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Définition: BRAVE, adjectif et substantif.

Publié le 06/11/2015

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Définition: BRAVE, adjectif et substantif. I.— Adjectif. A.— [En parlant d'une personne] 1. Vieux ou régionalisme (Qui est) bien habillé, qui a une belle apparence, (qui est) beau/belle (grâce à ses habits, ses bijoux, etc.). Pour être brave, je volerai de beaux habits, et alors Agostin m'aimera (THÉOPHILE GAUTIER, Le Capitaine Fracasse, 1863, page 387 ). 2. Usuel. a) [Se dit aussi de son comportement] Qui ne craint pas les dangers, les entreprises difficiles, qui est prêt à les affronter avec courage. Synonymes : courageux, hardi, intrépide; antonyme : lâche. Modéré, mais brave, il [Manet] a été constamment prêt à affronter les préjugés (CAMILLE MAUCLAIR, Les Maîtres de l'impressionnisme, 1904, page 55 ). — Spécialement. [Avec souvent antéposition expressive de l'adjectif épithète] À la guerre, dans les combats. Un brave soldat. Vous feriez un brave capitaine dans une armée bien batailleuse (JEAN-PAUL SARTRE, Les Mouches, 1943, I, 1, page 20 ). b) Qui possède des qualités de droiture, de loyauté, d'honnêteté et fait des actions qui relèvent de ces qualités. Synonymes : honnête, loyal. — [En construction d'épithète ou d'attribut] Avoir un fils bien élevé, brave, honnête homme (GABRIEL SÉNAC DE MEILHAN, L'Émigré, 1797, page 1877 ). Il est brave. — [Avec une valeur affective-expressive, placé devant le substantif et formant avec lui une locution plus ou moins figée] Un brave coeur, un brave homme, un brave garçon, de braves gens : Ø 1. Je ne connais pas au monde de plus brave homme que celui-là; de l'honneur, de la probité, la bonté même. EUGÈNE SCRIBE, FRANÇOIS VARNER, Le Mariage de raison, 1826, page 394. Ø 2. Il y avait un peu de tout parmi elles, des coquines et de braves filles. Le niveau de leur moralité montait, d'ailleurs. ÉMILE ZOLA, Au Bonheur des dames, 1883, page 686. · Familier. [Les locutions précédentes en antéposition expressive] Un brave homme de mari. Un excellent brave homme de père, la bonté et la tendresse mêmes (EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Renée Mauperin, 1864, page 47 ). (Plaisamment) Ce brave garçon de chien (MAURICE BARRÈS, L'Ennemi des Lois, 1893, page 160 ). — Fréquent. [Avec une nuance de supériorité condescendante de la part de celui qui parle] Notre censeur était Joubin, insignifiant et « bien brave » (LÉON DAUDET, Fantômes et vivants, 1914, page 113) : Ø 3. Les mêmes personnes souriront et s'attendriront, selon leur degré de libéralisme, sur le spectacle, (...) de ces braves nègres s'excitant au tam-tam. Ils sont certains eux, de posséder dans leur musique l'authentique élixir d'une spiritualité immaculée : cependant que bat, innocente et incontrôlée, une bottine révélatrice... PIERRE SCHAEFFER, À la recherche d'une musique concrète, 1952, page 169. c) Par extension et affaiblissement de sens. [Dans des formules de politesse et surtout placé avant un substantif qui désigne la personne qu'on interpelle ou dont on parle] Brave lecteur. Synonymes : bon, gentil, cher : Ø 4. À Paul de Saint-Victor. Paris, lundi soir (1862?). 42, boulevard du Temple. Êtes-vous assez brave pour venir, après-demain mercredi, dîner chez votre serviteur? GUSTAVE FLAUBERT, Correspondance, 1862, page 309. Ø 5. Cette « brave Oriane », comme il eût dit cette « bonne Oriane », ne signifiait pas que Saint-Loup considérât Mme. de Guermantes comme particulièrement bonne. Dans ce cas, bonne, excellente, brave, sont de simples renforcements de « cette », désignant une personne qu'on connaît tous deux et dont on ne sait trop que dire avec quelqu'un qui n'est pas de votre intimité. Bonne sert de hors-d'oeuvre et permet d'attendre un instant qu'on ait trouvé : « Est-ce que vous la voyez souvent? » ou « Il y a des mois que je ne l'ai vue »... MARCEL PROUST, Le Côté de Guermantes 1, 1920, page 100. Remarque : " On le [brave] met tantôt avant, tantôt après son substantif : suivant qu'il est ainsi placé, sa signification est