Devoir de Philosophie

LES ROIS DE FRANCE ET LA CROISADE (1180 1270) - HISTOIRE

Publié le 09/09/2012

Extrait du document

histoire

Avant de partir, les rappels de mesures purificatrices se multiplient. Avant de s’embarquer, le roi envoie encore une lettre aux « lieutenants « à qui il avait confié le royaume en son absence, l’abbé de Saint-Denis, Mathieu de Vendôme, et Simon de Nesle son plus ancien et plus proche conseiller, leur recommandant de sévir contre les pollueurs du royaume : blasphémateurs, prostituées, malfaiteurs et autres scélérats. La campagne de prédication fut également très active d’autant plus que le sentiment d’hostilité à la croisade grandissait en raison notamment des échecs des précédentes. Ainsi, la Chrétienté se repliait sur elle-même. De plus, au moment où Louis IX part pour Tunis, la Chrétienté n’a pas de pape. Il y a vacance du pouvoir depuis 1268. La croisade de Tunis est cependant l’occasion d’innovations. Au lieu de traiter avec les Vénitiens au sujet de la « location « des navires, le roi traite essentiellement avec les Génois et fait même construire des bateaux qui resteront sa propriété. Il nomme un Français amiral pour la première fois dans l’histoire de France : Florent de Verennes. Il y a également un effort pour mieux organiser la continuité de l’administration royale en l’absence du roi hors de France. Un sceau royal spécial est créé. Avant son départ, il effectue une tournée dans le domaine royal et sur le chemin qui le mène à Aigues-Mortes il reproduit les rituels de croisade effectués en 1248 et le 1er juillet, le roi s’embarque. Le cauchemar d’Egypte se reproduit en pire à Tunis. En effet, après une brève escale en Sardaigne le roi débarque à Tunis près de la Goulette le 12 juillet. Ils installent leur camp dans la plaine de Carthage, dans des conditions difficiles. L’espoir d’une conversion de l’émir musulman se révèle vite illusoire et l’épidémie de dysenterie et de typhus fond à nouveau sur l’armée des croisés. Atteint, le roi décline rapidement. Le 24 août, il se coucha en pénitent sur un lit de cendre, pour décéder le 25, à la grande édification des témoins. Il ne reste plus qu’aux croisés de rentrer en France.

histoire

« a.) La prudence de Philippe Auguste.Au treizième siècle, les privilèges de croisades sont étendus à toutes sortes d'expéditions dirigées contre les ennemis de la foi.

A partir de 1207-1208, le papeInnocent III fait prêcher en France la croisade contre les hérétiques albigeois, offrant à tous ceux qui prendraient les armes non seulement les mêmes indulgences ques'ils se rendaient en Terres sainte, mais aussi la disposition des terres conquises sur les hérétiques.

Philippe Auguste reste prudent face à cet appel.

Le Midi est loin etil sait qu'il n'en a pas fini avec Jean devenu roi d'Angleterre.

Il ne veut pas intervenir, cela affaiblirait son pouvoir.

Toutefois, il ne peut refuser la demande du pape.

Ilautorise donc un certain nombre de barons à se croiser.

Les contingents du nord et du centre de la France aident d'abord Simon de Montfort, élu chef de la croisade, àconquérir Bézier, Carcassonne et l'Albigeois, puis le Toulousain et à remporter la victoire décisive de Muret sur le roi d'Aragon, Pierre II, venu au secours de sonvassal Raymond VI de Toulouse en 1213.

Après la victoire de Bouvines, Philippe Auguste envoie son fils, le prince Louis en renfort mais pour quarante joursseulement.

Le IVème Concile de Latran confirme Simon de Montfort dans la possession des terres conquises sur Raymond VI et confie au pape la garde du marquisatde Provence pour le comte mineur, Raymond VII en 1215.

La substitution de Simon et des seigneurs du Nord au comte de Toulouse et à ses vassaux se traduit par unrenforcement de l'autorité royale.

Ces hommes ont l'habitude d'obéir au roi et ne sont pas les grands seigneurs lointains et indépendants du Sud de la France.

Pourtant,malgré l'occasion exceptionnelle d'étendre son domaine, le roi n'intervient toujours pas.

Après la mort de Simon en 1219, il autorise tout de même son fils à intervenirà nouveau.

Cette expédition de 1219 se solde essentiellement par le massacre de la population de Marmande.

Après avoir assiégé en vain Toulouse, Louis regagne leNord au bout de quarante jours.

Le roi envoie en 1221 un autre contingent, sans résultats plus décisifs.

