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Définition du terme: COURIR, verbe.

Publié le 27/11/2015

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Définition du terme: COURIR, verbe. I.— Emploi intransitif. A.— emploi absolu. [Aspect imperfectif du procès] 1. [Le sujet désigne un animé] a) [En parlant de l'homme et de certains animaux] Se déplacer rapidement par un mouvement successif et accéléré des jambes ou des pattes prenant appui sur le sol : Ø 1. Car si le blaireau ne provoque personne, il se défend dangereusement. Nul carnassier de nos climats n'en vient à bout. Ne pouvant ni courir ni bondir, il se renverse sur le dos, mord et griffe. JOSEPH DE PESQUIDOUX, Chez nous, 1921, page 91. SYNTAXE : (exprimant la très grande vitesse de course). Courir à toutes jambes, ventre à terre; courir à perdre haleine, comme un dératé; courir comme un lapin. Confer infra II A 2 a courir la poste. · Proverbe. [Par emprunt à la fable de La Fontaine Le lièvre et la tortue] Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Mieux vaut un effort soutenu et régulier qu'une action brillante mais désordonnée au dernier moment. — En particulier. a ) [En parlant d'un cavalier] Courir à toute bride, à bride abattue. Ne freiner en rien l'allure très rapide d'un cheval. Au figuré. Confer bride. ß ) SPORTS. Participer à une course de vitesse : Ø 2. Elle avait mis une grosse somme sur un cheval qui courait ce jour-là aux courses de Chantilly. ANATOLE-FRANÇOIS THIBAULT, DIT ANATOLE FRANCE, Le Lys rouge, 1894, page 332. · [Course à pied] Courir (dans telle ou telle épreuve athlétique). · [Course de vitesse quelconque] Courir à bicyclette, en auto, etc. : Ø 3.... sous les yeux et les applaudissements de toute la nation, dépouillés de leurs habits, ils [les jeunes gens] luttaient, boxaient, lançaient le disque, couraient à pied ou en char. HYPPOLYTE-ADOLPHE TAINE, Philosophie de l'Art, tome 1, 1865, page 70. · Faire courir (un cheval, un pilote, etc.). L'engager dans une course. Il avait fait courir jadis et avait eu des succès d'écurie (PAUL DUVAL, DIT JEAN LORRAIN, Monsieur de Phocas, 1901, page 5 ). b) [Avec une nuance appréciative] a ) [Étonnement admiratif ou au contraire nuance de reproche] Marcher d'un pas (trop) rapide; se dépêcher. — [En emploi factitif avec nuance d'étonnement admiratif] Ce spectacle fait courir les foules. — [Nuance de reproche] Vous ne marchez pas, vous courez (Dictionnaire de la langue française (ÉMILE LITTRÉ) ). — Au figuré. Passer vite, ne pas s'attarder sur quelque chose : Ø 4. Pour bien dire la messe, le prêtre devrait redevenir jeune ou souple; ad deum qui laetificat juventutem meam. Car il faut courir, et l'on n'a pas le droit de s'appesantir sur telle ou telle impression, comme dans la prière privée. ABBÉ HENRI BREMOND, Histoire littéraire du sentiment religieux en France, tome 3, 1921, page 235. · Locution adverbiale. En courant À la hâte, superficiellement. Lire en courant Excusez cette cacographie; je ne veux pas vous faire attendre et j'écris en courant (ANDRÉ GIDE, Correspondance avec Paul Claudel, 1899-1926, page 163 ). Remarque : Noter la locution adverbiale vieillie tout courant, « en toute hâte », citée par les dictionnaires généraux et, dans ce même sens, l'emploi absolu de l'infinitif Je n'ai pas le temps de faire ma petite écriture à ma façon comme je fais quelquefois, vous savez, celle que vous trouvez jolie. J'écris à courir, et je vous demande bien pardon (PIERRE LOTI, Mon frère Yves, 1883, page 395). ß ) Aller librement ici ou là; vagabonder. — Au figuré. Faire courir (vieilli), laisser courir (usuel). Laisser faire, le plus souvent par résignation, ne plus intervenir dans une action en cours. Il [Maxime] avait renoncé au Conseil d'État, il faisait courir (ÉMILE ZOLA, La Curée, 1872, page 589 ). Au point de vue religieux il [Lamartine] n'avait pas d'opinion très nette (...) il laissait courir (MAURICE BARRÈS, Mes cahiers, tome 10, 1913-14, page 52 ). ? ) [En parlant d'un malfaiteur ou de quelqu'un qui ne veut ou n'ose pas rester sur place] S'enfuir, s'échapper le plus rapidement possible. — Locution. Il court encore. Il s'est enfui pour ne pas se laisser prendre, ou parce qu'il n'ose pas insister : Ø 5. — Et qu'a répondu ce M. Bloch? demanda distraitement Mme. de Guermantes (...) — Ah! je vous assure que M. Bloch n'a pas demandé son reste, il court encore. MARCEL PROUST, Le Côté de Guermantes 2, 1921, page 505. c) Faire des courses*, des démarches pour se procurer ou pour obtenir quelque chose. 