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Conscience de la mort et sentiment de peur ?

Publié le 11/02/2016

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Le culte des morts est l'une des premières traces de la civilisa. C’est dire que les hommes, aux origines de l'humanité, étaient déjà confrontés à un problème sans solution puisque l'expérience de la mort est la seule expérience qu'aucun être conscient ne peut vivre. La mort, se dérobant à toute connaissance empirique, vécue - la mort d'autrui n'est pas ma propre mort - ne peut être, pour cette raison même, qu'un

objet de peur. C'est toujours par rapport à cette peur que les hommes ont construit des défenses; qu'ils ont parlé d'elle en termes d'espoir, de libération. Maintenant, il est vrai que nul ne peut dire si la mort est le terme définitif de toute vie, ou si elle est un passage, une transmigration de l'âme. Dans un cas comme dans l'autre, la croyance l'emporte sur ce que l'esprit peut connaître.

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« -- La conscience de mourir ne peut pas susciter d'autres sentiments que la peur ·~[·]~1 La conscience de mourir est conscience de passer d'un état que l'on connaît à un état dont on ignore tout.

Nul ne peut vivre sa propre mort.

Voilà qui fait violence à l'esprit et constitue le drame de l'existence.

La peur naît de l'inconnu L e petit enfant a peur d'un visage inconnu.

Il est dans la nature de l ' homme de connaître et d'expliquer, parce que ce sont là les seuls •la mort n'est jamais que la pire violence qui puisse advenir à l'homme.• René Girard, La Violence et le sacré moyens qu 'il a de se défendre et de maîtri­ ser les choses dont il a conscience .

La mort est la seule réalité qui semble définitivement se dérober à sa faculté de comprendre .

C'est pourquoi elle ne peut qu 'être objet de terreur .

Nul n'a fait l'expé­ rience de la mort K ant le rappelle: on ne 'peut pas v1vre sa propre mort.

Qui pré­ tend l'avoir connue et être revenu à la vie dit faux.

En effet , ce n'est plus l'arrêt du cœur qui , aujourd 'hui , définit la mort , mais la cessation de toute activité céré­ brale.

Or , jamais un être humain dont le cerveau a cessé de fonctionner depuis vingt -quatre heures n'est revenu à la vie .

La mort est pure violence L a violence fascine parce qu'elle fait peur.

De toutes les vio­ lences , la mort est la plus extrême.

D'une part, elle nie tout ce que je suis, tout ce que j'ai entrepris depuis que je suis né; d'autre part, elle fait vio­ lence à ma capacité de comprendre .

J'en ai conscience , mais je ne parviens pas à en saisir la réalité et le sens.

C'est pourquoi elle me fas­ cine et à la fois me ter­ rorise.

Tout ce qui se dérobe à l'entendement humain fait peur.

La mort est l'inconnaissable par excellence.

La tragédie de l'homme est d'avoir conscience de mourir tout en ignorant ce qu'est la mort.. »

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