quelquefois différente " (Nouveau dictionnaire de la langue française (JEAN-CHARLES LAVEAUX) Difficultés 1846). Confer à ce sujet Verlaine, Œuvres posthumes, tome 2, Voyage en France par un Français, 1896, page 41 : Les grognards — gens braves et braves gens en somme — passèrent. " Cependant on dit dans le sens de bravoure un brave capitaine, un brave soldat; l'analogie qu'il y a entre ces deux mots sauve l'équivoque " (Nouveau dictionnaire de la langue française (JEAN-CHARLES LAVEAUX) Difficultés 1846). Confer à ce sujet supra a, et Maupassant, Contes et nouvelles, tome 2, Mademoiselle Fifi, 1881, page 155 : On le disait brave homme autant que brave officier. Il semble pourtant qu'il y ait parfois équivoque : De bons et braves soldats; nos braves et chères forces (Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, 1956, page 658, 709). B.— [En parlant d'un animal] 1. Beau/belle : Ø 6. [Tistet :] « Ah! mon Dieu! grand Saint-Père, quelle brave mule vous avez là! (...) Laissez un peu que je la regarde (...) Ah! mon Pape, la belle mule! » ALPHONSE DAUDET, Lettres de mon moulin, 1869, page 63. 2. Courageux, vaillant : Ø 7. « Pour rendre les faucons braves et vaillants, il faut les nourrir, (...) avec le coeur des animaux braves et vaillants (...) tels que taureaux, sangliers et loups. » ALEXANDRE DUMAS PÈRE, La Reine Margot, 1847, III, 8, page 117. 3. Bon, gentil : Ø 8. — Ah, tu sais, nous gardons le chat. Il est des grandes Bastides. Tu te souviens, quand Chabassut m'a apporté une charretée de foin? Il était couché dedans, paraît; c'est son chat. L'est bien brave. C'est une bonne bestiole; elle attrape les rats, faut voir ça. JEAN GIONO, Colline, 1929, page 196. C.— [En parlant d'une chose] 1. [En parlant d'un mets, d'une boisson] Excellent : Ø 9. Une demi-bouteille de « côte-rouge » (...) Les charbonniers (...) n'en buvaient jamais d'aussi brave. GEORGES D'ESPARBÈS, La Légende de l'outil, 1903, page 174. 2. [Par personnification, avec une nuance affective] Bon : Ø 10. Le Golria était un de ces vrais paquebots faits pour naviguer (...) et comme on n'en verra plus beaucoup, toutes ces « cages à poules » hautes sur l'eau, tous ces bons, vieux et braves bateaux ayant été envoyés par le fond durant la Grande Guerre et la Guerre Mondiale. BLAISE CENDRARS, Le Lotissement du ciel, 1949, page 14. II.— Substantif. A.— 1. Homme courageux qui ne craint pas les dangers ou les entreprises difficiles, qui les a affrontés. Il n'y a pas d'heures pour les braves (PAUL VERLAINE, Œuvres posthumes, tome 1, Souvenirs, 1896, page 206) : Ø 11.... tu es sûr du coeur et du bras de ce gladiateur? Il faut un brave pour défaire Sigognac, lequel, je l'avoue, bien que je le haïsse, n'est point lâche, puisqu'il a bien osé se mesurer contre moi-même. THÉOPHILE GAUTIER, Le Capitaine Fracasse, 1863, page 347. — Locution. Se conduire en brave (Dictionnaire de l'Académie française. 1932). Par extension. [En parlant d'un animal] Il [le sanglier] prit son parti en brave, il fit tête aux chiens (PIERRE-ALEXIS, VICOMTE PONSON DU TERRAIL, Rocambole, les drames de Paris, tome 1, L'Héritage mystérieux, 1859, page 596 ). · Un faux brave. Homme qui cherche à passer pour brave mais qui ne l'est pas. Il n'y a que les faux braves qui prétendent n'avoir jamais manqué de force et de coeur (AURORE DUPIN, BARONNE DUDEVANT, DITE GEORGE SAND, Lettres d'un voyageur, 1837, page 5 ). · Faire le brave. Chercher à paraître brave. Quand on a peur, on ne fait pas le brave (ALFRED DE MUSSET, Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, 1845, page 247 ). Faire le brave contre Dieu : Ø 12. L'héroïne racinienne relève la tête, se dresse contre l'aigle menaçant et prêt à fondre; Athalie fait la brave contre Dieu. FRANÇOIS MAURIAC, La Vie de Jean Racine, 1928, page 195. 2. Spécialement. Vaillant soldat. Se battre en brave (Dictionnaire de l'Académie française. 