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Commentaire Du Poème "Marie Qui Voudrait Votre Beau Nom Tourner" De Ronsard

Publié le 15/09/2006

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ronsard

Le XVIème siècle est caractérisé par le désir de certains artistes de faire un retour au Moyen-âge par un renouveau de ces formes du passé. Le sonnet en est un exemple. Il fut emprunté à l'italien Pétrarque. Certains poètes vont alors se regrouper autour de cette nouvelle forme de poésie : la très célèbre Pléiade. Elle regroupe sept poètes dont les deux chefs de file se trouvent être Du Bellay et Ronsard. Ce dernier est très certainement le plus célèbre de la Pléiade, ainsi que le poète le plus reconnu à son époque. Ses recueils de sonnets amoureux sont toujours dédiés à une femme. La Continuation des amours s'adresse ainsi à une jeune femme, paysanne, prénommée Marie. Ce sonnet est un alexandrin régulier et de type CC DEED. Ronsard cherche à convaincre Marie de la nécessité de l'aimer et d'aimer de manière bien plus générale. Nous pourrons alors nous demander comment, derrière le lyrisme qui semble personnel et intime, se dessine les contours d'une conception plus généralisée de l'amour.    Ce sonnet se trouve fondé sur une argumentative par laquelle il faut convaincre la femme d'aimer. Nous trouvons d'ailleurs la thèse de Ronsard dès le début de ce sonnet, dans le second vers : « aimez-moi donc, Marie «. La thèse se trouve validée par une série d'arguments, dont la succession épouse parfaitement la forme du sonnet.  Nous pouvons commencer par parler de la situation d'énonciation de ce sonnet, dont il se trouve plusieurs indices. Le premier mot de ce poème est une apostrophe : « Marie «. Cela correspond à la destinataire du poème. D'ailleurs, dans le premier vers, le poète utilise « votre «, et dans le second vers, « aimez «. La jeune femme se trouve donc mise en valeur, tandis que le poète n'apparait qu'au second plan : « moi « (v 2).  Ce poème a également une dimension argumentative bien ancrée. On remarque la présence de l'impératif au vers 2, 3 et 6 : « aimez «, « faites «. Il y a également une répétition de l'apostrophe « Marie « par deux fois. Ils se trouvent judicieusement placés dans le poème, c'est à dire, soit au début, soit à la fin d'un vers. Nous trouvons au vers 9 une tournure impersonnelle de valeur injonctive. Il y a aussi des liens logiques en présence : « donc « (v 2), « et « (v 11) et des « : « (v 2). Le locuteur cherche donc à convaincre « Marie « à l'aide d'un raisonnement construit.  Nous pouvons ensuite étudier les deux premiers quatrains dans lesquels se trouve une série d'arguments relatifs à la particularité du couple. Le premier argument se trouve dans les vers 1 à 3 : le prénom de la femme chérie. Nous pouvons noter que le verbe « aimer « (v 2), se trouve être l'anagramme de « Marie «. Cet argument repose entièrement sur une conception cratyléenne du langage : le nom de « Marie « signifie « l'amour « : d'où la présence du « donc «. Le deuxième argument se trouve dans les vers 4 à 6 : il offre l'idée que Ronsard est l'amant idéal. C'est d'ailleurs le superlatif « meilleur « au vers 4 qui prouve le caractère exceptionnel du poète, et le rend donc apte à offrir les plaisirs de la vie à Marie. Le troisième argument dans les vers 7 à 8, repose sur une idée de fidélité. C'est l'emploi du futur qui montre que le poète envisage l'avenir du couple : « prendrons « (v 6), « pourras « (v 8). Le poète à le désir de s'engager dans une relation durable, confirmé par les pronoms personnels qui d'abord séparés sont ensuite réunis par le « nous « (v 6) et « pendus l'un l'autre au col « (v 7) et par un engagement intense : « jamais nulle envie « (v.7). C'est une expression très forte, qui par l'enjambement aux vers 7 et 8, évite la rupture entre les deux vers et montre le lien exceptionnel qui les unis. Ronsard jure donc une fidélité éternelle à Marie.  Continuons par l'étude des deux tercets, dans lesquels se trouvent une seconde série d'arguments, non plus relatifs à la particularité du couple, mais sont d'une portée bien plus générale. De ce point de vue, nous constatons une rupture au niveau de la volta. Le premier argument de se trouve dans les vers 9 à 12, et affirme que l'amour est le fondement même de l'Homme et que personne ne peut s'en passer. Ce n'est pas tant l'objet de l'amour qui compte que l'action d'aimer : « quelque chose « (v 9). L'exemple du Scythe (v 11) qui est un barbare inhumain, agit comme un repoussoir : si vous ne voulez pas devenir Scythe, aimez. Le second argument dans les vers 12 à 13, affirme que celui qui n'aime pas se prive du bien le plus précieux : la douceur.  Finalement, nous jetterons un œil à la chute du sonnet qui est l'introduction d'un nouvel argument. Deux notions sont misent en valeurs par la chute du sonnet : l'amour et la mort. La mort est préférable à une vie sans amour, celons le poète. Notons la variété des arguments ainsi que leur gradation : nous allons du cas particulier au couple en général pour finir par l'image forte et brusque de la mort. Pour mettre cette gradation en valeur, le poète utilise les points stratégiques du sonnet, c'est à dire, la volta et la chute.  Cependant, on sait bien que dans toute argumentation, la conviction ne peut se défaire de la persuasion.    Ce sonnet est également une tentative de séduction. En plus de devoir convaincre, il faut également persuader. Nous pouvons donc dans un premier temps voir la séduction par le langage. Le jeu de mot initial se répand dans l'intégralité du sonnet dont il semble l'origine. L'anagramme semble posséder une habilité séduisante et subtile pour répandre le thème de l'amour dans tout le poème. Ce n'est pourtant que la variation d'un seul mot : « aimer «. Il est répété un certain nombre de fois : « aimer « (v.2), « aimez « (v.2), aux vers 6, 8, 9, 10, « aime « (v.14), « amour « (v.4). La majuscule du premier « aimer « donne une dimension sacrée à l'amour. « Aimez-moi « est également répété plusieurs fois.  