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Ce qui ne peut s'acheter est-il nécessairement dépourvu de valeur ?

Publié le 13/02/2004

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B- médiation par l'argent.   Chaque objet a ainsi une certaine valeur d'échange, valeur qui peut être rapporté à un étalon commun : l'argent. Celle-ci n'est rien d'autre que la matérialisation de cette valeur d'échange  qui permet la mise en relation de toutes les choses en circulation dans la société susceptibles d'être échangées. Dès lors, le principe d'une société marchande est qu'il est possible de fixer un prix à un moment donné pour une chose quelconque.    

Transition : Dans ce contexte, ce qui ne peut s'acheter semble nécessairement dépourvu de valeur en effet, mais au sens de valeur d'échange, de prix. Est-ce que pour autant ce qui ne peut s'acheter est dépourvu de toute valeur ?  

II- Valeur et prix.  

A- Il semble qu'il faille distinguer entre prix et valeur.

  • DEFINITIONS:

- acheter : acquérir moyennant finances, c'est-à-dire par le truchement d'un moyen d'échange universel. - dépourvu de : privé de, sans traces de. - valeur : ce mot s'emploie en de multiples sens. Gardons-en au moins deux : a) comme valeur d'échange : proportion selon laquelle une chose est échangée contre d'autres ; il s'agit d'un rapport quantitatif ; b) dans le champ moral : ce qui est posé comme idéal pour l'agent moral et fournit des normes à sa conduite. - ne peut : ici, ce qu'il n'est ni possible ni légitime de... - Ce : il est nécessaire de bien définir ce qui se cache sous ce mot, qui joue un rôle déterminant dans l'intitulé du sujet. Quantité de choses ne peuvent être achetées : la personne (en tant que représentation de la dignité humaine), mais aussi les idées en général, les manifestations spirituelles, les grandes organisations comme l'État, etc. En revanche, on peut acheter du pouvoir, des honneurs, etc., bien qu'ils ne soient pas des « choses « à proprement parler, parce qu'ils procurent, même de façon indirecte, des bénéfices.

« valeur d'usage et encore moins la valeur marchande et qui fait que certains objets ne peuvent plus être pensésdans les termes de l'échange car ils sont tout simplement irremplaçables.

Une montre, legs d'un grand-père à sonpetit-fils peut avoir mille fois plus de valeur que n'importe quelle montre de luxe, et pourtant coûter un prix dérisoire.Ici, c'est véritablement parce que l'objet est pourvu de valeur qu'il ne s'achète pas.

C- Le legs.Le seul rapport possible avec ces objets outre la conservation devient ainsi une certaine forme de don.

Puisqueassigner un prix à l'objet reviendrait à nier la valeur de celui-ci (si je suis capable de le vendre, c'est que soit il n'aplus de valeur pour moi, ou que je la nie, dans tous les cas, la valeur disparait, reste le prix), l'échange n'est paspossible.

C'est ainsi que la seule chose qui permet de garder intacte la valeur de l'objet, c'est le legs qui permet enquelque sorte que la valeur de l'objet persiste tout en changeant de main, il y a séparation sans qu'il y ait vraimentperte.

Cette idée, que ce qui ne peut s'acheter c'est justement ce qui est pourvu d'une valeur absolue, se retrouve defaçon particulièrement frappante dans la question de la dignité humaine et plus généralement de l'inaliénabilité decelle-ci.

III- L'inaliénable : ce qui a une valeur tellement absolue qu'on ne peut l'acheter.

Fondamentalement, ne peut être acheté ni vendu tout ce qui est inaliénable, c'est- à dire tout ce dont un individune peut se séparer sans renoncer à lui-même.

A- Pour Rousseau, il n'est rien contre quoi on puisse échanger, avec autrui, sa liberté, puisque dès lors que je la luiaurais abandonnée, quoi qu'il puisse m'offrir en échange, c'est encore lui qui en disposerait puisqu'il resterait maîtrede l'usage que j'en ferais.

C'est dans le « Contrat social » que l'on trouve l'une des affirmations les plus radicales de Rousseau concernant la liberté comme bien inaliénable, définissant l'homme en propre.L'idée que la liberté est un bien inaliénable, et que nul ne peut consentir à y renoncerpour appartenir à l'Etat, est une thèse centrale de la pensée politique de Rousseau . Elle sous-tend tout le « Contrat social », où il s'agit de déterminer comment les hommes peuvent véritablement s'associer, obéir à un pouvoir commun, à des loisvalant pour tous, sans abdiquer leur imprescriptible liberté.Cette fameuse formule s'inscrit dans un contexte polémique.

Rousseau vient de montrer, en accord avec Hobbes et les partisans de l'école du droit naturel, que toute société, tout Etat, ne peut reposer que sur des conventions :« Puisqu'aucun homme n'a une autorité naturelle sur son semblable, et puisque la forcene produit aucun droit, restent donc les conventions pour base de toute autoritélégitime parmi les hommes. » Rousseau entend maintenant se démarquer de ses prédécesseurs en refusant toute espèces de pacte de soumission qui lierait le peuple à des gouvernants, qui soumettraitla liberté des hommes à celle d'un autre.

C'est pourquoi il entend prouver que renoncer à sa liberté conduit à se détruire en tant qu'être humain, et que, par suite, nul ne peut le vouloir.Mais sans doute faut-il comprendre que la liberté pour Rousseau est constitutive de l'humanité : être humain, c'est être libre.

On peut aller jusqu'à dire que la liberté pour Rousseau prend la place du cogito chez Descartes .

Descartes considérait les animaux comme de simples automates, des machines, et la pensée seule assurait l'homme de sa différence essentielle avec lesbêtes.

A cela Rousseau rétorque, faisant sienne les thèses sensualistes : « Tout animal a des idées puisqu'il a des sens […] et l'homme ne diffère à cet égard de la bête que du plus ou moins. » Mais, alors que l'animal est régi par l'instinct, par des règles de comportement innées, fixées par la nature, l'homme est libre : « et c'est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme ».

Ce qui fait la grandeur de l'homme , sa spécificité, sa spiritualité, ce qui le définit en propre, ce n'est plus la raison, c'est la liberté.A partir de ces fondements, mis à jour dans le « Discours sur l'origine et les fondements parmi les hommes » (1755), Rousseau va s'employer à démontrer tous les arguments qui tentent de justifier l'esclavage privé et la sujétion politique. Il entend d'abord réfuter le parallèle établi par Grotius (1583-1645) entre l'esclavage privé et la soumission des peuples.

Si l'on pouvait comprendre qu'un homme se vende pour pouvoir survivre, il n'en resterait pas moins incompréhensive qu'un peuple sedonne à un maître qu'il devra nourrir.

Rétorquer que le peuple gagne au moins sa sécurité revient à dire, selon Rousseau , que les compagnons d' Ulysse étaient en sécurité dans l'antre du Cyclope : ils attendaient tranquillement d'être dévorés chacun à leur tour.

Enfin, même si u peuple pouvait se donner, il ne pourrait en aucun cas engager la liberté de ses enfants, nés libres, car enadmettant que l'on puisse disposer de sa liberté, on ne peut engager celle des autres.. »

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