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l'homme peut-il se définir comme un "animal fabricateur d'outils" ?

Publié le 24/11/2005

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L'homme, singe nu, se protège et évolue dans son milieu grâce à des outils. 2)      On définit souvent l'homme comme animal rationnel, mais l'origine de l'intelligence procède selon Bergson de cette capacité à produire des outils. L'intelligence saisit les déterminations de la matière pour inventer des outils et les utiliser. 3)      Le monde humain est un monde technique, il se distingue de la nature en tant qu'il est aménagé par et pour l'homme. L'élément essentiel du monde humain est donc l'outil.       II : Le fabricant et l'outil.   1)      En définissant l'homme par l'outil, on confond la substance et l'accident. L'outil procède de l'homme, mais l'homme procède-t-il de l'outil ? Cela est moins évident. Il ne faudrait pas confondre l'effet et la cause.
  • Introduction :

Il n'est pas aisé de définir l'homme. L'homme est le plus évolué des êtres vivants, il appartient à la famille des hominidés et à l'espèce « homo sapiens «. Cela constitue une certaine description de l'homme, mais pas sa définition au sens de son essence. Qu'est ce qui définit l'homme, quelle est l'essence de l'homme ? On dit souvent que c'est sa capacité à raisonner, ainsi, l'homme serait par essence « animal rationnel «, mais sa rationalité n'est elle pas au service d'une détermination plus profonde ? Il semble que si l'homme raisonne, c'est pour construire et aménager son monde. L'homme se définirait donc par l'outil, c'est-à-dire par les objets qu'il fabrique pour mettre les forces de la nature à son service.

Mais peut être allons nous trop vite : ce n'est pas par ce que l'outil se définit par l'homme que l'homme se définit par l'outil. L'essence de l'homme est mystérieuse, le définir comme fabricant ne rend pas compte de certaines de ses déterminations comme par exemple le désir.

  • Problématique :

L'espèce humaine se caractérise par le fait qu'elle fabrique des outils, mais cela suffit-il pour définir l'homme par l'outil ?

« III : L'homme est il définissable ? 1) « L'existence précède l'essence » dit Sartre.

Dans la théorie existentialiste, l'homme n'est pas prédéfini par une essence, il est ce qu'il devient.

Dans ce sens, l'homme est unepure puissance qui ne peut se définir que par ses actes.

Or l'existencede l'homme ne consiste pas qu'à fabriquer des outils. Une philosophie existentialiste se définit par le fait qu'elle posel'existence avant l'essence et de la sorte définit la condition humaine.Les objets matériels dérivent d'un concept, répondent à une finalité —ce à quoi l'objet va servir — et à un ensemble de règles techniques.Pour tout ustensile, l'essence précède l'existence, et son existence nevaut que dans la mesure où elle réalise l'essence, c'est-à-dire parrapport à l'idée qui a permis de la concevoir et de la produire.

Dans lathéologie traditionnelle, on voit en Dieu une sorte d'artisan supérieurqui a créé le monde et les hommes à partir d'une idée, d'un projet.Lorsque Dieu crée, il sait au préalable ce qu'il crée.

Chaque individuréalise un certain concept contenu dans l'entendement divin.

Au xviiiesiècle, au concept de Dieu a succédé le concept de nature humaine,chaque homme étant un exemplaire particulier d'un concept universel :l'Homme.

Du point de vue de l'idée ou de l'essence, c'est-à-dire dansle fond, tous les hommes sont semblables, quels que soient leurculture, leur époque ou leur statut social.

Pour l'existentialisme athéetel que l'a pensé Sartre, Dieu n'existe pas, il n'y a pas d'origine uniqueau monde, ni de référent suprême.

Il y a un donné d'origine : la réalitéhumaine, soit des individus qui d'abord existent avant de se définir par concepts.

On surgit dans le monde etl'on se pense ensuite.

Si l'homme est a priori indéfinissable, c'est qu'a priori il n'est rien tant qu'il ne s'est pasfait lui-même par un engagement dans le monde : "L'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait." 2) Si l'homme a une essence, celle-ci est insondable, elle est trop complexe.

L'homme peut aussi bien se définir par le désir que par l'outil.

En effet, la détermination la plus profonde de l'homme est peut être soninlassable désir. Pour Spinoza, « le désir est l'essence même de l'homme, en tant qu'elle estconçue comme déterminée, par une quelconque affection d'elle-même, à fairequelque chose ».

Le désir est le terme générique englobant tous « les efforts,impulsions, appétits et volitions de l'homme ».

Il constitue l'essence del'homme parce qu'il est le mouvement même par lequel ce dernier s'efforce depersévérer dans son être.

Chacun désire ce qu'il juge utile à la conservationde son être et susceptible d'en accroître la perfection, c'est-à-dire ce qui luisemble bon, ce qu'il aime.

En revanche, il désirera éviter ou détruire ce qui luiparaît faire obstacle au maintien de son être ou entraîner sonamoindrissement.

Ainsi « chacun désire ou tient en aversion nécessairementpar les lois de sa nature ce qu'il juge être bon ou mauvais ».

Le désir est doncune disposition naturelle, et tout désir est en soi légitime.

Cependant ce quel'homme désire parce qu'il le juge comme lui étant utile n'est pasnécessairement ce qui lui est vraiment utile.

C'est que communément «chacun juge selon son propre sentiment ce qui est bon, ce qui est mauvais »,non selon sa droite raison.

Or le sentiment, en tant que passion de l'âme, estune « idée inadéquate », c'est-à-dire mutilée et confuse, et qui est donccause d'erreur et de fausseté.

C'est pourquoi les hommes, en croyantobserver leur intérêt, désirent souvent comme utile ce qui leur est en faitnuisible. LE « CONATUS » OU EFFORT DE L'ÊTRE. Rien ne va au néant.

Le nihilisme est absurde : « Nulle chose ne peut être détruite, sinon par une causeextérieure » (Éthique, III, P.

4).L'essence d'une chose est une manifestation limitée de l'essence de la Cause de soi, qui est puissance infinie :« Tant que nous considérons seulement la chose elle-même, et non les causes extérieures, nous ne pouvonsrien trouver en elle qui puisse la détruire » (ibid.).De là découle la proposition 6, justement célèbre: « De par son être, chaque chose s'efforce de persévérerdans son être » L'être est désir d'être. « Cet effort, rapporté à l'esprit seul, s'appelle volonté ; mais quand il se rapporte à la fois à l'esprit et au. »

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