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Si le grain ne meurt, Gide (résumé & analyse)

Publié le 13/12/2018

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Si le grain ne meurt

 

Hanté depuis toujours par la quête de soi et la recherche de la sincérité, Gide a très tôt songé à écrire ses Mémoires (le projet précis et les premières pages écrites datent de l’automne 1897); mais c’est après en avoir achevé la première partie (en 1919) qu’il note : « Je suis un être de dialogue; tout en moi combat et se contredit. Les Mémoires ne sont jamais qu’à demi sincères, si grand que soit le souci de vérité : tout est toujours plus compliqué qu’on ne le dit. Peut-être même approche-t-on de plus près la vérité dans le roman » (aussi bien met-il alors en chantier les Faux-Monnayeurs...). Il a pourtant mené à bien l’entreprise, et, en 1926, publié Si le grain ne meurt (après une édition privée et confidentielle, en 1921-1922, tirée à 13 exemplaires, l’ouvrage fut imprimé, en trois petits volumes, en 1924, mais sa mise en vente n’eut lieu qu’en octobre 1926). Ce récit des vingt-six premières années de sa vie, depuis l’enfance

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« jusqu'à ses fiançailles au lendemain de la mort de sa mère, en passant par son entrée dans le monde littéraire parisien et ses voyages en Afrique du Nord, fit scandale par la franchise des révélations touchant sa vie sexuelle, qu'il s'agisse des «mauvaises habitudes>> de l'enfant («scabreux souvenir>>, écrivit Paul Souday dans le Temps, «qui s'étale sur le seuil du premier volume, comme une crotte sur un pai Il asson ») ou, surtout, dans la seconde partie, du récit de ses expériences homo­ sexuelles en Afrique du Nord.

Mais Gide avait précisé­ ment voulu n'esquiver rien («Je sais de reste», écrit-il dès la deuxième page, « le tort que je me fais en racon­ tant ceci et ce qui va suivre : je pressens le parti qu'on en pourra tirer contre moi.

Mais mon récit n'a raison d'être que véridique.

[ ...

] A cet âge innocent où l'on voudrait que toute l'âme ne soit que transparence, ten­ dresse et pureté, je ne revois en moi qu'ombre, laideur, sournoiserie ...

)}), et la réussite est exemplaire.

S'il donne là à Madeleine le nom d'Emmanuèle, s'il use encore de quelques pseudonymes pour désigner certains parents ou amis, ce sont les seuls masques qu'il se per­ met, et il n'en utilise aucun pour lui-même.

En résulte une œuvre de style classique, qu'on a souvent comparée aux Confessions de Rousseau -sans y déceler jamais ce type d'omissions volontaires ou de demi-vérités dont Jean-Jacques s'était, lui, rendu coupable.

Mais cette ambition de livrer la vérité la plus nue ne se réalise pas sans art : «Tout 1' effort stylistique de Gide, toute son organisation du récit tendent à créer un espace dans lequel ombre et lumière puissent entrer en communica­ tion, où l'on puisse voir, par des éclairages latéraux, sous la forme de liséré ou de franges, l'ombre qu'engendre chaque lumière derrière ce qu'elle éclaire, un espace dans lequel la perspective ne rende plus tout à fait exclu­ sive la représentation de l'une des deux faces d'un objet>> (Philippe Lejeune).

Ainsi se présente, réfractée dans un ego qui se cherche, l'histoire d'une liberté lente­ ment conquise.

BIBLIOGRAPHIE La Jeunesse d'André Gide, de Jean Delay (Gallimard, 1956- 1957).

ne fait pas qu'utiliser les informations biographiques de Si le grain ne meurt: on y trouvera d'utiles réflexions sur l'art du mémorialiste.

Avec les fines et neuves analyses de Philippe Lejeune, Exercices d'ambiguïté: lecwres de «Si le grain ne meurt » d'André Gide, Minard, 1974, et« Gide et l'espace au to ­ biographique », dans le Pacte autobiographique, Le Seuil.

1975, p.

165-196, on pourra aussi lire C.D.E.

Tolton, André Gide and the Arc of Aurobiography: A Study of« Si le grain ne meurt», Toronto, Macmillan, 1975.. »

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