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Le peuple camerounais et son élite intellectuelle En quête de porte-parole, l’opinion camerounaise se fourvoie sur le rôle de l’élite intellectuelle.

Publié le 11/12/2019

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Le peuple camerounais et son élite intellectuelle En quête de porte-parole, l’opinion camerounaise se fourvoie sur le rôle de l’élite intellectuelle. On entend dire ci et là qu'un tel a "retourné sa veste"; qu'il s'est rangé derrière l'ennemi et a délaissé les siens... Il est illégitime d’accuser un intellectuel d’avoir retourné sa veste au profit d’un autre camp dans ses analyses. C’est une méprise de l’activité intellectuelle qui, en réalité, n’a de camp que la recherche de la vérité. Et en ce qui concerne son rôle dans la société, l'élite intellectuelle a s'oriente vers l’éclaircissement du peuple sur les problèmes qui se posent, sans avoir de parti pris, si ce n’est celui du bien commun de la société (qui inclus le peuple et ses gouvernants). Le besoin de porte-parole ou d’un bouc émissaire ? Le peuple camerounais en proie à des difficultés de toute sorte et face à une surdité systématisée de ses gouvernants en ce qui concerne ses problèmes les plus élémentaires, cherche absolument une voix qui s’exprimerait et se ferait entendre à sa place. Du coup le dévolu est versé sur ceux qui portent négativement critique au système en place, qui par ailleurs n’est pas loin de la défaillance. C’est un peuple qui s’est laissé dominer par une inactivité, un mutisme et une léthargie qu’on peut résumer dans ce terme vulgaire : « on va faire comment ! » ou plutôt le nouveau terme "on ne vous a pas laissé ?". Ces expressions signifient qu’il est inutile de parler, car soit on ne nous écoute pas, soit on nous fait taire par force. En bon défaitiste et par peur de représailles, tout le monde se recroqueville dans son coin pour s'occuper des intérêts particuliers et ne plus s'exprimer que dans des sphères plus ou moins anonymes comme les réseaux sociaux. On l’aura compris, la peur est finalement le sentiment prédominant de ce peuple. Et qui dit peur, dit absence de prise de risque. Or ne dit-on pas souvent : « qui ne risque rien n’a rien ? » ; ce à quoi nous ajouterons « qui ne risque rien n’est rien ». C’est dans ce climat ambivalent de peur conduisant au mutisme et de souhait de changement en même temps que le peuple voudrait par tous les moyens se créer des portes paroles, des boucs émissaires qui seront la « voix de ceux qui n’ont pas de voix et la bouche de ceux qui s’affaissent au cachot du désespoir ». Dans cette perspective risquée, on s'accroche au moindre personnage qui passe pour être un pourfendeur du régime. On lui attribue maladroitement nos intentions tout en attendant de lui qu'il les défendent scrupuleusement. Et lorsqu'il arrive à défendre de telles intentions, il est élu dans le coeur de chacun, héros du peuple: il doit y aller jusqu'au bout. Le boucs émissaire ainsi trouvé, il faut s’y attacher et le soutenir (soutenir à partir de chez soi, sous la couette). Le président Barack Obama s’était déjà vu donné une telle posture lors son accession à la maison blanche. On pensait alors que le rédempteur de l’Afrique était arrivé à la tête de la première puissance et que le "i have a dream" de Martin Luther s'était réalisé. Quelle ne fut pas la désolation ! Le monsieur n'était qu'un pantin qui est même venu empirer la situation et qui a montrer que ce rêve lutherien reste encore très éloign&eacu...

« maison blanche.

On pensait alors que le rédempteur de l’Afrique était arrivé à la tête de la première puissance et que le "i have a dream" de Martin Luther s'était réalisé.

Quelle ne fut pas la désolation ! Le monsieur n'était qu'un pantin qui est même venu empirer la situation et qui a montrer que ce rêve lutherien reste encore très éloigné. Le messager désigné par le peuple, qui n’a probablement pas demandé à l’être, doit malheureusement suivre notre danse de bout en bout et non l’inverse.

S’il ne suit plus cette danse, il devient dangereux : il a certainement retourné la veste ! Tout se passe comme si, dans un processus démocratique, on l’avait voté pour suivre nos intérêts et que désormais il s’en est détourné.

À ce moment, la léthargie et l’ancien mutisme du peuple se transforme en hémorragies verbales et scripturales ; et le pauvre intellectuel doit rendre compte de cela, sinon on lui crache dessus. Cet acharnement et ce soudain réveil du profond sommeil, ne devraient-ils pas, au contraire, être orientés vers celui à qui le peuple a donné sa voix, son pouvoir et sa souveraineté ? En s’attaquant à ce penseur, le peuple ne se trompe-t-il pas de cible ? On parle de l’élite intellectuelle et de son rôle à jouer dans la société.

On l’accuse violemment d’être inefficace ; soit ! Mais dans quel texte sont consacrés les droits et les devoirs de l’élite intellectuelle? Encore faut-il savoir ce que c’est que l’élite intellectuelle.

Nous y reviendrons. En tout état de cause, le rôle et la place donnés à ces universitaires ou ces intellectuels est un choix de l’opinion auquel ces premiers n’ont pas été notifiés et ne sont au courant que lorsqu’on les condamne à propos.

Aussi est-il est opportun de dire que chacun est responsable de ses choix et non le choix responsable de chacun.

Si la société civile ou le peuple tout simplement a besoin de leaders, c'est parmis eux et avec eux que ces leaders doivent ressortir.

Il n'est pas question d'attendre les analyses (parfois suspectes) de certains universitaires et intellectuels pour se fabriquer des pseudo leaders; des idoles de bois blanc. Au vu de tout cela, on est en droit de croire que la foule ou l’opinion n’est pas faite pour comprendre les intellectuels.

Bachelard était plus cru envers elle : « l’opinion pense mal, elle ne pense pas ».

Mais pour nous il est simplement question de savoir faire la part des choses ; en sachant réclamer nos droits au bon endroit.

Ce qui ne dédouane en rien l’inutilité qu’on peut percevoir chez une partie de l’élite intellectuelle camerounaise ; du moins pour les intérêts du peuple. Du rôle de l’élite intellectuelle dans la société.. »

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