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La décennie des œuvres du siècle : la littérature et le théâtre dans les années 20

Publié le 24/03/2019

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Marcel Proust, Thomas Mann et Rainer Maria Rilke, John Galsworthy et James Joyce, Bertolt Brecht et Ernest Hemingway : les << Années Folles n ont engendré des génies de la littérature qui nous ont laissé des œuvres capitales. Ce n'est que plus tard que l'on prendra conscience de l'importance du Tchèque Franz Kafka, né à Prague, et de l'Américain Ezra Pound, grâce à ses Cantos.

Le terme expressionnisme s'est introduit en Allemagne à partir de son usage dans la critique d'art et a fini par s'imposer en littérature pour désigner toute une génération d'écrivains et de poètes. Kurt Pinther, dans son anthologie du lyrisme expressionniste, Crépuscule et aube de l'humanité (1919), en recense les principaux représentants. Pinthus écrit : << Jamais dans la poésie mondiale on n'a crié si fort, de ce déchirant et vibrant cri, traduisant l'effondrement et la nostalgie d'une époque, que ces précurseurs et martyrs dont les cœurs ( ...) ont été transpercés par les tortures de la jeunesse damnée, de la société haïe, des années de meurtres imposées >>. Parmi les << précurseurs et martyrs >>, on trouve Georg Heym, Else Lasker-Schüler, Georg Trakl, Franz Werfel et bien d'autres. Beaucoup de ces vers pathétiques ne sont plus que des morceaux d'histoire. Pourtant, ils traduisent l'état spirituel et moral de l'époque.

 

Berlin, métropole du théâtre. Berlin est le foyer du théâtre, où exerce Max Reinhardt, né à Baden près de Vienne. Depuis 1919, il dirige le Grand Théâtre qui

 

Jean Cocteau (assis au piano) avec le Groupe des Six : Darius Milhaud, Georges Auric, Arthur Honegger, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc et Louis Durey

fait un triomphe en tournée aux États-Unis. Il fonde avec Hugo von Hofmann-sthal le festival de Salzbourg. Le talent de Reinhardt se révèle aussi bien dans un théâtre intime que dans de grandes scènes exaltantes.

 

En 1924, Reinhardt fait venir à Berlin un jeune homme originaire d'Augsburg qui vient d'interrompre ses études de médecine : il s'agit de Bertolt Brecht. Il avait déjà publié une pièce de théâtre, Baal (1918), et fêté un grand succès avec Tambours dans la nuit (première en 1922 à Munich). Brecht utilise le théâtre pour éclairer et changer le monde, avant même de devenir marxiste. Les effets de distanciation du théâtre épique lui permettent de chasser l'illusion chez le spectateur, de le rendre capable d'apprendre et d'évoluer. Avec Kurt Weill, Brecht écrit L'Opéra de quat' sous (1928) et Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny (1930).

« En Allemagne, on lit le nouveau roman de Thomas Mann, La Montagne magique : le jeune Hans Castorp rend visite à son cousin dans un sanatorium, et se trouve placé entre deux « précepteurs >> qui se disputent son innocence intellectuelle.

Mann mêle avec finesse l'existence luxueuse d'avant 1914 avec l'univers des sciences et des arts occidentaux.

Dans La Saga des Forsyte (1906-1921) ­ drame symbolique du profond conflit de tendances dans l'âme anglaise -John Galsworthy nous donne un document d'histoire et de psychologie sociales de la vie quotidienne pendant un demi-siècle.

Sagas nordiques.

l'Europe du Nord n'est pas en reste; depuis que le Norvégien Knut Hamsun a reçu le prix Nobel de littérature en 1920, on n'ignore plus les noms de cette littérature scandinave.

Olav Duun et Sigrid Undset pour la Norvège, Par Lagerkvist pour la Suède et Frans Eemil Sillanpââ pour la Finlande sont les plus prestigieux représentants de la littérature du Nord dans les années 20.

De Josef K.

au Loup des Steppes.

Franz Kafka, employé d'une compagnie d'assurance à Prague, ressent son œuvre de façon tellement privée qu'il ne publie que quelques récits et ordonne à son exé­ cuteur testamentaire, Max Brod, de tout brûler après sa mort.

Son ami ne respectera pas cette volonté et publiera notamment des romans comme Le Procès (1925) et Le Château (1926), des visions d'insécurité totale de l'individu dans un monde absurde.

Les textes de Kafka déclenchent tout autant l'angoisse que l'émerveillement.

Le Praguois Rainer Maria Rilke, de huit ans son aîné, écrit dans sa langue raffinée et élitiste : « Je n'ai jamais lu une ligne de cet auteur sans être concerné ou étonné au plus profond de moi-même.

>> Rilke lui-même explore dans Les Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910) et dans de nombreuses lettres, l'espace intérieur, c'est-à-dire l'expérience inté­ rieure de l'homme.

Les Élégies de Duino, sur lesquelles Rilke avait déjà travaillé avant la guerre au château de Duino, près de Trieste, sont une œuvre majeure.

En 1922 il compose ses Sonnets à Orphée.

Hermann Hesse, qui s'installe en Suisse en 1912, fait partie, deux ans plus tard, des quelques poètes allemands qui ne partagent pas l'enthousiasme de ses compat riotes pour la guerre; il se prononce avec véhémence pour la paix.

Hesse dispense des soins aux prisonniers.

La protestation contre la « folie brute assoiffée du sang de l'homme >> lui est « devoir et amère nécessité >>.

Il faut lire ses romans Siddhartha (1922) et Le Loup des Steppes (1927) comme une défense de la personnalité dans l'ère naissante de la société de masse, comme. »

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