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Histoire-géographie

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Publié le : 23/12/2020 -Format: Document en format HTML protégé

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shoah
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SHOAH
Repères et histoire

« Vous qui vivez en toute quié
quiétude,
bien au chaud dans vos maisons,
n'oubliez pas que cela fut,
non ne l'oubliez pas. »
Primo LEVI
Réalisation : Jacques DECALO, avec le concours de Xavier ROTHEA, membres du Collectif « Histoire et Mémoire »

5, Rue d'Angoulê
d'Angoulême - 30000 Nî
Nîmes

Au milieu des combats de la Seconde Guerre mondiale où les morts se comptèrent par millions, six millions d’hommes, de femmes
et d’enfants furent assassinés simplement pour être nés « juifs », assassinés dans des conditions dont personne n'aurait pensé
l’humanité capable.
Cette histoire a marqué de façon indélébile la France. Le gouvernement de Vichy, devança même les exigences de l’occupant, en
livrant les enfants juifs à la mort et en contribuant à la réalisation du projet de génocide des nazis.
Quant à l’Europe qui soulève aujourd’hui tant de débats et pose tant de questions, nous oublions trop souvent qu’elle fut construite
sur les ruines des chambres à gaz et des champs de bataille par des bâtisseurs animés par une foi profonde : « ne plus jamais
permettre de tels crimes ».
Près de 70 ans après les premières rafles de Juifs du mois d'août 1942 à Nîmes et dans l'ensemble du département, notre collectif a
souhaité honorer la mémoire des enfants juifs de Nîmes et du Gard qui ont été déportés vers Auschwitz puis assassinés entre 1942
et 1944. Cinquante enfants subirent ce funeste sort pour la seule raison qu'ils étaient Juifs.
Toutefois, nous n'oublions pas que de nombreux enfants furent cachés et sauvés par des citoyens français. Ces « Justes » dont la
conduite exemplaire illustre, en effet, les valeurs de fraternité et de solidarité. Le département du Gard peut être fier de ses « Justes
parmi les nations », et de beaucoup d’autres de ses habitants qui par pure modestie n'ont pas souhaité accepter de distinction
honorifique.
Nous voulons rappeler que l’Histoire est constituée d’une longue chaîne de responsabilités, individuelles et collectives, et que chacun
de nous en est un maillon précieux.
Nous voulons, bien modestement transmettre l’histoire de la Shoah dans le respect de la sensibilité des enfants sans substituer
l’émotion à la connaissance et en suscitant la réflexion de ceux qui seront les citoyens de demain. Ouvrir les yeux pour lutter contre
toutes les formes de racisme, de xénophobie, de discrimination, et accepter la différence.
C'est pourquoi nous devons à tout moment, tout au long de l'année, nous les enfants et petits enfants des victimes de la Shoah,
nous les parents, les grands-parents, les enseignants, les responsables associatifs informer au sujet de l'horreur de la Shoah :
que s'est-il passé ? comment cela s'est-il passé ? comment cela a-t-il pu arriver ? se pourrait-il que cela se produise à nouveau ?
Essayons de lutter contre l'ignorance par l'éducation, et contre l'incrédulité par la preuve.

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A la mémoire des enfants juifs déportés de Nîmes et du Gard
victimes des nazis, avec la complicité active de l'État français de Vichy,
assassinés à Auschwitz et Sobibor
1942 - 1944
Suzanne ALFANDARI 17 ans
Vital ALFANDARI 14 ans
Iram ARNSTEIN 18 ans
François ATHIAS 4 ans
Éliane BAROUCH 3 ans
Maurice BAROUCH 7 ans
Robert BAROUCH 9 ans
Maurice BENICHOU 12 ans
Albert BENICHOU 16ans
Claude BERR 2 ans
Michel BERR 5 ans
Jean Pierre BLOCH 7 ans
Jeanine BLOCH 10 ans
Henri BLUMENFELD 2 ans
Jany BLUMENFELD 4 ans
Mireille BLUMENFELD 4 ans
Jacques CAZES 12 ans
Maurice CAZES 14 ans
Jeanne DAVID 16 ans
Maurice DAVID 18 ans
Maria DYNENBORT 12 ans
Martin GRUNWALD 13 ans
René GUGENHEIM 16 ans
Bernard GUGENHEIM 17 ans
Marcel GUGENHEIM 8 ans
Sylver HENENBERG 14 ans
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Jean KAHN 14 ans
Daniel KAMINSKI 3 ans
Noémie KAMINSKI 7 ans
Alfred KLEIN 11 ans
Ginette KUNE 15 ans
André LEWENSON 10 ans
Myriam MOSCOWIZC 4 ans
Michel MOSCOWICZ 7 ans
Daniel PERAHIA 18 ans
Rachel ROSNER 5 ans
Naftali ROSNER 7 ans
Gisèle ROSNER 10 ans
Georges SCHACHTER 9 ans
Rose SCHACHTER 7 ans
Renée SCHLESINGER 13 ans
Jean SCHLESINGER 5 ans
Vera SCHREIBER 14 ans
Jean SPIEGEL 18 ans
Jean SPIRA 7 ans
Sarah SZATKOWNIK 17 ans
André TCHAPKA 13 ans
Pauline TEHENOLE 10 ans
Jacques VIGDERHAUS 10 ans
Daniel VIGDERHAUS 13 ans
Hilda ZAFRAN 16 ans
Élisabeth ZECKENDORF 17 ans
Suivant

TABLE DES MATIERES
La SHOAH

Les camps de personnes déplacées

Les communautés juives avant la Shoah

La quête de justice : Nuremberg

Brève histoire des juifs en France

Le procès Eichmann

La montée du nazisme

La traque des anciens criminels nazis

Extrait du programme du Parti Nazi (1920)

Quand la CIA protégeait les anciens nazis

Un système totalitaire mis en place par la terreur

Les legs de Nuremberg - la Justice Internationale

Arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler et du parti nazi

Chronologie de la Shoah

L’idéologie raciste et antisémite

Mortalité juive estimée durant la shoah

La Seconde Guerre mondiale

Victimes non-juives des persécutions

Les phases de la Seconde Guerre mondiale

La Shoah en France

Les réactions en France occupée

Bilan humain de la Shoah en France

La politique d'extermination menée par les nazis

Le réveil des consciences

Bilan et conséquences de la guerre

La persécution des Tsiganes

Les Alliés face à la Shoah ceux qu'ils savaient

La persécution des homosexuels

Les ghettos

La persécution des témoins de Jéhovah

Deux figures du ghetto de Varsovie

La répression antimaçonnique

Les camps de concentration

La chasse aux communistes

La « solution finale » et les camps de la mort

La résistance intérieure française

La résistance juive

L'affiche Rouge

La Résistance Juive armée

Chronologie des mesures anti-juives de 1940 à 1942.

