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DU BELLAY Joachim : sa vie et son oeuvre

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DU BELLAY Joachim : sa vie et son oeuvre

Littérature

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Publié le : 22/11/2018 -Format: Document en format HTML protégé

DU BELLAY Joachim : sa vie et son oeuvre
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DU BELLAY Joachim (15227-1560). Entre le théoricien polémique de la Deffence et illustration de la langue françoyse et l’élégiaque des Regrets, on garde du poète le souvenir d’une figure grave, à laquelle un célèbre crayon du xvic siècle donne une sorte de fragilité hautaine, de concentration attentive. Loué par les meilleurs de son temps, le chantre du « petit Liré » fait couple pour toujours avec le grand Ronsard, dont on ne sait s’il est l’aîné, du moins en littérature. Comme il y eut le latin en face du grec, l’écrivain réputé facile en face du savant, Ovide en face de Virgile, on veut croire à une telle opposition complémentaire au sein de la Pléiade. Autant de légendes.

 

« Combien que j\'aye passé l\'aage de mon enfance et la meilleure part de mon adolescence assez inutilement... »

Issu de la branche aînée, mais non la plus fameuse, d’une famille qui a donné à François Ier et à Henri II deux diplomates — Guillaume de Langeais et le cardinal Jean du Bellay, évêque de Paris —, un capitaine et un évêque du Mans, Joachim naît au château de la Turme-lière, paroisse de Liré, non loin d’Angers. En fait, on ignore presque tout de lui : à dix ans, il est orphelin élevé sans qu’on sache exactement de quelle manière, ni dans quel abandon, au château familial. Comment est-il amené à la poésie, qu\'il doit lire dans les poètes français du temps, rhétoriqueurs et marotiques? Toujours est-il qu\'il s’oriente, sans doute par nécessité, vers des études de droit à Poitiers; il y fréquente tout à coup un milieu lettré, enclin à la poésie néo-latine, autour de Marc-Antoine Muret et de Salmon Macrin. Surtout, et peut-être dès 1543, il rencontre Jacques Peletier du Mans, et Ronsard; l\'un ou l’autre — ou Muret — l\'entraîne à Paris, pour suivre les cours de Dorât à Coqueret en 1547. Cette même année. Ronsard et lui publient une pièce poétique dans les œuvres de Peletier.

 

C’est alors l’aventure du collège, l’énorme travail en commun dans l\'enthousiasme, la publication de la Deffence (1549), en même temps que celle du premier recueil de sonnets pétrarquistes de cette nouvelle « brigade » : l’Olive. Il participe à toutes les activités et fêtes du groupe, mais avec la hauteur, semble-t-il, que lui donne l’appartenance à une famille si illustre. Quelques échappées sans doute vers Troyes et l’Anjou, mais il est déjà atteint de surdité, malade, et préoccupé par des ennuis familiaux qui vont l\'obliger à des procès toute sa courte vie.

 

« Sur le bord inconnu d\'un estrange rivage... »

 

Songeant vraisemblablement à une carrière diplomatique, il sollicite son oncle le cardinal, ambassadeur à Rome, de l’emmener dans sa suite (1553). Il découvre sans doute avec joie cette ville que tout humaniste rêve de voir, y rencontre bon nombre de savants et de poètes français ou italiens, dont certains sont ses amis. Mais les besognes d’intendance et de représentation dont le charge son oncle, l’atmosphère d\'intrigues de la cour pontificale, la proximité de la guerre lui pèsent. Il se sent trop loin de Paris, de tout — en fait, de lui-même, de ce qu’il a voulu être.

Tu me dis (mon Lahaye), il m\'en souvient encore : Souvienne toy, Bellay, de ce que tu es ore, Et comme tu t\'en vas, retourne-t\'en ainsi.

Et tel comme je vins, je m\'en retourne aussi...

Rien n’autorise à dire qu’il fut ou ne fut pas malheureux. Sa poésie est faite de son malheur. Le retour à Paris, tant désiré après le voyage romain et un passage détesté à la Genève calviniste, apporte les mêmes désespoirs, tant il est vrai que Du Bellay n’a rien appris à Rome qu’il ne savait déjà de lui-même : ce sentiment d’être toujours ailleurs, d’être coupable de fautes qu’il n’a pas commises, voire qu’il ignore complètement, mais qu’il soupçonne partout dans son propre sentiment du vide et qu’il projette avec amertume sur le vide du monde. Du Bellay retrouve à Paris une cour qu’il critique. de nouveaux procès, de nouvelles charges au service de son oncle. Le roi, sur lequel il a compté pour appuyer son œuvre, meurt brutalement au moment où il venait de publier (1558) l’essentiel de son travail romain : les Regrets, les Jeux rustiques, les Antiquités de Rome et le Songe, la masse de quatre livres de poèmes latins. La princesse Marguerite de France, fille de François Ier, cette figure qui domine, par sa vertu et son intelligence, toute l’œuvre de Du Bellay depuis l’Olive, et à qui le poète voue un respect fervent, quitte Paris pour la Savoie. Du Bellay noue des liens plus précis avec des milieux gallicans, prend quelque distance sans doute avec les anciens amis, écrit beaucoup en latin et en français — des textes fort différents, mais austères : des poèmes satiriques comme le Poète courtisan, politiques comme le Discours au Roy, ou la Louange de la France, chrétiens comme l’Hymne chrestien, etc. Il semble bien qu’au moment où il meurt, le 1er janvier 1560, à trente-huit ans, dans sa maison près de Notre-Dame, il s\'orientait vers une poésie religieuse dont il n\'avait jamais été éloigné.