Dès avant la mort de Philippe, le dénouement s'esquisse : àbout de ressource Amaury de Montfort lui lègue ses Etats. Ce sont les successeurs de Philippe Auguste qui règleront définitivement le problème de l'hérésie et la question méridionale toute entière, pour le plus grand profitdes Capétiens. b.) La conquête du Midi par Louis VIII.En 1219, le pape Honorius III pousse Louis VIII à intervenir face au renouveau de l'hérésie cathare.

Louis VIII hésite en raison des exigences financières mais lelégat Romain de Saint-Ange le plaçe à la tête de l'expédition et confirme ses droits sur les domaines du jeune comte de Toulouse Raymond VII, excommunié.

Lapréparation de cette campagne trahit un objectif plus politique que religieux : le roi désire soumettre un grand seigneur du Midi et regarde déjà vers la Méditerranée.Dans son désir d'éteindre l'hérésie, le pape a cédé aux demandes de Louis VIII, qui a réussi à faire payer par l'Eglise, sous forme de décime, une expédition destinée àétendre le domaine.

On voit bien que l'idéal de la croisade n'est plus d'actualité : le pape et le roi s'en servent pour servir leurs projets politiques.En avril 1226, une ordonnance royale condamne les hérétiques à la peine du feu et leurs partisans à l'infamie.

Tous ceux qui resteraient plus d'un an excommuniésseraient privés de leurs terres.

Le sort de Raymond VII est donc fixé.

L'armée part de Bourges en mai.

Certains grand vassaux sont présents tels que Pierre Mauclercet Thibaud de Champagne.

Louis VIII choisit de passer par la vallée du Rhône pour renforcer son autorité dans le royaume d'Arles frontalier avec l'Empire et pouraider le comte de Provence Raymond Béranger V.

Il assiège Avignon, ville impériale qui se rend le 9 septembre.

Le Midi cathare ne résiste pas vraiment : l'Eglise apréparé le terrain.

Les ralliements des seigneurs et des villes au souverain se succèdent de juin à septembre 1226.

La victoire remportée, l'objectif poursuivi par le roiapparait clairement : annexer le Bas-Languedoc au domaine royal et éviter l'extension des Aragonais dans le Sud de la France.

Louis VIII gère habilement latransition d'un pouvoir à l'autre : il garde les cadres locaux, il désigne deux sénéchaux pour les circonscriptions de Beaucaire-Nîmes et celle de Carcassonne.

Lesseigneurs repentis peuvent garder leurs fiefs et des restitutions sont même ordonnées.

De plus, le roi renonce à éliminer Raymond VII.Le roi a donc bien utilisé la croisade pour agrandir le domaine royal.

L'idéal de croisade tient du souvenir et ce n'est pas que le roi qui en est la cause.

En effet, c'estInnocent III qui est l'instigateur de ce projet.

Il a ouvert la voie à ses successeurs et forgé l'instrument des « croisades politiques » ultérieures en levant le premier destaxes pour la croisade sur les revenus du clergé et en exprimant le droit « d'exposition en proie », c'est-à-dire le droit pour le pape d'offrir à tout catholique zélé quis'en emparerait, les terre de ceux qui ne réprimeraient pas l'hérésie.

A l'aide de ces armes pratiques et théoriques, les papes du XIIIème siècle utilisent la croisade àune fin politique essentielle : assurer l'indépendance de la papauté en empêchant l'Empire de contrôler l'Italie du Sud et la Sicile et d'encercler le patrimoine de StPierre.

La guerre sainte n'est donc plus dirigée exclusivement contre les Infidèles mais se retourne contre tous les ennemis occasionnels de Rome.

C'est pourquoi àl'exception de Saint Louis, les souverains occidentaux participeront rarement à ces croisades dont les objectifs politico-religieux sont prédominants. II.) Louis IX, un retour à l'idéal ? a.) La préparation de la croisade.Gravement malade en 1244, le roi fait vœu de croisade.

Au XIIIème siècle, la Chrétienté est partagée face à l'idée de croisade, ce qui est compréhensible face àl'échec de la troisième croisade, le détournement de la quatrième vers Constantinople prise en 1204 par les croisés, l'échec de la cinquième et le scandale de l'accordentre Frédéric II et les musulmans lors de la sixième.

En décidant de partir pour la croisade, Louis IX innove dans le rapport que les rois ont avec la Méditerranée.

Eneffet, sous le règne de Louis IX, la Méditerranée entre dans les réalités territoriales et dans l'horizon politique de la monarchie française.

En effet, le roi choisit des'embarquer dans le port d'Aigues –Morte se trouvant dans la sénéchaussée de Beaucaire-Nîmes.

Pour financer la croisade, les villes doivent payer des dons et desemprunts forcés tandis que l'Eglise de France accepte que l'aide de croisade passe du vingtième au dixième.

En effet, le pape, en froid avec Frédéric II, détournecontre l'empereur les mesures de financement de la croisade décidées par le concile de Lyon.