24 janvier. Couru pour les affaires de Mme. de St (aël). Elle sera payée, je le crois (BENJAMIN HENRI CONSTANT DE REBECQUE, Journaux intimes, 1815, page 429 ). Remarque : Ce sens se rattache aux emplois mentionnés sous I B 2 c. — Péjoratif. Faire courir quelqu'un. Faire faire une démarche inutile; faire perdre son temps à quelqu'un. 2. Par analogie. [Le sujet désigne un inanimé capable de mouvement] a) [L'accent est sur la rapidité du mouvement] Se déplacer rapidement. Des nuages couraient dans le ciel, de temps à autre la pluie tombait (GUSTAVE FLAUBERT, Bouvard et Pécuchet, tome 1, , 1880, page 18 ). Un vent glacial courut, accéléra le vol éperdu de la neige, intervertit l'ordre des couleurs (GEORGES-CHARLES, DIT JORIS-KARL HUYSMANS, À rebours, 1884, page 61 ). — [En parlant de corps liquide] Couler rapidement. Le sang court dans les veines : Ø 6.... son visage étincelait d'amour, Et mes regards, fermés pour les choses profanes, Voyaient le sang courir dans ses bras diaphanes! THÉODORE DE BANVILLE, Les Exilés, Le Cher fantôme, 1874, page 96. b) [L'accent est sur la régularité et la continuité du mouvement] a ) [En parlant du temps] Se dérouler de façon continue : Ø 7. On a aplani la difficulté, un contrôle de disponibilité est ouvert. Là les officiers inscrits voient courir leur temps comme s'ils rendaient des services effectifs. FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND, Correspondance gén, tome 2, 1789-1824, page 34. · Par le(s) temps qui court (courent). Actuellement. — Ah! C'était un brave ami (...) un homme rare par le temps qui court (GUY DE MAUPASSANT, Pierre et Jean, 1888, page 306 ). ß ) Au figuré. FINANCES. [Avec une idée de délai] Être compté régulièrement comme dépense à partir d'une certaine date (exprimée ou laissée implicite). Les intérêts courent à partir d'aujourd'hui : Ø 8. [Il faut] tenir compte des jours de chômage pendant lesquels l'animal de trait ne produit aucun travail utile, alors que son entretien continue cependant à courir. JULIEN-NAPOLÉON HATON DE LA GOUPILLIÈRE, Cours d'exploitation des mines, 1905, page 752. c) [L'accent est sur l'avancement spontané du mouvement] a ) [En parlant d'un aspect de la nature] Se répandre dans un espace. Une plante court sur le sol. — GÉOGRAPHIE. S'étendre dans une certaine direction. La côte court du Nord au Sud. Les racines [de la bourdaine] courent à fleur de terre (JACQUES-JOSEPH BAUDRILLART, Nouveau manuel forestier, traduction de Burgsdorf, tome 1, 1808, page 304 ). Le lierre courait sur les murs des maisons basses (MAURICE DRUON, Le Roi de fer, 1955, page 150 ). ß ) [En parlant d'un bruit, d'une nouvelle] Se propager. Elle-même répéta la phrase, qui courut ainsi d'oreille à oreille, au milieu des exclamations et des rires étouffés (ÉMILE ZOLA, L'Assommoir, 1877, page 719 ). — Locution verbale. Le bruit court que : Ø 9. Le bruit courait que Gundermann, contrairement à ses habitudes de prudence, se trouvait engagé dans d'effroyables risques... ÉMILE ZOLA, L'Argent, 1891, page 316. ? ) [En parlant d'un objet destiné à se déplacer] Aller librement, sans contrainte, sans contrôle. Laisser courir sa plume : Ø 10. Représenter, rendre ce monde, ces trois dimensions, avec cette plume qui gratte régulièrement, qui court sur le papier. CHARLES PÉGUY, Victor-Marie, comte Hugo, 1910, page 700. — MARINE. Faire (laisser) courir une manoeuvre (un cordage) : Ø 11. Tout le gréément du bateau est englobé dans une coque de glace (...) et il est totalement impossible de faire courir les manoeuvres. JEAN-BAPTISTE CHARCOT, Le "Pourquoi-Pas?" dans l'Antarctique, deuxième expédition antarctique française, 1908-1910, 1908-10, 1910, page 352. B.