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Faut-il dire que la conscience est dans le temps, ou que le temps est dans la conscience ?

Publié le 14/09/2005

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conscience
Critique de la raison pure, Esthétique transcendantale, § 4-7). En effet, selon Kant : 1) « Le temps n'est pas un concept empirique qui dérive d'une expérience quelconque. » Nous ne pourrions en effet percevoir les rapports temporels de simultanéité ou de succession si nous n'avions pas une représentation a priori du temps. Cette représentation ne peut donc être tirée de l'expérience. 2) « Le temps est une représentation nécessaire qui sert de fondement à toutes les intuitions. » Les phénomènes peuvent disparaître tous ensemble mais non le temps lui-même, car c'est en lui seul qu'est possible la réalité du phénomène. Ainsi est-il donné a priori. 3) « Sur cette nécessité a priori se fonde aussi la possibilité de principes apodictiques concernant les rapports du temps ou d'axiomes du temps en général. » Le principe selon lequel des temps différents ne sont pas simultanés mais successifs est apodictique, c'est-à-dire qu'il a une valeur nécessaire et universelle. Il ne peut donc être tiré de l'expérience puisque l'expérience « ne saurait donner ni une rigoureuse universalité, ni une certitude apodictique ».

« Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus « (saint Augustin, Confessions, XI, 14). Ce que je sais, c'est que je me sens durer et que je saisis les phénomènes comme s'ordonnant dans une succession irréversible. Mais est-ce ma conscience qui est dans le temps, ou le temps qui est dans ma conscience ? En d'autres termes, le temps a-t-il une réalité hors de ma représentation ? Le temps est-il dans les choses, a-t-il une réalité objective, ou n'est-il qu'une forme subjective que je projette dans les impressions de ma sensibilité ? Le temps est-il en nous ou hors de nous ?

conscience

« Deuxième partie : Kant et le temps comme forme a priori de lasensibilité Cette appréhension du temps comme une réalité étrangère A la conscience,dans laquelle cette dernière serait insérée, a été totalement rejetée parl'analyse kantienne (cf.

Critique de la raison pure, Esthétiquetranscendantale, § 4-7).

En effet, selon Kant :1) « Le temps n'est pas un concept empirique qui dérive d'une expériencequelconque.

» Nous ne pourrions en effet percevoir les rapports temporels desimultanéité ou de succession si nous n'avions pas une représentation a prioridutemps.

Cette représentation ne peut donc être tirée del'expérience.2) « Le temps est une représentation nécessaire qui sert de fondement àtoutes les intuitions.

» Les phénomènes peuvent disparaître tous ensemblemais non le temps lui-même, car c'est en lui seul qu'est possible la réalité duphénomène.

Ainsi est-il donné a priori.3) « Sur cette nécessité a priori se fonde aussi la possibilité de principesapodictiques concernant les rapports du temps ou d'axiomes du temps engénéral.

» Le principe selon lequel des temps différents ne sont passimultanés mais successifs est apodictique, c'est-à-dire qu'il a une valeurnécessaire et universelle.

Il ne peut donc être tiré de l'expérience puisquel'expérience « ne saurait donner ni une rigoureuse universalité, ni une certitude apodictique ».4) « Le temps n'est pas un concept discursif, ou, comme on dit, un concept général, mais une forme pure del'intuition sensible.

» La représentation du temps, étant une puisque des temps différents ne peuvent être conçusque comme des parties d'un même temps, constitue nécessairement une intuition.

L'intuition est en effet unereprésentation qui ne peut être donnée par un seul objet.5) « L'infinité du temps ne signifie rien de plus sinon que toute grandeur déterminée du temps n'est possible que pardes limitations d'un temps unique qui lui sert de fondement.

» La représentation originaire du temps est ainsiinfinie, elle est donc une intuition. En conséquence : a) « Le temps n'est pas quelque chose qui existe en soi, ou qui soit inhérent aux choses comme une déterminationobjective et qui, par conséquent, subsiste, si l'on fait abstraction de toutes les conditions subjectives de leurintuition.

»b) « Le temps n'est autre chose que la forme du sens interne, c'est-à-dire de l'intuition de nous-mêmes et de notresens intérieur.

»c) « Le temps est la condition formelle a priori de tous les phénomènes en général.

L'espace, en tant que forme purede l'intuition extérieure, est limité, comme condition a priori, simplement aux phénomènes externes.

Au contraire,comme toutes les représentations, qu'elles puissent avoir ou non pour objets des choses extérieures, appartiennent,pourtant, en elles-mêmes, en qualité de déterminations de l'esprit, à l'état interne, et, comme cet état interne esttoujours soumis à la condition formelle de l'intuition intérieure et que, par suite, il appartient au temps, le temps estune condition a priori de tous les phénomènes en général et, à la vérité, la condition immédiate des phénomènesintérieurs (de notre âme), et, par là même, la condition médiate des phénomènes extérieurs.

» Le temps, commel'espace, est donc une pure intuition, une forme a priori de la sensibilité.

Il n'existe ni en soi ni dans les choses.

Ilest « une condition subjective de notre (humaine) intuition (...) et il n'est rien en soi en dehors du sujet ».

Il a nonune réalité absolue, mais une « réalité empirique » puisque possède une objectivité véritable par rapport auxphénomènes et une « idéalité transcendantale » puisqu'il ne peut être attribué aux objets en soi, aux noumènes. • Critique. a) De même que l'apparition des géométries non euclidiennes (cf.

Riemann et Lobatchevski) a relativisé l'intuitionpure et formelle de l'espace, la relativité généralisée d'Einstein a remis en cause l'intuition pure et formelle d'untemps universel, en même temps que la conception newtonienne d'un temps et d'un espace absolus, indépendantsdes phénomènes.Le temps devient relatif, car les intervalles de temps entre des événements donnés varient en fonction desmouvements relatifs des systèmes considérés : ainsi deux événements qui apparaissent simultanés à un observateurdans un système donné pourront n'être pas simultanés pour un observateur en mouvement par rapport à cesystème.

De même le temps s'écoulera plus vite dans un système effectuant à très grande vitesse un mouvementaller-retour par rapport à un système inertiel donné, que dans ce système inertiel (paradoxe de Langevin).b) Cependant les défenseurs du kantisme ont pu faire observer que, du fait même qu'Einstein ne se place jamais dupoint de vue de la sensibilité, c'est-à-dire des intuitions originaires de l'espace et du temps, ses formules n'ont pas àêtre interprétées dans un sens réaliste : l'espace-temps d'Einstein ne serait pas une chose en soi.

En conséquence,comme l'a reconnu Einstein lui-même, sa « mécanique ne pouvait être confrontée avec les thèses de l'esthétiquetranscendantale, qui ne devaient en attendre ni une condamnation m une confirmation.

» (C.

Serrus, L'Esthétiquetranscendantale et la science moderne, p.

166.) conclusion. »

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