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Correction du texte de Freud « le moi n'est pas maître en sa maison »

Publié le 22/02/2012

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freud
- Ne pas formuler explicitement la thèse. La thèse est le sens général du texte, elle est ce en vue de quoi écrit l'auteur. (1) Sans la thèse, on ne peut pas espérer critiquer ou comprendre le texte. En effet, si on ignore le but d'un texte, il devient impossible de jauger la puissance des arguments (qui sont les moyens employés pour soutenir sa thèse). (2) Sans la thèse, l'explication tronçonne le texte en autant de petites phrases dépourvues d'unité globale. Bref, c'est le début de la paraphrase. - Dire que la formule « tu crois savoir » révèle une incertitude. C'est l'exact opposé. Je ne m'explique pas une erreur aussi grossière, si ce n'est par un manque de précision dans la lecture. - Commenter chaque adverbe ou verbe, ou inflexion, comme si la philosophie était à ce point inutile qu'elle ne servait qu'à répéter ce qui est dit dans le texte. A moins d'apporter une nuance importante, ce genre d'explication est vide de sens. - Dire que le « tu » du début du texte représente l'homme, ou le lecteur. L'énonciateur est la psychanalyse, et elle s'adresse au « moi ». Rater ça, alors que le texte est très explicite sur ce point, est un contre-sens à la fois facile à éviter (donc impardonnable) et lourd de conséquences, car c'est prendre la partie pour le tout (le moi conscient pour la totalité du psychisme) – et c'est précisément ce que critique Freud dans le texte.

freud

« (sans surmoi) est impossible.

Inconscient, conscience, ou surmoi, sont tous les faces d'une même médaille.

Si l'ontient à placer Freud en héritier de toutes ces théories tripartites de l'âme : c'est sans doute du Banquet de Platonqu'on pourrait le rapprocher, car comme pour Platon, l'âme est avant tout un équilibre, dont le principe est celui d'unarbitrage entre deux tendances contraires (cf.

l'image des chars).

L'inconscient n'est donc pas doué d'une volontépropre, qui viendrait perturber ou taquiner une volonté raisonnable.

A proprement parler, on ne peut pas dire quel'inconscient « veuille » quoi que ce soit.

Un inconscient séparé de la conscience serait incapable de vouloir quoi quece soit, puisque la volonté est précisément l'expression consciente d'un désir.

La recherche de plaisir n'est doncqu'un même mouvement commencé, poursuivi ou réfréné par l'inconscient puis la conscience et enfin le surmoi.- Ne pas commenter la dernière phrase, ou la commenter en trois lignes.

Tout le monde s'est épuisé en décorticagedes trois premières phrases, alors que la fin a été trop rapidement traitée.

C'est pourtant elle qui synthétise tout lesens du texte, autrement dit, c'est bel et bien la thèse.

Le double sens du mot « maître » est essentiel.

Car lemaître est celui qui connaît sa maison, mais aussi celui qui la contrôle.

Le rapport entre connaissance et contrôle desoi est donc explicite dans cette phrase, et c'est le coeur du texte (le thème de la connaissance incomplète de laconscience n'est que la première partie du texte).

Cette phrase est donc à la fois centrale et subtile car si le moin'est pas maître en sa maison, il reste tout de même le maître… La thèse de Freud n'est donc pas que lesimple constat d'une limite, elle représente un espoir : on peut être maître de soi-même tout en ne contrôlant pastout, ou en ne connaissant pas tout.- Dire que la psychanalyse est limitée, et que Freud admet son incapacité à guérir.

Plus haut dans le texte, lapsychanalyse promet la guérison, il serait donc contradictoire de lire à la fin comme un aveu de faiblessefondamentale.

Malgré tout, on peut lire dans la formule finale une certaine humilité.

La psychanalyse ne pourrajamais dompter ou livrer tous les secrets de l'inconscient.

Mais c'est oublier que le but de Freud n'est pas de nouslivrer tous les secrets de l'esprit, seulement de le guérir.

Et pour se guérir, il faut d'abord renoncer à croire que l'ondevrait tout savoir pour se guérir.

C'est le mal essentiel de l'esprit humain, car c'est la racine de toutes lespathologies : au lieu de comprendre notre esprit, on veut le dominer, et ce faisant, on ne comprend pas sesvéritables besoins.

Le remède était le poison (cf.

double sens du termeφάρμακον / pharmakôn).

Reconnaître son ignorance n'est donc pasune faiblesse (ou une critique de la psychanalyse), c'est un premier pas vers la guérison, car c'est un progrès versun véritable équilibre entre conscient et inconscient.

Ainsi, le paradoxe n'est qu'apparent : ne pas dompter lesforces de l'inconscient est justement ce qui les rend moins fortes et moins pressantes, puisqu'au lieu de lesmaîtriser, de les mater, de les censurer, on les réintègre et on les fait siennes. Sujet désiré en échange : Une oeuvre d'art peut elle ne pas etre belle?. »

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