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Nos décisions sont-elles fondées sur la raison ou sur les émotions ?

Publié le 22/02/2012

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Les philosophes ont adopté des conceptions fort différentes du rôle respectif des émotions et de la raison. Platon, le premier auteur ayant élaboré une analyse systématique du fonctionnement humain, considérait que les émotions étaient une composante inférieure que la raison, bonne par essence, devait maîtriser. Cette idée sera reprise par Descartes et Kant, mais remise en cause par Pascal qui, certes, valorise la raison, mais déclare également que « le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point » et qui estime que la vraie foi consiste à aimer un « Dieu sensible au coeur, non à la raison ».

« 2.

LES MARQUEURS SOMATIQUES Pour expliquer ce rôle des émotions dans la prise de décision, Damasio propose le concept de « marqueurs somatiques ».

Certaines zones cérébrales, essentiellement le cortex préfrontal et l'amygdale, se trouvent activées par des stimulations primaires (la sensation agréable ou déplaisante qui accompagne une perception ou une action) et secondaires (le souvenir et/ou l'imagination de ces sensations).

Damasio désigne cette perception sous le nom de « marqueur », car elle agit à la façon d'un repère, et la qualifie de « somatique » puisqu'elle concerne le corps ( soma est le nom du corps en grec).

Un marqueur somatique fonctionne comme un signal d'alarme automatique qui dit, par exemple : « Attention ! Ce choix risque de conduire à un résultat néfaste », ce qui incite la personne à envisager une autre solution. Damasio ne rejette toutefois pas le raisonnement dans la prise de décision. Selon lui, les marqueurs somatiques, liés aux émotions, nous permettent d'éliminer automatiquement, sans même y réfléchir, un certain nombre d'options, ce qui facilite ensuite le travail de raisonnement. 3.

NOTRE CERVEAU CONFRONTÉ À DES DILEMMES L'hypothèse des marqueurs somatiques a reçu de multiples confirmations, en particulier dans des études portant sur des dilemmes moraux.

Voici une expérience particulièrement troublante à cet égard1.

On présente à des sujets le texte suivant : « Un bus se dirige vers cinq personnes qui seront tuées s'il continue sur sa trajectoire. Le seul moyen de les sauver est de donner un coup de volant qui modifiera la trajectoire du bus, et il tuera une seule personne au lieu de cinq.

Devriez-vous dévier le bus afin de sauver cinq personnes aux dépens d'une ? » La plupart des gens répondent oui. Les chercheurs présentent parallèlement à d'autres personnes la situation suivante : « Un bus se dirige vers cinq personnes qui seront tuées s'il continue sur sa trajectoire.

Vous vous tenez debout près d'une forte personne que vous ne connaissez pas, sur un pont qui enjambe la rue, juste entre le bus qui arrive et les cinq personnes.

Le seul moyen de les sauver est de pousser cet étranger par-dessus la passerelle.

Il mourra si vous le faites, mais son corps arrêtera le bus et empêchera celui-ci de toucher les cinq personnes.

Devriez-vous sauver les cinq personnes en poussant cet inconnu ? » La plupart des gens répondent non. Par ailleurs, il leur est très difficile de fournir une justification rationnelle satisfaisante à cette différence.

En fait, la principale différence entre les deux situations n'est pas d'ordre rationnel, mais émotionnel : pousser soi-même directement quelqu'un vers la mort est un acte plus significatif émotionnellement. »

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