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ARTS POÉTIQUES (Histoire de la littérature)

Littérature

Aperçu du corrigé : ARTS POÉTIQUES (Histoire de la littérature)



Publié le : 15/11/2018 -Format: Document en format HTML protégé

ARTS POÉTIQUES (Histoire de la littérature)
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ARTS POÉTIQUES. L’expression art poétique, traduction exacte du latin ars poetica, et appliquée à un ouvrage, en prose ou en vers, destiné, en principe, à enseigner la pratique de la poésie sous ses différentes formes et dans différents genres, est apparue en français au xvie siècle, très probablement au moment précis où était publiée à Paris, par les soins de Jacques Peletier, la première traduction, en vers français, de l\'Art poétique d’Horace (1541), titre repris peu après (1548) par Thomas Sebillet, auteur du premier Art poétique françois (titre complet, qui souligne l’intention didactique : Art poétique françois. Pour l\'instruction des jeunes studieus, et encore peu avancez en la poésie françoise), et un peu plus tard par Peletier pour son propre compte (l\'Art poétique, Lyon, 1555). Dès lors, l’expression art poétique a conquis ses lettres de noblesse en français, et les arts poétiques, conçus comme des ouvrages didactiques ou critiques, vont se succéder en France au xvie et au XVIIe siècle, jusqu’au plus célèbre d’entre eux, l’Art poétique de Boileau (1674). Si, pour des raisons qu’il est intéressant d’élucider, le xviiie et le XIXe siècle sont beaucoup moins tentés par l’expression et par le contenu qu’elle désignait à l’époque classique, des arts poétiques resurgissent, de manière quelque peu inattendue, à notre époque, par exemple sous la plume de Paul Verlaine (1874), de Paul Claudel (1907), de Max Jacob (1922) ou de Roger Caillois (1958).

 

Le concept

 

La poésie est-elle un art (« technique »), et, comme tel, peut-elle s’enseigner? Seule une réponse doublement affirmative légitime l’entreprise d’un art poétique, ouvrage didactique destiné à donner aux «jeunes studieus », comme disait Sebillet, des conseils, des règles, une méthode. Tous les arts poétiques de notre littérature, depuis Sebillet, et au moins jusqu’à Verlaine, sont marqués par un ton tantôt professoral, tantôt paternel ou amical. Le célèbre « Prends l’éloquence et tords-lui son cou! » de Verlaine rappelle, formellement, le non moins célèbre

 

Hâtez-vous lentement; et, sans perdre courage,

 

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage...

 

de Boileau, ou le « Chante-moy ces odes incognues encor de la Muse Francoyse, d’un luth, bien accordé au son de la lyre Grecque et Romaine » de Du Bellay. Au xviiie siècle, paraphrasant la définition aristotélicienne de la poésie conçue comme une imitation de la nature, l’auteur de l’article « Poétique, art » de l’Encyclopédie déclare : « L’art poétique peut être défini un recueil de préceptes poui imiter la nature d’une manière qui plaise à ceux pour qui on fait cette imitation ». Tant il est vrai que l’on garde les yeux fixés, qu’on le veuille ou non, sur le modèle fourni par Horace, lequel, après tout, sans songer peut-être à écrire un « art poétique », a voulu, à la faveur d’une épître familière, dispenser quelques conseils à ses amis Pison.

 

Pourtant, les successeurs modernes d’Horace ont été d’emblée confrontés à un problème qui les mettait plus ou moins en porte à faux. Ce n’est pas un hasard si l’expression art poétique et le genre qu’elle désigne sont nés en France en pleine Renaissance; à cause du modèle horatien, bien sûr, mais aussi parce que l’humanisme conquérant d’alors, dans sa volonté de rompre avec la tradition médiévale, cherche à promouvoir une conception neuve, ambitieuse de la poésie. Or cette conception renoue avec la théorie platonicienne de l’inspiration, qui relie directement la poésie au sacré. Platon n’a jamais cherché à se poser en législateur d’une pratique, lui qui disait des poètes : « Ce n’est pas l’art, mais une force divine qui leur inspire leurs vers » (Ion).

