger la cité ou, au contraire, l\'élite, les plus compétents….

 

 

Les citoyens sont au cœur des institutions.

 

 

Pour les citoyens athéniens, la démocratie est la liberté d\'intervenir dans la vie et la politique de leur cité.

Athènes est une démocratie directe : tous les citoyens se réunissent dans une assemblée, l\'Ecclésia, où ils décident de la politique de la cité par vote à main levée. Cette assemblée est toute-puissante et possède la souveraineté.

Les valeurs des Grecs de l\'Antiquité sont assez différentes des nôtres. À Athènes, les citoyens ont des devoirs avant d\'avoir des droits (idée qui n\'est pas dans l\'esprit de l\'époque). Mais ils bénéficient de réels avantages : ils ont la propriété des terres, peuvent mener une action en justice, se marier légitimement, avoir des aides publiques…

Les citoyens bénéficient du mysthos permettant ainsi, de les motiver pour aller voter, c\'est une véritable révolution.

Qui peut être citoyen à Athènes aux ve et ive siècles avant J.-C. ?

 

 

Depuis les réformes de Clisthène en -508/ -507 avant J.-C., pour être citoyen il faut :

être un homme libre ;

avoir un père athénien ;

être inscrit à l\'âge de 18 ans sur les registres de son dème ;

avoir fait son éphébie (service militaire de deux ans que les Athéniens doivent faire à 18 ans).

 

L\'Ecclésia peut donner la citoyenneté à un métèque s\'il a, par exemple, combattu avec bravoure pour Athènes (métèques et esclaves sont mobilisables dans l\'armée), mais c\'est exceptionnel.

L\'assemblée peut également voter l\'exil d\'un citoyen pendant 10 ans s\'il a menacé la sécurité de la cité : c\'est l\'ostracisme.

 

 

II. Le citoyen dans la vie de la cité

 

 

1. Les citoyens défendent la cité

Défendre sa cité et mourir pour elle est considéré comme un honneur dans la Grèce antique. À Athènes, le citoyen est aussi un soldat. Après son éphébie, il peut être appelé à combattre pour sa cité jusqu\'à 60 ans. Les citoyens votent eux-mêmes leur départ à la guerre.

 

Les guerres médiques contre les Perses ont été des événements importants pour la cité. Grâce à ses victoires, Athènes va dominer la mer Égée et les cités de la ligue de Délos. Elle devient riche et la démocratie se renforce :

en −490, les hoplites athéniens remportent la bataille de Marathon : les citoyens de classe moyenne gagnent le droit de diriger la cité avec les plus riches.

en −480 les rameurs, les plus pauvres, participent à la victoire navale de Salamine et sont aussi intégrés à la gestion des affaires publiques.

 

 

2. Les citoyens gèrent la cité

La cité est dirigée par trois assemblées et par des magistrats qui occupent des fonctions, politiques, militaires, ou judiciaires.

L\'assemblée de l\'Ecclésia est la plus importante institution de la démocratie athénienne. Elle se réunit tous les 10 jours sur la colline de la Pnyx. Les citoyens y votent à main levée les lois et décident de la paix, de la guerre et de l\'ostracisme. Tous les citoyens peuvent proposer une loi ou un amendement. Les débats à l\'Ecclésia peuvent être très violents.

La Boulè, le conseil de la cité, prépare les lois et veille à leur application. Elle est constituée de 500 citoyens tirés au sort pour un an au sein de l\'Ecclésia.

L\'Héliée est le tribunal d\'Athènes. Il est principalement situé sur l\'agora (place publique d\'Athènes). Il est composé d\'environ 6 000 citoyens de plus de 30 ans tirés au sort pour un an parmi l\'assemblée. Il rend des sentences votées à bulletin secret et sans appel.

Les magistrats font appliquer les lois de la cité pendant un an. Les stratèges, les plus importants, commandent l\'armée et sont élus chaque année. Les autres, comme les archontes, qui président les tribunaux et s\'occupent de la religion civique, sont tirés au sort.

