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Les théorie de la connaissance: dogmatisme, scepticisme, rationalisme ?

Publié le 31/07/2009

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De la façon la plus générale, le problème de la connaissance pourrait se formuler ainsi : pouvons-nous connaître le réel ? Pouvons-nous le comprendre ?

 

  • A. - Le dogmatisme vulgaire et le scepticisme

L'homme donne spontanément une solution au problème de la connaissance (et cela sans même le poser). Cette solution est celle du dogmatisme. Le sens commun croit que nous pouvons connaître le réel (il estime en effet que les objets que nous percevons existent, et existent tels que nous les percevons). Il croit que nous pouvons le comprendre (l'habitude lui tenant ici lieu de raison).

Ce sont les sophistes grecs qui, cessant de considérer les seuls objets de notre connaissance, se tournèrent vers le sujet connaissant et, mettant en cause notre croyance en la réalité du donné, se demandèrent ce que valait notre savoir. Alors apparut véritablement l'attitude philosophique: celle-ci, on le voit, commence avec le doute.

 

« l'universalité, de la nécessité de ses lois.

C'est cette certitude des sciences que Kant veut légitimer et expliquer. Pour cela, il remonte de l'expérience aux conditions de l'expérience et montreque, pour que l'expérience telle qu'elle se présente soit possible, il faut que leréel soit élaboré par l'esprit.

C'est ainsi que, selon Kant, les choses, pourpouvoir être pensées, doivent d'abord être pliées aux formes a priori de lasensibilité : l'espace et le temps ; puis elles sont soumises aux catégories del'entendement, qui introduisent la liaison et l'unité dans le donné de l'intuitionsensible.

C'est donc l'esprit qui construit sa connaissance.

L'esprit n'est plus iciconsidéré comme une faculté de contemplation, mais comme une puissanceactive, qui ne peut penser le réel qu'en le construisant selon ses exigencespropres.

Le monde donné et pensé n'est pas le monde réel, puisqu'il est déjàélaboré par l'esprit.

La science ne porte donc que sur le relatif, sur lesphénomènes ; mais nous sommes assurés que ses lois seront toujoursvérifiées, que toute expérience leur sera soumise, puisque le divers del'intuition sensible sera toujours lié selon les mêmes règles a priori.

Par contre,nous ne pourrons atteindre le noumène, la chose en soi.

La métaphysique etle dogmatisme sont donc en échec.

Les principes de la raison sontrégulateurs, non ontologiques.

Valables quand ils s'appliquent à la matière del'intuition sensible, ils conduisent, dès qu'ils veulent dépasser ce domaine, àdes constructions illusoires.

Tel est le criticisme relativiste de Kant. E.

- Les théories modernes a) Beaucoup de penseurs modernes ont jugé, comme Kant, que toute métaphysique était impossible, que laconnaissance humaine était relative, et que sa forme achevée était la science.

Ainsi, Comte déclare que l'hommedoit abandonner toute métaphysique et ne plus étudier que les phénomènes et leurs lois.

La connaissancescientifique ne peut être dépassée.

Du reste, elle suffit à la pratique et satisfait le besoin d'unité de l'esprit.

L'étatpositif, caractérisé par l'abandon de toute métaphysique, est donc définitif. b) Mais beaucoup de philosophes sont, après Kant, revenus à la métaphysique, soit par la voie du rationalisme, soitpar celle de l'intuition.

On peut en effet tenter de dépasser la critique kantienne de deux façons : ou en essayantde montrer que la construction qu'opère l'esprit est celle du réel lui-même, ou en s'efforçant d'atteindre le réel àtitre de pur donné, indépendamment de toute construction.

La première voie est celle de l'idéalisme post-kantien.Ainsi, pour Hegel, l'idée n'est pas seulement, comme pour Kant, régulatrice: elle est en fait l'être réel et total.

Il y aidentité de la pensée et de l'être : «ce qui est rationnel est réel, ce qui est réel est rationnel».

On parvient ainsi àl'idéalisme absolu. c) La seconde voie est celle des philosophies de l'intuition.

Ainsi, selon Bergson, les échecs de la métaphysiqueviennent de ce qu'elle a toujours suivi la voie de l'intelligence.

Bergson croit pouvoir atteindre l'absolu par une autrevoie, en quelque sorte expérimentale.

L'intelligence, en effet, est faite pour l'action.

Elle déforme le réel en lemorcelant, le simplifiant, l'immobilisant.

Elle perd de vue l'unique et l'individuel pour le général, le continu pour lediscontinu.

Elle considère les choses du dehors et n'atteint que le relatif.

Mais à côté de l'intelligence se trouvel'instinct, qui est « sympathie », et peut nous conduire au-dedans des choses.

C'est grâce à l'instinct que nouspourrons atteindre le réel.

Mais l'instinct est aveugle, il faut l'éclairer, l'élargir, le rendre conscient.

Cette utilisationintellectuelle de l'instinct constitue l'intuition.

Par elle, nous atteindrons l'absolu.

Libérons-nous, par conséquent, detout ce qui, dans la représentation que nous avons du monde, est construit, retournons aux données immédiates.Essayons alors de coïncider du dedans avec ce que l'objet a d'unique, d'inexprimable.

Prenons conscience de notredurée, qui est continuité pure et ineffable.

Nous serons ainsi au cœur même du réel. d) On peut remarquer cependant que, après ou avant Kant, aucun système de métaphysique n'a réussi à s'imposer.Au contraire, la science fait de jour en jour des progrès, et ses résultats sont admis par tous.

On peut considérer,par conséquent, les résultats généraux de la critique kantienne comme valables.

Les attitudes premières de laphilosophie de la connaissance doivent être abandonnées : le scepticisme ne peut être maintenu (ou on ne peutdénier toute valeur à la science) ; le dogmatisme pur doit, lui aussi, être rejeté (car l'esprit ne peut, semble-t-il,atteindre l'absolu).

On parvient ainsi à une sorte de rationalisme mitigé, admis par bien des modernes.

La raison est,de nos jours, souvent tenue pour une faculté souple, construisant la connaissance, mais s'adaptant elle-même,dans une certaine mesure, à un réel qui lui demeure étranger. Scepticisme et dogmatisme avaient ceci de commun qu'ils posaient le problème de la connaissance comme celui durapport d'un esprit et d'un réel en soi, conçus comme une fois pour toutes constitués : dès lors il s'agissait de savoirsi l'esprit peut ou non atteindre le réel.

Mais la science nous a habitués à l'idée d'une connaissance procédant parapproximations successives, d'une vérité relative et sans cesse en progrès.

On peut admettre, par conséquent, quesi l'esprit ne peut, à proprement parler, atteindre le réel, il peut penser selon lui et cela de façon de plus en plusexacte.

On peut penser que, si le réel en soi n'est pas connaissable, quelque chose en lui répond à notre espace, ànotre temps, à nos lois, et à tout ce que contient notre connaissance.

Le problème des rapports de l'esprit et duréel est celui de la nature de la vérité.. »

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