COMMYNES Philippe de : sa vie et son oeuvre

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COMMYNES Philippe de : sa vie et son oeuvre

Littérature

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Publié le : 22/11/2018 -Format: Document en format HTML protégé

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COMMYNES Philippe de : sa vie et son oeuvre
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COMMYNES Philippe de (1447-1511). Dès que l’on s’interroge sur la vie, la pensée politique et l’art de Com-mynes, on est frappé par l’étonnante complexité de l\'homme, du penseur et de l’écrivain. Aussi s’explique-t-on qu’il ait suscité une vive attention et des jugements contradictoires depuis la première édition de ses Mémoires en avril 1524. Hanté, selon Ronsard, par le souci de la vérité, il fut un traître répugnant aux yeux de Voltaire, hésitant à dire ce qu\'il savait même après la mort de Louis XI. Montaigne le jugea modeste, Walter Scott, vaniteux. Anti-Machiavel pour Innocent Gentillet, un des classiques de la pensée politique au xvic siècle, « notre Machiavel en douceur » selon Sainte-Beuve, intellectuel pur d’après Marcel Arland mais paysan pour Henri Pourrat, on l\'a comparé à Polybe, à Thucydide, à Plutarque, à Tacite, à Holbein, à Talleyrand, à Paul-Louis Courier.

Né dans une famille de hauts fonctionnaires bourguignons, il perd tout jeune son père; de graves difficultés financières limitent son éducation. Au service du duc de Bourgogne, il participe à la bataille de Montlhéry (1465), aux négociations qui la suivent et aux expéditions punitives contre les villes belges révoltées. Conseiller et chambellan de Charles le Téméraire, il aide, lors de l’entrevue de Péronne (1468), à tirer Louis XI des griffes de son vassal. Il continue à accomplir pour le duc des missions à l’étranger : à Calais (1470), en Angleterre (1471), en Bretagne, puis en Espagne (été 1471). Au cours de ce dernier voyage, il passe par la cour de France et accepte de changer de camp. Il le fait dans la nuit du 7 au 8 août 1472. Louis XI ne lésina pas sur le prix, lui accordant une substantielle pension, des biens considérables, le mariage avec une riche héritière, des titres; surtout il fit de lui un ministre tout-puissant.

 

Mais cette situation exceptionnelle dura moins de cinq ans; peu après la mort du Téméraire (janvier 1477), Com-mynes, supplanté par d’autres favoris, tomba dans une sorte de demi-disgrâce, et il fut envoyé tour à tour à Dijon, à Florence, en Piémont. Revenu à la cour, mais sans avoir retrouvé sa puissance, il défendit les intérêts italiens et assista au vieillissement, puis à la mort de Louis XI (août 1483).

 

S’il joua un rôle aux États généraux de 1484, il dut restituer sa principauté de Talmont aux La Trémoille qui en avaient été injustement dépossédés. Il complota avec Louis d\'Orléans contre les Beaujeu, les régents, mais il échoua complètement : chassé de la cour, emprisonné de janvier 1487 à mars 1489, condamné le 24 mars 1489 à l’exil dans une de ses propriétés et à la confiscation du quart de ses biens, il se retira à Dreux.

 

Gracié, il demeura suspect. Pendant l’expédition d’Italie (1494-1495), il représenta Charles VIII à Venise; il ne put empêcher la formation contre le roi de la Sainte Ligue. Il assista à la bataille de Fornoue, conclut le traité de Verceil. Il échoua dans de nouvelles missions diplomatiques à Venise et à Milan; aussi, revenu en France, fut-il rejeté au second plan.

 

La montée sur le trône, en 1498, de Louis XII, jusqu’alors duc d\'Orléans, n’apporta aucun changement pour lui : éloigné des affaires publiques, occupé à plaider contre des vassaux ou des voisins, il termina ses jours le 18 octobre 1511.

 

La chronologie des Mémoires

 

Commynes rédigea les cinq premiers livres des Mémoires en 1489-1490, au sortir de prison; il leur ajouta, en 1492-1493, le sixième. Quant aux livres VII et VIII, consacrés à l’expédition de Charles VIII en Italie, ils datent, le premier, de la fin de 1495 et du début de 1496, le second, de la fin de 1497 et de 1498. Commynes commença de rassembler et de rédiger ses souvenirs sur Louis XI à la demande d’Angelo Cato, archevêque de Vienne, Napolitain entré au service de Louis XI vers 1476 comme médecin et astrologue. Il n\'est donc pas étonnant qu’à l’occasion il flatte Cato et ménage ses amis. Mais, au fur et à mesure qu’il avançait, ou peut-être même dès le début — soit que l’œuvre ne fût destinée qu’à procurer des documents à Cato, soit qu’elle acquît très vite son autonomie —, Commynes eut conscience de la possibilité qui lui était offerte d’exalter son rôle, voire de se venger. Il pouvait à tout le moins orienter ou déformer quelque peu l’histoire. En fait, il poursuivit ses Mémoires après la mort de Cato et, de temps à autre, il s’adressa directement aux princes. Il semble aussi qu’il ait pris goût à l’écriture.




L\'art d\'un moraliste réaliste et habile

 

Cette œuvre frappe d’abord par le réalisme et le goût de la précision, des nuances, que l’on retrouve partout : dans sa politique et sa sociologie, qui se fondent sur la méchanceté, la cupidité et la déloyauté des hommes; dans sa psychologie, que ne dupent pas les apparences mensongères; mais surtout dans son style, éloquent à l’occasion, mais le plus souvent dense et nerveux, débarrassé des fioritures inutiles, refusant les jugements abrupts, les formules définitives, riche en réserves et limitations. Ce style procède à la fois d’un goût profond de l’exactitude, condition de la réussite, et de la volonté de persuader en donnant l’impression de ne rechercher que la vérité. De là, le refus d’un style luxuriant à la Froissait, des comparaisons et des assimilations prodiguées par Chastelain et Molinet, pour ôter aux princes une auréole de grandeur qu’ils ne possèdent pas et pour respecter la vérité : proche de Montaigne, Commynes est très sensible à l’originalité irréductible de chaque être et de chaque situation. Au plus, des images rares et discrètes, souvent ironiques, des termes précis et des détails concrets, de nature à entraîner l’adhésion. Cette volonté d’aller au plus près de la vérité, ce refus de tous les artifices, par ce souci de respecter la vérité à l’égard de tous, en toute liberté d’esprit, font que Commynes ne donne jamais l’impression de démontrer. De surcroît, il a senti que, pour donner l’illusion du vrai, en restant fidèle à la vérité, il fallait respecter l’ambiguïté du monde. Aussi l’œuvre demeure-t-elle souvent ambivalente, et l’art de l’auteur n’y est pas étranger : il reproduit les jugements d’autrui sans indiquer sa propre pensée, il s’en tient à des pronoms indéfinis, il renvoie dos à dos deux adversaires, tel ou tel passage est susceptible d’une double interprétation, en sorte que nous ne pouvons plus deviner quels sont ses sentiments à l’égard des personnages évoqués.





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