 

Tous les citoyens, riches ou pauvres, peuvent être élus ou tirés au sort pour exercer une magistrature. Le tirage au sort était perçu à l\'époque comme une élection divine, tout le monde avait sa chance. les trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire sont séparés, l\'exécutif étant représenté par les stratèges, le législatif par l\'écclesia et la Boulè, le judiciaire par l\'Aréopage et l\'Héliée. Le réel avantage de la démocratie athénienne est son petit nombre de citoyens, en effet, grâce à un tel nombre de citoyen la démocratie est directe, c\'est le meilleur modèle pour respecter les valeurs et la place du citoyen au travers de la cité.

8.Que devons nous à la Grèce ?

 

Installés à l\'origine dans une région pauvre au sol ingrat, les Grecs anciens, ou Hellènes, ont vécu disséminés en petites cités indépendantes sur les rivages du bassin méditerranéen. Ils ont élaboré une civilisation originale qui a marqué toute l\'Antiquité et à laquelle nous devons beaucoup, aujourd\'hui encore.

Les Grecs anciens prétendaient être les descendants d\'Hellên, fils aîné du premier homme Deucalion. Les Grecs sont, en réalité, nés de la fusion de populations indo-européennes, venues du Nord par vagues successives, et de populations néolithiques occupant la péninsule balkanique. La première vague est formée par les Achéens, qui s\'installent, à partir du II e millénaire av. J.-C., dans les régions riveraines de la mer Égée. Influencés par la civilisation crétoise au XV e siècle, ils forment de petits royaumes dont les centres sont des palais fortifiés, maîtrisent la métallurgie du bronze, pratiquent le commerce et la piraterie, connaissent l\'écriture. Leur civilisation, appelée mycénienne, du nom de leur principale ville Mycènes, disparaît au cours du XIII e siècle av. J.-C., victime d\'une nouvelle vague migratoire venue du Nord, celle des Doriens, qui occupent l\'est de la Grèce continentale et le Péloponnèse. Les palais sont détruits par le feu, l\'usage de l\'écriture disparaît. Fuyant les Doriens, de nombreux Achéens s\'embarquent pour les îles de la mer Égée et les côtes d\'Asie Mineure. Cette migration est à l\'origine du peuplement de la Grèce d\'Asie.

Que doit-on à la Grèce? La démocratie, la littérature, les mathématiques, l\'astronomie, la médecine, l\'art, le théâtre… Les Grecs de l\'Antiquité ont jeté les bases de notre civilisation occidentale. Il nous ont tout appris, de l\'écriture à la philosophie, de la tyrannie à la démocratie. La Grèce possède une histoire des plus riches pour permettre d\'avancer. Elle a inventé le débat démocratique et la citoyenneté, le droit. Elle a prôné la valeur de l\'individu, l\'égalité, elle nous a appris les tactiques de guerres.

 

\"Les Grecs n\'ont pas inventé la cité, mais ils sont les premiers à réfléchir sur la nature du politique. Ils n\'ont pas inventé la polis, mais ils ont inventé la politique: c\'est-à-dire l\'homme se prenant lui-même en charge.\"  (Sartre)

 

 

9.Que retenir d\'Alexandre le Grand et des monarchies hellénistiques ?

 

 

En Grèce continentale, l’expérience de la cité a été finalement un régime faible qui n’a pas su construire des alliances durables et qui s’est épuisé en guerres entre les cités. C’est dans ce contexte d’affaiblissement que le roi Philippe de Macédoine va arriver à conquérir la Grèce, malgré le dernier sursaut d’Athènes galvanisée une dernière fois par l’éloquence de Démosthène.

Philippe laisse cependant subsister les vieux cadres sous le nom d’une ligue mais vide le concept de cité de sa substance. Quant à son fils Alexandre, il crée un empire où la cité disparaît. Et quand cet empire éphémère disparaît, la cité ne peut renaître comme cadre politique souverain.

 

Absorption dans le royaume de Philippe

C’est une véritable conquête des cités grecques que Philippe entreprend. Mais le procédé est habile. Les macédoniens, longtemps considérés comme des barbares se sont intégrés au monde grec. La meilleure preuve est qu’ils ont réussi à se faire admettre au Ve siècle aux Jeux Olympiques.

