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Trompeur de Séville et le Convive de pierre, le [Tirso de Molina] - résumé et analyse.

Publié le 14/05/2013

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Trompeur de Séville et le Convive de pierre, le [Tirso de Molina] - résumé et analyse. 1 PRÉSENTATION Tirso de Molina, le Trompeur de Séville CATHERINON. -- Enfin, prétends-tu vraiment jouir de la chair de Thisbé ?DON JUAN. -- Si l'abus est ma vieille habitude, que me demandes-tu, sachant mon caractère ?CATHERINON. -- Je sais bien que tu es le châtiment des femmes.DON JUAN. -- Pour Thisbé je me meurs : c'est une jolie fille.CATHERINON. -- Le beau paiement que tu réserves à son accueil !DON JUAN. -- Sot ! Énée en fit de même avec la reine de Carthage.CATHERINON. -- Vous qui feignez de cette sorte et qui dupez ainsi les femmes, la mort vous le fera payer.DON JUAN. -- Bien lointaine est votre échéance ! À quel juste titre on t'appelle Catherinon. Le Trompeur de Séville, Acte I (v. 1625), de Tirso de Molina. Éditions Aubier-Flammarion, 1968, pour la traduction. © Microsoft Corporation. Tous droits réservés./© Microsoft Corporation. Tous droits réservés. - résumé et analyse. Trompeur de Séville et le Convive de pierre, le [Tirso de Molina] (El Burlador de Sevilla y Convidado de piedra), drame religieux en trois journées et en vers attribué à Tirso de Molina (v. 1625), édité en 1630, première manifestation littéraire du mythe de Don Juan. La pièce, en effet, présente, réunis pour la première fois, les « invariants « (J. Rousset) constitutifs du mythe de Don Juan : le séducteur, le groupe des femmes et la mort ; elle suit le modèle, traditionnel dans la comedia de l'Espagne baroque, de la division en trois journées et commence brutalement, de nuit, dans l'antichambre du roi de Naples : Don Juan, le visage couvert, sort des bras de la duchesse Isabelle. Celle-ci croyait recevoir clandestinement le duc Octavio, qu'elle pensait épouser bientôt. Ses cris attirent le roi, qui confie prudemment l'affaire à l'ambassadeur d'Espagne ; comme ce dernier est l'oncle de Don Juan, pour éviter les complications, il laisse son neveu s'enfuir. Sur une plage de Tarragone, Don Juan échappe à un naufrage et est recueilli par des pêcheurs ; il s'enflamme pour Thisbé, une toute jeune fille qui méprise encore l'amour. À Séville, le roi promet de marier la fille du Commandeur à Don Juan. Dans le village des pêcheurs, Don Juan promet le mariage à Thisbé, pour mieux la gagner, puis s'enfuit. Le duc Octavio arrive à...
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« rôle positif, celui de fléau de Dieu, c’est-à-dire d’agent chargé de châtier ceux que son parcours personnel désigne comme coupables : en premier, les femmes.

« Et toi, monsieur, tu es sauterelle d’Égypte pour les femmes ! » lui dit Cataliñon.

Il faut le rappeler : aux yeux des contemporains de Tirso de Molina, les « victimes » séduites par Don Juan étaient toutes coupables ; les femmes cèdent trop facilement à qui les sollicite, les hommes se comportent en doubles du séducteur (Mota, Octavio), les pères de famille roturiers s’enorgueillissent de voir leur fille épouser un grand, et les représentants du pouvoir n’accomplissent pas leur mission, qui est de rendre scrupuleusement la justice. 3 LA FASCINATION DU SÉDUCTEUR Œuvre didactique et édifiante que le Trompeur de Séville ? C’était assurément l’ambition de son créateur.

Il n’empêche que le séducteur plaît et qu’il fascine, non seulement ses victimes féminines, ses amis, son valet, mais le spectateur lui-même.

Si l’on essaie d’oublier sa longue postérité littéraire, force est de constater que Don Juan a plu d’emblée aux Espagnols et aux Italiens, comme le prouvent les rares documents dont nous disposons.

