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Citations-clés et jugements critiques

Publié le 02/08/2014

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I - CITATIONS DE RENOIR

L'eau

« Un élément qui, sans aucun doute, m'influença dans ma formation d'auteur de film est l'eau. Je ne conçois pas le cinéma sans eau. Il y a dans le mouvement du film un côté inéluctable qui l'apparente au courant des ruisseaux, au déroulement des fleuves. Ça, c'est l'explication maladroite d'une sensation. En réalité les liens qui unissent le cinéma et la rivière sont plus subtils et plus forts parce qu'inexpli¬cables. « (Ma vie et mes films, Flammarion, 1987)

Renoir acteur

« F[ai] joué dans mes propres films. Je considère indispensable à un metteur en scène de faire quelques incursions de l'autre côté de la caméra. Je n'oublie pas que quelques-uns des grands metteurs en scène ont commencé par être acteurs, J'avais compris ce que devait être mon chemin c'était de me laisser absorber par ce qui était autour de moi. Le spectacle de la vie est mille fois plus enrichissant que les plus séduisantes inventions de notre esprit. « (ibid.)

De l'adaptation

« J'étais entré dans la carrière avec la ferme volonté d'éviter l'adaptation d'oeuvres littéraires ou théâtrales à l'écran. Mon retournement fal été complet.

Après tout, ce qui nous intéresse dans une adaptation, ce n'est pas la possibilité de retrouver l'oeuvre originale dans l'oeuvre filmée, mais la réaction de l'auteur du film devant l'oeuvre originale. Cette réaction peut nous entraîner à des résultats qui paraîtront sans rapport avec celle-ci, qu'importe. On n'admire pas un tableau à cause de sa fidélité au modèle, ce qu'on demande au modèle, c'est d'ouvrir la porte à l'imagination de l'artiste. Cette explication sommaire est insuffisante, car là où les choses se compliquent, c'est que si l'artiste a conscience de sa propre impor¬tance, le résultat final risque de n'être qu'un monument à sa vanité. Le véritable ar¬tiste croit que sa fonction se borne à copier le modèle. Il ne se doute pas, pendant qu'il travaille, qu'il est en train de recréer le modèle, que ce modèle soit un objet, un être humain, voire une pensée. «

Du dialogue

« La plupart des dialogues de film semblent rajoutés pour aider à la clarté du sujet. C'est une conception fausse. Le dialogue fait corps avec le sujet et révèle l'individu. Car le vrai sujet, c'est cet individu que le dialogue, l'image, la situation, le décor, la température, l'éclairage contribuent à révéler. Le monde est un tout. « (ibid.)

 

Sur sa façon de travailler

... je suis un abominable tyran. J'ai dit que j'étais une sage-femme. À la vérité, j'étais dix sages-femmes, vingt sages-femmes, autant de sages-femmes qu'il y avait d'éléments dans le film. Je voulais que l'acteur, tout en croyant être son propre maître, soit en réalité mon esclave inconscient. En retour, je tirais de son interprétation des moments éblouissants : le bébé qui voit le jour arrache à ses parents des cris d'admiration.

Ma tyrannie s'exerçait dans tous les domaines, depuis les décors jusqu'aux plus insignifiants accessoires, en passant par la musique, la prononciation et les angles de cadrage. Comme pour les acteurs, j'insistais pour que le cadreur soit le maître de son cadrage. Mon travail consistait à cadrer comme je le voulais, mais sans le lui demander directement, de sorte qu'il était convaincu d'avoir déterminé l'angle de la prise de vues. Sous cette liberté influencée, les gens donnent le meilleur d'eux-mêmes et la porte reste ouverte au dialogue. « (ibid.)

