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Publié le 23/02/2013

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LE PERSONNAGE DE ROMAN Le personnage est un élément essentiel du récit, « le point d'ancrage et l'intérêt majeur « selon un critique Vincent Jouve. Mais, au cours de l'histoire, il a connu des développements variés. Etymologie: « personnage « vient de « persona« signifiant « masque « : il désignait le rôle tenu par l'acteur dans le théâtre antique. Du théâtre, le mot est passé au récit pour désigner une personne fictive. \Des premiers récits (en prose ou en vers) jusqu'aux romans du 17ème siècle Dans les récits mythiques de l'Antiquité (L'Iliade de Homère; VIIIème ou IXème siècle av. J.C.), les contes, sagas (Gilgamesh, 2000 av. J.C.), les poèmes tels Le Roman de la rose, les romans courtois ou arthuriens, les chansons de geste (exploits guerriers: La Chanson de Roland, XIème siècle) ... , le personnage est un être fabuleux doté de multiples qualités, un héros souvent au sens grec: un demi-dieu tel Héraclès. Ce héros épique, Perceval le Gallois, Roland, neveu de Charlemagne ... accomplit des exploits qui font de lui une sorte de stéréotype chevaleresque. Ses qualités abstraites visent à un idéal: courage, générosité, force, vertu, foi en Dieu, en l'être aimé ... Les héros des romans précieux du 17ème siècle, davantage marqués par le sentiment, sont aussi des modèles de perfection: Le Grand Cyrus, Le Duc de Nemours, la Princesse de Clèves. Ces personnages sont peu décrits par des traits particuliers: ils correspondent à des stéréotypes soit de la beauté, soit de la force. Ce ne sont pas encore tout-à-fait des individus: ils le deviennent peu à peu. Du 17ème au 18ème siècle Le personnage quitte peu à peu les hautes sphères de la société et devient plus populaire. Le Roman bourgeois (bourgeois = habitant d'un bourg) de Furetière (1666) ou Le Roman comique de Scarron (1657) mettent en scène des personnages des campagnes ou des villages. Le Picaro, personnage né en Espagne (Lazarillo de Tornès - 1554, Don Quichotte de Cervantès en est une parodie) devient à la mode: un vagabond débrouillard, rusé, courageux mais volontiers rebelle à la société. Lesage en fait son héros Gil Blas en 1715, et Jacques Je fataliste de Diderot en est un autre exemp...

« Le personnage colle davantage à la réalité sociale ou politique; il prend des allures plus réalistes et moins stéréotypées.

Il peut s'élever dans la hiérarchie sociale: La Vie de Marianne (1742) et Le Paysan parvenu (1735) de Marivaux.

Mais il peut aussi être la victime de la société: Manon Lescaut de l'Abbé Prévost (1731) ou Paul et Virginie (1789) de Bernardin de Saint-Pierre.

Le personnage évolue alors: il change au cours du récit et le roman d'apprentissage apparaît.

Il n'est plus un être monolithique idéalisé: il se transforme, change au cours de l'existence que le romancier lui invente.

Candide, chez Voltaire, fait son apprentissage de la dure existence et acquiert une sagesse en fin de récit: « Il faut cultiver son jardin », vivre heureux avec son entourage et le peu que l'on possède et savoir l'apprécier.

Robinson Crusoë, chez Daniel Defoe, tente une utopie pour fuir la société anglaise du 18ème siècle.

\t Du 19ème siècle à la première moitié du 20ème siècle Le roman devient roi et les personnages foisonnent .

Il est complètement immergé dans la société.

Balzac, pour construire ses personnages, veut « faire concurrence à l'état civil» : ses personnages ont tout des êtres réels.

Et Balzac va plus loin: d'un roman à l'autre les mêmes personnages reviennent (Rastignac) et surtout, entre deux romans, ils ont vieilli, vécu, comme dans la vie.

Le roman est « un miroir que l'on promène avec soi» dira Stendhal.

Vêtements, domicile, psychologie, habitudes alimentaires, métier, sexualité ...

rien n'échappe à son auteur démiurge ( = dieu) ni au lecteur.

Ses descriptions enflent à l'excès comme la galerie de personnages qui commence Le Père Goriot .

Autrefois, sa description était inexistante: à qui ou à quoi ressemble Perceval ? Et Enée ? De Madame de La Fayette on ne peut nommer que la grâce, mais sa pointure? Et le lecteur finit parfois par confondre réalité et fiction: lorsque Conan Doyle veut cesser d'écrire les histoires de son héros Sherlock Holmes (1879), c'est un tollé général en Angleterre et le romancier cède: il le fait revivre et son domicile fictif continue d'être visité au 221b Baker street ! Autre exemple: la mort fictive de Werther, héros des Souffrances du jeune Werther , roman de Goethe, aurait déclenché une épidémie de suicides dans l’Allemagne de 1774! L'illusion réaliste est totale.

Le personnage évolue alors dans toutes les sphères de la société: aristocratie (Raphaël de Valentin, dans La Peau de chagrin de Balzac), bourgeoisie provinciale ( Eugénie Grandet de Balzac), ou bien les deux (Julien Sorel dans Le Rouge et le noir de Stendhal), monde ouvrier (Etienne Lantier dans Germinal de Zola), monde paysan ( François Le Champi chez George Sand).

Chez Zola, il devient un élément d'une vaste famille dans une fresque sociale: les Rougon-Macquart .

Dans la première moitié du 20ème siècle, le phénomène s'accélère.

Marcel Proust devient le propre personnage d'une quête familiale: La Recherche du temps perdu , Le Temps retrouvé (sept volumes 2. »

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