Les collaborateurs nazis

Glossaire

Les Justes

Les commémorations nationales liées à la seconde guerre mondiale

Histoires de Justes parmi les Nations en France

Bibliographie

La libération

Pistes pédagogiques

Les marches de la mort

Allocutions prononcées lors de l’apposition de la plaque commémorative

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Quitter

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La SHOAH
La Shoah est la persécution systématique et l’assassinat d’environ six millions de Juifs par l’Allemagne nazie et ses
collaborateurs entre 1933 et 1945.
En plus de commettre l’Holocauste, le régime nazi a persécuté des millions de gens en raison de leurs différences; les Roms et Sinti
(Tsiganes), les handicapés mentaux et physiques, les homosexuels, de même que les opposants politiques et religieux au nazisme.
La Shoah n’est pas un accident dans l’histoire, mais un événement planifié perpétré au cœur d'une Europe se considérant alors
comme le centre de la civilisation.
Des individus, des organisations et des gouvernements ont fait des choix qui ont provoqué la discrimination, les préjugés, la haine et
finalement, l’exécution de masse.
Shoah est un mot hébreu qui signifie « anéantissement », « cataclysme », « catastrophe », « ruine », « désolation ».
Il est désormais préféré en France à « Holocauste », connoté religieusement et signifiant « sacrifice ne laissant subsister aucune
trace de la victime ».
Le projet nazi consistait à effacer les Juifs de l’histoire et de la mémoire du monde. Ce génocide des Juifs constituait pour les nazis
« la Solution finale à la question juive ».
La Shoah ne devait avoir ni survivant, ni témoin, ni récit.
La machine de mort était pensée, organisée pour ne laisser aucune trace des atrocités perpétrées. Bien que l'histoire connût d'autres
génocides, l'extermination du peuple juif durant la seconde guerre mondiale se distingue toutefois par son caractère industriel,
bureaucratique et systématique, qui la fait rester à l'heure actuelle unique dans l'histoire de l'humanité.
Paroxysme d'un antisémitisme européen à la très longue histoire, ce génocide a voulu éliminer radicalement la totalité d'une
population qui ne représentait aucune menace militaire ou politique pour les bourreaux. Les femmes, les bébés ou les vieillards
furent tout aussi systématiquement traqués et voués à la mort de masse que les hommes adultes.
1 500 000 enfants furent victimes de l'anéantissement.
Vidéo : Visages d’enfants disparus

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Enfants à Auschwitz

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Les communautés juives avant la Shoah
En 1939, les Juifs étaient présents en Europe depuis plus de 2 000 ans.

Dates d'implantation de communautés juives
Grèce : - 297
Italie : env. - 167
Rhodes : env. – 67
France : 3 ap. J.-C.
Bulgarie : 33
Crimée : 33
Hongrie : 33
Roumanie : 133
Allemagne : 321
Tchécoslovaquie : 933
Autriche : 903
Yougoslavie : 933
Ukraine : 1117

Hollande : 1133
Pologne : 1133
Belgique : 1233
Luxembourg : 1286
Estonie : 1333
Lituanie : 1333
Russie blanche : 1387
Dantzig : 1533
Lettonie : 1533
Danemark : 1622
Sarre : 1621
Memel : 1664
Norvège : 1851

Source : Sir Martin Gilbert, Atlas de la Shoah,
éditions de l'Aube, La Tour-d'Aigues, 1987

