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Est-ce parce que les hommes ne sont pas égaux qu'ils ont inventé l'idée d'égalité ?

Publié le 02/09/2005

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Après : la voix du devoir qui désigne un appel, de l'ordre de l'injonction - « tu dois » - et non de l'impulsion avec laquelle on ne dialogue pas. Après également, le droit qui s'oppose d'évidence à la force, et multiplie l'univers de la parole, puisqu'il n'y a pas de droit sans contrat, que le propre du droit est de se dire, de dire la loi. Ainsi s'élève la voix du devoir, et la parole généralisée du droit existe, elle, au niveau social et permet à chacun d'être citoyen. Rousseau montre que l'homme, dans ce passage à l'état civil, s'élève à la dignité de sujet. Jusqu'alors il « collait » à lui-même. Maintenant il prend des distances avec l'instinct et l'impulsion physique irrépressibles. Il consulte la raison, consultation qui vient se substituer au discours muet du penchant qu'il suffit d'écouter pour le suivre. Dans l'état civil, l'homme peut actualiser sa perfectibilité. Dans le commerce que les hommes entretiennent entre eux, leurs facultés se développent. Les avantages dont l'homme naturel se prive, Rousseau ne les indique pas.


« utile de s'entendre les uns les autres pour ne plus commettre ni subir l'injustice.

De là prirent naissance les loiset les conventions des hommes entre eux, et les prescriptions de la loi furent appelées légalité et justice.Telle est l'origine et l'essence de la justice.

Elle tient le milieu entre le plus grand bien, c'est-à-dire l'impunitédans l'injustice, et le plus grand mal, c'est-à-dire l'impuissance à se venger de l'injustice.

Placée entre cesdeux extrêmes, la justice n'est pas aimée comme un bien, mais honorée à cause de l'impuissance où l'on estde commettre l'injustice.

Car celui qui peut la commettre et qui est véritablement homme se garderait bien defaire une convention aux fins de supprimer l'injustice ou commise ou subie : ce serait folie de sa part.

Voilàdonc, Socrate, quelle est la nature de la justice, et l'origine qu'on lui donne.

» Platon, La République, livre 2,358d/359b.

Traduction Chambry. Vaut-il mieux subir l'injustice que la commettre ? Pour Socrate, la justice est une valeur absolue.

Elle est pourlui le bien et la vertu par excellence.

Glaucon propose ici de définir la justice non comme une fin, mais commeun moyen.

Elle n'a donc qu'une valeur relative.

Il oppose la nature et la loi.

Par nature, l'injustice estpréférable.

Par la loi, la justice est préférable.

Ce changement s'explique par le fait que les hommes ont fait uncalcul.

Avant l'établissement de toute loi, le risque de subir l'injustice étant supérieur à l'occasion de pouvoirla commettre dans la majorité des cas, les hommes s'entendent entre eux et établissent une convention parlaquelle ils se protègent de l'injustice subie et renoncent à l'injustice commise.La justice n'est donc pas naturelle.

Elle résulte d'une institution, d'un contrat.

C'est sur la loi qu'il fauts'appuyer pour la faire exister, et non sur la nature. Toute société vise un bien communEn disant de l'homme qu'il est l'animal politique au suprême degré, et en justifiant sa position, Aristote veutmontrer que la cité, la « polis », est le lieu spécifiquement humain, celui où seul peut s'accomplir la véritablenature de l'homme : la « polis » permet non seulement de vivre mais de « bien vivre » Les hommes aspirentdonc tout naturellement à vivre en société.

Et la finalité de ce vivre-ensemble est la recherche du biencommun.

Or, ce bien n'a de consistance que s'il se fonde sur la notion d'égalité, laquelle garantit à chaquepersonne les mêmes droits, au-delà des inégalités naturelles.

[Il y a une égalité naturelle.

Ce n'est donc pas l'inégalité naturelle qui a poussé les hommes a inventé l'idée d'égalité mais une préoccupation d'ordre morale.] Liberté et égalité naturelles chez RousseauRousseau rejette la conception de Hobbes selon laquelle, dans l'état de nature, les hommes seraient livrés àune guerre perpétuelle.

L'état de nature est l'état dans lequel trouve les hommes lorsqu'ils ne sont soumis aaucune autorité politique, c'est donc un état pré-social, pré-légal.

Dans cet état, les hommes sont pleinementlibres, nul n'est par nature soumis à l'autorité.

Les hommes sont égaux et ce principe d'une égalité naturelledes hommes est commun à tous les penseurs de l'école du droit naturel. Les inégalités naturelles n'expliquent pas l'invention de l'idée d'égalité - L'égalité est un conceptmoral, fondé en raison.L'homme est un être perfectible et le passage de l'état de nature à l'état civil en est la garantie.. »

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