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MAROT Clément : sa vie et son oeuvre

Littérature

Aperçu du corrigé : MAROT Clément : sa vie et son oeuvre



Publié le : 26/11/2018 -Format: Document en format HTML protégé

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MAROT Clément : sa vie et son oeuvre
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MAROT Clément (1496-1544). Madeleine de Scudéry s’étonnait déjà qu’avec le visage de philosophe austère que lui ont donné les peintres Marot pût être si « ingénieusement badin ». C’était s’étonner, mais avec beaucoup de finesse, de l’esprit de ces années 1530 que Marot exprima peut-être le mieux : Rabelais n’a-t-il pas cette même sévérité, alors que la grave Marguerite, leur bonne protectrice, sourit sur tous les crayons et tableaux? Humour et angoisse, voilà bien le lot du moment, et c’est difficile à admettre s’agissant de celui qui est resté jusqu’à la Révolution française le plus gai et le plus « populaire » de tous les poètes français.

 

La meilleure « maîtresse d\'école » ou les meilleurs mécènes

 

« Prédestiné », dit-il assez souvent de lui-même sans attacher à ce terme un sens trop religieux, mais autant aux plus rapides succès qu’aux plus injustes malheurs, aimant la Cour la plus brillante, celle qui a son âge, et s’offrant sans prudence aux coups de ces institutions qu’il semble toujours oublier : la Sorbonne et le parlement de Paris. Avec l’appui des plus grands princes, il ne saura pas mieux se protéger à Genève ou en Italie.

 

Né deux ans après son roi, il a la chance d’avoir pour père un aimable Normand installé à Cahors, porté naturellement vers la poésie — dont il fait son dernier métier — et lié à tout ce que la Grande Rhétorique compte d’important dans ses flamboiements ultimes : auprès d’Anne de Bretagne, Clément écoute Guillaume Crétin ou Lemaire de Belges. Il se souviendra aussi des efforts que faisait son père en lui donnant de véritables leçons particulières : tout ce métier dont il est nourri, et qu’il pourra oublier avec d’autant plus d’élégance. Tout naturellement, en même temps qu’il participe aux fêtes de la Basoche, il prolonge l’engouement des rhétori-queurs pour les traductions de textes latins — voire grecs, qu’il connaît par des traductions antérieures. Protégé par Nicolas de Neufville, le seul de ses mécènes qui ne fût pas « prince », il compose, à la manière de Lemaire, son vaste Temple de Cupido : il n’a pas vingt ans qu’il sait déjà construire tout un ensemble symbolique, mêlé de détails heureux et sensuels, en l’honneur du mariage. L’œuvre est offerte au futur François 1er —

 

qui épouse dans la joie générale la fille de Louis XII — et connaît déjà la gloire de l’impression (en 1515?). De cette période féconde date aussi l\'Épistre de Mague-lonne, réécriture romanesque d’une histoire connue; on a tort d’en souligner les invraisemblances, comme celle de Maguelonne se décrivant endormie, car elles montrent chez Marot ce goût inlassable pour la technique des points de vue, alors en pleine élaboration. Sans doute écrit-il dès ce moment beaucoup de ces pièces plus courtes qui font sa réputation et sont rapidement mises en musique : rondeaux et ballades, où, se libérant sans heurts des règles trop strictes des rhétoriqueurs, il retrouve souvent, comme on l’a souligné, la tradition des troubadours plus qu’il ne s’inspire du nouveau pétrarquisme italien, qu’il connaît à travers Serafino ou Chari-teo. Il reste par-dessus tout fidèle au Roman de la Rose, à Villon et à Lemaire : s’il n’a vraiment signé que l’édition de Villon (1533), le xvie siècle lui attribuait, sans doute avec quelque raison, l’édition des deux autres.

 

Tout cela plaît beaucoup à François 1er : il y a entre le roi et son poète un esprit de connivence, presque d’égalité, que l’on ne retrouvera qu’avec Marguerite ou Renée de France. François le « donne » à Marguerite en 1519, Marguerite l’enverra vers Renée en 1535; il passe au service du roi à la mort de son père, en 1527, et obtient la charge de « valet de chambre ». Exilé par force en 1534, sans avoir pu prendre congé du roi, il est immédiatement repris par celui-ci dès qu’il a abjuré à Lyon en 1536. Marot doit à François 1er sa maison, son entretien et celui de ses petits « maroteaux », auxquels il a sincèrement appris à prier pour le roi chaque soir avant de se coucher. Cette aisance du cœur que le poète manifeste dans chacune des pièces (notamment les épîtres) adressées à ses trois protecteurs disparaît presque entièrement lorsqu\'il lui faut supplier les sombres personnages dont dépendent plus directement le versement de ses pensions — même sa liberté et sa vie —, tels le connétable de Montmorency, l’avocat de la Sorbonne Bouchart, ou n’importe quel trésorier. Quand l’entourage d’Her-cule d’Este, à Ferrare, lui devient par trop hostile, il avoue à Renée :

 

Mon cueur qui ayme estre franc et delivre

 

Ne pourroit plus parmy telles gens vivre.