Juifs allemands au XIIe siècle

Les premiers indices témoignant de l’existence d’une communauté juive en Allemagne datent du 4e siècle, dans la ville de Cologne.
Au fil des ans, les communautés juives ont connu différents statuts plus ou moins liberticides étant, à certains moments, très
prospères au niveau économique et intellectuel, et à d’autres moments, victimes de décrets, de diffamations et étant repoussées
dans les ghettos.
Au 20e siècle, la majorité des Juifs allemands étaient bien intégrés au sein de la société et participaient à la vie artistique,
intellectuelle, industrielle, scientifique et politique de l’époque.
Ils comptaient alors pour moins de 1% de la population du pays (moins de 500 000 personnes).
Il existe une grande diversité entre les différentes communautés juives, ainsi qu’au sein même de ces dernières en ce qui a trait à la
situation économique, à la scolarité, aux allégeances politiques et aux pratiques religieuses. Il est donc difficile, par une seule
définition, de décrire les Juifs et les communautés juives de l’époque.
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Brève histoire des juifs en France
La présence de juifs en France remonte à l'Antiquité. Des commerçants juifs fréquentant le port de Marseille dès l'époque de la
colonisation romaine sont à l'origine des communautés de Provence et du Comtat Venaissin.
Au Moyen-Age, de nombreuses communautés juives bien intégrées se développent, comme en témoignent les « rues aux Juifs » ou
rues « Juiverie » dans de nombreuses villes de France. Le plus ancien monument juif de France encore visible se trouve à Rouen et
date du XIIème siècle.
Importantes en nombre, ces communautés le sont aussi en rayonnement intellectuel dans le monde juif. Ainsi, le célèbre
commentateur Rachi était-il originaire de Troyes, où il exerçait la profession de vigneron. Le savant et philosophe Moïse de
Narbonne est une autre figure marquante de cette période.
Cependant, les Juifs ne sont pas toujours bien acceptés. Aux écrits hostiles de l'Église répondent souvent, surtout à partir des
Croisades, persécutions et violences. Le roi Louis IX (Saint-Louis) impose aux Juifs le port d'une marque distinctive : la rouelle, petit
cercle d'étoffe jaune dont le port sur les habits est obligatoire.
En 1244, à la suite d'un véritable procès, le Talmud (recueil de droit civil et religieux juif, comportant des commentaires sur la loi
mosaïque et reflétant l’enseignement des grandes écoles rabbiniques des premiers siècles de notre ère) est condamné à être brûlé
en place publique. Ces diverses mesures aboutissent en 1394 à l'expulsion des Juifs du Royaume de France.
Ne subsistent dès lors que les communautés d'Avignon et du Comtat Venaissin, sous la dépendance directe du Pape ainsi que
celles d'Alsace et de Lorraine, qui appartiennent à l'Empire romain germanique.
Au cours des XVIIème et XVIIIème siècles, les communautés de Bordeaux et du Sud-Ouest accueillent des Juifs portugais
officiellement convertis au catholicisme pour échapper à l'Inquisition, mais qui ont néanmoins du mal à éviter la persécution dans leur
pays d'origine.
La Révolution Française marque une transformation capitale de la situation des Juifs de France : dès 1790, grâce notamment au rôle
de l'abbé Grégoire, ils deviennent citoyens français à part entière.
Le XIXème siècle se caractérise par l'intégration de plus en plus grande, voire l'assimilation, des Juifs à une société française à
laquelle ils sont fiers d'appartenir. Le soutien à la République et aux idées nouvelles va de pair avec la réussite économique et
sociale dans tous les domaines, maintenant que les restrictions de l'Ancien Régime ont disparu. Petit à petit, ils trouvent leur place
dans l'armée, l'enseignement, la politique...
Ils se font accepter dans le « monde » et la vie sociale.
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Pour les Juifs de toute l'Europe, la France et ses Droits de l’Homme et du Citoyen constituent le modèle d'une émancipation
compatible avec l'idée nationale. Un flux croissant d'immigration en provenance de l'Est, d'Allemagne puis de Pologne et de Russie
est la conséquence de cette attraction. Il convient d'y ajouter l'afflux de Juifs d'Alsace-Lorraine après l'annexion de ces provinces par
l'Allemagne après la guerre de 1870.
Le démembrement de l’empire Ottoman conduisit les Judéo-Espagnols tant du Levant que du Maroc à émigrer vers l'Europe et
particulièrement la France dès la fin du XIXème siècle, les vagues allant s'amplifiant jusqu'en 1939, et au-delà pour le Maroc. Au bloc
ottoman correspondait un bloc judéo-espagnol uni, dont les villes de Salonique, Kavalla, Andrinople, Constantinople, Smyrne, Sofia,
Sarajevo, etc., étaient les phares. La fin de l’empire Ottoman désintégrera ce bloc. Le judaïsme espagnol aura perdu son ciment.
Dans leurs nouvelles terres d'accueil, fidèles à leur langue, ils reconstituèrent des communautés religieuses et ethniques, notamment
dans le sud de la France.
Mais les vieilles haines n'ont pas disparu. Au traditionnel anti-judaïsme de l'Église et aux réflexes de rejet qui font de l'évolution
sociale décrite ci-dessus un parcours malgré tout lent et peu facile, vient s'ajouter un antisémitisme qui dénonce les Juifs même bien
intégrés - surtout bien intégrés, même - car il les assimile à une force occulte, alliée à la franc maçonnerie, autre cible sur qui projeter
les craintes et les angoisses face à l'évolution de la société.
Pour les Juifs - ou « Français de religion israélite » - qui ont fait leur cet idéal d'intégration harmonieuse, le déferlement
d'antisémitisme qui accompagne l'affaire Dreyfus est un choc aussi brutal qu'inattendu.
Mais il ne suffit pas à remettre en cause cet attachement. Les juifs s'engagent dans la guerre de 1914-18 avec le même
enthousiasme que leurs compatriotes, et la France continue plus que jamais d'être une terre d'attraction pour les Juifs persécutés de
Russie, de Pologne, des nouveaux régimes autoritaires d'Europe de l'Est et bientôt de l'Allemagne hitlérienne.
Avec la défaite de 1940 et la mise en place du régime de Vichy s'ouvre une période noire.
Dès 1941, avec la mise en place du « commissariat général aux questions juives » et l'adoption des lois de discrimination raciale,
l'État français va au-devant des exigences allemandes : port de l'étoile jaune, exclusions scolaires et professionnelles, spoliation,
sont les premières étapes d'un processus qui mène à la collaboration active à la politique nazie de déportation.
Chacune de ces étapes s'exerce d'abord sur les Juifs étrangers (ainsi la tristement célèbre arrestation par la police française de
familles juives envoyées en déportation du 16 juillet 1942, dite « rafle du Vel d'Hiv » parce que les Juifs ont été parqués dans le
Vélodrome d’Hiver où les courses cyclistes avaient lieu, qui se trouvait à Paris, dans le 15ème arrondissement, au niveau du Métro
Bir Hakeim; pour être étendue indistinctement aux naturalisés récents puis à ces Israélites parfaitement intégrés qui continuaient à
refuser d'imaginer que la France puisse les rejeter.

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Contrairement à d'autres pays, la France offre aux Juifs certaines possibilités d'échapper au pire : l'existence pendant un temps de la
« zone libre » (carte ci-dessous) et l'exode de nombreux Français lors de l'invasion allemande, de réelles solidarités de la part de non
juifs, permettent à de nombreux juifs de se dissimuler et de traverser la guerre sains et saufs.
Si la proportion de déportés est plus faible qu'ailleurs, 75 000 personnes, soit environ 25% de la population juive de France en 1939,
disparaissent dans les camps de la mort.
A Nîmes et dans le Gard, on estime à près de 400 personnes le nombre de déportés Juifs dont une cinquantaine d’enfants âgés de 2
à 18 ans.
Parmi ces derniers, seuls trois reviendront des camps de la mort.