1932). Foi de brave! C'était un brave qui avait reçu la médaille militaire (HENRY BORDEAUX, Les Derniers jours du fort de Vaux, 1916, page 221 ). · [Désigne en particulier les soldats de Napoléon Bonaparte] : Ø 13.... les Français s'aperçoivent que leur général n'est point avec eux. Un cri se fait entendre : « Soldats, en avant pour sauver le général! » Les braves reviennent aussitôt au pas de course sur l'ennemi, le repoussent jusqu'au delà du pont et Napoléon est sauvé. EMMANUEL DIEUDONNÉ, COMTE DE LAS CASES, Le Mémorial de Sainte-Hélène, tome 1, 1823, page 551. · [En parlant d'hommes de guerre fameux : Ney, La Fayette, etc.] Le brave des braves. · Par dérision : Ø 14. Sa redingote bleue [de Philippe] , blanchie aux lisières, était toujours décorée de la rosette. Aussi les passants regardaient-ils ce brave (...) avec une curiosité mêlée de pitié : car la rosette inquiétait le regard et jetait l'ultra le plus féroce en des doutes honorables pour la Légion-d'Honneur. HONORÉ DE BALZAC, La Rabouilleuse, 1842, page 350. · Brave à trois poils. Soldat d'une bravoure éprouvée. Synonyme aujourd'hui : poilu (d'après Jean de La Varende, Monsieur le Duc de Saint-Simon et sa Comédie humaine, 1955, page 14) : Ø 15. Il s'est comporté brillamment au front. Il a été blessé deux ou trois fois; d'ailleurs pas gravement. Des citations. La croix de guerre avec palmes. Il a fini la guerre comme capitaine de chasseurs alpins. On lui a collé la croix le 14 juillet dernier, sur son uniforme de brave à trois poils. LOUIS FARIGOULE, DIT JULES ROMAINS, Les Hommes de bonne volonté, La Douceur de la vie, 1939, page 113. — Par extension. Homme dont la profession est de se battre : Ø 16. Des braves de profession, classe d'hommes que la conquête avait créée, s'offraient en foule pour servir d'escorte jusqu'au terme du voyage;... AUGUSTIN THIERRY, Récits des temps mérovingiens, tome 2, 1840, page 110. B.— [En construction d'apostrophe, par appellation familière et condescendante] Mon brave : Ø 17.... celui-ci [Maheu] reprit, la langue déjà empâtée et maladroite : — Alors, monsieur, c'est tout ce que vous répondez.. Nous allons dire aux autres que vous repoussez nos conditions. — Moi, mon brave, s'écria le directeur, mais je ne repousse rien!... Je suis un salarié comme vous, je n'ai pas plus de volonté ici que le dernier de vos galibots. ÉMILE ZOLA, Germinal, 1885, page 1324. Remarque : On rencontre dans la documentation a) Le néologisme bravette, adjectif féminin Gentiment brave, jolie, gentillette, bonne (confer Alphonse Daudet, Numa Roumestan, 1881, page 31, 282; Tartarin sur les Alpes, 1885, page 144; Port-Tarascon, 1890, page 148). b) Le néologisme bravomme, substantif masculin (Léon Daudet, Bréviaire du journalisme, 1936, page 167). Confer brave homme supra I A 2 b. c) Le régionalisme braveté, substantif féminin Qualité de braves gens. Ciel de Dieu! sont-elles bonnes pour nous, ces soeurs du Caylar! Cause de notre braveté en le pays (Ferdinand Fabre, Le Chevrier, 1867, page 298). — Confer braverie. — 1re attestation avant 1544 " élégance (ici, verbale) " (B. des Périers, Joyeux Devis, XXX-137, édition Frank et Chenevière dans IGLF Littérature), seulement au XVIe. siècle; avant 1553 " bravoure, courage " (Amadis, 244, ibidem), rare et archaïque; dérivé de brave, suffixe -eté (-ité*). STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 4 998. Fréquence relative littéraire : XIXe. siècle : a) 7 460, b) 11 074; XXe. siècle : a) 8 311, b) 3 952. Forme dérivée du verbe "braver" braver BRAVER, verbe transitif. A.— Se comporter sans crainte devant quelque chose ou quelqu'un. Synonyme : affronter. 1. [Le complément d'objet désigne un inanimé] a) [Le complément d'objet est le plus souvent un substantif abstrait désignant une situation pénible ou dangereuse] Faire face courageusement à : Ø 1. J'ai vingt fois bravé la mort; sur un signe du devoir, j'irais à l'instant au-devant d'elle. ERNEST RENAN, Drames philosophiques, L'Abbesse de Jouarre, 1886, I, 3, page 623. — Emploi absolu : Ø 2. [Malgré son émotion] la femme bravait de toute sa raideur [en face de la foule] et montrait encore de l'énergie. GEORGES D'ESPARBÈS, Le Briseur de fers, 1908, page 251. — Par extension et affaiblissement de sens. Ne pas tenir compte de. Je suis venu, bravant