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Le cas Dora chez Freud

Publié le 09/03/2004

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1 Publiée en 1905, l'observation du « cas Dora » que Freud eut à traiter en 1899 illustre les principes dégagés dans « L'Interprétation des rêves ». Cet exposé se propose de montrer l'intérêt de l'analyse onirique comme moyen d'accès au matériel psychique refoulé dans l'inconscient et la signification des manifestations morbides névrotiques comme substituts d'une vie sexuelle normale. 2 Conduite par son père chez Freud - qui l'avait soigné avant son mariage pour une affection nerveuse d'origine syphilitique - Dora, âgée de dix-huit ans au début de la cure, présentait depuis des années des symptômes caractéristiques de « petite hystérie » : gêne respiratoire, toux saccadée, crises d'aphonie et de migraines, états dépressifs, agressivité vis-à-vis des siens allant jusqu'à l'expression d'un dégoût, jugé peu sincère, de la vie. Prédisposée à la névrose par son hérédité paternelle, elle avait en outre connu une adolescence perturbée par la désunion de ses parents. Dominée par la personnalité du père, sa famille reproduisait une situation typiquement oedipienne. Sa mère recherchait une compensation affective dans un surcroît d'activité ménagère et de tendresse vis-à-vis de son fils tandis que son père, aux côtés duquel Dora s'était rangée sans réserves, avait noué une liaison durable avec la femme d'un couple ami : les K. Le mari, M. K., la courtisait assidûment et avait tenté de la séduire. L'analyse suggérait une profonde ambivalence de sentiments vis-à-vis du père d'abord soutenu comme un complice, puis jugé comme un délinquant, après la tentative de séduction de M.
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« Le cas de Dora (FREUD) Ce fut le premier cas publié par Freud après son ouvrage en collaboration avec Breuer; le titre complet en étaitFragment d'une analyse d'hystérie.

Son titre original avait été Rêves et Hystérie; son but consistait à démontrer le rôle joué dans l'analyse de l'hystérie par les rêves.

L'histoire même du cas se concentre autour de deux rêvesrapportés par la patiente et analysés en détail. Freud hésita quelque temps avant de publier ce cas.

Il le confia d'abord à son éditeur en 1901, mais repris lemanuscrit et le conserva quatre ans de plus avant de se décider finalement à lui permettre d'atteindre le public deprofessionnels auquel il était destiné.Dans le cas de Dora le premier malade avait été son père, dont Freud avait soigné la syphilis.

Quatre ans après saguérison ce malade avait amené sa fille à Freud, lequel accepta de lui faire un traitement psychothérapeutique.

Al'époque, la jeune fille avait refusé de se laisser soigner.

Mais deux ans plus tard elle revint d'elle-même, letraitement fut entrepris et dura trois mois, après quoi Dora l'interrompit et disparut de l'horizon de Freud.Au début de son traitement, Dora était âgée de dix-huit ans; c'était la benjamine de deux enfants, l'autre étant sonfrère âgé de dix-neuf ans et demi.

Le père approchait de la cinquantaine; la mère, d'une année ou deux plus jeune,est décrite par Freud comme une femme si totalement préoccupée de détails ménagers qu'elle n'avait pas le tempsd'entretenir de relations personnelles avec sa famille.

A ce moment les symptômes de Dora étaient divers etnombreux; la majorité d'entre eux duraient depuis des années, certains depuis plus de la moitié de sa vie.

Freud lesconsidérait comme des symptômes classiques d'hystérie; ils comprenaient des difficultés de lecture, de la touxnerveuse, de l'aphonie, parfois plusieurs semaines d'affilée, des migraines, de la dépression, de l'agressivitéhystérique suivie d'un retrait des situations sociales, l'idée d'un suicide qui punirait sa famille de son manque decompréhension, ainsi qu'un dégoût général de l'existence.Au cours de l'analyse, Freud apprit de Dora que son père avait contracté une liaison avec la femme d'un voisin.

Cedernier, M.

K., avait lui-même fait des avances d'ordre sexuel à Dora, lui proposant de l'épouser si son père divorçaitpour épouser sa propre femme.

La maladie de Dora était née de son amour pour son père, du conflit soulevé par lespropositions du voisin, et de l'identification de la jeune fille avec la femme de ce voisin, laquelle était un êtrebeaucoup plus chaleureux que la mère de Dora.

A son tour, tout cela se trouvait lié à la situation familiale de lapatiente, situation qui était fondamentalement et classiquement celle d'un conflit oedipien.

Cependant Freud neparvint jamais jusqu'à ce dernier phénomène, dont il devait découvrir ensuite l'importance cruciale.

Dora demeuratrois mois en traitement, après quoi elle l'interrompit sans donner d'explications.

Quinze mois après, elle revint pourune seule consultation, déclarant que ses symptômes s'étaient considérablement améliorés bien qu'elle fût encoreloin de se trouver tout à fait rétablie.Dans la conclusion de son rapport, Freud examinait franchement son échec en ce qui concernait l'analyse et de lasituation infantile primitive, et du transfert entre Dora et lui-même, transfert qui avait sans nul doute joué un rôleaussi bien dans l'amélioration initiale que dans le rejet manifeste, par la patiente, de Freud et de son traitement.Rétrospectivement, Freud admettait que l'amélioration qui s'était produite provenait tout entière d'un transfert nonanalysé, et que les leçons principales qu'il convenait de tirer du cas étaient l'accessibilité des matériaux dynamiquesà la libre association chez les patients hystériques, en particulier à la libre association de leurs rêves, ainsi quel'imprudence de considérer l'amélioration symptomatique, « la fuite dans la santé », comme une preuve de guérisonde la névrose.Ce cas présente un épilogue intéressant.

Bien des années plus tard, en 1922, Dora consulta un autre analyste,cette fois le docteur Felix Deutsch, praticien viennois et disciple de Freud.

Après le décès de Dora, le docteurDeutsch publia sa propre expérience de cet ancien cas.

Il fut à même de confirmer sur de nombreux pointsl'interprétation et les prédictions de Freud au sujet de la malade.

Elle n'était jamais venue à bout de son conflitoedipien non résolu, ni de ses répercussions tardives, provoquées par ce qu'elle interprétait inconsciemment commeles tentatives incestueuses de M.

K., non plus que de sa propre et puissante identification à la femme de M.

K.,avec laquelle son père entretenait une liaison.

Elle-même resta frigide, dégoûtée à la fois du mariage et des relationshétérosexuelles en général.

Elle fournit un exemple infortuné tant de la perspicacité des premiers travaux de Freud,que du caractère peu concluant de leurs résultats thérapeutiques.. »

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