Le Monument Juif du Palais de Justice de Rouen

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La montée du nazisme
La défaite de l’Allemagne aux mains de la France, la Grande-Bretagne, la Russie et les États-Unis marque la fin de la Première
Guerre mondiale (1914-1918).
Le Traité de Versailles (1919), nom donné au traité de paix désignant les sanctions prises contre l’Allemagne et ses alliés, force
l’Allemagne à assumer les conséquences morales et économiques causées par la destruction sans précédent qu’elle a provoqué en
Europe. L’Allemagne est soumise à de sévères restrictions, qui limitent l’utilisation de ses forces armées ainsi que son pouvoir de
production et d’utilisation d’artillerie lourde. L’Allemagne est forcée de payer une réparation et de céder une importante partie de son
territoire et toutes ses colonies. Le Traité est perçu par les Allemands comme une punition excessivement sévère et cet argument
sera par la suite utilisé comme outil de propagande par les nazis. Les dirigeants de l’aile droite et des forces armées véhiculent l’idée
voulant que l’armée allemande ait été trahie par les communistes, les libéraux et les Juifs.
Dans le chaos d’après-guerre, une république parlementaire démocratique, connue sous le nom de République de Weimar, est
constituée.
Au cours des années 1920, une crise économique secoue l’Allemagne.
Les taux d’inflation et de chômage atteignent des niveaux sans précédent, provoquant ainsi l’instabilité politique. Les Allemands
perdent confiance en leur gouvernement.
En 1919, des vétérans de la Première Guerre mondiale décident de former le Parti nationalsocialiste allemand des travailleurs (Parti nazi), dont Adolf Hitler devient dirigeant en 1921.
L’idéologie nazie est caractérisée par des politiques militaristes, racistes, antisémites et
nationalistes. Après avoir échoué dans leur tentative de s’emparer du pouvoir par un coup
d’état armé en 1923, les nazis se tournent vers les institutions politiques, espérant ainsi tirer
profit de la démocratie fragile de l’Allemagne.
La Grande Dépression de 1929 qui sévit à l’échelle mondiale fait à nouveau grimper le taux
de chômage. Exaspérés, bon nombre d’Allemands souhaitent des mesures radicales et sont
ainsi tentés par le nouveau parti nazi.
Ce dernier passe donc de 12 à 107 sièges au parlement en 1930, tout en véhiculant
activement des idées propagandistes et en établissant son emprise dans les rues au moyen
de troupes paramilitaires; ce qui déstabilise davantage l’Allemagne.

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Extrait du programme du Parti Nazi (1920)
1. Nous demandons la constitution d’une Grande Allemagne. [...]
4. Seuls les citoyens bénéficient des droits civiques. Pour être citoyen, il faut être de sang allemand, la religion importe peu.
Aucun Juif ne peut donc être citoyen.
5. Les non-citoyens ne peuvent vivre en Allemagne que comme hôtes et doivent se soumettre à la législation sur les étrangers.
6. Le droit de diriger l’État et de faire les lois est réservé aux seuls citoyens.
Nous demandons donc que toute fonction publique ne puisse être tenue par des non-citoyens.
7. Nous demandons que l’État allemand s’engage à procurer à tous les citoyens des moyens d’existence. Si ce pays ne peut
nourrir toute sa population, les non-citoyens devront être expulsés du Reich. [...]
23. Nous demandons une lutte contre le mensonge politique et contre sa propagation par les journaux.
Pour permettre la création d’une presse allemande, nous demandons que :
a) tous les directeurs et journalistes des journaux de langue allemande soient des citoyens allemands ; [...]
c) soit interdite par la loi toute participation financière ou toute influence des non allemands [...]
24. Nous demandons la liberté en Allemagne de toutes les religions, dans la mesure où elles ne mettent pas en danger ou
n’offensent pas le sentiment moral de la race germanique. [...] Le Parti combat l’esprit judéo-matérialiste. [...]
Munich, le 24 février 1920

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Un système totalitaire mis en place par la terreur

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Arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler et du parti nazi
En 1933, Adolf Hitler et le Parti nazi récoltent 32% des votes et sont élus au pouvoir. Combinant patriotisme et racisme, le Parti nazi
fait renaître, dans un élan de mélancolie, les mythes historiques d’une race aryenne pure.
L’idée d’une telle nation permet de séduire la population en offrant des solutions simples aux problèmes d’instabilité politique et
économique, et en promettant de redonner à l’Allemagne son rôle de puissance mondiale.
Le 30 janvier 1933, Hitler devient chancelier du gouvernement allemand.

À la mort du président Hindenburg en 1934, Hitler reçoit son titre en plus de celui
de chancelier et devient ainsi seul maître de l’Allemagne.
Hitler s’autoproclame dictateur et chef suprême de l’Allemagne.
C’est le début de l’ère du IIIe Reich.
Plus rien ne l’empêche de mettre tous les moyens à la disposition de son
idéologie raciste, antisémite, antidémocratique et antimarxiste.
Il n’y a dès lors plus de frein à l’imposition des mesures anti-juives et des lois de
Nuremberg en 1935 qui excluent les Juifs de la vie sociale, économique ou
politique, constituant la première étape dans la marche vers l'extermination.

Vidéo : le Nazisme

Adolf Hitler, le chancelier fraîchement élu, salue le
président allemand Paul Von Hindenburg.
Berlin, Allemagne, 30 janvier 1933.