— Emploi prépositionnel. [La préposition ajoute à l'aspect imperfectif du verbe une valeur d'aspect perfectif ou une nuance de cet aspect] 1. [Aspect perfectif pur et simple; la préposition indique le but, le terme du procès] Courir à. a) [Le sujet désigne une personne] Se porter rapidement et parfois en masse vers quelqu'un ou vers quelque chose. Courir au feu, aux armes; courir à un spectacle. Les hommes courent à leurs quêtes Sur la terre, ardents et pressés (LÉON DIERX, Poèmes et poésies, 1864, page 17) : Ø 12. À peine se fut-on quitté, que le chevalier de Beauvoisis courut aux informations : elles ne furent pas brillantes. HENRI BEYLE, DIT STENDHAL, Le Rouge et le Noir, 1830, page 269. · Courir au plus pressé. Se hâter d'accomplir ce qui est urgent : Ø 13. En me promettant à moi-même qu'Albertine serait ici ce soir, j'avais couru au plus pressé et pansé d'une croyance nouvelle l'arrachement de celle avec laquelle j'avais vécu jusqu'ici. MARCEL PROUST, La Fugitive, 1922, page 428. · Courir à sa ruine, à sa perte. Tomber inexorablement dans une situation extrême : Ø 14. Vous n'avez pas reconnu votre véritable ennemi, vous lui prêtez de petits motifs. Il n'en a que de grands et vous courez à votre perte. ALBERT CAMUS, Caligula, 1944, II, 2, page 34. — Spécialement. MARINE. Courir au nord, au sud, à terre, au large, etc. Faire route en direction de. b) Au figuré. [Le sujet désigne une chose abstraite] Être sur le point de (finir). La saison court à sa fin : Ø 15. Les événements courent trop vite à leur fin; on n'a pas assez de temps pour faire, en quelque sorte, connaissance avec les personnages, ce qui rend l'intérêt moins vif. FÉLICITÉ-ROBERT DE LAMENNAIS, Lettres inédites... à la baronne Cottu, 1830, page 216. 2. [Aspect connotatif progressif au procès; la préposition suggère l'idée d'un effort dans une poursuite voulue par le sujet personnel] Courir après. a) [Le complément désigne une personne] Courir après quelqu'un.. Chercher à l'atteindre rapidement. Son oncle, ne la voyant pas revenir du bout de la place, courut après elle (HENRI BEYLE, DIT STENDHAL, Lamiel, 1842, page 128 ). Courir après un homme, une femme (au figuré). Le, la poursuivre de ses assiduités : Ø 16. Ce hideux calotin ose insinuer et même dire assez clairement que, lorsqu'il portait encore la soutane, toutes les femmes couraient après lui, et qu'il n'avait qu'à se baisser pour en prendre. LÉON BLOY, Journal, 1900, page 384. b) [Le complément désigne une chose] Chercher à atteindre, à obtenir une chose par tous les moyens. Courir après les honneurs, la gloire. Courir après son argent. Essayer de regagner, de rattraper l'argent perdu au jeu ou essayer de se faire payer l'argent dû. Courir après l'esprit. Chercher à être spirituel. Courir après son ombre. Chercher à atteindre l'impossible : Ø 17. Ne me demande point à moi, sculpteur, de courir après la beauté : je m'assiérai ne sachant où courir. ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY, Citadelle, 1944, page 697. c) Locution. [Avec ellipse du complément prépositionnel] — Familier. Tu peux toujours courir! Tu auras beau faire, tu n'obtiendras pas ce que tu veux. — Proverbe. Il vaut mieux tenir que courir (confer un tiens vaut mieux que deux tu l'auras). 3. [Aspect directif; la préposition exprime une idée d'approche, souvent doublée d'une valeur affective] Courir sur ou sus à. a) [Le complément désigne l'âge de quelqu'un avec parfois une idée de vivacité ou d'appréhension] S'approcher rapidement de. Courir sur ses trente ans. Marianne est très vieille et court sur ses cent ans (PAUL VERLAINE, Œuvres complètes, tome 3, Invectives, 1896, page 346 ). Remarque : Dans l'expression courir sur les brisées de quelqu'un, sur exprime le terrain dans lequel on a pénétré, avec sans doute, comme plus haut, une idée d'illicite. b) [Avec généralement une idée d'hostilité] Se précipiter sur : Ø 18. Indouvoura courut sur Yassiguindja. Elle l'aurait frappée, mordue, griffée. Elle débitait des menaces pendant que ses compagnes la maintenaient. RENÉ MARAN, Batouala, 1921, page 55. — Au figuré. S'attaquer à, combattre. Courir sus aux abus. C.— Emploi en semi-auxiliaire. Courir + infinitif. [Le plus souvent pour dire que l'on fait vite l'action exprimée par l'infinitif] Qu'on coure me chercher de l'huile de térébenthine et de l'émétique (ALEXANDRE DUMAS PÈRE, Le Comte de Monte-Christo, tome 2, 1846, page 303 ). Remarque : Pour souligner l'idée de but, l'infinitif peut être précédé de la préposition pour. Elle courait pour chercher quelque drogue à la pharmacie (GEORGE SAND, Histoire de ma vie, tome 3, 1855, page 145). II.— Emploi transitif. A.