Tirso de Molina accorde à son héros, pourtant chargé « d’accomplir le mal », un grand nombre de caractéristiques positives, qui seront désormais inséparables de Don Juan ; il suscite ainsi une admiration de l’ordre du fantasme, vite refoulée grâce à une fin trop redoutablement exemplaire. Il demeure que le séducteur est une nébuleuse complexe, et parfois contradictoire, d’images, de symboles et de forces que l’on peut rattacher aux figures du défi et de la révolte.

La volonté de vivre dans le présent et de renouveler sans cesse l’expérience de la conquête explique un trait caractéristique de la dramaturgie du Trompeur de Séville : les changements de lieux fréquents.

De l’Italie à l’Espagne, de la ville à la campagne, c’est la même séduction qui recommence ; la répétition (deux filles de paysans, deux filles nobles) constitue une autre manière de tenter de s’emparer de ce temps qui passe et que les bonnes âmes rappellent au séducteur pour l’amener à s’amender.

L’appétit du burlador est la métaphore de son appétit de vivre intensément, de sa soif de conquêtes féminines et de son énergie vitale : la fête donjuanesque est une fête des sens et le repas symbolise au mieux cette appropriation du monde dans la joie de l’instant.

Partant donc de l’image de la dévoration pour caractériser Don Juan, on comprendra mieux la mise en scène de la fin : le séducteur est englouti (dévoré) par la bouche des Enfers.

La volonté de s’emparer de l’instant pour y « coïncider » de tout son être explique aussi sa paradoxale sincérité : Don Juan, quand il aperçoit une silhouette féminine qui le charme, « prend feu » aussitôt et « meurt d’amour ».

Il est sincère, mais dans l’instant ; l’instant suivant, une autre belle l’« enflamme » et la précédente est oubliée dans un grand éclat de rire. Il reste, l’histoire littéraire le montre clairement, que ce qu’on appelle désormais « le mythe de Don Juan » va se développer prioritairement au théâtre, en raison d’une secrète affinité du personnage avec le métier et la situation de l’acteur.

Le burlador se laisse certes aller à l’émotion amoureuse, mais il ne perd jamais de vue son but et les moyens adaptés pour y parvenir.

Ce que montrent les nombreux apartés du texte : Don Juan, par ce biais, maintient le recul nécessaire et prend soin de rire de ce qu’il fait croire aux autres ; il reste en toute occasion, le maître du masque et du discours galant et triomphe (aisément) devant ses victimes des classes populaires. 4 LA PUISSANCE DU DÉFI Ce séducteur, d’ailleurs, est-il d’un abord et d’un langage si irrésistibles ? Les jeunes filles nobles ne se donnent pas à lui, mais à celui qu’elles aiment et dont il a pris la place ; un jeune seigneur, riche et puissant, qui promet le mariage à une modeste paysanne n’a que peu de peine à triompher.

La séduction de Don Juan, en fait, émane de toute sa personne et de son comportement : il y a dans le texte tout un réseau d’images qui assimilent Don Juan à un héros mythique aux dimensions surhumaines.

Qui s’oppose à lui doit céder ou disparaître ; l’épée à la main, devant un manant ou devant un de ses pairs, il s’impose : « Je donnerai la mort sans autre forme de procès à qui, sur mon chemin, voudrait s’interposer.

» Fléau de Dieu ou démoniaque luciférien, Don Juan, homme du défi, est celui qui ose et que la difficulté encourage à persévérer : l’amour chez lui naît aussi de l’obstacle, qu’il s’agisse d’entrer dans le lit d’une duchesse, à la barbe du roi, ou de séduire une jeune mariée le jour de ses noces.

Peut-être est-ce là la raison ultime de la fortune de ce personnage créé en plein cœur du Siècle d’or : l’auteur du Trompeur de Séville a sans doute involontairement suscité une logique d’ordre poétique et mythique qui dépassait de beaucoup les nécessités pédagogiques de la démonstration théologique. Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation.

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