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Fiche de lecture Le soleil des SCORTA de LAURENT GAUDE

Publié le 05/11/2011

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Laurent Gaudé, célèbre romancier et dramaturge français, publie en 2004 Le Soleil des Scorta. Ce roman relate l’histoire de la lignée familiale souvent malheureuse des Scorta, l’histoire se passe majoritairement en Italie, dans les Pouilles. Il remporte le prix Goncourt de 2004 suivi par le prix Jean GIONO, et le prix du Roman Populiste. A travers les malheurs que subissent les personnages de la lignée des Scorta, nous pouvons nous questionner sur l’héritage de la tragédie dans le roman Le Soleil des Scorta. Nous verrons en quoi il s’inscrit dans ce genre ainsi qu’en quoi il diffère d’un roman tragique puis, pour finir, nous nous interrogerons sur la portée du destin des Scorta.

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« Julie PAMPURIK, 1S Page 2 braves : ils ont tous une ‘leçon’ à léguer à leurs descendants comme Domenico expliquant à Elia la richesse de l’huile d’olive et ce qu’elle représente pour lui : « L’huile d’olive, c’est le sang de notre terre.

(...)Dieu sait reconnaitre l’effort.

Et notre huile d’olive plaidera pour nous.

» ou encore Raffaele expliquant à son petit fils qu’il faut « profiter de la sueur » car « Après, tout finit si vite, crois-moi.

».

Aussi, cette histoire se déroule dans un lieu précis.

Ici les personnages semblent réunis par le destin à vivre toujours dans la région des Pouilles, au sud de l’Italie.

Ce destin est perçu comme un «échec » et Domenico dit même « Jamais un Scorta, donc, ne pourrait se soustraire à cette terre misérable.

Jamais un Scorta n’échapperait au soleil des Pouilles.

Jamais.

», l’anaphore du mot « jamais » accentue cette idée de destin prédestiné auquel aucun Scorta ne pourra échapper. Malgré le fait que l’histoire semble s’inscrire dans le genre tragique, on distingue certains contre-arguments à cette idée.

Premièrement, l’excipit de ce roman va à l’encontre du genre tragique.

La fin du roman ne s’achève pas dans le chagrin et le deuil.

Au contraire, Elia est, la fin du roman, tout à fait serein et il dit que « Sa place était ici.

Oui.

Il n’y avait pas de doute à cela.

» et l’auteur souligne la fierté de sa famille, «fiers simplement parce qu’ils sentaient que cet instant était juste ».

De même, le village tout entier semble heureux : « Les enfants avaient des bonbons pleins les mains.

Les femmes étaient parfumées.

».

J’ajouterai que le dénouement du roman ne voit pas la mort d’un personnage mais la renaissance d’une idée, bien que les personnages principaux des Scorta à savoir Domenico, Carmela, Guiseppe et Raffaele soit mort, on perçoit clairement la renaissance des Scorta à travers Anna, qui assure la continuité d’une lignée en choisissant le nom de Scorta.

Celle-ci brise aussi la notion de destin prédestiné de la famille car elle « serait la première à quitter le village ».

dans cet excipit, les derniers représentants de la famille Scorta semblent heureux, sereins. Egalement, la tragédie est caractérisée par une courte unité de temps, 12 à 30 heures, et une unité d’action qui ne réunit qu’une seule intrigue, or le roman ne respecte ni l’une ni l’autre de ces deux particularités.

Effectivement, l’unité de temps du roman se déroule sur une lignée de trois générations : depuis Luciano Mascalzone et Rocco jusqu’à Elia et Anna, ce qui est bien plus long que 30 heures.

De plus, de Luciano Mascalzone à Anna, les intrigues du roman varient: le viol d’Immacolata, les péripéties de Rocco, l’escapade à New York, le premier bureau de tabac...

L’unité de temps et l’intrigue majeure sont caractéristiques d’une tragédie, comme par exemple dans Antigone de Jean Anouilh : l’unité de temps est parfaitement respectée puisqu’Antigone décide très rapidement d’enfreindre les lois afin de défendre un proche et Créon est donc bien obligée de la sacrifier, pour faire régner l’ordre sa contrée.

On ne retrouve aussi qu’une seule intrigue : faut-il tuer Antigone pour son crime ou non ? Finalement, Antigone et son mari meurent, prouvant ainsi que le roman est une tragédie dans le théâtre.

On remarque que ce ne sont que des dissemblances avec Le Soleil des Scorta, visant ainsi à prouver que ce roman n’est pas tragique. De plus, la tragédie est un genre purement théâtral et qui fait l’éloge d’une action héroïque.

Cependant ce n’est pas le cas ici : le roman n’est pas tout à fait théâtral, seuls quelques passages, notamment ceux où Carmela raconte son enfance et sa vie à Don Salvatore, écrits en italiques comme des didascalies, permettant au lecteur de mieux comprendre la pièce, ici la vie de Carmela et son ressenti, et quelques clins d’ œil au théâtre comme les certaines scènes dialoguées.

Aussi, ici, nous retrouvons plusieurs passages d’éloge mais, souvent, les actions des personnages sont des ‘échecs’ : le viol d’Immacolata au lieu de Filomena, l’escapade. »

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