II - SUR LE TOURNAGE D'UNE PARTIE DE CAMPAGNE La triste fin du tournage racontée par Sylvia Bataille

« Ah, ça n'a pas été joli, je vous assure, les derniers jours. Plus personne ne pouvait se voir, l'atmosphère était haineuse ... Pourquoi ? Rendez-vous compte ce que c'est qu'une équipe contrainte d'attendre, des jours et des jours, sur le tas, le soleil et l'argent ! Un jour, Renoir arrive et nous apprend qu'il lâche tout, qu'il vient de signer Les Bas-Fonds... Alors, je ne me suis plus retenue et je l'ai injurié, comme il le méritait. Ça a été terrible ! Je me souviens du retour à Paris, nous étions entassés dans une toute petite voiture... Moi, il fallait que j'aille délivrer ma mère et ma fille, laissées à l'hôtel en otages, parce que je ne pouvais plus payer ... Et puis on a été chez Pierre Renoir manger des confitures. Nous étions tous certains que le film ne sortirait jamais, que c'était fini. « (cité par Claude-Jean Philippe. dans Le Roman du cinéma 2. 1938-1945, Fayard, 1986)

4 III - JUGEMENTS CRITIQUES

À propos du film

« La transposition est discutable, elle est parfois poussée au comique par des moyens faciles, et on n'y sent pas, comme dans le conte, cette présence accablante, cette fatalité sensuelle et étouffante de l'été, mais il reste un amusant album d'images de l'école impressionniste, un air de famille qui fait penser au groupe de Médan, aux canotiers de Maupassant [...] et, pour la première fois, on se souvient que Jean Renoir porte un nom illustre et qui nous est cher. « (Maurice Bardèche, Histoire du cinéma, le Livre de Poche)

« C'est un dialogue amoureux entre Jean Renoir et la nature, conversation tantôt badine, tantôt sérieuse, et à laquelle Maupassant n'assiste que comme spectateur. « (Jacques Doniol-Valcroze, cité par André Bazin, dans Jean Renoir, Ivrea, 1989).

« Partie de campagne est le film des pures sensations, chaque brin d'herbe nous chatouille le visage ; adapté d'une histoire de Guy de Maupassant, Partie de cam¬pagne donne le seul vrai équivalent de l'art de la nouvelle à l'écran ; sans s'aider

 

d'une ligne de commentaire, Renoir nous offre quarante-cinq minutes de prose poétique dont la vérité, à de certains moments, nous donne le frisson ou quelque chose comme la chair de poule. Ce film, le plus physique de son auteur, vous tou¬chera physiquement. « (Présentation de Partie de campagne par François Truffaut, lors d'un festival Renoir, cité dans Les Films de ma vie, Flammarion, 1987)

À propos de Renoir

« Renoir a hérité un sang royal, liquide épais et chaud qui le met en affinité avec l'homme et l'animal, l'arbre et la plante traversés d'une sève analogue ; il est d'abord un être vivant, qui a chaud au soleil, froid sous la neige, qui est mouillé sous la pluie. Dans ce domaine du cinéma où tout est feint, maquillé, truqué, un homme aussi naturellement sain représente une force extraordinaire qui inspire confiance, appelle l'amitié, force l'admiration. Les idées des hommes l'intéressent beaucoup moins que leurs instincts, que leurs appétits. « (Charles Spaak, scéna¬riste, à l'époque de la Partie de campagne)

Bibliographie

h Écrits de Renoir

Ma vie et mes films, Flammarion, 1987.

Pierre-Auguste Renoir, mon père, Folio, Gallimard, 1981.

2 - Écrits sur Renoir

Roger Viry-Babel, Jean Renoir, le Jeu et la Règle, Denoél, 1986.

André Bazin, Jean Renoir, Ivrea, 1989.

Pierre Haffner, Jean Renoir, Rivages cinéma, 1988.

Daniel Serceau, Jean Renoir, la sagesse du plaisir, Éditions du Cerf, 1985.

3 - Ouvrages généraux

Claude-Jean Philippe, Le Roman du cinéma, 1938-1945, Fayard, 1986. Maurice Bardèche et Robert Brasillach, Histoire du cinéma, 2 tomes, Le Livre de Poche.