En 359, il commence par s’allier à Athènes pour l’aider à vaincre des cités qui ont quitté sa confédération. Il les conquiert, puis refuse de les restituer à Athènes et entame une progression territoriale contre Athènes en conquérant différentes cités. Athènes finit par être isolée et signe un traité avec Philippe en 346. Ce dernier promet de renoncer à toute expansion et Athènes se croit sauvée. Ce n’était qu’un faux répit pour gagner du temps. En effet, dès que l’occasion se présente, il attaque Byzance pour contrôler l’Hellespont. C’est la bataille de Chéronée en 338. Athènes et les cités libres sont vaincues, Philippe devient le maître de fait de la Grèce.Après la victoire de Chéronée, Philippe de macédoine agit avec prudence. Il constitue à son tour une ligue de cités, baptisée ligue de Corinthe, comme la première alliance contre les perses lors des guerres médiques. Mais, il en est évidemment le chef. Elle est dirigée contre les perses et Philippe exige un serment bannissant la guerre entre les cités membres de la ligue. Il leur impose des réformes dans leur constitution. Finalement, les cités deviennent les villes du royaume de Philippe. Il ne peut cependant mener à bien son projet et est assassiné en 336.

 

La fusion dans l’empire d’Alexandre

Alexandre remplace aussitôt son père. Et les cités pensent qu’elles peuvent se libérer de la tutelle macédonienne. Thèbes, capitale de la Béotie tente sa chance. Elle perd et Alexandre rase la ville et la fait disparaître après le massacre de ses habitants. Athènes, choquée comme les autres cités, accepte l’hégémonie d’Alexandre et confirme la mission de son père de conduire une expédition en Perse.Alexandre quitte la Macédoine en 334, soit deux ans après la mort de son père. Méfiant, il laisse la moitié de l’armée macédonienne pour surveiller la Grèce et n’accepte que de très faibles contingents grecs. La conquête est foudroyante. En 325, il est parvenu sur l’Indus. Puis, il meurt à Babylone deux ans plus tard en 323. Il laisse un empire, mais sans structures durables. Après la traversée, il enfonce sa lance dans le sol pour s’en proclamer le maître et commencer la libération des cités grecques d’Asie, intégrées dans l’empire perse depuis 545 av JC. Il est accueilli en libérateur en Asie, en Judée. Darius III pense l’arrêter grâce à son armée formidable.Grâce aux erreurs tactiques de Darius qui s’est privé de son meilleure général grec en le faisant mettre à mort pour ses conseils avisés, Alexandre remporte la bataille d’Issus et descend vers le sud.

Alexandre conquiert et se garde bien de rendre la liberté à quiconque, pas même aux cités grecques,

prétexte de l’expédition. Comprenant qu’Alexandre veut tous ses territoires, Darius rassemble une immense armée devant Babylone et l’équipe. Il perd la bataille, face à un Alexandre, grand stratège et ses compagnons tous de valeur. L\'empire perse s’effondre rapidement.Sur les décombres de l’empire perse, naît un nouvel empire. Alexandre a une véritable idéologie de la

monarchie. Le monarque est divinisé avec une synthèse de la tradition grecque du héros (qui est un demi-dieu) et les conceptions orientales du pouvoir. Il récupère ainsi l’essence divine du pouvoir Le pouvoir s’uniformise dans les différentes possessions et le peu d’autonomie des cités grecques

disparaît, elles sont absorbées définitivement dans l’empire. Le citoyen grec n’est plus rattaché à sa cité, mais à son roi,qu’avaient les rois de Perse et la sacralisation des pharaons qui étaient des dieux vivants.» Alexandre te contrôle son empire en s’appuyant de plus en plus sur les Perses, suscitant le mécontentement chez ses fidèles Macédoniens. Son esprit fertile et jamais rassasié de gloire envisage de nouveaux projets grandioses.Sa mort prématurée arrête cependant ses projets. Et son empire se morcelle aussitôt. Il fait éclater le cadre de la cité qui marquait l’appartenance à une communauté.

