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L'ANNONCIATION DE SIMONE MARTINI

Publié le 14/09/2014

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L'Annonciation de Simone Martini constitue le panneau central d'un triptyque (inscrit aujourd'hui dans une charpenterie néogothique rap­portée), dont les panneaux latéraux portent une figure de saint (saint Ansane) et une figure de sainte (sainte Marguerite?).

L'oeuvre, qui mesure en tout 265 cm de haut sur 305 de large, est signée et datée sur la corniche : «Simone Martini et Lippo de Sienne m'ont peinte — l'an 1333 de notre Seigneur Jésus-Christ« (inscription en latin). La participation de Lippo Memmi, beau-frère de Simone, semble limitée aux volets du trip­tyque, ici non commentés.

La peinture a été exécutée pour la chapelle de saint Ansane, dans la cathédrale de Sienne. Déplacée au xviir siècle dans une église située à l'extérieur de la ville, elle est conser­vée depuis 1799 à la galerie des Offices de Florence.

« L'éclat de lor La Vierge de Martini montre une cra inte plus modé rée.

Son ges te de réserve est plein d 'une grâce qui impr ègne tou te l'œ uv r e.

L'éclat des couleu rs , l'or qui illumine la peinture donnent aux personn ages un caractère de r affinement qui excl ut le p aroxysme des sentim ents .

Le sol sur lequ el reposen t l 'ange et Marie imite u n m arb re aux cou le urs chaudes: l'or ange et le jaun e d o min ent , par ra p port aux taches vertes.

La disposition de ces couleurs suit des d irec­ tions convergentes , correspondant aux veines du marb r e : elles son t o rientées de gauch e à droi te d ans la parti e gauche d e la pein ture, de droi te à gauche dans la partie droite.

Il résulte d e cett e conv ergence, do nt aucun ma rb re véri­ tab le ne peut donner le modèle , une imp ression discrè te, mais sûre , de profondeu r .

Au centre, le vase d'orfèvrerie plein de lis, par sa forme poly ­ gonale e t l a disposi tion rayonnan te des corolles, c rée a ussi un e ffet tridime nsi onne l.

Mais le Sienno is ne veut pas alour dir son œuvre en pei­ gnant des motifs architectu raux comme le fait à la mê m e é p oque Giotto pour donner l'illusion d 'u n d éco r réel.

La beauté qu'il reche rche rési de principalement dans les modulations dorées à l'arri ère- plan et sur les perso nna ges.

Entre l'ange et M a rie, la zone d'or est nuancée par le travail en creux de l'inscription et par le guillochage, c 'est-à-di re par les jeux de relief, sur les auréoles .

L' ange est peint par applica­ tion d e cou ches fines qui l a isse nt tran s paraître l ' o r sous la cape et le s ailes , et sa robe blanche est bor dée d e mo tifs do rés.

La V ie r ge est ass ise sur un siège dont le dossier est reco u ­ vert d'une étoffe rouge et or, qui rappelle la d om inante du fon d .

La tentation de l' arabesque L'e x q uis raffinem ent qui résulte d e cet usage de l ' or et de cou leur s délicates ou vives - le bleu intense, le rouge vermillon des hab i ts de la Vie rge - est soutenu par un dessin tout a ussi élégant.

Les silhouettes longues et minces de l'ange et de la Vie rge contrastent avec les lour des figures d e la trad ition floren tine : elles sont trait~es d 'une manière plus gra phique q ue plastique ; par un procédé où le clair -obscur tient peu d e p lace et où la lign e fait l'esse ntiel.

S i l e tissu à carreaux qui s'enro ule en arabesque derrière l'ange montre des replis fortement obs­ c urcis , sa robe blanc h e est à p e ine mo dul ée p ar des effets d'ombre.

Le man teau de la Vierge n 'est pas dava ntage sculp té par la lu m ière et l'ombre, mais la netteté d e son conto ur, souli­ gné ici et là par un galon dor é , dessine une sinuosité q ui passe par la courbe e t par la contrecourbe , prémisse de ce qui sera , plu s tard, la •ligne serpentine • maniériste.

Simone Martini N é à Sienne vers 1284, Simone Martini , comme les autres peintres de sa génération , s'est formé dans l'atelier de D ucc io di Buon insegna , occupé avant 1308 à la réal isation d 'une œu v re majeure : la complexe Maestà de la cathédrale de Sienne .

La première œuvre signée de Simone Martini est d 'ailleurs auss i une Maestà - mais d'un style bien différent : c 'es t celle , datée de 1315, qui est peinte à fresqu e dans la Salle de la mappemonde du Palais public de Sienne .

D' autres fresques jalon­ nent la vie du peintre : celles de la chapelle Sain t-Martin , dans la basi ­ lique inférieure d'Assise, exécutées sans doute aux alentours de 1317; celle , d'attribution pourtant remise en cause depuis peu, du condottiere Guidoricclo da Fogl iano dans la même salle du Palais public que la Maestà (1330 ? ).

Mais S imone Mar tini est aussi l' auteur d 'importantes œuvres sur bois : outre /'Annonciation des Offices , les Histoires du B ienheureux Agostino Nove/Io (Sienne , S.

Agostino ) et le Saint Louis de Toulouse couronnant le roi Robert (Naples , Capodimonte) .

L ' arti ste, qui par son style et le choix de ses thèmes (la Vierge , mai s aussi des soldats , des cavaliers , des che ­ valier s) montre des affinités avec le gothique du nord de l'Europe , est un grand voyageur .

En plus du cycle d'A ssise , il travaille à Naples au ser­ vice de la cour angevine à la fin des années 131 O et rejoint vers 1340 son ami le poète Pétrarque en Av ignon , terre pontif icale, où il meurt en 1344 .

La Vier ge effarou c hée, détail du dessin pr é para to ir e (sinopia ) de !'Ann o nciatio n d 'Ambrogi o L orenzetti (S.

Galgano prè s de Sienne , or atoire de S.

Ga lgano) .. »

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