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Le langage n'est-il qu'un outil ?

Publié le 14/07/2004

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Parler, c'est être capable d'adapter son langage à une variété indéfinie de situations, d'inventer indéfiniment des combinaisons de signes "pour répondre au sens de tout ce qui se dira en sa présence". Lire : Descartes, Discours de la méthode, cinquième partie. Le langage, faculté propre à l'homme, se développe sous la forme de langues diverses selon les peuples et les civilisations. Une langue permet aux membres d'une même communauté linguistique d'exprimer leurs pensées et de les échanger. Elle est donc essentiellement un outil de communication. Lorsque je vais dans un pays étranger, j'ai beaucoup de mal à communiquer si je ne connais pas la langue du pays. Communiquer est le propre de l'homme La communication suppose toujours au moins deux personnes. En linguistique, on les appelle l'émetteur et le récepteur. L'émetteur parle et le récepteur lui répond. Un message est suivi d'un message en retour.

La fonction essentielle de la langue est de permettre la communication. Les hommes peuvent ainsi échanger leurs idées comme ils échangent d'autres biens. TOUTEFOIS, c'est parce que l'homme peut créer des signes qu'il peut penser les choses avec des mots. Une langue traduit donc une véritable vision et une véritable conception du monde.  Mais la langue a aussi pour fonction d'être un outil de domination.

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« réalisées sur le mode de communication propre aux abeilles par Von Frisch, Benveniste en rappelle d'abord lateneur.

De retour à la ruche, une abeille qui effectue devant ses congénères une danse en cercle signale parlà que de la nourriture se trouve à une faible distance.

Relevant d'un symbolisme moins rudimentaire, unedanse en huit accompagnée d'un frétillement continu de l'abdomen indique quant à elle à quelle distance ondoit chercher (plus la danse est lente, plus le butin est loin), mais aussi dans quelle direction s'envoler (l'axedu huit indique l'angle que le lieu de la découverte forme avec le soleil).

Toutefois, six points de contraste aumoins interdisent de considérer comme un langage ce mode de communication animal.

Les deux premiers sontson caractère non phonique, et par voie de conséquence le fait que ce symbolisme soit inopérant dansl'obscurité.

Mais comme on l'a déjà signalé, cela vaudrait aussi dans le cas du langage des sourds-muets.

Plusdécisive est la troisième remarque de Benvéniste : à savoir que le message de l'abeille exploratrice n'appellepas de réponse, n'instaure pas de dialogue.

Au lieu que « nous nous parlons à d'autres qui parlent ».

Nonseulement les abeilles ignorent le dialogue, mais leurs messages ne peuvent se référer qu'à une donnéeobjective.

Toujours la même au demeurant : la nourriture.

Cela contraste, relève Benveniste, avec « l'illimitédes contenus du langage humain ».

Celui-ci, par ailleurs, voit s'entrelacer relation à l'objet et réaction audiscours de l'autre.

Or chez les abeilles, il n'arrive pas qu'un message se rapporte à un autre message : on n'apas observé par exemple qu'une abeille aille répéter dans une autre ruche la danse à laquelle elle venaitd'assister.

Dernière remarque, la plus importante aux yeux du linguiste : le langage humain se laissedécomposer en un nombre fini d'éléments constitutifs, éléments de signification ou constituants sonores dontles combinaisons réglées peuvent engendrer une infinités de messages.

Au contraire, « le message des abeillesne se laisse pas analyser », c'est-à-dire décomposer en une série d'éléments formateurs, identifiables etdistinctifs.

Le mode de communication employé par les abeilles ne serait donc « pas un langage, mais un codede signaux », tout entier inscrit dans le code génétique des insectes. La langue crée l'unité socialeLa langue est un outil de communication, et donc de fédération entre les hommes d'une même collectivité.

LaFrance, pays de diversités géographiques et culturelles, a été unifiée par la langue française qui s'est imposéeprogressivement dans toutes les régions par l'école.

Cette unité de langue permet aux pays francophonesd'entretenir des liens privilégiés.

[La langue n'est pas seulement un outil de communication.

Elle est aussi un système de signes qui permet à l'homme de penser le monde et peut devenir parfois un instrument de domination.] Le langage est un système de signesNous sommes l'espèce parlante ; le langage –soit, dirait-on aujourd'hui, la faculté d'exprimer des pensées àl'aide de signes articulés- est le propre de l'homme, à tel point que cette possession exclusive suffit à ledifférencier essentiellement des bêtes.Cette thèse n'a rien que de très traditionnel.

Elle remonte au moins à Aristote, qui au livre I de ses «Politiques », immédiatement après avoir signalé que « l'homme est par nature un vivant politique », relève que« seul entre les vivants, l'homme a un langage » (ce dernier terme étant censé traduire le grec « logos »).Ces deux définition de l'homme sont naturellement indissociables.

La possession du langage par l'homme semarque en effet à ceci, tout d'abord, qu'il s'adresse à ses semblables, au milieu desquels il vit, et peut aussivoir son comportement modifié par leurs paroles.

Parler c'est « parler-à » (un autre que moi).

Avoir le langage,c'est aussi pouvoir être affecté par la parole de l'autre.

Cette manière proprement humaine de vivre quedétermine la possession du langage serait donc impossible en dehors de la Cité.En même temps, l'existence politique, qui suppose la délibération en commun et la persuasion réciproque, la parole adressée en une langue partagée, n'est à la portée que du vivant parlant.

Certes, des bêtes peuventtrouver le moyen de signaler par des sons leurs sensations douloureuses ou agréables.

Mais, souligne Aristote,seuls les hommes, ces vivants qui contrairement aux autres se tiennent droit, regardent devant eux etémettent leur voix vers le devant, sont en mesure de se manifester mutuellement « l'avantageux et le nuisible,et par suite aussi le juste et l'injuste ».

Ce qui est proprement user de langage.L'esprit humain est capable de créer des signes conventionnels permettant de dire les choses.

Chaque languedécoupe la réalité différemment. La langue permet de structurer le mondeSi la pensée n'existe que par son extériorisation dans le langage, elle dépend de la façon dont le langage est structuré.

Or nous avons vuque chaque langue disposait d'un système propre de mots ou monèmes pour désigner les « objets ».

Ainsi, par exemple, si la langue « le français » ne possède que le singulier ou le pluriel, d'autres langues, comme le grec ancien ou le lithuanien, ont un duel, parfois même, comme les langues mélanésiennes, un triel, ou encore, comme les langues micronésiennes des îles Gilbert, un quadrel.

De même, sicertaines langues n'ont qu'un présent ou un passé, d'autres ont également un futur, voire plusieurs formes de futurs ou de passés.

Cesdifférences dans le découpage des domaines de signification entraînent des articulations différentes de la pensée.

Ainsi, Whorf affirmeque les concepts de « temps » et la « matière » ne sont pas, dans leur essence, « exprimés de la même manière par tous les hommes, mais. »

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