 

Royaume hellénistiques :Ce seul titre, « les royaumes » annonce l’échec d’Alexandre le Grand. L’empire a éclaté, mais comme ce sont les lieutenants d’Alexandre qui ont pris le pouvoir dans ces royaumes, ils ont maintenu une unité culturelle et une unité de pouvoir qui fait que l’on peut parler de royaumes hellénistiques .C’est un régime ploutocratique qui est mis en place à Athènes. Athènes n’a plus jamais un rôle politique ou international. Elle devient une ville universitaire pour le monde civilisé après en avoir été un des modèles politiques. Dans le reste de l’empire, les diadoques ou lieutenants d’Alexandre se battent pour détenir la royauté. Rapidement, intervient le partage de Triparadisos (Syrie, 321) qui définit les grands ensembles. Puis, après quelques années, les lieutenants prennent en 306 le titre de roi. L’empire universel a vécu. Vers 280, les frontières en sont définitivement tracées. L’Égypte revient à Ptolémée, fils de Lagos. Il crée la dynastie lagide. Celle-ci se maintient jusqu’à la reine Cléopâtre en 31 av. JC. Syrie, Asie mineure jusqu’en Afghanistan, et jusqu’au pont au nord, deviennent le royaume des Séleucides. Ce royaume disparaît rapidement et est partagé. La Grèce et la Macédoine revient aux Antigonides, conquise par les romains de Paul Emile.Ces trois dynasties étaient dominées par un système monarchique d\'origine macédonienne et orientale. Le roi y était divinisé et faisait l\'objet d\'un véritable culte. Ainsi élevé au-dessus des hommes, il incarnait l\'héroïsme guerrier et l\'effort civilisateur, étant protecteur des arts et des lettres. En ce sens, le monarque hellénistique est le lointain ancêtre du despote éclairé. L\'élite culturelle de ces royaumes parlait la koinè (en grec, « commun ») grecque, qui devint la nouvelle langue internationale. Leur religion associe les dieux grecs aux divinités orientales dans un processus appelé syncrétisme ou mélange des religions. De même, leur art et leur littérature furent un mélange cosmopolite d\'éléments grecs et locaux. De nombreuses cités furent construites, dont la plus

importante fut Alexandrie en Égypte. Au niveau du souverain : Ces rois sont roi Ptolémée ou roi Antiochos, ils ne peuvent se dire roi des égyptiens. Cela montre que leur pouvoir n’est pas fondé sur la nationalité. Mais ce pouvoir n’est pas non plus fondé sur une seule assise géographique, car les territoires contrôlés ne sont pas homogènes et réunissent des races, des langues, des religions différentes. Quand il règne , son pouvoir est absolu , c\'est un Dieu parmi les hommes. Sa première fonction est guerrière , mais c\'est aussi un protecteur du peuple et il dispose de fonction judiciaire , le roi c\'est la loi.

 

 

10.Que retenir des institutions de Sparte ?

 

 

 

Les institutions politiques de Sparte apparaissent comme constituées à la fin du VIe siècle et au début de l’époque classique. Les auteurs anciens en attribuaient la paternité à un législateur unique Lycurgue, personnage plus ou moins légendaire. Il n’empêche que la constitution spartiate apparaît comme très originale, sans équivalent dans le monde grec, même si les anciens comme Polybe aimaient rapprocher son régime des institutions crétoises.

Il est certain que jusqu’au VIe siècle, Sparte est une cité aristocratique de type traditionnel. Cette aristocratie donne naissance à deux clans où sont choisis les deux rois de la cité, chefs militaires et religieux. Ils sont contrôlés étroitement par une assemblée des anciens, la gerousia qui est composée des chefs des familles principales.

Les trois classes sociales :

Les Spartiates (le terme officiel qui les désignait était celui d’égaux) étaient les

seuls qui possédaient des droits politiques et qui pouvaient être élus à des

charges publiques. Presque toutes les terres qui entouraient la ville leur

appartenaient, ils les faisaient cultiver par des esclaves.



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