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LE NATURALISME EN LITTERATURE

Littérature

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Publié le : 26/11/2018 -Format: Document en format HTML protégé

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LE NATURALISME EN LITTERATURE
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NATURALISME. Avant d’être utilisé par Zola pour désigner sa conception du discours romanesque et du contenu de ce discours, chargé de transmettre une réalité « expérimentale » sur le modèle des sciences de la nature, le mot existait en français.

 

Le mot et les concepts

 

Dès le début du xvme siècle, ce dérivé savant de « naturel » avait désigné le système symbolique — et notamment mythologique — d’interprétation des phénomènes de la nature. Vers le milieu du siècle, reflet d’un besoin conceptuel lié à la philosophie des Lumières, « naturalisme » s’emploie pour dénommer les théories excluant toute causalité surnaturelle : le concept est alors étroitement lié à celui de panthéisme. Le Dictionnaire de Trévoux l’enregistre en 1752; dans son édition de 1777, il le définit comme « l’état et la religion de ces athées qui donnent tout à la nature, comme faisait Spinoza ». Mais le mot était plus ancien en philosophie : on trouve naturaülism en anglais dès 1641, pour dénommer la croyance en l’humaine raison, seule.

 

Cependant, au xviiie siècle, le mot s’emploie aussi en science, « dans un sens qui n\'a rien d\'odieux », ajoutent les jésuites de Trévoux. Ce sens, en effet innocent, est tout simplement celui que le mot devrait avoir dans le système morpho-sémantique du français : « caractère naturel ». On parlait ainsi du « naturalisme de tant de phénomènes qui effrayaient nos pères » (Mémoires de Trévoux). Par ailleurs, l’abbé Guyon, en 1744, écrivit une Histoire des Indes orientales... où Ton comprend le naturalisme [l\'« histoire naturelle »], la géographie, etc. Ici, c’est le couple « naturalisme-naturaliste » qui est régulièrement construit.

 

Mais le système du lexique se refuse souvent à fonctionner régulièrement; l’usage a rejeté ces emplois, et « naturalisme » est à peu près inusité lorsque, en 1857, la Revue moderne publie un texte du critique Castagnary qualifiant la peinture de Courbet de naturalisme (« Salon de 1857 »); ici, le sens est clair: «peintre traitant la nature avec réalisme », et la création du mot transparente (réel —» réalisme; nature —» naturalisme). Certainement, les emplois anciens de naturalisme n\'ont rien à voir dans cette création.

 

Pourtant, lorsque le mot, avec la même valeur, passe en littérature, ses connotations philosophiques du xviiie siècle ne sont pas indifférentes. Attribué par l’opinion à Zola, le terme naturalisme — et ses équivalents dans d’autres langues — est en partie coloré par les valeurs du suffixe -isme, propre à désigner des systèmes intellectuels, des valeurs de connaissance, plus que des attitudes esthétiques. On peut sans paradoxe suggérer que l’illusion scientifique de Zola et de ses disciples, leur scientisme, précisément, était en germe dans la structure même d\'un mot qu\'ils n\'avaient nullement « inventé ».

 

Le système naturaliste

 

Sous une diversité agressivement exprimée, le XIXe siècle cache en fait une profonde unité de pensée : c’est au nom des temps modernes que les romantiques partent en guerre contre les classiques, et c’est encore la modernité qui pousse le naturaliste Zola à rejeter le romantisme « démodé comme un jargon que nous n’entendons plus » (Mes haines). Au nom de l’union des contraires, les romantiques avaient cherché à atteindre l’unité esthétique que les parnassiens tenteront de réaliser par « l\'union de l’art et de la science » (Leconte

 

de Lisle, Préface des Poèmes antiques), unité que les naturalistes transposeront sur le plan philosophique : fondamentalement, le choix par Zola d’une littérature scientifique qui « obéisse à l’évolution générale du siècle » (le Roman expérimental, iv) réalise en le poursuivant le rêve totalisateur des romantiques qui, de la « Bouche d’ombre » hugolienne aux « Vers dorés » de Nerval (pour ne pas parler des « Correspondances » bau-delairiennes), découvre un univers « où tout vit, tout parle, tout se correspond » (Aurélia, II, 6). Certes, les différences sont immenses, et le passage du type humain au type social suffirait à opposer la littérature des trente premières années du siècle à son dernier tiers : et cependant, qui ne trouverait dans les rêves de Thérèse Raquin, cette « brute humaine », l’écho assourdi des aspirations d’un René, d’un Antony ou d\'un Rolla? Et Zola lui-même n’est-il pas, à la fin de sa vie, victime de cette « maladie romantique » tant décriée dans le Roman expérimental, lorsqu’il demande à Octave Mirbeau le droit « après quarante ans de dissection [...] de rêver un peu » (lettre à propos de Fécondité, 1899)?