Seuls quelques contingents anglais se joignent à l'armée de Louis IX : lacroisade tourne de plus en plus le dos à l'Orient pour livrer combat en Europe.

Enfin, Louis IX met en place une grande campagne des enquêteurs royaux en 1247.Cette mesure politique et religieuse permettra de laisser le royaume en paix et de purifier le roi de ses péchés. b.) La septième croisade.(1248-1254)En choisissant l'Egypte, Saint-Louis s'inscrit dans une politique traditionnelle qui consiste à voir en l'Egypte la clé militaire et politique de la Palestine.

Toutefois, leroi aurait été plus loin en songeant à l'établissement de chrétiens en Egypte : une église chrétienne à Damiette est, par exemple, crée et construite.

En fait, il estprobable que Louis IX ait prévu de rester en Orient pour y diriger une œuvre de mise en défense des territoires chrétiens.

Fait nouveau, le roi a donné un caractère «royal » à l'armée des croisés en permettant au connétable Amaury de Montfort d'y porter les fleurs de Lys.

Il semblerait, de plus, que la croisade est perçue par le roicomme un rêve, le rêve d'un idéal qui se perd de plus en plus.

Louis IX regarde vers le passé et tente de ressusciter l'idéal de croisade tout en y ajoutant unedimension personnelle.

Ainsi, Louis IX est très soucieux de respecter les rituels de croisade.

Le vendredi après la Pentecôte, il prend l'oriflamme à Saint-Denis ainsique l'écharpe et le bâton de la main du cardinal-légat Eudes : l'insigne royal du roi de France partant en expédition guerrière est ainsi associé à ceux du pèlerin.

Puis,il retourne à Paris et se rend pieds nus à l'abbaye royale de Saint Antoine des Champs fondée en 1198 par Foulques, curé de Neuilly, célèbre prédicateur de lapremière croisade.

Lors de son départ de Paris et pendant toute la durée de la croisade, le roi portera un vêtement modeste et imposera la même chose à l'armée.

Puis,tout au long du chemin qui le mènera à Aigues-Mortes le roi fera des haltes en pénitent.Le 28 août 1248, le roi quitte enfin le port d'Aigues-Mortes.

Il hiberne à Chypre du 17 septembre 1248 au 30 mai 1249.

Le 5 juin, Damiette est prise.

Toutefois, lasupériorité militaire des musulmans et le manque de ravitaillement contraint l'armée à reculer.

Le 6 avril 1250, l'armée est écrasée à Fariskur et le roi, bon chevaliermais piètre stratège, est fait prisonnier.

Le 6 mai, grâce au zèle de la reine Marguerite ayant réunit en un temps record les 400000 besants de rançon, le roi est libéré.Pendant son emprisonnement le roi fait preuve de courage et de dignité.

Il refuse toute déclaration contraire à la foi chrétienne et pour cela brave la torture et la mort.Même quand il apprend que ses mandants avaient réussi à voler les musulmans de 20000 livres lors du paiement de sa rançon, il se met en colère estimant que saparole devait être gardée.

Après sa libération, le roi décide de faire parvenir en France un message, d'un caractère tout à fait nouveau, destiné à l'opinion publiquefrançaise.

Dans cette lettre d'Acre d'août 1250, il raconte l'échec de l'armée et annonce sa volonté de rester.

Le roi ne se soucie pas à l'image de Philippe Auguste deconsolider son domaine royal : une étape est franchie.

Louis IX passe donc d'une politique de conquête ou de reconquête à une politique de résistance.

Louis IX voit,de plus, s'évanouir l'illusion mongole c'est-à-dire l'espoir de convertir les envahisseurs venus d'Asie et de prendre avec eux le monde musulman en tenaille.

Il refusemême la proposition du sultan qui est de bénéficier d'un sauf-conduit pour faire son pèlerinage à Jérusalem.

En effet, il faut y renoncer pour conserver la volonté etl'espoir de toucher, de posséder la Ville sainte.

Louis IX occupe donc le reste de son séjour en Terre sainte à restaurer les fortifications des places côtières quirestaient aux Francs (Acre, Césarée, Jaffa, Sidon), rétablir l'entente au sein de la principauté d'Antioche, divisée par des querelles familiales et enfin réconcilier cettedernière avec les Arméniens.La croisade de Saint-Louis est bien la dernière des Occidentaux en Terre sainte.

Celle-ci servit paradoxalement par son échec, l'image de Louis IX.

Quelles sont doncles conséquences de cette époque qui s'achève ? Matériellement, le bilan est nul : aucune terre n'a été durablement conquise à l'exception de Chypre.

Les croisadesn'ont pas affaibli la Chrétienté.

Le seul résultat effectif, socialement important aura été de déraciner des lignages nobles et d'accélérer l'extinction de certains d'entre. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles