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« La poésie montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement [...] Mettez un lieu commun en place, nettoyez-le, frottez-le, éclairez-le de telle sorte qu'il frappe avec sa jeunesse et avec la même fraîcheur, le même jet qu'il avait à sa source, vous ferez œuvre de poète. » Jean COCTEAU, Le secret professionnel. Éclairez par des exemples précis tirés de vos lectures ou par révocation d'expérien

Publié le 28/02/2011

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cocteau

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cocteau

« exemple la variété de rythmes, les cadences imitatives, l'ampleur symphonique des Méditations poétiques et desHarmonies poétiques et religieuses.

Se rappeler aussi le célèbre : « De la musique avant toute chose...

De lamusique encore et toujours !...

» de Verlaine (Art poétique, dans Jadis et Naguère). « Le chant naturel de l'homme est triste » (Chateaubriand). Aussi la poésie, depuis le Romantisme surtout, est-elle chant triste, expression de la douleur.

« Les plus désespéréssont les chants les plus beaux Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots » (Musset).

Théorie romantique dela souffrance.

La poésie est charnelle et sanglante.

De plus en purifiant les « sanglots » on peut en faire des chantsqui atteignent le plus grand degré de pureté poétique possible.

Le poète, qui est poète surtout à cause de sasouffrance, crée directement avec son cœur. Noter que « la poésie lyrique est lumière profonde dans le cœur de l'homme, elle ne peut qu'être douloureuse ».

À uncertain degré d'intensité, les sentiments humains sont souvent source de douleur, même l'amour heureux.

Aragon : «Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur Il n'y as pas d'amour dont on ne soit meurtri.

» (Il n'y a pas d'amourheureux dans La Diane Française) Éviter et craindre, évidemment, la complaisance. Ainsi la poésie est sincère et humaine ; elle est intime : « La poésie, c'est tout ce qu'il y a d'intime dans tout »(Hugo).

Elle est un regard jeté en profondeur sur l'homme. Elle en arrive même à être poésie philosophique, telle la grande épopée du De Natura Rerum de Lucrèce ; oumétaphysique, traduisant l'angoisse ou l'inquiétude personnelles - mais qui sont celles inhérentes à la conditionhumaine - comme la poésie de Vigny ou de Baudelaire. 3.

Seconde partie : Conception de Cocteau Précisément Cocteau est héritier de Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé ; et en marge du surréalisme. Or depuis Baudelaire, la poétique moderne a véritablement trouvé son programme. Pour lui, comme pour ses grands émules, « la poésie est l'expression, par le langage humain ramené à son rythmeessentiel, du sens mystérieux des aspects de l'existence » (Mallarmé). En présence de chaque réalité, de l'objet le plus familier (La chevelure pour Baudelaire ; l'éventail de sa fille ou Unedentelle...

pour Mallarmé), le poète éprouve le besoin de dépasser son apparence et tout en restant, du fait qu'il estartiste, séduit par elle, il voit cet objet « se creuser dans ses yeux de mille sens mystérieux et devenir « symbole ».Or en grec, «», d'où vient le terme « symbole », signifie « signe de reconnaissance.

» Cet univers donc « l'observeavec des regards familiers » (Correspondances) ; il « laisse [...] parfois sortir de confuses paroles ».

Dans ce mondeinconnu fait des « signaux » qui devraient obliger « nos sens » à ne pas « les enregistrer machinalement »(Cocteau). Ainsi au-delà du monde des apparences, il y a une autre réalité, l'unique réalité, dont l'«unité» n'est pas logique,mais symphonique ; où tout est musicalement accordé, puisque tout cet univers forme une harmonie où : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent » (Correspondances). Or le vulgaire ne sait pas dépasser les apparences et pénétrer dans cet univers « poreux », fait des « chosessurprenantes qui nous environnent » ; il demeure dans une « torpeur » explique Cocteau, c'est-à-dire dansl'incapacité de se rapprocher (« symboliser » au sens étymologique veut dire « rapprocher »). C'est l'artiste, le poète, qui va comprendre « les fautes de calcules célestes », (Par lui-même, Cocteau) ; « lesaccidents du mystère » que « l'invisible » (« invisible à vous » précise Cocteau, dans le même poème) veut bien selaisser aller à « dévoiler ». Car le poète, lui, sait « profiter d'eux » (Cocteau).

Pour lui cette « nature », « temple [aux] vivants piliers »(Baudelaire) qui, selon les poètes, sera nommée : le monde des Chimères (Nerval), le « nouveau » (Baudelaire), «l'inconnu » (Rimbaud), « l'azur » (Mallarmé) se laisse apercevoir.

Pour le non-initié elle est «vaste comme la nuit »,pour le poète, elle est « vaste comme la clarté » (Correspondances) ; « ténébreuse » pour le vulgaire, « profonde »et essentielle pour le poète qui fond et unifie les sensations reçues ; le poète éprouve, il ne subit pas. Il tente ensuite de traduire le « monde inconnu » aux non-initiés, ayant atteint « le monde des Esprits qui s'ouvrepour nous » (Nerval), ayant senti la mystérieuse correspondance qui s'établit entre le monde familier et le mondesurréel du Rêve, où tout prend un aspect double, où une fleur, un baiser...

deviennent signe et symbole, où lemoindre « lieu commun » est remis « en place », « nettoy[é], frott[é], éclair[é] », le poète va tenter de transporteraussi le lecteur « sur la lisière des saintes demeures » (Nerval).

Devenu « voyant » (Rimbaud) par un long et raisonné « dérèglement de tous les sens » (idem) ou par tout autre jeuinouï, le poète « Prince des Nuées », « Voleur de feu », « Nouveau Prométhée », ayant « deux fois vainqueur. »

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