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Une connaissance scientifique du vivant est-elle possible ?

Publié le 10/07/2004

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Cette dernière, bien qu'elle ne concerne pas tous les organes, s'étend cependant à un nombre infini d'agressions et de blessures. C'est ainsi que l'écorce du pin entaillé se refait, que la pince du crabe repousse et que les blessures se cicatrisent.Le troisième critère est l'invariance reproductive. Les êtres vivants se reproduisent. En outre, cette reproduction est marquée par l'invariance, soit complète en cas de reproduction par sissiparité (division des cellules), soit partielle en cas de reproduction sexuée. Il existe alors des différences individuelles (à l'exception des jumeaux univitellins) mais les caractéristiques de l'espèces sont conservées. Il ne faut pas confondre la variabilité des individus et l'invariance propre à l'espèce.Ces trois critères, présents en un même être, nous permettent-ils de distinguer assurément le vivant de l'inerte ? Après tout les machines sont également des objets téléonomiques, les machines peuvent s'autoréguler et les ordinateurs, en raison de la programmation, ont une certaine autonomie. Il est moins aisé qu'il ne le paraît au premier abord de dégager des critères permettant de différencier un être vivant d'une machine complexe toutefois, la machine ne se reproduit pas, ne croit pas et connaît une autonomie très limitée.

La vie n'est plus une réalité échappant à la science. L'homme, depuis plus d'un siècle, n'a cessé d'affiner ses connaissances, lesquels lui permettent de maîtriser la vie et d'en exploiter les ressources. Mais, la vie peut faire l'objet d'une approche scientifique, mais elle n'est pas, à proprement parler un objet scientifique. Pour cela, il faudrait que l'homme soit capable de la définir scientifiquement.

 

1) L’ Antiquité et le vitalisme : le corps animé

2) Le 17e et le mécanisme : le corps-machine

 

3) Kant, la Critique de la faculté de juger : les corps vivants ne sont pas des machines

 

 

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« Toutefois ce modèle mécaniste, qui rend possible l'étude et la connaissance du vivant, suppose qu'on se limite à laconnaissance du fonctionnement du vivant, en considérant en outre que les machines ont une certaine facultéd'auto-réparation (Kant) et qu'elles ont le principe de leur organisation en elles-mêmes. Réduire le vivant à un fonctionnement mécanique ne semble pas possible à Kant : il manque à une montre – considérée comme exemplaire de la machine – des qualités qui sont présentes dans le vivant : elle ne peut produireune autre montre (pas plus qu'un de ses rouages ne peut produire ou générer un autre rouage), elle est incapablede se réparer elle-même, ou d'améliorer son propre fonctionnement.

Ce qui oblige à distinguer la simple forcemotrice, bien présente dans la machine, de la force formatrice, qui est caractéristique des êtres organisés.La tentative cartésienne de connaître le vivant en l'intégrant dans le champ d'une discipline scientifique (lamécanique) est donc vaine : en fait, Descartes simplifie le vivant, le « dénature » en l'approchant à la façon d'unsimple objet.

Toute tentative pour connaître le vivant par une méthode scientifique se retrouve-t-elle dans la mêmesituation ? Dans une montre une partie est l'instrument du mouvement des autres, mais un rouage n'est pas la causeefficiente de la production d'un autre rouage ; certes une partie existe pour une autre, mais ce n'est pas par cetteautre partie qu'elle existe.

C'est pourquoi la cause productrice de celles-ci et de leur forme n'est pas contenue dansla nature (de cette matière), mais en dehors d'elle dans un être, qui d'après des Idées peut réaliser un tout possiblepar sa causalité.

C'est pourquoi aussi dans une montre un rouage ne peut en produire un autre et encore moins unemontre d'autres montres, en sorte qu'à cet effet elle utiliserait (elle organiserait) d'autres matières ; c'est pourquoielle ne remplace pas d'elle-même les parties, qui lui ont été ôtées, ni ne corrige leurs défauts dans la premièreformation par l'intervention des autres parties, ou se répare elle-même, lorsqu'elle est déréglée : or tout cela nouspouvons en revanche l'attendre de la nature organisée.

