Devoir de Philosophie

Comprendre le sujet : Peut-on juger autrui ?

Publié le 02/02/2013

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Bon, alors, pour la dissert, même principe que pour l'explication de texte, il faut prioritairement dégager le problème. Enfin, en tous cas, c'est le conseil que je te donne.Là, en l'occurrence, la réponse paraît évidente : bien sûr qu'on peut juger autrui, la preuve, tout le monde le fait tout le temps (Machin est avare, Untel est mignon, etc.) et même il existe des mecs dont la profession consiste justement à juger autrui (les juges, mais les profs aussi). La question semble donc ne pas se poser, ou en tous cas pas tant qu'on entend "pouvoir" en termes de possibilité. Parce que si on entend "peut-on" dans le sens "avons-nous le droit de" (comme dans les question du style : "Peut-on passer un contrat avec un tueur à gages ?", par exemple : évidemment que cela est possible, mais cela n'est pas forcément légal), tout change. Quelle est la légitimité de nos jugements sur autrui ? Déjà, dans un jugement, que faisons-nous ? Nous associons à un "sujet" (Machin, Untel...) un attribut (en logique, on dirait plutôt un "prédicat"), par exemple "avare", "mignon", "coupable", etc., au moyen de la "copule" (c'est comme ça qu'on dit en logique) qui, en l'occurrence est le verbe être. C'est-à-dire que nous déclarons inhérentes au sujet certaines propriétés. Or précisément, qu'est-ce qui nous permet de faire ce lien ? Comment pouvons-nous être sûrs que, vu la conduite et les actes d'autrui (ce qu'il fait), nous sommes fondés à déduire qu'il "est" ainsi et pas autrement ? Mettons, si Untel a menti trois fois, cela veut-il dire pour autant qu'il "est" un menteur ? Comment passe-t-on d'une série d'actes constatés à un trait de caractère allégué ? La difficulté consiste en cela que derrière l'apparence strictement logique du jugement (sujet, copule, prédicat) se cache une appréciation arbitraire relevant de l'interprétation des actes d'autrui. Et l'interprétation n'est pas une science exacte, loin de là. C'est pour ça, par exemple, qu'on ne peut pas transformer le code pénal en une espèce de catalogue des délits auxquels serait attaché un "tarif" systématiquement appliqué. Pour évaluer la peine d'un meurtrier, on ne peut pas mettre dans le même sac le gars qui kidnappe une étudiante et la bute après l'avoir torturée pendant des heures et la femme battue depuis dix ans qui un jour abat son mari. La réalité de l'action humaine, c'est l'intention derrière, et c'est cela que nous jugeons, au fond, quand nous prononçons le jugement sur autrui à propos de ses traits de caractère. Et la difficulté, c'est que les intentions d'autrui nous sont à jamais opaques parce que nous ne sommes pas télépathes, et même à lui-même, ce n'est pas toujours bien clair. Savons-nous, nous-mêmes, pourquoi nous agissons ? Toujours ? De surcroît, ce que je suis en train de dire ici, avec mon histoire d'intention, c'est qu'au fond, parce que motivé chaque fois par des intentions particulières, chaque acte humain est strictement singulier et non reproductible. Quand je serre la main d'une même personne chaque jour au fil des années, la signification de la poignée de main change avec chaque nouvelle poignée de ...

« Conseils pour la dissertation Les règles de la méthode Voici sept points simples qu'il convient d'énoncer au départ afin d'éviter tout malentendu.

Si vous les suivez scrupuleusement, il n'y a aucune raison de rater son devoir.

Il est donc requis: 1.

Que le candidat ait vu que le sujet soulevait un problème, qu'il ait formulé celui-ci et tenté de le résoudre. 2.

Que la solution proposée repose sur une argumentation qui la justifie et non sur de simples affirmations. 3.

Que l'argumentation soit construite et ne se réduise pas à une simple juxtaposition d'exemples ou de remarques. [il n'existe pas de plan-type : l'absence de plan seule peut être sanctionnée] 4.

Que le candidat témoigne d'un minimum de connaissance sur le problème qu'il a choisi de traiter - que celle-ci soit issue du cours du professeur ou bien d'expériences et de lectures personnelles. 5.

Que cette connaissance soit bien assimilée, qu'elle soit l'occasion d'une réflexion personnelle et non de la récitation d'un cours. 6.

Que le candidat soit capable d'analyser correctement les notions et qu'il ait une maîtrise suffisante du vocabulaire qu'il emploie. 7.

Enfin, que l'expression - destinée à convaincre - soit simple, claire et distincte. Comment démarrer votre dissertation ? La partie préparatoire est essentielle, car c'est d'elle que dépend en grande partie la réussite ou l'échec du devoir.

La signification des mots figurant dans l'énoncé du sujet doit attirer votre attention.

Que veut dire, de manière très précise, tel concept sur le plan littéraire, philosophique, éventuellement scientifique ? Une fois opérée la clarification des termes de base (avec l'aide du Robert ou d'un vocabulaire philosophique comme la philo de A à Z des éditions Hatier, si vous êtes chez vous), élucidez la signification du sujet posé, en repérant les éventuels paradoxes, qui sont très fréquents dans les énoncés proposés au baccalauréat (exemple : Peut-on obéir sans cesser d'être libre?).

En bref, étonnez-vous devant un sujet, ne le réduisez pas à du déjà-connu, essayez de faire jouer tous les sens possibles. L'INTRODUCTION L'introduction de la dissertation n'a qu'un seul rôle absolument essentiel : procéder à l'analyse du sujet et poser un problème.

Ce dernier ne figure jamais pas en toutes lettres dans l'énoncé du sujet mais, néanmoins, il est contenu implicitement en lui.

Si le sujet est posé sous forme de question, le problème ne se confond pas avec la question.

On ne peut donc reprendre la question en guise de problème.

Ainsi, le sujet penser, est-ce dire non ? , conduit après analyse, au problème suivant : Le pouvoir de négation est-il un obstacle ou la condition d'une pensée authentiquement libre ? Notez qu'il ne faut poser qu'un seul problème, même si, comme c'est souvent le cas, plusieurs problèmes sont envisageables. Enfin, en raison de l'exigence précédente, il faut bannir toute généralité ou évidence du type : « de tous temps, l'homme etc.

» ainsi que toute considération anecdotique.

On ne doit s'occuper que du sujet sans céder à la tentation de faire déjà des citations dans l'introduction même si la culture philosophique et générale renforce l'efficacité de l'analyse. LE DÉVELOPPEMENT Le corps de la dissertation philosophique doit prendre la forme d'une discussion argumentée et progressive dont chacune des étapes est justifiée.

La pensée doit y être active et dynamique et non passive et routinière. Cette discussion philosophique est, avant tout, conceptuelle : elle désigne une analyse de concepts et de notions, qu'il faut clarifier et élucider, en particulier par le recours à des exemples bien choisis.. »

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