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L’idéologie raciste et antisémite
L’antisémitisme est une doctrine et une attitude d’hostilité et de discrimination à l’égard des Juifs.
C’est une forme particulière de racisme. Jusqu’au 19e siècle, l’antisémitisme implique la discrimination religieuse, politique et
économique.
L’antisémitisme faisait partie de la culture européenne chrétienne depuis plusieurs siècles.
Cette attitude a ensuite été exploitée par les nazis.
Le livre d’Hitler Mein Kampf (Mon Combat) dépeint le peuple juif comme premier ennemi de l’Allemagne et cause principale des
souffrances économiques et sociales de l’État allemand.
Le 10 mai 1933, sur la place de l'Opéra, face à l'université de Berlin, les nazis organisent sur ordre de Hitler un « autodafé rituel des
écrits juifs nuisibles ». Joseph Gœbbels, ministre de la Propagande du Reich, dénonce dans un discours radiodiffusé le « mauvais
esprit du passé ». 20.000 livres sont brûlés. Parmi les auteurs voués au feu figurent Heinrich Heine, Karl Marx, Sigmund Freud,
Albert Einstein, Franz Kafka, Stefan Zweig, Felix Mendelssohn-Bartholdy.
Les œuvres des artistes « dégénérés », tels Van Gogh, Picasso, Matisse, Cézanne et Chagall, sont par ailleurs bannies des
musées.
Des politiques instaurées contre les artistes et les musiciens poussent bon nombre d’entre eux à fuir le pays comme l’ont fait Ernest
Hemingway, Thomas Mann et Helen Keller.
Selon des théories populaires pseudo-scientifiques, les Juifs sont alors, pour la première fois, considérés en tant que race et non en
tant que religion.
Les lois de Nuremberg (1935) donnent les bases légales aux nazis afin d’exclure et de dégrader les Juifs. La supposée infériorité du
peuple juif ne s’appuie alors plus seulement sur leurs différences religieuses, mais aussi sur leurs présumés défauts génétiques
héréditaires.
Les dirigeants nazis mettent donc sur pied un système de classification des races en deux catégories : d’un côté, les Aryens (le
peuple germanique), considérés comme « génétiquement supérieurs », comme la « race maîtresse », destinée à régner sur le
Monde, et de l’autre, les races « inférieures », composées des Slaves, des Roms et Sinti (Tsiganes) et des Noirs. Les Juifs sont
relégués à la toute fin de cette hiérarchie raciale, ils sont même traités comme des sous-hommes. Ces catégories sont définies
selon des arguments génétiques. Pour assurer la « pureté de la race », il est interdit aux Juifs de se marier ou d’avoir des relations
sexuelles avec des Allemands.
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De 1933 à 1935, les commerces juifs sont boycottés. Les Juifs sont exclus de la fonction publique, des services de santé et des
professions libérales (médecins, avocats, enseignants). On va jusqu’à refuser d’accorder la citoyenneté allemande aux Juifs. Ceux
qui l’avaient s’en voient dépourvus et se retrouvent apatrides.
Les 9 au 10 novembre 1938 (Kristallnacht), les nazis déploient leur première campagne de terreur coordonnée et organisée par
l’État contre les Juifs d’Allemagne et d’Autriche (pays récemment annexé à l’Allemagne). Plus de 1 000 synagogues sont détruites,
les magasins appartenant aux Juifs sont pillés et leurs maisons sont saccagées. Plus de 30 000 hommes et garçons sont arrêtés et
envoyés dans des camps de concentration, principalement à Dachau.
Jamais auparavant on n'avait constaté un tel déploiement d’actes de violence de la part des nazis. Kristallnacht a été suivi par une
série de lois conçues pour parvenir, de façon impitoyable, à l’exclusion des Juifs de toute participation à la vie économique et
sociale. La persécution des Juifs a continué de s’intensifier alors que les réactions du reste du monde demeuraient minimes et
inefficaces.

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Première page du Figaro après la nuit de cristal

Vitrines de magasins tenus par des commerçants juifs dévalisés par les Nazis.
photographies datées du 10 novembre 1938

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Intérieur d'une synagogue après la nuit de cristal

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La Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale, ou Deuxième Guerre mondiale3, est un conflit armé à l'échelle planétaire qui dura du 1er septembre
1939 au 2 septembre 1945. Ce conflit planétaire opposa schématiquement deux camps — les Alliés et l’Axe. Il prit fin sur le théâtre
d'opérations européen le 8 mai 1945 par la capitulation sans condition du IIIe Reich, puis s’acheva définitivement sur le théâtre
d'opérations Asie-Pacifique le 2 septembre 1945 par la capitulation sans condition de l'Empire du Japon, dernière nation de l’Axe à
connaître la défaite.
Provoquée par le règlement insatisfaisant de la Première Guerre mondiale et par les ambitions expansionnistes et hégémoniques
des trois principales nations de l’Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste et Empire du Japon), elle consista en la convergence, à partir
du 3 septembre 1939, d’un ensemble de conflits régionaux respectivement amorcés le 18 juillet 1936 en Espagne (la guerre
d'Espagne), le 7 juillet 1937 en Chine (la guerre sino-japonaise), et le 1er septembre 1939 en Pologne (campagne de Pologne), puis
par l'entrée en guerre officielle de l'ensemble des grandes puissances de l'époque : France, Royaume-Uni et leurs empires dès le 3
septembre 1939, URSS à partir de l'invasion allemande de juin 1941, États-Unis le 7 décembre 1941 dans un conflit impliquant la
majorité des nations du monde sur la quasi-totalité des continents.

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La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l’humanité ait connu, mobilisant plus de 100 millions de
combattants de 61 nations, déployant les hostilités sur quelque 22 millions de km²4, et tuant environ 62 millions de personnes,
dont une majorité de civils. N’opposant pas seulement des nations, la Seconde Guerre mondiale fut la première grande guerre
idéologique de l’Histoire, ce qui explique que les forces de collaboration en Europe et en Asie occupées aient pu être solidaires
de pays envahisseurs ou ennemis, ou qu’une résistance ait pu exister jusqu’en plein cœur de l’Allemagne nazie en guerre.
Il prit fin sur le théâtre d'opérations européen le 8 mai 1945 par la capitulation sans condition du IIIe Reich, puis s’acheva
définitivement sur le théâtre d'opérations Asie-Pacifique le 2 septembre 1945 par la capitulation sans condition de l'Empire du
Japon, dernière nation de l’Axe à connaître la défaite.
Provoquée par le règlement insatisfaisant de la Première Guerre mondiale et par les ambitions expansionnistes et hégémoniques
des trois principales nations de l’Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste et Empire du Japon), elle consista en la convergence, à
partir du 3 septembre 1939, d’un ensemble de conflits régionaux respectivement amorcés le 18 juillet 1936 en Espagne (la guerre
d'Espagne), le 7 juillet 1937 en Chine (la guerre sino-japonaise), et le 1er septembre 1939 en Pologne (campagne de Pologne),
puis par l'entrée en guerre officielle de l'ensemble des grandes puissances de l'époque : France, Royaume-Uni et leurs empires
dès le 3 septembre 1939, URSS à partir de l'invasion allemande de juin 1941, États-Unis le 7 décembre 1941 dans un conflit
impliquant la majorité des nations du monde sur la quasi-totalité des continents.
La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l’humanité ait connu, mobilisant plus de 100 millions de
combattants de 61 nations, déployant les hostilités sur quelque 22 millions de km²4, et tuant environ 62 millions de personnes,
dont une majorité de civils. N’opposant pas seulement des nations, la Seconde Guerre mondiale fut la première grande guerre
idéologique de l’Histoire, ce qui explique que les forces de collaboration en Europe et en Asie occupées aient pu être solidaires
de pays envahisseurs ou ennemis, ou qu’une résistance ait pu exister jusqu’en plein cœur de l’Allemagne nazie en guerre.