— Ainsi un être organisé n'est pas simplement machine, carla machine possède uniquement une force motrice ; mais l'être organisé possède en soi une force formatrice qu'ilcommunique aux matériaux, qui ne la possèdent pas (il les organise) : il s'agit ainsi d'une force formatrice qui sepropage et qui ne peut pas être expliquée par la seule faculté de mouvoir (le mécanisme).

(...) Dans la nature lesêtres organisés sont ainsi les seuls, qui, lorsqu'on les considère en eux-mêmes et sans rapport à d'autres choses,doivent être pensés comme possibles seulement en tant que fins de la nature et ce sont ces êtres qui procurenttout d'abord une réalité objective au concept d'une fin qui n'est pas une fin pratique, mais une fin de la nature, etqui, ce faisant, donnent à la science de la nature le fondement d'une téléologie, c'est-à-dire une manière de jugerses objets d'après un principe particulier, que l'on ne serait autrement pas du tout autorisé à introduire dans cettescience (parce que l'on ne peut nullement apercevoir a priori la possibilité d'une telle forme de causalité). KANT C - Conditions de la connaissance scientifique] [Les principes de l'expérimentation]En se précisant comme expérimentale, la science suppose que tout objet qu'elle entreprend de connaître estcompatible avec l'expérimentation.

Celle-ci exige que le phénomène à étudier soit clairement isolable, mais aussi qu'ilsoit artificiellement (en laboratoire) reconstituable, pour que l'on puisse comparer ce qu'il devient lorsqu'on intervientsur sa cause supposée et le phénomène naturel.

Cf.

les quatre moments de l'expérience tels que les résume ClaudeBernard (précisément un biologiste). [Les difficultés de l'expérimentation en biologie]Cf.

Canguilhem : elles viennent de la spécificité, qui désigne le fait que l'expérience faite sur une espèce n'est pasgénéralisable à une autre sans de grandes précautions ; de l'individualisation des phénomènes, qui, même lorsqu'onexpérimente sur des organismes animaux théoriquement semblables, risque d'aboutir à des artefacts ; de la totalitéqui caractérise l'organisme comme intégrant toutes ses fonctions : on n'est jamais sûr, en isolant un phénomène, dene pas modifier les autres ; de l'irréversibilité de la vie, qui fait que ce que l'on « découvre » peut ne concernerqu'un moment du développement de l'organisme (cf.

Claude Bernard : aucun animal n'est comparable à lui-mêmeselon les moments où on l'examine). [La réduction au physico-chimique]En étudiant le vivant d'un point de vue expérimental, on ne peut y rencontrer qu'un déterminisme physico-chimique :on n'agit en effet que sur la matière des corps.

En affirmant qu'un phénomène vital obéit, comme tout autrephénomène de la nature, à un déterminisme strict (affirmation qui conditionne le caractère scientifique de labiologie), on est obligé de concevoir ce déterminisme comme rigoureusement physico-chimique.Dès lors, on semble bien échouer à connaître le vivant en lui-même, dans ce qu'il a de particulier relativement àl'univers physico-chimique.

Par définition, ce qui caractérise le vivant, c'est qu'il manifeste la vie, mais l'origine decelle-ci demeure hors de portée de l'expérience.

Évoquer une « force vitale » renvoie, comme le soulignait ClaudeBernard, au « monde métaphysique » (de même que l'idée d'une force physique à l'oeuvre dans les phénomènesphysiques) : sans doute est-ce une « nécessité de l'esprit », mais elle demeure extérieure à l'attitude scientifique. D - CONNAÎTRE LE VIVANT C'EST DÉPASSER SON STATUT D'OBJET DE SCIENCE. - Le modèle mécaniste a été contesté par Kant, qui souligne que le vivant est capable d'auto-organisation etpossède des qualités spécifiques (conservation et reproduction, autoréparation et autorégulation).- La finalité, de plus, concerne plus efficacement la machine que l'organisme, où l'organe est plurifonctionnel, alors. »

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