— [Le sujet désigne un animé] 1. [Aspect perfectif du procès, avec une idée de poursuite; l'objet désigne un animé ou un inanimé suggérant une idée de proie à prendre] a) [La proie est une bête sauvage] Donner la chasse à. Courir le cerf, le lièvre : Ø 19. Quoique je sois bien décidé à ne frayer qu'avec les gens de la plus haute volée, vous aurez cependant vos petites entrées, mon cher Monsieur Jolibois, et de temps en temps vous viendrez courir un cerf avec moi. JULES SANDEAU, Sacs et parchemins, 1851, page 3. — Proverbe. Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois. S'engager dans deux entreprises différentes, c'est risquer d'échouer dans l'une comme dans l'autre. Remarque : Courir quelqu'un se rencontre dans la langue classique au sens de « poursuivre quelqu'un en courant » et dans la langue populaire au sens de « importuner » : tu me cours (sur le système, sur le haricot, sur le ciboulot, etc.). Elle me court! menace Jady (COLETTE, Music-hall, 1913, page 199). b) Par analogie, dans le langage de la galanterie. [La proie est une personne généralement du sexe féminin, ou ce qui la représente] Courir les filles, la gueuse, les jupons; courir la prétantaine : Ø 20. Madame de Kergant (...) voyait (...) dans le champ étroit et fantasque de ses préjugés l'ancien pupille de son frère (...) courant le guilledou sous l'étrange costume qu'elle prêtait aux sans culottes... OCTAVE FEUILLET, Bellah, 1850, page 20. c) Par extension. [La proie est un avantage recherché] Rechercher vivement, poursuivre assidûment. Courir le cachet, les honneurs. — Par métonymie. Au cours de cette poursuite affronter des périls, s'y exposer. Courir des risques. d) Par métonymie. SPORTS. [La proie est suggérée par la nature de l'épreuve au bout de laquelle la victoire peut être atteinte] Participer à une course pour la gagner. Courir un cent mètres. Ce dimanche-là (...) on courait le Grand Prix de Paris au bois de Boulogne (ÉMILE ZOLA, Nana, 1880, page 1375 ). 2. [Aspect perfectif instrumental; l'objet désigne un lieu à travers lequel on se déplace en tout sens dans une intention plus ou moins précise] a) [Le lieu est un espace d'une certaine étendue ou complexité] Parcourir, sillonner, voyager à travers un lieu pour y chercher à satisfaire un désir. Courir la ville, le monde. C'était un de ces forains qui courent les campagnes, le dos chargé de leur marchandise (ALPHONSE DAUDET, Jack, tome 1, 1876, page 230 ). — Vieilli. Courir le pays. Faire une incursion rapide en pays ennemi. — Par métonymie. Courir la poste. Parcourir vite les relais de poste, aller fort vite et au figuré se dépêcher outre mesure pour atteindre son but. Le lendemain, Suter court la poste sur la route de Paris (BLAISE CENDRARS, L'Or, 1925, page 26) : Ø 21. Une voyageuse, qui courait la poste, fut prise des douleurs de l'enfantement à la poste du prieuré... AURORE DUPIN, BARONNE DUDEVANT, DITE GEORGE SAND, La Comtesse de Rudolstadt, tome 1, 1844, page 97. — Courir la mer. Faire la course* : Ø 22. On eût dit un de ces vieux récits (...) où il est question de corsaires barbaresques courant les mers latines... ALPHONSE DAUDET, Le Nabab, 1877, page 172. · Emploi absolu : Ø 23. Or, vers la fin de 1702, elle [l'Espagne] attendait un riche convoi que la France faisait escorter par une flotte de vingt-trois vaisseaux commandés par l'amiral de Château-Renaud, car les marines coalisées couraient alors sur l'Atlantique. JULES VERNE, Vingt mille lieues sous les mers, tome 2, 1870, page 92. b) [L'objet, généralement au pluriel, désigne une suite de locaux que fréquente la Société] Fréquenter assidûment en allant d'un lieu à un autre pour y chercher son plaisir. Courir les théâtres, les salons. B.— [Le sujet désigne un inanimé] 1. Vieilli. [En parlant d'une rumeur, d'un bruit] Se répandre dans (confer supra II A 2 a). Cette nouvelle court la ville, les rues. — Locution figurée. Courir les rues. Se trouver partout, être normal, commun. Nous habitons une ville de commerçants, où le bon goût ne court pas les rues (GUY DE MAUPASSANT, Pierre et Jean, 1888, page 367 ). 2. MARINE. [En parlant d'un navire et par extension des marins] Courir une (des) bordée(s). STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 13 612. Fréquence relative littéraire : XIXe. siècle : a) 17 337, b) 24 133; XXe. siècle : a) 20 292, b) 17 961.