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Les phases de la Seconde Guerre mondiale
Le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne, poussant la France et la Grande-Bretagne, alliés des Polonais, à entrer
en guerre le 3 septembre.
La supériorité technologique de l’Allemagne lui confère la victoire après moins d’un mois de combats.
L'Allemagne nazie compte alors deux alliés principaux (le Japon et l'Italie) et a signé un pacte de non-agression avec l'URSS de
Staline.
1939 et 1940 voient l'Allemagne remporter de très nombreux succès, d'abord contre la Pologne, puis au Danemark et en
Norvège, enfin contre les pays du Benelux et la France qui à la surprise générale est écrasée en cinq semaines.
En 1940, l'Allemagne et ses alliés n'ont plus qu'un ennemi, le Royaume Uni dirigé par Winston Churchill.
1941 voit deux événements importants se produire :
- le 22 juin 1941, Hitler attaque l'URSS. Il remporte des succès importants, mais l'URSS vient de rejoindre le Royaume-Uni.
- Le 7décembre 1941, les Japonais bombardent par surprise la base américaine de Pearl Harbour. Les Etats-Unis rentrent en
guerre, à la fois contre le Japon et l'Allemagne.
Le rapport de force vient de changer.
La bataille de Stalingrad (hiver 1942-1943) est le tournant de la guerre : pour la première fois, les Allemands subissent une
défaite majeure et reculent. Ils n'arriveront plus à stopper leur retraite.
Ils reculent à l'Est devant l'armée rouge au prix de combats très violents. A l'Ouest, les Américains et les Anglais vont débarquer
le 6 juin 1944 en Normandie et le 15 août en Provence.
L'Allemagne va être progressivement envahie par les Alliés. Hitler se suicide le 30 avril 1945 dans Berlin assiégé par les
Soviétiques.
L'Allemagne capitule sans condition les 7 et 8 mai 1945.
La guerre continue dans le Pacifique. Pour accélérer son dénouement, les Américains lancent deux bombes atomiques sur les
villes d'Hiroshima et de Nagasaki (6 et 9 août 1945). Ces bombes vont entraîner la capitulation du Japon le 2 septembre 1945.

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Les réactions en France occupée
En 1940, l'armée française est écrasée par l'armée allemande. Le maréchal Pétain arrive au pouvoir et négocie un armistice avec
les Allemands le 22 juin 1940. Il reçoit les pleins pouvoirs de l'Assemblée nationale. Seuls 80 députés socialistes, les communistes
ayant été exclus, votent contre cette attribution.
Dès le 17 juin, il appelait les Français à cesser le combat ouvrant la voie à une politique de collaboration.
La France est alors divisée en plusieurs zones (une zone occupée par les Allemands et une « zone libre » dirigé par Pétain depuis
Vichy où il mènera une politique de collaboration avec les Allemands).
Le 18 juin 1940, un autre militaire, le général de Gaulle, lançait lui, depuis Londres, la résistance, en appelant les Français à
poursuivre la lutte.

En quoi consiste la collaboration ?
Le maréchal Pétain va mener une politique de collaboration qui consiste à coopérer avec les Allemands dans le domaine
économique et politique.
Elle va prendre plusieurs formes :
- Économiquement : la France verse de lourdes indemnités d'occupation aux Allemands, des industriels travaillent pour l'Allemagne
et son armée, et une loi de 1943 créant le Service du Travail Obligatoire oblige les jeunes Français à aller travailler en Allemagne.
- Politiquement : Le gouvernement de Vichy lutte violemment contre les Résistants (notamment via la Milice) et participe à la
politique d'extermination des juifs en arrêtant et en envoyant en Allemagne de nombreux juifs.

En quoi consiste la résistance ?
Le principe de la résistance est de s'opposer aux Allemands. Elle peut prendre de nombreuses formes :
- L'aide aux personnes persécutées par les nazis (autres résistants, juifs...).
- La fourniture de renseignements aux Alliés.
- Le sabotage d'installations ou de voies ferrées.
- L'action militaire (certains quittent la France pour rejoindre les Alliés, d'autres organisent des attentats contre les soldats
allemands, ou organisent des maquis).
- La rédaction et la publication de journaux ou de tracts pour contrer la propagande nazie et du gouvernement de Vichy.
- ...

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La politique d'extermination menée par les nazis
Les nazis vont mener durant la guerre une politique de persécutions vis-à-vis d'un certain nombre de populations : les homosexuels pour
assurer le bon déroulement de cette cérémonie, les malades mentaux, les Tsiganes et surtout les juifs (qui seront les plus nombreux à périr).
Pour cela les nazis vont utiliser divers « moyens » :
- Les camps de concentration (camp regroupant des prisonniers soumis à un travail forcé dans des conditions dégradantes (manque de
nourriture, coups...) où la mortalité est élevée (comme ceux du Struthof, Dachau, Mauthausen...).
- Les Einsatzgruppen (unités militaires suivant l'avancée allemande en URSS et massacrant en les fusillant tous les juifs trouvés).
- Les Ghettos, quartiers où les juifs vont être rassemblés et contraints de vivre dans de mauvaises conditions (alimentation insuffisante...).
- Et, moyen ultime : les camps d'extermination (camp où est pratiqué l'assassinat méthodique – via des chambres à gaz-, l'extermination des
juifs et des Tsiganes) comme Auschwitz-Birkenau, Treblinka...
- Au final cette politique fit plus de 6 millions de victimes, hommes, femmes, enfants.

Bilan et conséquences de la guerre
Bilan humain
Il est évidemment terrible : plus de 50 millions de morts (et plus de civils que de militaires – à cause de la politique génocidaire des nazis et des
nombreux bombardements de villes par toutes les armées).
Combien de blessés et de traumatisés à jamais ?
Bilan matériel
Il est aussi terrible. De très nombreuses villes d'Europe sont en ruines, les voies de communication sont en lambeaux, de nombreux ponts ont
sauté... L'Europe traverse alors une grave crise économique.
Les conséquences
L'Europe est considérablement affaiblie. Les Etats-Unis sont renforcés (une armée puissante et bien équipée, une économie florissante).
La notion de « crime contre l'humanité » apparaît quand les responsables de la guerre sont jugés, notamment à Nuremberg, pour les nazis.
L'Organisation des Nations unies (ONU) dont le but est d'éviter de nouvelles guerres et l'amélioration des conditions de vie sur Terre est créée
le 26 juin 1945 à San Francisco.