Une œuvre « concertée »

A un point rare pour son époque, Du Bellay eut une vision organisée de son œuvre, ne serait-ce que par le constant rapport qu’il fit, dès le début, entre les textes théoriques et la pratique de la poésie. La Deffence, les différentes préfaces à l\'Olive, aux Recueils de poésie, aux traductions, de même que les projets internes aux poèmes, comme celui, toujours affirmé, d’une « lyre chrestienne » à côté de la « lyre profane », en sont une preuve suffisante. Mais les recueils eux-mêmes manifestent toujours un propos délibéré et particulier, soit dans la forme choisie — sonnets ou poèmes systématiquement variés, usage strictement alternatif du décasyllabe et de l’alexandrin, ou même choix du latin de préférence au français —, soit dans l\'inspiration. Si l\'on excepte les recueils qui comprennent un nombre assez important de poèmes de circonstance, il est impossible de confondre les sonnets amoureux de l’Olive avec les Treize Sonnets de l\'honnête amour, moins italiens, moins pétrarquistes. Dans la période romaine, au moment où les Regrets disent la dérision de ce monde sublunaire, quotidien et présent, les Antiquités projettent la leçon dans le temps et dans l’espace perdus, et le Songe lui donne sa valeur profonde intemporelle : tout n’est que vanité. Les trois recueils allaient dans le sens d’une concentration extrême et fortement hiérarchisée; « sur le même sub-ject », dit le titre du Songe, et l’on peut ajouter : « avec les mêmes objets ». Pendant la même période, il réservait aux poèmes latins les confidences plus intimes sur ses amours réelles, comme si cette langue devait « étranger » sa propre vie. Et les Jeux, comme les Poemata, choisissaient la variété.

Dans chacun des textes, des échos aux autres œuvres rappelaient la construction d\'ensemble, les projets, ceux qui ne trouveraient pas le temps d’être réalisés au cours de cette dizaine d\'années de production poétique : ainsi d\'un « Deuxième Livre » des Antiquités, qui auraient pu être « de France »; ainsi de l\'inspiration chrétienne et gallicane, amorcée dans l\'Hymne chrestien et d\'autres œuvres de la fin.

 

Mémoire

 

« Je me vante d’avoir inventé ce que j\'ai mot à mot traduit des autres», a écrit Du Bellay en 1550. Rien n\'est plus central, peut-être, à sa création. Il a fait de l\'imitation l\'inspiratrice de toute son écriture, tout en rappelant sans cesse qu\'il n\'avait jamais cherché à être autre que lui-même. Ce paradoxe est sa vérité. En lisant les œuvres qu\'il aime — et cela a pu être l\'ancienne poésie française, comme l\'italienne ou la latine —, «je me suis imprimé, dit-il, quelques traictz en la fantaisie, qui après, venant à exposer mes petites conceptions... me coulent beaucoup plus facilement en la plume qu’ils ne

 

me reviennent en la mémoire ». Ce qu\'il appelle avec hauteur sa « négligence » devient une sorte d’écriture spontanée faite des sensations enregistrées dans le plaisir, rapide ou ressassé, des lectures. Cet enregistrement plus ou moins inconscient, nous l’appellerions plutôt, malgré lui, sa mémoire. Elle a travaillé sur ses propres poèmes et fait de son œuvre poétique, pourtant si vaste, une variation continue sur des thèmes donnés, des mots donnés, des rythmes identiques, des tours stéréotypés.

 

Il a usé la thématique amoureuse jusqu\'à sa pureté complète, dès l’Olive, se rendant ensuite insupportable toute concession à un pétrarquisme qu\'il détruisait de l’intérieur. Il a usé toute référence mythologique dont ses compagnons furent si friands, lui préférant le mythe — Ulysse, Jason, les Géants, le Jugement dernier, l’incarnation — dans sa fluidité, sa profondeur, son flou; il lui était plus facile ainsi de mêler les récits, de penser à l\'état brut. 11 s’est usé lui-même dans l’expression continue de sa mélodie, dédaigneux de se renouveler par de véritables justifications.

 

Un très certain plaisir de la prononciation et une satisfaction de l\'oreille s’avouent à chaque texte de Du Bellay, parce qu’ils tournent en rond sur quelques constantes, « art combinatoire » s’il en est : les anaphores, les « comme », les invocations et évocations, etc., et surtout toute une série de mots à la rime, comme autant de signatures inconscientes de tout ce qu\'il a à dire depuis qu\'il écrit. Gloire et mémoire; maison, saison et raison; âge et voyage; mère, terre et guerre; beau et tombeau; relique et poétique; monde, vagabonde, onde et profonde... et tant d’autres, qui apparaissent dès les premiers recueils, et auxquels on le reconnaît. Ce long travail d\'usure des mots, ce ressassement des vers, a eu pour effet que scs poèmes sont particulièrement propres à rester dans la mémoire. Le fameux « Heureux qui comme Ulysse... », par son absolue densité, simplicité, équilibre, est bien fait pour être connu « par cœur »; Francis Ponge a dit de Malherbe qu\'il était « le dictionnaire en ordre de marche »; la démarche de Du Bellay est la même, classique déjà, patiemment musicale. Le comble de la poésie : Et les Muses de moy comme estranges s\'enfuient.




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