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«Ceci est ma main»: puis-je en être sûr?

Publié le 22/02/2016

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On ne peut être certain que de faits empiriques, sinon la certitude n'a plus de sens. Or, «Ceci est ma main» n'est pas un fait empirique: un tel énoncé est métaphysique, et doit donc être tu.

«Je rencontre un Martien qui me demande: 'Combien d'orteils ont les hommes?\" - Je dis: \"Dix. Je vais te le montrer ”, et je me déchausse. S'il s'étonnait de ce que je l'aie su avec une telle assurance bien que je n’aie pas regardé mes orteils, devrais-je dire: “Nous autres hommes, nous savons combien d'orteils nous avons, que nous les voyions ou non'?»

 

Ludwig Wittgenstein, De la Certitude

«Est-ce que, dans la vie, je teste la vérité de ia proposition qui dit que je sais qu'il y a là une main (plus précisément ma main)?»

 

Ludwig Wittgenstein, De /a Certitude

« «Ceci est ma main» n'exprime pas une certi tude ·~[·]~· Il y a des faits dont on ne peut douter.

Mais il serait faux, pourtant, de les considérer comme certains.

Bien plutôt, il faut les considérer comme un ensemble de règles qui rendent le langage possible.

Le savoir ilnplique la possibilité du doute L udwig Wittgen ­ stein , dans De la Cer ­ titude, organise sa ré· flexion autour de la thèse •Est·ce que , dans la vie, je teste la v6rit6 de la propo· sition qui dit que je sais qu'il y a là une main (plus pré· cisément ma main )?• Ludwig Wittgenstein , De la Certitude de Moore.

Il constate que Moore fait un usage impropre de 1 'exp res· s ion «je sais».

En effet, lor sque l'on dit qu e l'on sait quelque chose, c ' est que quelqu'un pourrait en douter.

Or, dans le cas de ((Ceci est ma main» , personne n'est enclin à formu [er un dout e.

Le langage s'articule autour d' «axes•• implicites T ou t, dans mon com­ port e m e nt de tous le s jours , indique qu e j e connais l'existence de ma main.

Cependant , c e n 'est pas qu elque chose qui peut être for· mul é .

((Cec i est ma main », pour W iittgen · s tein , est une sor t e d'axe autour duquel s'organ ise le langage , mais qui ne fait pas lui ­ même partie du langag e.

On ne peut remettre en doute les fondements du langage S i nous commençons à nous demander si oui ou non nous avons un e main , alors , selon Wittgenstein , plus rien n'est suscep tible d'être vrai.

Car de tels énon­ cés sont précisément ce qui permet de cons­ truire tout le reste: ils sont la règle du jeu de langag e.

Or , on ne peut mettre en doute une règle , car elle n e fait pas partie elle-même du jeu.

On ne peut être certain que de faits empi riques, sinon la certitude n'a plus de sens.

Or, «Ceci est ma main» n'est pas un fait empi rique: un tel é non cé est métaphysique, et doit donc être tu.. »

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