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L'écrivain et son mythe

Littérature

Aperçu du corrigé : L'écrivain et son mythe



Publié le : 6/12/2018 -Format: Document en format HTML protégé

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L'écrivain et son mythe
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du produit de ses terres ou de ses domaines, comme Montaigne au xvie siècle et La Rochefoucauld au siècle suivant. Il peut bénéficier de la protection — et des finances — d’un mécène, tels que furent le cardinal Jean du Bellay pour Rabelais, le duc de Guise pour Tristan l’Hermite, Nicolas Fouquet pour La Fontaine. Il peut acheter une charge d’officier (Corneille était avocat du roi au parlement de Rouen) ou obtenir, comme tant d’abbés au xviiie siècle, et, au premier chef, l’abbé Prévost, une prébende ecclésiastique. Il peut exercer un second métier rémunérateur : scribe de chancellerie, page, précepteur, régent de collège ou, comme Baudoin au xvne siècle, traducteur à la feuille. Il peut enfin — à partir de Richelieu — bénéficier du mécénat officiel : à la demande de Colbert, Chapelain établira une liste d’une centaine d’écrivains susceptibles de bénéficier des pensions royales. Il s’y ajoute des gratifications occasionnelles, ou des charges permanentes, comme celle d’historiographe du roi, occupée par Boileau et par Racine [voir Gratifications]. Enfin les membres de l’Académie française perçoivent, lorsqu’ils assistent aux séances de la compagnie, des jetons de présence.

 

La carrière de La Fontaine est, à cet égard, exemplaire : il achète à l’origine une charge de maître des Eaux et Forêts, qu’il revend par la suite. Il reçoit une pension du surintendant Fouquet en échange d’une « pension poétique » trimestrielle. Après la chute de Fouquet, il accepte une charge de « gentilhomme servant » auprès de la duchesse douairière d’Orléans, avant d’être logé et entretenu par Mme de La Sablière puis par le banquier d’Hervart. Il tentera en vain d’obtenir une pension royale, et bénéficiera seulement des indemnités de séance de l’Académie lorsqu’il y sera élu.

 

Au xvmc siècle, ce « profil de carrière » évolue. Le monde change. Sous l’influence anglo-saxonne, les préjugés tombent. Dans une société régie par la finance, gain et profit deviennent source de respectabilité. Le précepte de Boileau n’a plus cours.



Mot d\'écrivain ou « mot d\'auteur »?

 

Le terme d’écrivain est attesté dès le xiic siècle. Avatar du mot bas latin scribanus, il dérive du latin scriba, le scribe, le secrétaire, le greffier. Primitivement, il désigne donc une qualité, une fonction : l’écrivain est « préposé aux écritures », avant de devenir, plus noblement, « préposé à l’écriture ». Le mot cependant ne s’impose pas d’emblée dans le sens que nous lui connaissons aujourd’hui. Jusqu’au XVIIIe siècle, on lui préfère souvent celui d’auteur : celui-ci définit moins l’exercice d’une activité que la responsabilité effective d’une production. L’auteur est le témoin, le garant de l’authenticité de l’œuvre. Lorsque, au xvne siècle, les deux mots rivalisent, on attribue à l’auteur l’origine des contenus, on reconnaît à l’écrivain le maniement de la langue et l’art de la mise en forme :

 

Sans la langue, en un mot, l\'auteur le plus divin

 

Est toujours, quoi qu\'il fasse, un méchant écrivain.

 

(Boileau, Art poétique, ch. I, v. 161-162)

 

Cette distinction est encore affinée par l’emploi, courant à cette époque, de termes plus précis qui évoquent à la fois le contenu et la manière, autrement dit le genre littéraire pratiqué : conteur, chroniqueur, tragique, rhéto-riqueur, fabuliste, philosophe...

 

C’est la professionnalisation croissante de l’activité d’écriture et l’entrée des écrivains sur la scène politique qui, à la fin du xvmc siècle et surtout au XIXe siècle, vont profondément transformer le concept d’écrivain. Au-delà du « préposé à l’écriture », celui-ci se voit investi d’une véritable fonction sociale. Le terme désigne moins, dès lors, une activité qu’une dignité, moins un emploi qu’une place dans la hiérarchie sociale et une mission créatrice.

 

L\'écrivain et son mythe

 

Le livre est ingrat envers l’écrivain. D’un même mouvement, il l’exalte et le tient à l’écart. Depuis l’apparition de l’écrit, et surtout de l’imprimé, il lui réserve une place apparemment triomphale dans le circuit de la production et de la diffusion. A la différence du générique de film, la page de titre du livre occulte la « structure écrivante » qui concourt à la publication d’un ouvrage. Le nom de l’écrivain s’installe au sommet de la page, dans son « ciel », en position divine. La mention « terrestre » de l’éditeur occupe — souvent fort discrètement — la partie inférieure de la page : on vénère La Fontaine, Rousseau, Baudelaire. On oublie Barbin, Marc-Michel Rey ou Poulet-Malassis, leurs éditeurs. L’auteur (auctor) détient seul, dans l’empire de la littérature, l’autorité (auctoritas) et la légitimité du pouvoir intellectuel. Ainsi le discours commun véhicule-t-il, dans sa forme sublimée, une idéologie de l’écrivain fondée, pour reprendre le vocabulaire de Louis Althusser, sur l’« illusion d’autonomie constitutive du sujet », c’est-à-dire de l’auteur même. Cependant, en dépit de cette illusion et de la légitimité qui s’attache à l’écrivain, celui-ci demeure dans la marginalité, la dépendance, l’illégalité. Illégalité puisqu’il est longtemps, au sens propre, « hors la loi ». Dépendance née de sa douloureuse situation économique. Marginalité dans une société qu’il ne peut contester qu’en la servant.

 

L\'écrivain : propriétaire-exploitant ou propriétaire exploité?

 

L’idéologie de l’écrivain paraît avoir, nécessairement, un corollaire légal : le droit d’auteur. Ce droit reste pourtant d’acquisition récente. L’Antiquité et le Moyen Age l’ignorent. 




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