l'heure inaccoutumée (FRANÇOIS PONSARD, Lucrèce, 1843, IV, 2, page 74 ). b) [Le complément d'objet est un substantif abstrait qui désigne une chose ressentie comme contraignante; le sujet peut lui-même désigner une entité abstraite] Tenir tête à, faire front contre : Ø 3. — Quel spectacle, Cornemuse, nous offre la malheureuse Pingouinie! Partout la désobéissance, l'indépendance, la liberté! Nous voyons se lever les orgueilleux, les superbes, les hommes de révolte. Après avoir bravé les lois divines, ils se dressent contre les lois humaines, tant il est vrai que, pour être un bon citoyen, il faut être un bon chrétien. ANATOLE-FRANÇOIS THIBAULT, DIT ANATOLE FRANCE, L'Île des pingouins, 1908, page 277. — Par extension et affaiblissement de sens. Aller à l'encontre de, s'opposer à. Il plaît à mon don-quichottisme de braver son intérêt et de mépriser la prudence (HENRI-FRÉDÉRIC AMIEL, Journal intime, 1866, page 284 ). — Au figuré. [Par référence au vers de Boileau Le latin dans les mots brave l'honnêteté] J'aurais répliqué (...) dans une langue riche et parisienne, où tous les mots bravent l'honnêteté (GABRIELLE COLLETTE, DITE COLETTE, L'Entrave, 1913, page 104 ). 2. [Le complément d'objet désigne un animé] a) [Le complément d'objet désigne une personne hostile ou que l'on considère comme telle] S'opposer à, tenir tête à : Ø 4. Jamais on n'avait vu tant de courage et de constance que n'en montra le bâtard de Vaurus et les autres chefs de la garnison; ils bravaient les Anglais et leur criaient des injures de dessus les murailles; l'artillerie repoussait toutes les attaques et tuait l'élite de leurs hommes d'armes;... PROSPER DE BARANTE, Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois, tome 4, 1821-24, page 353. — Par extension. Braver son public (CHARLES-AUGUSTIN SAINTE-BEUVE, Nouveaux lundis, tome 2, 1863-69, page 233 ). · En emploi pronominal réciproque. Près du feu, l'un contre l'autre se bravant, On trinque assis derrière un paravent (PIERRE-JEAN DE BÉRANGER, Chansons, tome 1, Le Mort vivant, 1829, page 28 ). b) Spécialement. [Avec l'idée d'un combat mené victorieusement par l'agent contre un attaquant] Affronter victorieusement, surmonter : Ø 5. Bravant mon peu de goût pour les planches, j'y suis allé jadis, sur la foi que la pièce qu'on y jouait ne pouvait être mauvaise,... ANDRÉ BRETON, Nadja, 1928, page 35. Ø 6. Une société déjà civilisée s'adosse à des lois, à des institutions, à des édifices même qui sont faits pour braver le temps;... HENRI BERGSON, Les Deux sources de la morale et de la religion, 1932, page 137. B.— Affronter avec une audace franche, voire effrontée quelque chose ou quelqu'un. Synonymes : défier, se moquer de. 1. [L'objet désigne un danger, une contrainte, etc.] Les vents, la neige, les frimats, font leurs délices; ils bravent la mer, ils se rient des tempêtes (FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND, Les Martyrs ou le Triomphe de la religion chrétienne, tome 1, 1810, page 276 ). Le rire brave tout. Il y a une belle vengeance dans le rire, contre le respect qui n'était pas dû (ÉMILE-AUGUSTE CHARTIER, DIT ALAIN, Système des beaux-arts, 1920, page 156 ). 2. Fréquent. [L'objet désigne une personne détenant une autorité ou une force supérieure et facilement écrasante] : Ø 7. Si les brigands ne réussissaient pas toujours à punir ces petits gouverneurs despotes, du moins ils se moquaient d'eux et les bravaient, ce qui n'est pas peu de chose aux yeux de ce peuple spirituel. Un sonnet satirique le console de tous ses maux, et jamais il n'oublia une offense. HENRI BEYLE, DIT STENDHAL, L'Abbesse de Castro, 1839, page 143. — Emploi absolu : Ø 8. Un ou deux des soldats qui sont aux secondes sur le bateau pénètrent aux premières et chantonnent avec aisance en se dandinant (...) Le sentiment de braver, éminemment français, les amuse. HENRI BEYLE, DIT STENDHAL, Mémoires d'un touriste, tome 3, 1838, page 55. STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 1 050. Fréquence relative littéraire : XIXe. siècle : a) 2 380, b) 1 817; XXe. siècle : a) 1 151, b) 769.