Remarquons que ce jeu de mot a été savamment mis en valeur par une conjonction de plusieurs procédés. Nous avons un effet de chiasme : « Marie ... Aimer ... aimez ... Marie «. Notons ensuite que le verbe « aimer « se trouve toujours à la fin du premier hémistiche ou au du second : il encadre donc la césure. « Marie «, se trouve également, toujours, soit au début, soit en fin de vers, donc à des endroits stratégiques.  Dans un deuxième temps étudiant la variation des tonalités de la séduction. Cela permet ainsi au poète de toucher à tous les aspects de la sensibilité. Nous remarquons que dans les deux quatrains, le ton est relativement léger. La séduction est ici, avant tout d'ordre intellectuel car elle repose sur un jeu de mot. Le terme du plaisir développé au début du poème, conserve une connotation positive.  C'est dans les vers 9 à 12 que le ton devient sérieux : le propos général est donc bien plus sérieux. Des termes privatifs apparaissent : « qui n'aime point « (v.10) et « sans goûter « (v.12). Il y a aussi un jeu sur les sonorités qui permet de mettre en valeur certains thèmes. Nous avons également l'assonance en « i « du vers 11 : « vie d'un Scythe «. Elle met en valeur le contre exemple Scythe.  Dans les vers 13 et 14 et la chute, nous avons un ton empreint d'émotion. Il y a des exclamations : trois points d'exclamations, deux interjections et une phrase exclamative marquent l'émotion mal contenue du poète. Il a aussi des questions oratoires. Nous trouvons également deux nouveaux thèmes, qui ne se trouvaient pas dans les quatrains : le regret avec « Las « et la mort avec « trépasser «. Nous avons un bouleversement du rythme, un contre rejet : « à l'heure / Que je n'aimerais point, puissé-je trépasser «. Nous avons un bouleversement de rythme interne au vers 13 : « Hé ! «, coupures : 1, 8, 1 et 2 (au lieu de 6 et 6). Le poète fait donc un jeu sur les variations de ton pour séduire.  Finalement, le poète tente de séduire par la sensualité. Nous trouvons donc un vocabulaire relatif au plaisir avec une référence à la douceur au vers 12 : « douceur «, « plaisir «, « doux « (v 13). C'est un appel à la sensualité.  On peut voir que le poète cherche à tenter Marie. « Douceur des douceurs « est un superlatif, mais aussi une hyperbole qui démontre l'intensité des sentiments de Ronsard. Au vers 11, nous avons un ton sérieux. L'enjambement et le vers 12 se trouvent être des allusions au plaisir. Il y a un effet de suspense, car le complément de manière est rejeté dans le second tercet : on passe donc de la privation à la volupté. Nous avons une question rhétorique dans le vers 13 qui implique la destinataire : elle montre qu'il n'y a "rien de doux sans Vénus".  Le poète met ainsi en œuvre différents moyens pour séduire sa belle. Cependant, derrière une situation d'énonciation particulière, se cache une réflexion sur une conception bien plus large de l'amour.  Ce sonnet se trouve également être une réflexion générale sur l'amour. L'essentiel de ce poème est fondé sur un raisonnement inductif : on passe d'un cas particulier à quelque chose de plus général pour finir par revenir au cas particulier du début. Le cas particulier sert en fait de tremplin à la réflexion générale ce qui permet de valider le cas particulier par sa valeur universelle.  Nous pouvons donc voir dans un premier temps que ce poème lyrique contient donc de nombreuses marques de l'affectivité du poète. Notamment avec l'importance de la première personne : le « je « se trouve présent dans les deux quatrains, sous une forme passive : « aimez-moi «. On retrouve le « je « à la fin du poème, au vers 14.  Nous trouvons aussi une pointe de pathétique dans ce poème avec à la fin, l'évocation de la mort.  Continuons ensuite avec les procédés de généralisation qui permettent de dépasser le cas personnel. Les marques grammaticales de généralisation nous le montrent. Nous avons un passage des pronoms personnels aux pronoms indéfinis : « quelque chose « (v 9), « celui qui « (v 10), « il « (v 13). Il y a également un passage du futur au présent de vérité générale : « est-il rien de plus doux « (v 13), « celui qui n'aime pas, celui la se propose « (v 10), qui est une tournure proverbiale.  Soulignons que les références culturelles permettent également la généralisation des propos. Nous avons donc des références explicites : les Scythes (référence antique) : peuple barbare et non civilisés. Et aussi, Vénus au vers 13 : déesse de l'amour dans la mythologie latine. Puis nous avons les références implicites : l'épicurisme (Les poètes de la Pléiades sont très influencés par cette philosophie antique) qui tient son nom du philosophe grec Epicure. On retient souvent de cette philosophie la célèbre formule « Carpe Diem « (qui signifie profite du jour présent). Ici Ronsard invite donc Marie à profiter des plaisirs de l'amour et de l'existence. Cette invitation repose sur une conception de l'amour énoncée au présent de vérité générale et inspirée de l'épicurisme : amour plaisir et humanité sont indissociables. Ronsard propose donc une conception de l'amour très générale avec diverses références.  Nous verrons finalement, que cette poésie est loin d'être spontanée : l'anagramme du début se trouve être un jeu intellectuel inspiré de l'antiquité. Ronsard use à la perfection la technique du sonnet : chacun des lieux stratégiques du sonnet ont été utilisés : la volta et la chute qui provoquent un effet de suspense. Sa poésie repose donc sur une certaine érudition.    Nous pouvons conclure que ce n'est pas l'épanchement lyrique qui domine, car celui-ci se trouve « dompté « par la maitrise des techniques linguistiques et culturelles dont fait preuve le poète. Il s'élève à un degré de généralité qui dépasse alors l'expression des sentiments personnels. Nous avons là un poème très plaisant car il y a un jeu de mots, aussi bien sur les tons pour séduire que pour ceux pour convaincre. On peut cependant constater que Ronsard est resté ici, très conventionnel, aussi bien dans l'usage qu'il fait de la forme du sonnet que dans les références qu'il évoque. Les deux aspects, traditions et inventions, sont des caractéristiques de la poésie de la Pléiade qui cherche à imiter les auteurs de l'antiquité.