Les Alliés face à la Shoah ceux qu'ils savaient
Vidéo : (extrait France 3)

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Les ghettos
Forme supérieure de l'isolement, le ghetto est un quartier où les Juifs étaient contraints d'habiter.
Généralement peuplées au préalable d'une majorité ou d'une grande proportion d'habitants juifs, les rues furent souvent aussi
choisies pour être les plus pauvres de la ville.
A Varsovie, il n'était guère de rue du ghetto qui n'ait eu à souffrir des bombardements. On contraint alors les non Juifs à en partir, et
les Juifs habitant à l'extérieur - souvent beaucoup plus nombreux - à venir s'y entasser.
Dans un premier temps, les ghettos restent « ouverts » : les gens y habitent mais peuvent en sortir pour leur travail.
Assez rapidement, cependant, ils sont fermés (à Varsovie, en octobre 1940). Des murs sont construits - aux frais de la communauté
juive -, et l'on ne peut désormais en sortir sans un laisser-passer (Ausweis).
Les ghettos furent créés surtout en Europe de l'Est et du Nord-Est. Les Juifs d'Allemagne et de la partie de la Pologne annexée au
Reich y furent expédiés avant que ne fonctionnent les camps de destruction.
Les occupants désignaient parmi les notables un conseil juif (Judenrat) avec à sa tête un président. Cette instance n'avait guère le
pouvoir que de choisir ou d'imaginer les moyens d'exécuter les ordres allemands. Elle recrutait une police juive, effectuait les
réquisitions (fourrures, postes de radio, meubles, etc.), organisait des collectes pour répondre aux exigences financières. Dans
certains cas, le conseil organisait, ou tentait d'organiser, une aide sociale.
La vie dans le ghetto était des plus difficiles : l'entassement était tel (jusqu'à vingt-cinq personnes par pièce) que certains devaient
sortir une partie de la journée, quel que soit le temps, pour permettre aux autres de s'allonger. Les rues étaient de ce fait pleines
d'une foule qui errait sans but.
Les quantités de denrées alimentaires autorisées par l'occupant étaient insuffisantes pour assurer la survie, et la faim provoquait des
ravages dans la population. Les plus touchés furent d'abord les plus pauvres, et parmi eux les plus faibles : enfants et vieillards.
Dans les premiers temps, la mortalité était surtout due au typhus et aux maladies liées au froid (il n'y avait pas de chauffage,
quelquefois pas de fenêtres : les habitants non juifs délogés de force avaient emporté tout ce qu'ils pouvaient).
Assez rapidement, la faim devint le premier facteur de mortalité.
Les intellectuels, dépourvus d'activité et de tout revenu, furent ceux qui dépérirent le plus vite.
Bientôt se multiplièrent dans les rues les orphelins mendiants, qu'on ne voyait guère plus de quelques jours ou quelques semaines.
La population du ghetto formait une réelle société humaine, c'est-à-dire un assemblage hétéroclite de qualités et de bassesses : on y
trouvait donc des crapules, des contrebandiers, des voleurs, des prostituées et des souteneurs, des trafiquants et des collaborateurs
actifs.
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Ainsi, bien que fermés, les ghettos connaissaient-ils d'importants échanges avec l'extérieur. Les gens les plus aisés - qui avaient
réussi à dissimuler une partie de leur fortune en billets, en or ou en bijoux - achetaient au marché noir et vivaient encore décemment,
alors que d'autres s'effondraient soudain et mouraient dans la rue.
Les conditions sanitaires étaient effroyables et continuaient à se dégrader.
L'hygiène était partout défaillante, hôpitaux et médecins n'avaient presque rien.
Des cadavres étaient jetés nus dans la rue par les survivants, qui ne pouvaient payer des obsèques.
Cette dégradation faisait partie du processus de déshumanisation : les habitants de la ville extérieure avaient le spectacle de
misérables en haillons, dont le visage et le corps se déformaient sous l'effet de la faim et de la maladie, jusqu'à n'avoir plus « figure
humaine ».
En 1942, la population des ghettos, malgré une mortalité galopante, était toujours importante : elle était sans cesse accrue par
l'entassement de réfugiés déportés de la campagne et d'autres pays occupés - et la natalité n'avait pas disparu.
Dans le cadre de l'entreprise de destruction de masse furent alors menées des « Actions » consistant à rafler des centaines ou des
milliers de gens pour les embarquer dans des wagons à bestiaux et les expédier dans les camps de destruction, où la plupart furent
gazés dans la journée de leur arrivée.
Pendant les années d'après-guerre, on parla beaucoup de la « passivité » des Juifs devant la destruction. Mais on condamna aussi
vivement l'attitude des conseils juifs, qualifiés de collaborateurs.
Il est certain que les conseils de certains ghettos peuvent se voir attribuer cette épithète.
Certains présidents avides de pouvoir se comportèrent en véritables dictateurs (à Lodi, par exemple). Des membres de presque tous
les conseils profitèrent de leurs fonctions pour trafiquer sans scrupule, vendre des emplois ou des exemptions.
Il faut cependant garder présent à l'esprit que les ghettos ne regroupaient pas des communautés unies, mais des catégories parfois
très opposées les unes aux autres.
Un bon nombre de gens, convertis à d'autres religions, ou simplement non croyants, ne se considéraient plus comme juifs parfois
depuis des dizaines d'années. Parmi les autres, on trouvait des religieux (orthodoxes ou hassidim), des sionistes (qui prônaient le
retour en Palestine et la création d'Israël), des socialistes, des communistes et beaucoup d'« assimilationnistes », qui se sentaient
plus polonais ou allemands, que juifs, et le revendiquaient.

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Ces points de vue étaient si distincts, et distants, qu'il fallut attendre 1943 pour que le désespoir soit assez définitif et partagé, et
provoque la révolte.
Le ghetto de Varsovie, qui avait compté jusqu'à 500'000 habitants, n'en avait plus que 75000 en 1943 (et presque plus de vieillards ni
d'enfants) lorsque éclata l'insurrection.
Les insurgés de Varsovie furent longtemps et légitimement glorifiés comme les héros du ghetto.
C'est oublier le grand nombre de réactions individuelles de révolte ou simplement de dignité qui valurent la mort à leurs auteurs.
C'est aussi oublier quelques figures qui contribuèrent grandement à enrayer, au moins symboliquement, le processus de
déshumanisation. L'action clandestine d'Emmanuel Ringelblum, qui constitua des archives du ghetto de Varsovie dont une partie a
pu être sauvée - est la plus connue du public. Mais il contribua au manque tragique d'unité en s'opposant de façon dogmatique au
conseil juif. Insurrection du ghetto de Varsovie.

Vidéo : Le Ghetto de Varsovie

Insurrection du ghetto de Varsovie. Photo extraite du rapport de mai 1943 de Jürgen Stroop à Heinrich Himmler.
Légende originale en allemand : « Forcés hors de leurs trous ».
Cette photo est l'une des plus célèbres de la 2nde Guerre mondiale.

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Deux figures du ghetto de Varsovie
Adam Czerniaków
En septembre 1940, lorsque les troupes allemandes occupent Varsovie, Adam Czerniaków est viceprésident de la communauté juive (le président a fui), qu'il représente au conseil municipal. C'est un
homme rigide, autoritaire, antidémocratique et violemment antisoviétique.
Non pratiquant, sauf à l'occasion des fêtes principales, il est assimilationniste et se considère comme
Polonais, tant par son patriotisme que par sa culture. Il ne tarde pas à s'activer pour être nommé à la
tête de la communauté, ce qui lui vaut finalement d'être désigné président du conseil juif.
Dès avant le déclenchement de la guerre, et tous les jours jusqu'à sa mort, il tient un journal, des notes
brèves prises au cours de ses insomnies, quelquefois télégraphiques, dans des carnets dont un seul est
perdu. Ses notes quotidiennes sont précieuses à bien des égards : elles fourmillent d'informations sur le
fonctionnement du conseil juif, sur la vie - et la mort - dans le ghetto.
Mais elles illustrent aussi l'évolution d'un homme qui progressivement met son énergie et sa rigidité au service des plus démunis. Il
ne s'agit pas d'un changement de ses opinions, mais d'un infléchissement de ses choix. Il tempête plus d'une fois de ne pas recevoir
des forces d'occupation l'autorisation de lever un impôt sur les plus riches des habitants, alors que les ressources de la communauté
ne lui permettent d'offrir aux indigents qu'une "soupe", pour le moins claire, par jour.
Toute son action sociale et culturelle (il développe un enseignement professionnel, organise spectacles, conférences, concerts) vise
à conserver à la population du ghetto sa dignité humaine.
En ce qui concerne les exigences allemandes pour la fourniture de travailleurs forcés ou de déportés, il épouse une attitude
découlant d'une vieille habitude de la diaspora : consentir au sacrifice aux dépens de la partie la plus réduite de la population dans
l'espoir de sauver la majorité.
Nous savons, aujourd'hui, que c'était vain, mais, ses notes en attestent, cet espoir était réel malgré le découragement croissant.
Le 23 juillet 1942, lorsqu'il comprend qu'aucune catégorie, pas même les enfants, n'échappera aux rafles et à la déportation vers
Treblinka, dont il connaît la nature et la signification, au rythme de 6 000 personnes par jour sans une journée de répit, il avale une
capsule de cyanure, laissant ces mots : "On exige de moi de tuer de mes propres mains les enfants de mon peuple. Il ne me reste
que la mort."
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Janusz Korczak

Médecin pédiatre, Janusz Korczak est un homme haut en couleurs que sa spécialité a conduit à devenir
éducateur. Il a écrit divers ouvrages sur l'éducation et est connu dans toute l'Europe.
Il a développé un système d'organisation démocratique d'orphelinats où les enfants sont traités comme
des personnes à part entière et participent à l'administration de la collectivité.
Très actif, il tenait une rubrique à la radio. Humaniste et socialisant, dès l'occupation, il mène dans le
ghetto campagne sur campagne en faveur de "ses" orphelins, pour trouver et obtenir des locaux
décents, - de la nourriture, des médicaments, des vêtements, etc.
Il s'adresse à la population par communiqués, affiches, mais n'hésite pas à invectiver les plus riches à
domicile ou en public pour obtenir des dons.

Non pas missionnaire sinistre, mais lui-même bon vivant et animé d'un dynamisme pouvant aller jusqu'à l'agressivité, tout semble
l'opposer à Adam Czerniakow. Mais leurs choix respectifs les rapprochent, les deux hommes se respectent et finissent par
s'apprécier.
Lorsque la police juive et les SS viennent rafler ses orphelins, Janusz Korczak choisit de les accompagner et monte avec eux dans le
wagon pour Treblinka. Il meurt avec eux.
« Le fait que Korczak ait volontairement renoncé à sa vie pour ses convictions parle pour la grandeur de l’homme. Mais cela est sans
importance comparé à la force de son message », disait Bruno Bettelheim.

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Les camps de concentration
Entre 1933 et 1945, l’Allemagne nazie crée une série de centres de détention conçus pour emprisonner et éliminer les « ennemis de
l’État ».
Le premier camp, Dachau, est construit dès 1933. Les nazis y envoient leurs opposants politiques et les Juifs, particulièrement après
la nuit de cristal. Ces camps sont un élément important de l’oppression systématique du régime nazi. Ce système imposant est
composé de plus de 20 000 camps et sous camps, et tous allants des camps de transition et de travaux forcés aux camps de
concentration.
Mort, maladie, famine, surpopulation, torture et conditions d’insalubrité font partie du quotidien des camps de concentration.
Des camps de transition sont implantés en Europe de l’Ouest. Les nazis y gardent les Juifs avant de les déporter à l’Est vers les
camps de la mort.
Les déportés sont transportés dans des wagons pour bétail bondés, insalubres et dépourvus de fenêtres. Ils ne peuvent ni boire, ni
manger et sont forcés de faire leurs besoins dans leur wagon. Maintes personnes succombent durant le transport.
Dans les débuts (1933-1939), la plupart des personnes qui se retrouvent dans les camps sont des prisonniers politiques et des
opposants aux idéologies du régime (tel que les communistes et les sociaux-démocrates). Plus tard (1936- 1942), les camps de
concentration sont agrandis pour inclure les prisonniers apolitiques (Juifs, Roms et Sinti (Tsiganes), homosexuels, témoins de
Jéhovah, handicapés, prisonniers de guerre russes et tout individu considéré comme « asocial » ou ayant des comportements jugés
comme hors du contexte social normal).

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La « solution finale » et les ca...


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