 

Sebillet ne manque pas de se référer à la doctrine platonicienne; le poète, dit-il, écrit sous le coup d’une « divine afflation »; et il ajoute, mesurant la difficulté de sa propre entreprise : « Qui pourrait raisonnablement

 

affermer que la Poésie fust de nature et de première naissance, sans estude, doctrine ou precept, autrement que divinement donnée? Car ce qu’en Poésie est nommé art, et que nous traitons comme art en cest opuscule, n’est rien que la nue escorce de Poésie, qui couvre artifi-cièlement sa naturèle sève et son âme naturèlement divine... » Une fois ces précautions prises, et posées les limites de son projet — et Boileau ne procédera pas autrement au début de son Art poétique —, Sebillet aborde des problèmes de technique (choix des mots, nombre de syllabes du vers, problème de l’e muet, rimes, genres, poèmes à forme fixe...). Mais son préambule nous aide à comprendre pourquoi il avait le sentiment de faire autre chose et de nourrir d’autres ambitions que ses prédécesseurs, auteurs de simples Art de dictier et de fere ballades et chants royaux (Eustache Deschamps, 1392) ou Art et Science de rhétorique (Jean Molinet, 1493, et Gralien du Pont, 1539), et pourquoi, en d’autres temps, certains, se refusant à toute spéculation sur l’essence de la poésie, se rabattront sur des titres qui renvoient à des intentions plus strictement historiques, didactiques ou normatives, qu’il s’agisse d’un Pierre Richelet écrivant en 1672 la Versification française, ou, deux siècles plus tard (1872), d’un Théodore de Banville signant un Petit Traité de poésie française.

 

Mais l’ambiguïté du projet de Sebillet, à la fois novateur et récupérateur, peut expliquer d’autres réticences vis-à-vis de la notion même d’art poétique. Parce qu’il n’était pas d’accord avec Sebillet, qui, une fois ce coup de chapeau donné à Platon, n’en faisait pas moins l’éloge des vieux maîtres français de la poésie et traitait pêle-mêle, et avec le même soin, des genres nouveaux importés de antiquité ou de l’Italie, ode, épître, élégie, sonnet, et des vieux genres médiévaux, rondeau, ballade, chant royal, coq-à-l’âne, lai, etc., « qui corrumpent le goust de nostre langue, et ne servent si non à porter temoingnaige de nostre ignorance », du Bellay a préféré éviter ce titre : art poétique, pour cette réplique à l\'Art poétique de Sebillet que constitue la brillante et provocante Deffence et Illustration de la langue françoyse (1549). Les conseils techniques y sont nombreux; toutefois, l’accent est mis avec une telle force sur le désir de la nouveauté, la volonté de rupture avec le passé et d’imitation des Anciens, que l’on oublie le caractère didactique de l’ouvrage au profit de son caractère polémique et prophétique; plus qu’un art poétique, c’est le premier de ces manifestes qui, bousculant la tradition établie, ponctuent notre histoire littéraire : qu’on pense, en d’autres temps, à la Préface de Cromwell de Victor Hugo, ou aux Manifestes du surréalisme d’André Breton; sans parler de ces innombrables textes, en prose ou en vers, préfaces, avis au lecteur, épîtres, lettres, etc., qui permettent à un écrivain de se situer, de se justifier, d\'attaquer ou de se défendre : l’ambition des arts poétiques n’en est pas toujours absente, mais ils s’en distinguent par le souci, clairement affiché, de justification ou de polémique, et par le refus, plus ou moins explicite, de toute orientation didactique; le poète souligne même, à l\'occasion, le caractère incommunicable de l’expérience individuelle, qu’il s’appelle du Bellay dans les premiers sonnets des Regrets, Théophile de Viau dans l\'Élégie à une dame, La Fontaine dans l\'Épître à Huet, André Chénier dans l’Invention, ou Arthur Rimbaud dans la Lettre du voyant, ou encore, si l’on sort du domaine français, Rainer Maria Rilke dans les Lettres à un jeune poète.

 

Beaucoup de textes, depuis le xvie siècle, nous proposent une réflexion des poètes sur leur art; mais les arts poétiques, au sens vrai du terme, ne sont pas si nombreux. Au xvie et au xviie siècle, si la référence à la théorie platonicienne de l’inspiration devient vite un cliché, l\'art poétique proprement dit relève d’un genre où, d’une part, l’on se réclame ouvertement d’Horace et,




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