ronsard

« vers, donc à des endroits stratégiques.Dans un deuxième temps étudiant la variation des tonalités de la séduction.

Cela permet ainsi au poète de toucher à tous lesaspects de la sensibilité.

Nous remarquons que dans les deux quatrains, le ton est relativement léger.

La séduction est ici, avanttout d'ordre intellectuel car elle repose sur un jeu de mot.

Le terme du plaisir développé au début du poème, conserve uneconnotation positive.C'est dans les vers 9 à 12 que le ton devient sérieux : le propos général est donc bien plus sérieux.

Des termes privatifsapparaissent : « qui n'aime point » (v.10) et « sans goûter » (v.12).

Il y a aussi un jeu sur les sonorités qui permet de mettre envaleur certains thèmes.

Nous avons également l'assonance en « i » du vers 11 : « vie d'un Scythe ».

Elle met en valeur le contreexemple Scythe.Dans les vers 13 et 14 et la chute, nous avons un ton empreint d'émotion.

Il y a des exclamations : trois points d'exclamations,deux interjections et une phrase exclamative marquent l'émotion mal contenue du poète.

Il a aussi des questions oratoires.

Noustrouvons également deux nouveaux thèmes, qui ne se trouvaient pas dans les quatrains : le regret avec « Las » et la mort avec «trépasser ».

