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Science et religion ?

Publié le 27/02/2008

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religion

Pie X (1903-1914) met un terme à cette relative ouverture. Il refuse la séparation de l’Église et de l’État ordonnée par le gouvernement français. Il s’insurge contre la notion de souveraineté populaire. En 1910, il condamne un mouvement chrétien, Le Sillon, créé par Marc Sangnier, qui veut réconcilier la République et les chrétiens. Il favorise les «intégristes», ceux qui veulent conserver dans son « intégrité » la doctrine de l’Église.

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« Termes du sujet: SCIENCE : Ensemble des connaissances portant sur le donné, permettant la prévision et l'action efficace.

Corps de connaissances constituées, articulées par déduction logique et susceptibles d'être vérifiées par l'expérience. PROGRESSER /PROGRÈS:* Progresser: évoluer du moins bien vers le mieux, (s') améliorer.* Progrès: 1) Passage graduel du moins bien vers le mieux, évolution dans le sens d'une amélioration.

2) Le Progrès:marche en avant de la civilisation, par le biais du développement des sciences et techniques. Foi:Du latin fides, « confiance », « croyance ».a) Adhésion ferme de l'esprit à une vérité révélée, ou à un ordre de choses dépassant le simple domaine del'expérience (exemple : la foi religieuse).

b) En morale, fidélité à un engagement.

c) Mauvaise foi : chez Sartre,mensonge que l'homme se fait à lui-même, pour ne pas voir une vérité déplaisante. Il y a certainement une contradiction entre sciences expérimentales et foi religieuse.

Par leurs objets, leursdémarches, leurs buts ultimes, ces deux approches du monde suivent des axes contraires.

Cette contradiction peutse lire dans l'histoire réelle des conflits entre les Églises et le monde scientifique; la fameuse « affaire Galilée » n'enest qu'un épisode spectaculaire.Mais peut-on parler d'une véritable guerre d' « influences » entre religion et sciences ? Peut-on supposer que lapremière recule en cédant du terrain lorsque les secondes progressent ? Là encore, l'histoire des idées semblecorroborer cette idée.

Mais les choses sont peut-être moins simples; on remarque par exemple que les espoirs dedisparition de la religion fondés par un certain positivisme sur le progrès des connaissances ont été déçus.L'existence de savants qui sont également croyants, l'apaisement récent du conflit entre hommes de science etreligieux nous incitent à penser que l'antagonisme n'est pas aussi absolu qu'il y paraît.Il faut donc examiner sur quel terrain a lieu l'affrontement, quels sont ses enjeux, ses contenus et, peut-être, seslimites.La foi religieuse vise à un accès « sentimental » à Dieu ; Pascal définit la foi : « Dieu sensible au coeur, non à laraison.

» Refusant toute démonstration, preuve ou vérification, la foi se satisfait de sa certitude subjective (il existebien des preuves de l'existence de Dieu, mais elles sont l'oeuvre de la raison, non de la foi, qui est assez forte pours'en passer).

Il faut ajouter que la foi religieuse s'appuie sur des textes sacrés ; cette référence à des textess'autorise d'une origine divine de ces textes.

Bien que des textes comme le chapitre de la Genèse dans l'AncienTestament n'aient en aucune façon le statut de textes scientifiques, ils partagent néanmoins avec les sciencescertains objets (ici : l'apparition du monde et de l'homme).Il est assez clair que tous les éléments sont réunis pour un conflit de la foi religieuse avec les sciencesexpérimentales, qui visent à une connaissance rationnelle de la réalité, démarche qui ne tolère aucun appel àquelque principe d'autorité que ce soit.

A ces éléments on doit ajouter le fait primordial suivant : de tous temps lesÉglises (au premier rang desquelles la catholique) ont constitué des pouvoirs au sein de la société ; face à cespouvoirs d'une puissance extraordinaire, les sciences n'ont que très tardivement réussi à imposer leurs structures de« contre-pouvoirs ».Les noms de Copernic, Giordano Bruno, Galilée, Darwin, Freud, jalonnent la longue histoire du conflit entre scienceset religion.

Mais peut-on affirmer que cette « guerre idéologique » a consacré un recul de la foi religieuse face auxavancées des sciences expérimentales ? Ce n'est là qu'une question de fait, mais qui a son importance.

La réponsedoit être nuancée.

Globalement, il est clair que la religion a cédé du terrain, au fur et à mesure que les sciencesinvestissaient de nouveaux champs de la réalité, de nouveaux objets.

La religion s'est absentée définitivement de lacompréhension de la nature.

Mais la foi religieuse ne s'est nullement dissipée à la lumière des sciences, commel'espéraient certains penseurs du siècle des Lumières, ou des « scientistes » du XIX e siècle ; elle s'est plutôtdéplacée.Cette question historique pourrait donner lieu à une étude très approfondie, qu'on ne peut mener ici.

Mais elle nepermet pas du tout d'éluder la question de droit : peut-on légitimement demander à la foi religieuse de s'effacerdevant le progrès des sciences expérimentales ? Est-on en droit de prétendre que les découvertes, en particulier lesplus récentes, de ces sciences rendent caduque toute attitude religieuse ? En un mot : la foi est-elle dépassée (ausens historique) par le progrès scientifique ?Le progrès des sciences expérimentales concerne en fait deux aspects une connaissance de plus en plus précise etfine, donc plus objective, des réalités qu'elles étudient, et la découverte de nouveaux objets, de nouveauxdomaines.

Tout au long de son développement historique, la science a expulsé la foi religieuse des domaines qu'elleprétendait légitimement occuper; ce mouvement a débuté par l'astronomie (avec Galilée, bien que cettepériodisation soit peu précise).

s'est poursuivi avec toute la physique puis la biologie.

Un coup fatal a été porté auxprétentions de la religion lorsque la théorie de l'évolution (Darwin) a revendiqué un champ théorique jusque-làréservé : l'origine et le développement des espèces, y compris l'humaine.

La religion (en particulier catholique) n'apas tout de suite accepté les conséquences irréversibles de cette avancée scientifique ; mais un tournant capitalavait été pris : la foi religieuse allait désormais devoir comprendre qu'aucun domaine du savoir ne lui est en droitdéfinitivement réservé.

Les croyants et théologiens les plus lucides ont alors identifié la conception dépassée qu'ilfallait rejeter : l'idée selon laquelle Dieu pourrait servir d'explication dans les domaines où la connaissancescientifique se trouvait provisoirement en défaut.

Certes, les sciences expérimentales présentent des lacunes ; maisrecourir à Dieu dans ces zones de faiblesse » du savoir scientifique, c'est se condamner à décamper un jour oul'autre.L'histoire du progrès des sciences expérimentales montre donc que celui-ci impose toujours un recul à la foi lorsque. »

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