Jean-Pierre Jeancolas, Histoire du cinéma français, Nathan université, coll. « 128 « cinéma, 1995.

Pour éclairer les rapports du metteur en scène et de son équipe par la

documentation en images

Les Ateliers du 7" art, (Gallimard coll. « Découvertes 

— vol 1 : Avant le clap, par J.-P. Berthommé ;

— vol 2 : Après le (lai), par Vincent Amiel.

« Sur sa façon de travailler « ...

je suis un abominable tyran.

J'ai dit que j'étais une sage-femme.

À la vérité, j'étais dix sages-femmes, vingt sages-femmes, autant de sages-femmes qu'il y avait d'éléments dans le film.

Je voulais que l'acteur.

tout en croyant être son propre maître, soit en réalité mon esclave inconscient.

En retour.

je tirais de son interprétation des moments éblouissants : le bébé qui voit le jour arrache à ses parents des cris d'ad1niration.

Ma tyrannie s'exerçait dans tous les domaines, depuis les décors jusqu'aux plus insignifiants accessoires, en passant par la musique, la prononciation et les angles de cadrage.

Comme pour les acteurs, j'insistais pour que le cadreur soit le maître de son cadrage.

Mon travail consistait à cadrer comme je le voulais, mais sans le lui demander directement, de sorte qu'il était convaincu d'avoir déterminé l'angle de la prise de vues.

Sous cette liberté influencée, les gens donnent le meilleur d'eux-mêmes et la porte reste ouvene au dialogue.

» (ihid.) ~Il -SUR LE TOURNAGE D'UNE PARTIE DE CAMPAGNE La triste fin du tournage racontée par Sylvia Bataille {(Ah, ça n'a pas été joli, je vous assure.

les derniers jours.

Plus personne ne pouvait se voir.

l'atmosphère était haineuse ...

Pourquoi ? Rendez-vous compte ce que c'est qu'une équipe contrainte d'attendre, des jours et des jours, sur le tas, le soleil et l'argent ~Un jour, Renoir arrive et nous apprend qu'il lâche tout, qu'il vient de signer Les Bas-Fond.~ ...

Alors, je ne me suis plus retenue et je l'ai injurié, comme il le méritait.

Ça a été terrible ! Je 1ne souviens du retour à Paris, nous étions entassés dans une toute petite voiture ...

Moi, il fallait que j'aille délivrer ma mère et ma fille, laissées à l'hôtel en otages, parce que je ne pouvais plus payer.

Et puis on a été chez Pierre Renoir manger des confitures.

Nous étions tous certains que le film ne sortirait jamais, que c'était fini.

>-> (cité par Claude-Jean Philippe.

dans Le Roman du cinéma 2.

1938-1945, Fayard, 1986) ~ Ill -JUGEMENTS CRITIQUES À propos du film « La transposition est discutable, elle est parfois poussée au cornique par des moyens faciles, et on n'y sent pas, comme dans le conte, cette présence accablante, cette fatalité sensuelle et étouffante de l'été, mais il reste un amusant album d'images de l'école impressionniste, un air de famille qui fait penser au groupe de Médan, aux canotiers de Maupassant [ ...

]et, pour la première fois, on se souvient que Jean Renoir porte un nom illustre et qui nous est cher.

» (Maurice Bardèche, Histoire du cinéma, le Livre de Poche) « C'est un dialogue amoureux entre Jean Renoir et la nature, conversation tantôt badine, tantôt sérieuse, et à laquelle Maupassant n'assiste que comme spectateur.

>-> (Jacques Doniol-Valcroze, cité par André Bazin, dans Jean Renoir, lvrea, 1989).

«Partie de campagne est le film des pures sensations, chaque brin d'herbe nous chatouille le visage ; adapté d'une histoire de Guy de Maupassant, Partie de can1- pag11e donne le seul vrai équivalent de l'art de la nouvelle à l'écran; sans s'aider. »

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