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Peut-on être objectif envers soi-même ?

Publié le 31/07/2009

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Peut-on être objectif envers soi-même ?

 Le souci que nous avons envers nous-mêmes n’est pas d’être objectif mais d’être authentique. Le but du sujet n’est pas de se connaître mais d’exister pleinement et authentiquement. Il s’agit de se choisir et non de connaître ce qui serait donné d’emblée. La fidélité à soi n’est pas la cohérence d’une représentation à son objet comme lorsqu’on dit qu’un portrait est fidèle à son modèle. Par-delà les contradictions que soulève toute existence, l’authenticité est le respect du sujet à l’égard de ses propres choix de vie. Poser la question de l’objectivité du sujet envers lui-même c’est le renvoyer à ce qu’il n’est pas c'est-à-dire un objet du monde dont la connaissance pourrait totalement rendre raison. Il y a une illusion à penser que le sujet puisse se prendre pour son propre objet d’étude. L’opposition entre le subjectif et l’objectif nous a conduit à montrer que le sujet ne saurait entretenir avec lui-même un rapport de connaissance fondée sur l’objectivité.

« Le sujet ne peut pas sortir de lui-même pour se penser d’après un point de vue absolu.

Comme le fait remarquerComte : « On ne peut pas se mettre à la fenêtre pour se regarder passer dans la rue ».

Le sujet porte toujours unregard subjectif sur lui-même.

La connaissance de soi marque une réelle différence avec la connaissancescientifique.

Pour Popper la connaissance scientifique est objective au sens où le sujet connaissant n’y tient aucuneplace.

La science est le monde des constructions objectives de l’esprit.

Si je veux atteindre une objectivité, je doistrouver un autre moyen.

La tentative de connaissance de soi passe nécessairement par la médiation d’autrui.

« Pourobtenir une vérité quelconque sur moi, dit Sartre, il faut que je passe par l’autre.

L’autre est indispensable à monexistence, aussi bien d’ailleurs qu’à la connaissance que j’ai de moi ».

Autrui apparaît alors comme un miroir qui merenvoie une image que je ne pourrais pas connaître dans la solitude. Ne pas pouvoir être objectif envers soi-même ne signifie pas nécessairement l’échec du sujet à échapper à la prisonde la subjectivité.

En effet les vérités profondes sur soi ne se découvrent pas d’après le modèle scientifiqued’objectivité mais relèvent d’une interprétation de soi que seul le sujet peut entreprendre. Se considérer sur le mode de l’objet à connaître relève de la mauvaise foi.

L’homme qui prétend se connaître commeil connaît les choses veut fuir sa réalité de sujet irréductible au monde des objets.

Cette attitude consiste à refuserl’absolue liberté du sujet qui n’est que ce qu’il veut être.

Le sujet n’est pas une chose dont on pourrait saisirl’essence de l’extérieur comme on donne la définition du triangle et ses propriétés.

L’identité humaine n’a rien à voiravec l’identité logique de l’objet qui coïncide parfaitement avec lui-même.

Il s’agit de correspondre, non à ce qu’onest mais à ce qu’on veut être.

Sartre critique la psychanalyse qui étudie le sujet comme un objet de sciencerépondant à des lois et mécanismes psychiques.

Freud voit dans l’objectivité du sujet envers lui-même uneconversion thérapeutique qui délivre de la névrose.

L’analyse est une libération de soi.

L’éclairage sur soi est letravail du moi rationnel et logique qui doit dompter les forces aveugles du « ça » : « Wo Es war soll Ich werden »(« où était le ça le moi doit advenir »).

Cette vérité est délivrée par le langage inconscient.

Pour Sartre le sujet nedécouvre aux côtés du psychanalyste que ce qu’il savait déjà sur lui.

Cette objectivité qu’il croit découvrir atoujours été en lui mais il se la masquait pour la fuir.Les vérités du cœur ne peuvent être percées à force d’équations.

Pascal voyait là l’opposition du cœur et de laraison.

Cette raison risque bien de vaciller à la vue de la complexité intérieure de l’être humain.

Il y a quelque chosed’obscène à vouloir plaquer sur la subjectivité une objectivité qui ne la concerne pas.

Le souci de rationalité est uneexigence étrangère au cœur humain.

C’est le message de Kierkegaard qui a voulu contre Hegel en particulier que l’onconsidère le sujet pour lui-même et non d’après les critères rationnels de la vérité scientifique à la fois objective etdémontrable.

Le souci que nous avons envers nous-mêmes n’est pas d’être objectif mais d’être authentique.

Le butdu sujet n’est pas de se connaître mais d’exister pleinement et authentiquement.

Il s’agit de se choisir et non deconnaître ce qui serait donné d’emblée.

La fidélité à soi n’est pas la cohérence d’une représentation à son objetcomme lorsqu’on dit qu’un portrait est fidèle à son modèle.

Par-delà les contradictions que soulève toute existence,l’authenticité est le respect du sujet à l’égard de ses propres choix de vie. Poser la question de l’objectivité du sujet envers lui-même c’est le renvoyer à ce qu’il n’est pas c'est-à-dire un objetdu monde dont la connaissance pourrait totalement rendre raison.

Il y a une illusion à penser que le sujet puisse seprendre pour son propre objet d’étude.

L’opposition entre le subjectif et l’objectif nous a conduit à montrer que lesujet ne saurait entretenir avec lui-même un rapport de connaissance fondée sur l’objectivité.. »

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