« il faut courir, et l'on n'a pas le droit de s'appesantir sur telle ou telle impression, comme dans la prière privée. ABBÉ HENRI BREMOND, Histoire littéraire du sentiment religieux en France, tome 3, 1921, page 235. · Locution adverbiale.

En courant À la hâte, superficiellement.

Lire en courant Excusez cette cacographie; je ne veux pas vous faire attendre et j'écris en courant (ANDRÉ GIDE, Correspondance avec Paul Claudel, 1899-1926, page 163 ). Remarque : Noter la locution adverbiale vieillie tout courant, « en toute hâte », citée par les dictionnaires généraux et, dans ce même sens, l'emploi absolu de l'infinitif Je n'ai pas le temps de faire ma petite écriture à ma façon comme je fais quelquefois, vous savez, celle que vous trouvez jolie.

J'écris à courir, et je vous demande bien pardon (PIERRE LOTI, Mon frère Yves, 1883, page 395). ß ) Aller librement ici ou là; vagabonder. — Au figuré.

Faire courir (vieilli), laisser courir (usuel). Laisser faire, le plus souvent par résignation, ne plus intervenir dans une action en cours.

Il [Maxime] avait renoncé au Conseil d'État, il faisait courir (ÉMILE ZOLA, La Curée, 1872, page 589 ).

Au point de vue religieux il [Lamartine] n'avait pas d'opinion très nette (...) il laissait courir (MAURICE BARRÈS, Mes cahiers, tome 10, 1913-14, page 52 ). ? ) [En parlant d'un malfaiteur ou de quelqu'un qui ne veut ou n'ose pas rester sur place] S'enfuir, s'échapper le plus rapidement possible. — Locution.

Il court encore.

Il s'est enfui pour ne pas se laisser prendre, ou parce qu'il n'ose pas insister : Ø 5.

— Et qu'a répondu ce M.

Bloch? demanda distraitement Mme.

de Guermantes (...) — Ah! je vous assure que M.

Bloch n'a pas demandé son reste, il court encore. MARCEL PROUST, Le Côté de Guermantes 2, 1921, page 505. c) Faire des courses*, des démarches pour se procurer ou pour obtenir quelque chose.

24 janvier.

Couru pour les affaires de Mme.

de St (aël).

Elle sera payée, je le crois (BENJAMIN HENRI CONSTANT DE REBECQUE, Journaux intimes, 1815, page 429 ). Remarque : Ce sens se rattache aux emplois mentionnés sous I B 2 c. — Péjoratif.

Faire courir quelqu'un.

Faire faire une démarche inutile; faire perdre son temps à quelqu'un. 2.

Par analogie.

[Le sujet désigne un inanimé capable de mouvement] a) [L'accent est sur la rapidité du mouvement] Se déplacer rapidement.

Des nuages couraient dans le ciel, de temps à autre la pluie tombait (GUSTAVE FLAUBERT, Bouvard et Pécuchet, tome 1, , 1880, page 18 ).

Un vent glacial courut, accéléra le vol éperdu de la neige, intervertit l'ordre des couleurs (GEORGES-CHARLES, DIT JORIS-KARL HUYSMANS, À rebours, 1884, page 61 ). — [En parlant de corps liquide] Couler rapidement.

Le sang court dans les veines : Ø 6....

son visage étincelait d'amour, Et mes regards, fermés pour les choses profanes, Voyaient le sang courir dans ses bras diaphanes! 2. »

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