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Kierkegaard et l'oisiveté

Publié le 11/01/2004

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kierkegaard
On a l'habitude de dire que l'oisiveté est la mère de tous les maux. On recommande le travail pour empêcher le mal. Mais aussi bien la cause redoutée que le moyen recommandé vous convaincront facilement que toute cette réflexion est d'origine plébéienne (1). L'oisiveté, en tant qu'oisiveté, n'est ement la mère de tous les maux, au contraire, c'est une vie vraiment divine lorsqu'elle ne s'accompagne pas d'ennui. Elle peut faire, il est vrai, qu'on perde sa fortune, etc. ; toutefois, une nature patricienne (2) ne craint pas ces choses, mais bien de s'ennuyer. Les dieux de l'Olympe ne s'ennuyaient pas, ils vivaient heureux en une oisiveté heureuse. Une beauté féminine qui ne coud pas, ne file pas, ne repasse pas, ne lit pas et ne fait pas de musique est heureuse dans son oisiveté ; car elle ne s'ennuie pas. L'oisiveté donc, loin d'être la mère du mal, est plutôt le vrai bien. L'ennui est la mère de tous les vices, c'est lui qui doit être tenu à l'écart. L'oisiveté n'est pas le mal et on peut dire que quiconque ne le sent pas prouve, par cela même, qu'il ne s'est pas élevé jusqu'aux humanités. Il existe une activité intarissable qui exclut l'homme du monde spirituel et le met au rang des animaux qui, instinctivement, doivent toujours être en mouvement. Il y a des gens qui possèdent le don extraordinaire de transformer tout en affaire, dont toute la vie est affaire, qui tombent amoureux et se marient, écoutent une facétie et admirent un tour d'adresse, et tout avec le même zèle affairé qu'ils portent à leur travail de bureau.

Kierkegaard défend une vision aristocratique de l'oisiveté, opposée à l'agitation plébéienne et au travail. Le difficile est de savoir être oisif sans s'ennuyer, ce qui suppose un travail d'acculturation : c'est le rôle des humanités, c'est-à-dire des études littéraires, philologiques, historiques qui font l'homme cultivé. L'oisiveté se transmute ainsi en un loisir cultivé.  

kierkegaard

« D'abord, Kierkegaard ne se livre pas à une apologie de la paresse.

Il déprécie visiblement une manière de s'activer etde faire affaire de tout mais c'est pour développer l'idée que c'est l'élévation par la culture qui convertit la menacede l'ennui en vie vraiment divine. Ce n'est pas exactement la "Skolé" au sens grec (autrement dit le loisir studieux, le loisir consacré à l'étude et pourcela libéré de la production, de la reproduction et de la guerre), c'est plutôt qu'à ses yeux, l'homme de culture, sansavoir à être expressément studieux, transforme en un vrai bien ce qui serait, sans cela de la pure inactivité. 2 - La culture en tant que bien Cependant, cette philosophie reste aristocratique car il s'agit de tirer avant tout un bien pour soi de la possessiond'une culture perçue comme ce qui donne sa qualité propre à une existence de loisir.

La culture n'est pas présentéecomme une chose à dispenser au prix d'un travail de diffusion et d'appropriation. La référence à l'animal à la fin du passage est sur ce point révélatrice. La répétition de l'activité -présentée comme " instinctive"- est présentée comme un abaissement qui juge celui quine sait pas -ou n'a pas pu- s'élever aux humanités.Il y a donc un jeu d'opposition discernable dans le texte et cette opposition est hiérarchisée.

Le terme en bas de lahiérarchie est dévalué car il renvoie à une gamme d'activités qui ne réalise pas l'humanité sous sa forme la plusexcellente.

L'oisiveté, au contraire, nous élève vers les dieux de l'Olympe. 3 - Les contreparties de l'aristocratisme : faut-il réhabiliter le travail ? On pourrait souligner que cette posture aristocratique a sa contrepartie dans le fait que d'autres sont laborieux.Doit-on voir dans l'oisiveté un idéal de vie ? Le monde spirituel est-il exclusif de tout travail ? Pourquoi rabaisserainsi la catégorie des choses laborieuses ? Toute activité répétée est-elle de nature à nous rapprocher de l'animal ? Toutes ces questions nous conduisent à réfléchir, en contrepoint du texte, sur la réhabilitation du concept detravail. IV - LES FAUSSES PISTES - Eviter une interprétation de l'oisiveté qui la ramène à un simple désoeuvrement.

Il faut cerner l'idée d'une oisivetéheureuse (cf : comparaison avec les dieux de l'Olympe ; l'oisiveté nous élève). - Eviter les développements unilatéraux de façon à mettre en lumière le jeu d'opposition sur lequel repose le texte. V - LE POINT DE VUE DU CORRECTEUR Texte assez simple à comprendre dans sa littéralité même si la posture exacte de l'auteur est plus difficile àressaisir. La portée éthique générale de ce passage paraît cependant en tant que telle assez réduite... KIERKEGAARD (Soeren-Aabye).

Né et mort à Copenhague (1813-1855).Sa vie fut très calme.

De faible santé, il fit des études de théologie à l'Université de sa ville natale, et passa sathèse de doctorat en 1841.

Mais il renonça à devenir pasteur.

Après quelque temps d'une vie de dissipation, survintun événement familial, sans doute le 19 mai 1838, que Kierkegaard appela « un tremblement de terre », sur lequelaucun éclaircissement n'a été donné, et qui « obligea à une nouvelle et infaillible interprétation de tous lesphénomènes ».

Kierkegaard revient à la foi, se fiance à Régine Olsen, puis rompt ses fiançailles un an après.

« Celuiqui combat pour l'existence suprême doit se priver des joies suprêmes de l'existence.

» D'octobre 1841 à mai 1842, ilfait un séjour à Berlin, où il retournera, pour peu de temps chaque fois, en 1843, 1845 et 1846.

En 1848, il entra enlutte contre l'Église danoise, et particulièrement contre l'évêque Mynster.

Il mourut à l'hôpital.

Kierkegaard, dontSocrate et le Christ furent les deux maîtres à penser, pose, d'une part, que la vérité est dans la révélation duChrist, et, d'autre part, que « la subjectivité est la vérité».

Il se dresse contre Hegel, fait le procès del'intellectualisme, nie que l'homme soit la mesure de toutes choses et entre en lutte irréductible contre l'Église.

La. »

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