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DEUS EX MACHINA.

Publié le 15/10/2017

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DEUS EX MACHINA. C’est le dieu qui, dans le théâtre grec, chez Euripide surtout, etait amene sur la scène au moyen d'une machine, et qui, grâce à son autorité surnaturelle, pennettait de donner une conclusion à une histoire qui serait restée sans issue si elle avait dû se derouler selon les seules possibilités humaines. Personnage sans visage donc, et denué de pathetique ; il est meme la négation de tout drame et de tout personnage, et c’est pourquoi il est digne de prendre place dans le monde des figures imaginaires, qui attendirent si souvent de lui la paix après leurs difficultés. Le «deus ex machina» ne pouvait naître que dans un theatre encore assez lie à ses origines religieuses. Plus tard, lorsque - la realité s'imposa sur la scène, il ne fut pas repoussé mais dut subir une profonde modification : il devint un simple concept, un pur stratagème pennettant de démêler les écheveaux les plus embrowlles. Il prit la figure du personnage qui réveie au moment le plus désespéré de l’action la « reconnaissance » qui amènera le dénouement. Mais lorsque l'exigence du spectacle eut l’avantage sur la vérité dramatique, le «deus ex machina » réapparut et joua un rôle essentiel dans l ’opera et le ballet aux xviie et xvin* s. Par contre, la comédie, la tragédie et le drame qui reconnaissaient la nécessité de cette entité ne pouvaient l’utiliser que sous des déguisements. Au nombre de ceux-ci, outre la reconnaissance, il Y. a lieu de faire une place au « repentir >’ qui survient a point pour modifier le caractère des héros et donc la situation. Le repentir comme ressort dramatique apparaît deja dans les représentations édifiantes - du Moyen Age chrétien, il resurgit dans le théâtre romantique. C’est un «deus ex machina» tout interieur mais qui n’en est pas moins imprévu et deconcertant : d’un coup, un criminel impuni change d’aspect et de manières, il renonce a ses prétentions, se soumet à la justice, jure de changer de vie; le dieu arrive encore, mais au lieu d’arriver au milieu des nuages, invisible, il frappe de sa grâce le personnage, change les rapports scéniques et tout le monde • se sent soulagé. Dans le théâtre contemporain, le « deus ex machina > prend de multiples fo!rnes, mais le spectateur ne l’iden-ti fi e pas toujours en tant que tel. Vers la fin du siecle dernier, et pendant les premières années de celui-ci, par exemple, un «deus ex machina > très utilisé était celui que l’on pourrait appeler le « mot qui arrange tout > : une situation desesperée se retourne à l’improviste

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