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Qu'est-ce qu'un acte inhumain ?

Publié le 29/01/2004

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Dans ce cas, nous dirons que l'essence, c'est tout ce que la réalité humaine saisit d'elle-même, son intelligence, sa raison, mais aussi son être de violence et de démesure. Dans cette perspective, comment dire d'un acte qu'il est inhumain ? Il se rapporte à ce que la réalité humaine est, à l'infini de nos déterminations.Mais on peut se placer aussi du point de vue de la condition humaine. Cette dernière désigne la situation commune à tous les hommes, la nécessité pour l'homme d'être dans le monde, au milieu des autres et d'y être mortel. Or, de ce point de vue également, on ne peut dire d'un acte qu'il est inhumain. Il renvoie, même monstrueux ou « barbare », à cette altérité qui nous « définit » ou s'inscrit en nous, à ce Mitsein, cet « être-avec » qui est constitutif de cette condition humaine. L'horreur, la violence, la torture, la mise à mort de l'enfant innocent ? Elles prennent place dans cette condition humaine, dans cette situation où s'inscrit notre être. Donc l'inhumanité s'inscrit dans l'humanité.

Appréhender quelques éléments de réflexion dans le commentaire du sujet « Que veut-on dire quand on qualifie d'inhumain le comportement d'un homme «. Remarquer que même si les thèmes de réflexion concernant les deux sujets peuvent être considérés comme semblables, l'ordonnancement de la dissertation ne saurait être le même compte tenu des sujets précis posés.

« Dès lors, peut-on dire d'un acte qu'il est inhumain ? Ce n'est pas légitime, puisque la liberté désigne l'infini despossibles.

L'homme est totalement libre, devant les valeurs, devant la vie et devant la mort.

Le crime contrel'humanité sera-t-il inhumain ? Non, puisqu'il exprime l'infini (et parfois atroce) possibilité humaine.

Nous sommes depart en part dans un monde humain.

La torture ? Le bourreau choisit, dans sa terrible et infinie liberté.

On pourraitmultiplier les exemples. Transition. Toutefois, la question de l'humain et de l'inhumain est si constante et énigmatique qu'il semble nécessaire deretrouver un nouveau noyau signifiant pour accéder à la compréhension de ces termes.

L'homme n'est passeulement un être de raison, de liberté infinie.

Il est aussi un être qui imagine.

C'est peut-être vers cette nouvellezone qu'il faut maintenant avancer. C.

Imaginaire et inhumanité. Ici, le surréel retiendra notre attention : n'y a-t-il pas, dans l'homme, une imagination surréelle, comme pouvoir decréation et d'invention ? L'imagination humaine est riche d'une potentialité, elle aussi, infinie.

L'horreur, l'inhumanités'enracinent dans un fond mental et esthétique puissant, comme nous le signalent les origines du théâtre et, enparticulier, le mythe de Dionysos.

Nietzsche a bien montré que la tragédie est d'abord modelée par le dieu del'ivresse (Dionysos) et exprime ce qui correspond à un déchaînement et à uneivresse extatique, dépassant la mesure et l'ordre.

« Le mot "dionysiaque"exprime le besoin de l'unité, tout ce qui dépasse la personnalité, la réalitéquotidienne, la société, la réalité, l'abîme de l'éphémère [...] une affirmationextasiée de l'existence dans son ensemble, [...] la grande participationpanthéiste à toute joie et à toute peine.

» (Nietzsche, La Volonté depuissance, trad.

Blanquis, Gallimard).Ainsi, qu'exprime Dionysos ? L'ivresse de l'alcool, mais aussi celle de lacruauté.

Le persécuté, le souffrant, l'extase, l'effroi, l'inhumain se modèlent etse manifestent sous le signe de Dionysos, ce dieu de la sauvagerie, cettedivinité dont l'apparition met les êtres humains en délire.

D'ailleurs, Dionysosapparaissait aux Anciens sous la forme d'un taureau, incarnation de la foliefurieuse.

Donc l'imaginaire dionysiaque (cf.

Eschyle, mais aussi Shakespeareet bien d'autres dramaturges) exprime de l'inhumain, de la cruauté, le besoind'exercer une totale puissance.

Peut-on dire d'un acte qu'il est inhumain,étranger à l'homme, enraciné en une étrange divinité d'extase et d'horreur ?Oui, en un sens, mais, en vérité, nous savons que les dieux ne sont que del'humain et donc qu'ici encore, nul acte n'est inhumain.

Dionysos, c'est lacruauté et le monde sans entraves de l'homme.

Ici encore, l'inhumain s'inscritau plus profond de l'humanité de l'homme : dans son imaginaire pétrid'étranges virtualités. 3) Conclusion. L'imaginaire est profondément lié à l'inhumanité, comme le montrent les tragédies de mort et d'horreur deShakespeare.

Toutefois, il est difficile et même illégitime de dire d'un acte qu'il est inhumain.

L'homme est partout,dans un monde où le divin s'est, depuis longtemps, retiré.

L'inhumain réside dans l'homme.

CITATIONS: « Cet éclair que nous retrouvons en tout regard dit humain, il se voit aussi bien dans les formes les plus cruellesdu sadisme que dans la peinture italienne.

C'est lui justement qui fait que tout est possible de la part de l'homme, etjusqu'à la fin.

» Merleau-Ponty, Signes, 1960. « Les hommes aussi secrètent de l'inhumain.

» Camus, Le Mythe de Sisyphe, 1942. Et ils ne cessent de le prouver, en soumettant leurs semblables à des traitements cruels, barbares, dégradants, parlesquels ils se rendent indignes de leur condition d'homme. « L'être humain est au fond un animal sauvage et effroyable.

» Schopenhauer, Parerga et Paralipomena, 1851.. »

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