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Un acte peut-il être désintéressé ?

Publié le 01/02/2004

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Notre volonté n'est soumise à aucun mobile, à aucune cause. 3. La liberté comme puissance positive.Un acte gratuit n'est dès lors possible que si ma liberté est une puissance positive d'agir, de choisir sans y être portée entre plusieurs choix. C'est ce qui ressort d'une lettre de Descartes à Mesland du 9 février 1645; la liberté est alors liberté d'indifférence, une «faculté positive de se déterminer pour l'un ou l'autre de deux contraires, c'est-à-dire de poursuivre ou de fuir, d'affirmer ou de nier». II. La liberté n'est pas désintéressée. 1. La fausse analogie de l'équilibre physique.Une telle liberté se manifesterait ainsi par excellence lorsque les deux partis entre lesquels j'aurais à choisir seraient pour moi comme les deux plateaux d'une balance.

En posant la question « y a-t-il un… ? « , le sujet pose le problème de l’existence ou de la non existence d’un certain objet. L’objet en question, ici, c’est l’ « acte désintéressé «. Un acte, c’est une action, par laquelle on fait quelque chose, un acte implique un agent et une certaine mise en mouvement de cet agent en vue de commettre cet acte. Tout acte demande une forme de concentration ou d’effort. L’acte ici visé, c’est l’acte désintéressé, c’est-à-dire l’acte dans lequel le sujet ne trouvera aucun profit, direct ou indirect, pour lui-même. Sont donc en question ici les motivations de nos actes, avec pour angle d’attaque particulier le problème de l’existence ou de la non existence d’actes désintéressés. On revendique certains actes comme gratuits ou désintéressés. C’est la vérité de cette revendication qu’il s’agit de questionner. Deux perspectives s’ouvrent assez clairement, l’une optimiste, l’autre pessimiste. Prendre la perspective optimiste consisterait à affirmer qu’il existe des actes désintéressés, des actes de don pur sans attente de compensation ; à accorder du crédit aux discours, chrétiens par exemple, sur l’importance du désintéressement du don. La perspective pessimiste, quant à elle, demanderait si tout don est vraiment désintéressé, ou s’il n’est pas plutôt  forcément un échange dont on attend quelque chose en retour, même de manière indirecte ou inconsciente. Par exemple, on attendrait du don une amélioration de notre image, un accroissement de l’affection qu’on nous porte. Cette perspective refuserait de prendre sur les relations humaines un point de vue autre que celui de l’échange. L’alternative est difficile à trancher, mais il faudra évaluer la pertinence de ces deux perspectives, en dégager les fondements, pour finalement proposer une réponse à la question de l’existence de l’acte désintéressé.

« ailleurs pour trouver un coupable.

Lafcadio prend un soin tout particulier à renforcer la gratuité du crime : il remettout au hasard et se met à compter pour soumettre sa décision à l'apparition d'un feu dans la nuit.

Or le hasard,c'est ce qui est fortuit, ce qui est dépourvu d'intention consciente, donc de motivation intrinsèque.Alors apparaît quelque chose d'étrange et de monstrueux : le jaillissement de l'absurde.

L'absurde de la liberté sedonne avec une sensation enivrante de vertige.

Comme si la vie était suspendue au dessus de l'abîme et que nousnous donnions au jeu de l'absurde d'un choix gratuit.

Cette sensation de vertige traverse bien des textes de lalittérature existentialiste, dont La Nausée de Sartre.

Si l'existence n'est vue que comme une déréliction absurde,alors elle est gratuite et sans raison.

Elle n'est que l'improvisation perpétuelle d'une liberté qui se recréée à chaqueinstant, surgissant de rien pour aller vers quelque chose qui est son projet et son but.

L'homme qui dispose d'unetelle liberté doit, quand il revient sur lui-même éprouver ce vertige : c'est terrible, je peux faire ceci ou cela, et rienne me donne une direction, toute décision est gratuite.

D'où l'importance de l'angoisse, car dans l'angoisse la libertés'angoisse d'elle-même, parce qu'elle n'est déterminée par rien, parce qu'elle est vide.

Dès lors, le vertige de lagratuité ne laisse qu'une porte de sortie, l'engagement.

Il faut donner une forme à la liberté, il faut en faire unprojet, il faut lui donner un sens, et ce sens signifie poser sa motivation par rapport aux autres.

En fuyant vers lesautres pour me donner un rôle, je me donne une consistance momentanée, puisque dans la conscience abyssale dela liberté, je ne suis rien et que ma liberté n'est qu'une gratuité laissée à elle-même.

C'est aussi pour la même raisonque l'ennui me guette : si rien ne me détermine du fond de moi-même, je suis obligé de tout tirer de moi-même et sima volonté reste sans mouvement, je retombe aussitôt dans l'ennui qui est la liberté désoeuvrée. 2.

L'acte gratuit est dépourvu de cause. Pour qu'un tel acte soit possible, il faut que rien ne nous porte à l'accomplir : sans que nous nous proposions de fin,nous sommes en effet le plus souvent portés à agir de telle ou telle façon.

Dans ce cas nous agissons par habitude,réflexe, sous le coup de la passion ou de l'émotion.

L'acte gratuit est au contraire sans cause efficiente.

Notrevolonté n'est soumise à aucun mobile, à aucune cause. 3.

La liberté comme puissance positive. Un acte gratuit n'est dès lors possible que si ma liberté est une puissance positive d'agir, de choisir sans y êtreportée entre plusieurs choix.

C'est ce qui ressort d'une lettre de Descartes à Mesland du 9 février 1645; la libertéest alors liberté d'indifférence, une «faculté positive de se déterminer pour l'un ou l'autre de deux contraires, c'est-à-dire de poursuivre ou de fuir, d'affirmer ou de nier». II.

La liberté n'est pas désintéressée. 1.

La fausse analogie de l'équilibre physique. Une telle liberté se manifesterait ainsi par excellence lorsque les deux partis entre lesquels j'aurais à choisir seraientpour moi comme les deux plateaux d'une balance.

Rien ne m'inclinerait plus dans un sens que dans l'autre.

Ma libertéserait une liberté d'indifférence.

Une telle image de la liberté est cependant fallacieuse lorsque j'ai le choix entreplusieurs partis, ceux-ci ne sont jamais indifférents comme deux corps distincts de poids égal, ils présententtoujours des différences qualitatives et ne sont pas réductibles à une mesure commune. 2.

Les causes cachées. Il est par ailleurs impossible de prouver l'existence d'une telle indifférence de la volonté.

Même si les deux partisnous semblent équivalents, le fait que nous ayons choisi pour l'un plutôt que pour l'autre peut toujours s'interpréteraprès coup par la présence d'une cause cachée, insoupçonnée, comme l'explique Leibniz dans ses Essais deThéodicée : une telle cause, pour minime qu'elle soit, n'en agit pas moins pour autant et suffit à déterminer le choixde notre libre arbitre. 3.

Le caprice. Il est cependant des cas où je puis choisir contre le parti que l'on attendrait, et agir ainsi par pur caprice : plutôtque de faire ce que la raison me dicte, je choisis une solution qui va contre le bon sens, tout en étant parfaitementconscient de ma décision.

Ce cas extrême n'échappe cependant pas à la règle générale, on n'agit point sans raison: «C'est de quoi, écrit Leibniz dans sa Théodicée, on ne trouvera jamais aucun exemple, et lorsqu'on prend un partipar caprice, pour montrer sa liberté, le plaisir ou l'avantage qu'on croit trouver dans cette affectation est une desraisons qui y portent.» III.

La gratuité comme affirmation de la liberté. 1.

La liberté se règle sur le bien. Leibniz considère cependant la liberté comme se déterminant toujours d'après le bien que nous apercevons : laconnaissance d'un bien entraîne nécessairement l'action.

Nous sommes libres parce que c'est nous-mêmes quivoulons, mais nous ne pouvons vouloir que le plus grand bien qui se présente à nous.. »

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