Devoir de Philosophie

ACTE IV, SCÈNES 4-8: Le mariage de Figaro de Beaumarchais (commentaire)

Publié le 22/02/2012

Extrait du document

mariage
L'arrivée de Figaro dans la scène 6 permet d'accentuer le comique. Le Comte et Antonio jouent au chat et à la souris avec Figaro. Ils le harcèlent de questions sur sa prétendue chute du matin. Le jeu de scène renforce le comique puisque le Comte et Antonio le font successivement pivoter sur lui-même, comme le montre la didascalie « le retourne », répétée quatre fois. Figaro est surtout préoccupé par les préparatifs de sa noce mais toutes ces questions commencent à l'étonner : « Assurément, mais quelle enquête ? »
mariage

« De la comédie d'intrigue à la comédie sentimentale Il ne s'agit plus, désormais, de savoir si le mariage aura lieu mais si le couple reconnu que constituent Figaro etSuzanne parviendra à sauvegarder son bonheur.

A cette question en est liée une seconde qui concerne l'autrecouple de la pièce : la Comtesse réussira-t-elle à reconquérir son époux ? A la comédie d'intrigue des trois premiersactes succède donc une comédie plus sentimentale, dans laquelle Beaumarchais s'interroge sur le mariage en tantqu'état et non plus en tant qu'événement ponctuel coïncidant avec la cérémonie.

Ce glissement va s'accompagnerd'un changement de registre, déjà préparé par le troisième acte : l'émotion occupe une place de plus en plusimportante dans les répliques des personnages. ACTE IV, SCÈNES 1-3 RESUME L'acte IV s'ouvre sur un tête-à-tête de Figaro et de Suzanne qui laissent éclater leur joie.

Tous lesobstacles au mariage ont disparu et les deux fiancés se jurent une mutuelle fidélité.

Suzanne donne saparole à Figaro de ne pas se rendre au rendez-vous du Comte.

Mais la Comtesse interrompt cet entretienet désire parler seule à seule avec Suzanne. Dans la scène 3, Suzanne commence par essayer de convaincre sa maîtresse de renoncer à son tour aurendez-vous.

La Comtesse se croit d'abord trahie par Suzanne mais elle regrette aussitôt cette marquede défiance.

Suzanne doit cependant se prêter au stratagème et écrire un billet au Comte pour fixer unrendez-vous auquel la Comtesse se rendra à sa place, conformément à ce qui avait été convenu à la findu deuxième acte. COMMENTAIRE Le rôle du hasard Au cours du troisième acte les péripéties se sont succédé à un rythme étourdissant.

Aussi n'est-il guèreétonnant que Beaumarchais ait placé dans la bouche de ses personnages, au début du quatrième acte,des considérations sur la toute-puissance du hasard.

Suzanne souligne en deux courtes répliques labizarrerie des événements qui viennent de se produire : « As-tu vu rien de plus étrange », « Aucune deschoses que tu avais disposées, que nous attendions, mon ami, n'est pourtant arrivée ! » De fait, les plansélaborés par Figaro au début de l'acte II n'ont pas eu les conséquences attendues et c'est lareconnaissance qui a permis de lever les obstacles au mariage.

Par les remarques de Suzanne,Beaumarchais devance d'éventuelles critiques sur la vraisemblance de l'action et sa nécessité. Figaro, personnage en mutation Figaro prononce plusieurs tirades qui élargissent la portée des remarques de Suzanne.

Il file en particulier l'image del'aveugle, déjà implicite dans la mention de la fortune, souvent représentée par une femme aux yeux bandés, puis explicite avec l'aveugle conduit par son chien.

On revient à la mythologie avec « cet aimableaveugle qu'on nomme amour ».

Figaro prononce une seconde tirade qui porte sur lès différentes vérités qui existentselon lui.

Elle est proche de la première par son contenu — reprise de motifs traditionnels, jeu sur des proverbesconnus —, et par sa structure car elle s'achève sur l'amour de Figaro pour Suzanne. Si ces deux tirades ne comportent rien de très original, elles permettent cependant de modifier la perception que lespectateur a du personnage.

Jusqu'ici Figaro est apparu comme un valet ingénieux, doué d'un sens de la repartiepeu commun et capable d'improviser dans toutes les circonstances.

Dans cette première scène du quatrième acte, ilse livre à des réflexions moins directement liées à l'action, qui préfigurent le monologue du cinquième acte.

Il exprimesur un ton parfois proche du lyrisme son amour pour Suzanne, ce qui prépare la cruauté de sa déception à la fin del'acte lorsqu'il se croira trahi.

Figaro est donc en train de s'éloigner du personnage de Scapin, avec lequel ilpossédait certaines affinités dans Le Barbier et au début du Mariage, pour se hausser à la dimension de héros préromantique qu'il possédera au cinquième acte.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles