Devoir de Philosophie

Charles Péguy par Brice Parain Philosophe et essayiste Ce qui m'a plu tout de suite dans Péguy, quand j'ai regardé pour la première fois un livre de lui, c'est qu'il écrit comme on marche.

Publié le 05/04/2015

Extrait du document

Charles Péguy par Brice Parain Philosophe et essayiste Ce qui m'a plu tout de suite dans Péguy, quand j'ai regardé pour la première fois un livre de lui, c'est qu'il écrit comme on marche. Ou peut-être comme on travaille de ses mains ? Ahan ahan. Son origine, peut-être ? Le père menuisier, la grand-mère rempailleuse de chaises. Là cadence est surtout binaire. 0 mère, ense/velie/hors du/premier/jardin Il arrive que l'attaque soit ternaire : Comme Dieu/ne fait rien mais le premier temps est comme le regard sur la route qu'il va falloir enfiler, et c'est toujours le départ pour une longue course, la monotonie, l'insistance des pas, la reprise du même souffle au début de chaque strophe pendant des pages et des pages, les répétitions qui soulignent le rythme, un peu comme on bat sur une enclume, ou au fléau, ou avec une cognée, ou comme les cloches sonnent leurs grandes laisses du matin et du soir : sur deux temps. Les carillons sont pour les jours de fête, le glas pour les enterrements. Dans la prose, les périodes se construisent de la même allure têtue, tenace, consciencieuse, laborieuse, scrupuleuse, pas pressée, sur deux ou trois expressions majeures, dont il s'agit de tirer tout ce qu'elles contiennent, comme d'un brin de bois on finit par faire un manche de faux, à la fois commode et gracieux. Cette première rencontre, c'était à l'École Normale, dans la grande salle de la bibliothèque, en 1919 ou 1920. Je revenais de la guerre, j'avais marché, marché, pendant près de quatre ans, des kilomètres et des kilomètres, le barda sur le dos, j'avais couché sous la pluie, dans la boue et maintenant j'&eacut...

« par Brice Parain Philosophe et essayiste. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles