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« L'art se réduit à un aimable à côté de la vie, à un colifichet dont le sérieux de l'existence peut se passer. » F. Nietzsche

Publié le 07/03/2011

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nietzsche

Depuis bien des siècles, l'art fait partie de la vie des hommes ; des dessins  retrouvés dans les grottes des hommes préhistoriques aux oeuvres de Khnopff par exemple,  l'art a toujours été un présent.  L'art, c'est l'expression, par les oeuvres de l'homme, d'un idéal esthétique ; c'est l'ensemble  des activités humaines créatrices visant à cette expression.  L'art, vocable aux milles facettes, n'a pas de fonction définie, il est là pour nous faire vivre et  rêver : l'art n'est-il qu'un ornement, une décoration qui a une fonction secondaire et ne nous  renseigne pas sur la vie, comme le dit Nietzsche ou, au contraire, une mnémotechnique du  beau, un moyen de retenir la beauté, comme l'a dit Charles Baudelaire ?  A travers le développement qui suit, je vais essayer de montrer que nous pensons que l'art  constitue une grande part de bien-être dans la vie quotidienne et présente un grand nombre  d'aspects positifs qui ne sont pas secondaires mais indispensables.  Pour commencer, l'art a une fonction cathartique.  Qui n'a jamais pleuré ou été ému par un livre, un tableau, en lisant un poème, dans une salle  de cinéma ?  L'art éveille nos sentiments et permet parfois de les libérer en les exprimant que ce soit de la  tristesse, de la résignation, de la mélancolie, de la joie,...  L'art a la fonction de nous faire apparaître le repos profond de l'âme, un reflet d'une paix :  c'est le privilège de la contemplation esthétique ; il donnerait alors cette idée qu'une  consolation est possible dans un reflet.  L'art peut nous libérer de nos tristesses, outre le fait que l'art ‘parle', son but cardinal n'est-il  pas de nous faire parler ?  Deuxièmement, l'art a une fonction didactique.  L'art nous renseigne sur les différentes époques, notre histoire, il vise parfois à nous instruire,  même indirectement.  « Les derniers jours d'un condamné « de Victor Hugo, par exemple, peuvent nous faire  réfléchir sur des questions existentielles comme la peine de mort.  Ou encore, « Liaisons dangereuses « de Laclos nous renseigne sur les relations entre êtres  humains de différentes natures, les réactions de ceux-ci, et la façon dont l'être humain est  corrompu par la société.  L'art peut également influencer notre comportement de tous les jours, consciemment ou non,  en nous apprenant le résultat de certaines actions qu'on ne ferait plus dans la réalité en ayant  lu ou vu les conséquences des actes des protagonistes de certains livres, poèmes ou chansons.  Prenons encore l'exemple d'« Adolphe « de Benjamin Constant, peut-on encore considérer  après la souffrance qu'il a vécue qu'une passion amoureuse, même fatale, en vaut la peine ?  De plus, l'art est un moyen d'évasion, face aux difficultés de la vie quotidienne  et en contraste avec la société actuelle où on l'on objectera que « le temps c'est de l'argent «.  Plus qu'un moyen d'éluder les aléas et les vicissitudes de notre existence, l'art est cette porte  qui nous transporte vers le rêve.  Elle est une des voies majeures vers l'imaginaire.  Par exemple : « L'invitation au voyage « de Rimbaud n'en fait-elle pas rêver plus d'un ? , les  oeuvres de Khnopff font appel à notre imagination et à notre éveil des sens et par ce biais,  elles peuvent nous faire oublier nos malheurs.  La musique et quelque mélodie peuvent être moyen d'évasion conséquent, tout comme les  livres laisseraient vaguer notre imagination.  On aura de cesse de s'émerveiller devant la pureté des oeuvres d'art, beautés caressantes  comme celles des poèmes de Victor Hugo.  Dans « Stella «, notre cher Victor, forcera à nouveau l'admiration par sa verve et de ce fait  transcendera toute réalité terrestre nous plongeant directement dans une exquise rêverie.  Enfin, l'art est un illustre moyen de communication.  Le partage d'une oeuvre commune peut réunir bien des gens et même casser les classes  sociales.  Des sentiments communs, des émotions partagées, l'art sous toutes ses formes reste ciment de  l'humanité. Nous pensons ici tout naturellement à ces petits moments source d'amitié et  d'affection comme écouter une mélodie, se remémorer certaines expériences, chanter un  morceau de musique, crier sa joie de  Dans les cafés ou cercles littéraires au 18ème siècle, pour citez un autre exemple, chaque  individu parlait de ses oeuvres, partageait son avis, exprimait ses idées par rapport à l'art,...  L'art permet également d'approfondir la connaissance et la découverte de soi.  « Par l'art seulement, nous pouvons sortir de nous «Proust  « Rien n'améliore autant le caractère que l'étude des beautés, qu'il s'agisse de la poésie, de  l'éloquence, de la musique ou de la peinture « Hume, les essais esthétiques II.  L'art sous cet aspect cognitif est plus que fondamental. Tantôt il nous permet d'entrer dans  l'univers d'autrui, tantôt il est source d'extériorisation de sa propre pensée.  Pour conclure, qu'il s'agisse de cathartie, d'apprentissage, de connaissance  réflexive, d'évasion ou de communication, l'art n'est pas singulier. Qu'il soit compris comme 'décoration', à l'instar de Nietzsche, ou comme principe existentiel comme en témoigneront tout les artistes, l'art est, au demeurant, structurant de la pensée humaine. Comme tel, il ne peut en être dissocié. On pourrait même poursuivre en affirmant que chez tout un chacun, à des degrés différents, l'art fonde un rapport dialectique avec le sujet dont il est la source. En effet, qui oserait nier que dans chacun de nous il n'y a pas un artiste en germe. Qui oserait nier que notre expressivité ne se traduit pas par une certaine forme d'esthétisme. Qui oserait nier que le rêve n'est pas le terme de notre pensée. Nos actes ne pouvant être pensé sans notre pensée, l'art est donc intrinsèquement lié à l'être humain. Même si d'aucuns, comme  Nietzsche à son tour, ont compris l'art comme éphémère, superficiel et relatif, il n'en reste pas moins que l'art est fondateur d'une certaine humanité.

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