De fait, la cour de France est le seul lieu auquel il aspire; il en aime les dames, les jeux, les poètes, les échanges amicaux. Il y aime Anne d’Alençon, nièce par alliance de Marguerite : il a fait d’elle sa « Pensée », sa « Grande Amye », sa « Sœur ». Il y a entre eux un « baiser volé », des « baisers donnés », beaucoup de ces poèmes délicats ou francs qui restent dans toutes les mémoires. Quand Anne épouse M. de Bernay et craint les critiques de son milieu, Marot réunit pour elle ses poèmes amoureux en un Second Livre d’épigrammes et les lui offre comme le premier canzoniere français, célébrant cette toute particulière « alliance » :

 

Puis que les vers que pour toy je compose T\'ont faict tancer, Anne, ma sœur, m\'amye, C\'est bien raison que ma main se repose... Mais mon esprit reposer ne peult mye... Pardonne doncq à mes vers le tourment Qu\'ilz t\'ont donné, et, ainsi que je pense, Hz te feront vivre éternellement : Demandes-tu plus belle recompense?

 

Les imprudences

 

L’un des plus grands mystères de Marot, ce poète dont les grâces ont charmé près de trois siècles après avoir séduit le sien, est de n’avoir pu rester dans ce rôle de poète de Cour, mais d’avoir affronté, comme par mégarde, tous les dangers de son époque tourmentée. Les pesanteurs, les haines qu’il rencontrait ont été telles qu’elles se perpétuent dans la critique contemporaine, héritière plus souvent de ses adversaires que de son art. Il semble bien, pourtant, que la plus grande provocation de Marot fut de jouer et d’avouer ses peurs, non de cacher ou de mentir; mais sans doute la langue est trop facile, l’aveu des faiblesses trop simple! Devant un personnage aussi mobile, plus soucieux de « faire des amis » que de fixer quoi que ce soit, tout adversaire qui lui donne une étiquette — celle, particulièrement, de « luthérien » — semble, dogmatiquement, avoir raison.

 

Les persécutions ne sont pas une preuve : Marot est de ceux qui s’en occupent trop tard. Il délivre un prisonnier et s’étonne d’être emprisonné pour ce fait : il a tort de jouer ainsi, mais comment s’en empêcher? En 1526, on l’accuse d’« avoir mangé lard en carême »; on discutera longtemps du sens de ces termes, repris contre lui en 1532, et de la valeur de sa défense (ce serait vengeance de femme), mais il est certain qu’en 1527, dans la Déploration de Florimond Robertet, le texte « religieux » le plus explicite en dehors des Oraisons, fort orthodoxes (on en parle donc peu...), sa foi et ses principes sont absolument conformes à l’évangélisme de Marguerite tel qu’il s’exprime en 1524 dans le Dialogue en forme de vision nocturne. Ensuite...

 

Le malheur de Marot a été de trop bien écrire : ou bien il fait des jaloux, qui sauront toujours où trouver des appuis, tel Sagon auprès des institutions que sont la Sorbonne et le parlement; ou bien on lui attribue des œuvres qui ne sont pas de lui, et qui, sous des airs de conformité, utilisent un nom pour des causes qui ne sont pas les siennes; ou bien encore, le succès même de certaines de ses œuvres, comme ses traductions des Psaumes,


Naissance de la littérature du moi

 

L’ensemble de ses textes, et surtout les Epistres, lui est apparu peu à peu comme une longue narration libre de ses émotions, de ses impatiences, de ses souffrances et de ses amitiés, au fur et à mesure que, dans sa relation voulue intime avec son dédicataire, il percevait l’originalité extrême de son parti pris : il ne s’agissait plus de se vendre, comme les rhétoriqueurs, mais de se faire accepter, avec toute la retenue et l’humour souhaitables. Dans cette voie, il n’a pas hésité.

 

Il dit très tôt, en 1521, et à l’épouse du chef d’armée, sa haine de la « boucherie » des guerres, la misère des « povres femmes errantes, leurs enfans au col » dans l’hiver et les incendies; plus tard — c’est assez connu, avant Montaigne — l’horreur physique des interrogatoires et tortures du Châtelet; ou bien, dans l’opulente Venise de 1536, « les pouvres nuds, pâlies et languissants », qui le côtoient, lui, cerf traqué. Voilà les « ymai-ges vives » (au sens où Rabelais dira « pierres vives, ce sont hommes ») qu’il évoque en mots rapides et efficaces, jusqu’à pleurer. Son « cœur » et son humour jouent le balancier de sa présence, surtout lorsqu’il s’agit de ses amis, aussi bien « les froids amis que j’ai en France » que les disparus :




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