 

Rouages du système

 

Lorsque le Congrès scientifique de France lui demanda en 1866 une communication traitant du roman et de son évolution, Zola adressa un mémoire en deux parties fortement contrastées : au «j’imagine que je suis à Athènes dans la patrie des dieux » qui ouvre l’étude, correspondait le « me voici dans Paris, la cité moderne, fiévreuse et savante » par lequel débutait le second article. Tout le système naturaliste sort de cette opposition et, par-delà le système, toute la rhétorique de la nouvelle école, une rhétorique fondée sur un jeu d’oppositions symboliques : « un large soleil luit sur la ville blanche » / « sous le ciel gris et pâle l’immense cité frissonne »; « les habitants fiers et souples vivent au milieu des rues [...] parlant et agissant au grand air» / «un peuple inquiet emplit les rues, muet, grelottant, pressé. Chaque maison est devenue un petit monde, les passions se sont enfermées entre quatre murs », etc. (Deux Définitions du roman). Il est facile de reconnaître ici l\'influence du déterminisme défini par Taine dans ses œuvres de critique littéraire (parues entre 1855 et 1865): influence avouée par Zola qui « se reconnaît comme l’humble disciple de M. Taine » (article du 25 juillet 1866 paru dans l\'Événement). C’est ce même Taine qui se voit qualifié, dans le portrait qui ouvre la série des Marbres et plâtres (19 août 1866), de « philosophe naturaliste », et dont la Préface à la seconde édition de Thérèse Raquin (1868) appliquera la célèbre démarche critique (« la race, le milieu, le moment et la faculté maîtresse ») à la technique romanesque transformée en « étude du tempérament et des modifications profondes de l’organisme sous la pression des milieux et des circonstances ».

 

Dans cette Préface, Zola parle pour la première fois d’« un groupe d’écrivains naturalistes » : et dès lors, pendant vingt-cinq ans, la vie littéraire — et plus généralement la vie artistique et intellectuelle — va se polariser sur le débat naturaliste : adeptes et opposants de la nouvelle doctrine vont s’affronter par articles, manifestes et textes théoriques interposés.

 

CHRONOLOGIE SOMMAIRE DU NATURALISME

 

1866 Émile Zola, Deux définitions du roman.

 

1868 Émile Zola, Préface à la seconde édition de Thérèse Raquin.

 

1871 Émile Zola, Préface aux Rougon-Macquart.

 

1877 J.-K. Huysmans, Emile Zola et « L\'Assommoir ».



Une remarque s’impose d’emblée au vu de ce rapide panorama théorique : la prépondérance de Zola. Il semble que le débat naturaliste se catalyse autour du seul Zola. On prend parti pour ou contre ses œuvres romanesques, et lui-même multiplie les définitions et les professions de foi. Rarement école aura été aussi nettement incarnée par un individu — l\'un des rares, il est vrai, à ne pas déserter le sérail au fil des ans. Un sérail qui se confondit rapidement avec la maison que l’écrivain possédait à Médan : là se réunissaient les jeunes disciples du maître (Maupassant, Céard, Hennique, Huysmans...); là s’élaboraient les œuvres de la nouvelle école.

 

Mais devant une telle personnalisation du naturalisme, a-t-on le droit de parler d’école? « École, le naturalisme constituait un contresens; mouvement, il se justifiait pleinement et ne pouvait pas ne pas éclore » (P. Cogny) : et de fait, malgré un corps de doctrine à la fois simple et logique, le naturalisme conçu par Zola proposait une dilution de la littérature dans le champ global de l’expérience humaine, et, comme tel, il constituait plus une vision « philosophique » du monde qu’une discipline esthétique.

 

Outre Taine, Zola reconnaissait sa dette envers la philosophie scientifique de son temps, et singulièrement envers la médecine : le Traité philosophique et physiologique de l\'hérédité du Dr Lucas (1847-1850), qui servit à « établir l’arbre généalogique des Rougon-Macquart » (Préface à Une page d\'amour), constituait la colonne vertébrale du cycle romanesque auquel VIntroduction à l\'étude de la médecine expérimentale de Claude Bernard (1865) donnait vie et mouvement. On sait le rôle joué par VIntroduction dans les œuvres théoriques de Zola, en particulier dans le Roman expérimental.

 

Car la littérature prônée par Zola procède, d’une certaine manière, d’une révolution copernicienne : « L’homme métaphysique est mort, tout notre terrain se transforme avec l’homme physiologique » (le Roman expérimental, v). Maintes fois répété, cet axiome oriente la démarche de l’artiste de façon décisive dans le champ du scientifique : désormais le romancier sera « observateur et expérimentateur» (ibid., il). L\'observateur accumule les renseignements sur les milieux sociaux, les conditions de vie, d’environnement; il enquête sur le terrain, cerne d’aussi près que possible une réalité qu’il va tenter de transposer dans la matérialité du langage. Puis l’expérimentateur prend le relais, organisant les faits recueillis, montant en quelque sorte un mécanisme où tout s’enchaîne en fonction de la double détermination de l’hérédité — ce que Zola nomme les « lois physico-chimiques » — et du milieu : ainsi le personnage naturaliste est-il moins la marionnette d’un créateur que celle d’un système et d’une méthode. Et il est vrai que nombre de romans ne feront que répéter inlassablement une même situation aboutissant aux mêmes conclusions; car s’il ne s’agit pas de « tirer » une conclusion personnelle qui s’impose d’elle-même par l’enchaînement des causes et des effets, il n’en demeure pas moins vrai que le romancier naturaliste a un but moral : « nous sommes les juges d’instruction des hommes et de leurs pas




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