Nous avons un bouleversement du rythme, un contre rejet : « à l'heure / Que je n'aimerais point, puissé-je trépasser».

Nous avons un bouleversement de rythme interne au vers 13 : « Hé ! », coupures : 1, 8, 1 et 2 (au lieu de 6 et 6).

Le poète faitdonc un jeu sur les variations de ton pour séduire.Finalement, le poète tente de séduire par la sensualité.

Nous trouvons donc un vocabulaire relatif au plaisir avec une référence àla douceur au vers 12 : « douceur », « plaisir », « doux » (v 13).

C'est un appel à la sensualité.On peut voir que le poète cherche à tenter Marie.

« Douceur des douceurs » est un superlatif, mais aussi une hyperbole quidémontre l'intensité des sentiments de Ronsard.

Au vers 11, nous avons un ton sérieux.

L'enjambement et le vers 12 se trouventêtre des allusions au plaisir.

Il y a un effet de suspense, car le complément de manière est rejeté dans le second tercet : on passedonc de la privation à la volupté.

Nous avons une question rhétorique dans le vers 13 qui implique la destinataire : elle montrequ'il n'y a "rien de doux sans Vénus".Le poète met ainsi en œuvre différents moyens pour séduire sa belle.

Cependant, derrière une situation d'énonciation particulière,se cache une réflexion sur une conception bien plus large de l'amour.Ce sonnet se trouve également être une réflexion générale sur l'amour.

L'essentiel de ce poème est fondé sur un raisonnementinductif : on passe d'un cas particulier à quelque chose de plus général pour finir par revenir au cas particulier du début.

Le casparticulier sert en fait de tremplin à la réflexion générale ce qui permet de valider le cas particulier par sa valeur universelle.Nous pouvons donc voir dans un premier temps que ce poème lyrique contient donc de nombreuses marques de l'affectivité dupoète.

Notamment avec l'importance de la première personne : le « je » se trouve présent dans les deux quatrains, sous uneforme passive : « aimez-moi ».

On retrouve le « je » à la fin du poème, au vers 14.Nous trouvons aussi une pointe de pathétique dans ce poème avec à la fin, l'évocation de la mort.Continuons ensuite avec les procédés de généralisation qui permettent de dépasser le cas personnel.

Les marques grammaticalesde généralisation nous le montrent.

Nous avons un passage des pronoms personnels aux pronoms indéfinis : « quelque chose » (v9), « celui qui » (v 10), « il » (v 13).

Il y a également un passage du futur au présent de vérité générale : « est-il rien de plus doux» (v 13), « celui qui n'aime pas, celui la se propose » (v 10), qui est une tournure proverbiale.Soulignons que les références culturelles permettent également la généralisation des propos.

Nous avons donc des référencesexplicites : les Scythes (référence antique) : peuple barbare et non civilisés.

Et aussi, Vénus au vers 13 : déesse de l'amour dans lamythologie latine.

Puis nous avons les références implicites : l'épicurisme (Les poètes de la Pléiades sont très influencés par cettephilosophie antique) qui tient son nom du philosophe grec Epicure.

On retient souvent de cette philosophie la célèbre formule «Carpe Diem » (qui signifie profite du jour présent).

Ici Ronsard invite donc Marie à profiter des plaisirs de l'amour et del'existence.

Cette invitation repose sur une conception de l'amour énoncée au présent de vérité générale et inspirée de l'épicurisme: amour plaisir et humanité sont indissociables.

Ronsard propose donc une conception de l'amour très générale avec diversesréférences.Nous verrons finalement, que cette poésie est loin d'être spontanée : l'anagramme du début se trouve être un jeu intellectuelinspiré de l'antiquité.

Ronsard use à la perfection la technique du sonnet : chacun des lieux stratégiques du sonnet ont été utilisés :la volta et la chute qui provoquent un effet de suspense.

Sa poésie repose donc sur une certaine érudition. Nous pouvons conclure que ce n'est pas l'épanchement lyrique qui domine, car celui-ci se trouve « dompté » par la maitrise destechniques linguistiques et culturelles dont fait preuve le poète.

Il s'élève à un degré de généralité qui dépasse alors l'expressiondes sentiments personnels.

Nous avons là un poème très plaisant car il y a un jeu de mots, aussi bien sur les tons pour séduire quepour ceux pour convaincre.

On peut cependant constater que Ronsard est resté ici, très conventionnel, aussi bien dans l'usagequ'il fait de la forme du sonnet que dans les références qu'il évoque.

Les deux aspects, traditions et inventions, sont descaractéristiques de la poésie de la Pléiade qui cherche à imiter les auteurs de l'antiquité.. »

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