« c) Par extension et affaiblissement de sens.

[Dans des formules de politesse et surtout placé avant un substantif qui désigne la personne qu'on interpelle ou dont on parle] Brave lecteur.

Synonymes : bon, gentil, cher : Ø 4.

À Paul de Saint-Victor.

Paris, lundi soir (1862?).

42, boulevard du Temple.

Êtes-vous assez brave pour venir, après- demain mercredi, dîner chez votre serviteur? GUSTAVE FLAUBERT, Correspondance, 1862, page 309. Ø 5.

Cette « brave Oriane », comme il eût dit cette « bonne Oriane », ne signifiait pas que Saint-Loup considérât Mme.

de Guermantes comme particulièrement bonne.

Dans ce cas, bonne, excellente, brave, sont de simples renforcements de « cette », désignant une personne qu'on connaît tous deux et dont on ne sait trop que dire avec quelqu'un qui n'est pas de votre intimité.

Bonne sert de hors-d'oeuvre et permet d'attendre un instant qu'on ait trouvé : « Est-ce que vous la voyez souvent? » ou « Il y a des mois que je ne l'ai vue »... MARCEL PROUST, Le Côté de Guermantes 1, 1920, page 100. Remarque : " On le [brave] met tantôt avant, tantôt après son substantif : suivant qu'il est ainsi placé, sa signification est quelquefois différente " (Nouveau dictionnaire de la langue française (JEAN-CHARLES LAVEAUX) Difficultés 1846). Confer à ce sujet Verlaine, Œuvres posthumes, tome 2, Voyage en France par un Français, 1896, page 41 : Les grognards — gens braves et braves gens en somme — passèrent.

" Cependant on dit dans le sens de bravoure un brave capitaine, un brave soldat; l'analogie qu'il y a entre ces deux mots sauve l'équivoque " (Nouveau dictionnaire de la langue française (JEAN-CHARLES LAVEAUX) Difficultés 1846).

Confer à ce sujet supra a, et Maupassant, Contes et nouvelles, tome 2, Mademoiselle Fifi, 1881, page 155 : On le disait brave homme autant que brave officier.

Il semble pourtant qu'il y ait parfois équivoque : De bons et braves soldats; nos braves et chères forces (Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, 1956, page 658, 709). B.— [En parlant d'un animal] 1.

Beau/belle : Ø 6.

[Tistet :] « Ah! mon Dieu! grand Saint-Père, quelle brave mule vous avez là! (...) Laissez un peu que je la regarde (...) Ah! mon Pape, la belle mule! » ALPHONSE DAUDET, Lettres de mon moulin, 1869, page 63. 2.

Courageux, vaillant : Ø 7.

« Pour rendre les faucons braves et vaillants, il faut les nourrir, (...) avec le coeur des animaux braves et vaillants (...) tels que taureaux, sangliers et loups.

» ALEXANDRE DUMAS PÈRE, La Reine Margot, 1847, III, 8, page 117. 3.

Bon, gentil : Ø 8.

— Ah, tu sais, nous gardons le chat.

Il est des grandes Bastides.

Tu te souviens, quand Chabassut m'a apporté une charretée de foin? Il était couché dedans, paraît; c'est son chat.

L'est bien brave.

C'est une bonne bestiole; elle attrape les rats, faut voir ça. JEAN GIONO, Colline, 1929, page 196. C.— [En parlant d'une chose] 1.

[En parlant d'un mets, d'une boisson] Excellent : Ø 9.

Une demi-bouteille de « côte-rouge » (...) Les 2. »

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