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LA LIBERTE PEUT-ELLE ETRE UN FARDEAU TROP LOURD A PORTER ?

Publié le 22/02/2012

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            La liberté est précieuse; c'est une valeur pour laquelle nous sommes prêts à nous battre, car nous estimons qu'elle concourt au plus haut point au bonheur et que notre individualité ne peut s'affirmer et se construire que dans et par la liberté. Nous la désirons tous. Et pourtant, combien l'expérience de la liberté peut être parfois douloureuse et risquée! Lorsqu'il s'agit de décider entre différents possibles, lorsque notre existence dépend d'un choix et que nous ne savons pas qu'elle direction est la meilleure et que personne ni rien ne peut nous aider à choisir... Plus encore: nous revendiquons la liberté et pourtant nous ne cessons de nous défiler lorsqu'il s'agit de l'assumer: "ce n'est pas moi", "je ne l'ai pas fait exprès", "c'est à cause de mon frère, de ma soeur", etc. L'expérience de la liberté n'est pas que légèreté de la vie et insouciance, c'est aussi le poids de notre entière responsabilité et de notre solitude totale.
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« En effet, examinons de plus près les motifs qui nous poussent à rejeter notre liberté tout en larevendiquant: ce qui nous gêne en elle, si elle nous semble une charge, c'est parce qu'être libre nous oblige à êtreresponsables de nos actes et de nos paroles.

Et c'est bien là que le bas blesse! Comme l'avait déjà souligné Kantdans son oeuvre "Qu'est ce que les lumières?" , la majorité des hommes sont lâches et feignants: ils ont peur de la liberté parce qu'elle comporte un risque, celui de se tromper.

Nous l'avons dit précédemment: nous devons choisirentre des possibles mais aucune ligne n'est tracée.

Nous devons nous engager dans l'existence mais seuls, personnene nous dit ce qu'on doit faire ou ce qu'on doit penser.

Nécessairement, nous nous trompons souvent, nous nouségarons.

Nous commettrons des actes que nous regretterons par la suite.

Nous soufrerons de graves erreurs.

Voilàpourquoi la plupart des hommes préfèrent se reposer derrière les autorités: - un livre qui lui dira ce qu'il doit faire(une "Bible", comme le dit l'expression), - une personne qui détient le savoir qui lui dictera sa pensée (un prêtre, unmoraliste, un savant ou un philosophe), - et enfin un médecin qui lui prescrira les règles pour s'occuper de soncorps.

Ce dont les hommes ont peur, c'est de penser par eux-mêmes, de diriger leur vie comme ils l'entendent: ilscraignent la liberté parce qu'ils sont lâches, c'est pour cette raison qu'ils se défilent lorsqu'il s'agit d'assumer leursactions...

Et pourtant, ils la revendiquent, mais comme cela les arrange.

Ils revendiquent la liberté politique mais ilfaut des lois et une police pour les surveiller et les contraindre à respecter la communauté.

Ils revendiquent laliberté de penser, mais ils ne font que peu d'efforts pour penser avec justesse, c'est-à-dire avec savoir, en touteconscience.

Ils n'étudient pas et ne vont que vers la culture facile, celle de l'opinion.

Ils suivent la masse.

Leshommes vont vers la facilité et ne font pas l'effort d'apprendre et d'exercer leur sens critique.

Ils sont faignants,comme le pensait Kant. Ce n'est pas la liberté qui est double, divisible.

Qui serait un fardeau dans certains cas et un pouvoir dansd'autres.

Mais ce sont les hommes qui sont doubles, c'est-à-dire de mauvaise foi, hypocrites et lâches.

La libertés'apprend, disait Kant.

Tel l'enfant qui apprend à marcher: personne ne peut l'aider.

L'enfant doit être lâché par sesparents et il doit trouver seul son équilibre.

Il ne le trouvera pas tout de suite, il tombera d'abord et se fera mal.C'est la condition et le prix pour marcher debout, de la bipédie qui entre dans la définition de l'homo sapiens parrapport aux animaux.

La liberté est pour la pensée, pour la personne, comme la bipédie pour le corps: elle s'apprendet on trouve son équilibre dans l'existence qu'en ayant vécu et pensé par moi-même, ce qui suppose l'erreur et ladouleur qui en découle.

Mais quel plaisir de marcher et quelle puissance la bipédie nous donne! De même pour laliberté: le prix à payer est inférieur au bonheur qui en découle, bonheur d'être soi-même et non pas un "produitsocial".

La liberté est alors légèreté et dignité d'être soi. Le sujet "la liberté peut-elle être un fardeau?" nous invitait à réfléchir sur l'expérience contradictoire de laliberté, qui nous semble indispensable mais qu'on rejette souvent parce que notre responsabilité et la solitude qu'elleimplique nous pèsent.

Le problème posé était par conséquent celui de l'invisibilité de la liberté. Nous avons montré que c'est par lâcheté et feignantise que les hommes se défilent et redoutent l'exerciceentier de leur liberté.

La liberté est une: elle est notre essence, par conséquent le bien le plus précieux.

C'est grâceà elle que nous sommes à la fois l'espèce supérieure et des personnes uniques dignes de respect.

C'est en exerçantnotre pensée, donc notre liberté, que nous pouvons construire notre existence à la mesure de nos désirs, de notremoi.

La liberté à un prix, elle est risquée, mais le bonheur d'être soi qui en découle dépasse la peine supportée. Ainsi, puisque la liberté est la liberté de la pensée, ne devons-nous pas nous demander plus précisément dequelle nature est cette pensée? Puisque penser par soi-même suppose s'écarter de la voie commune, construirenotre existence en dehors des schémas imposés par la tradition, être libre n'est-ce pas contraire à la soumission auxnormes? N'est-ce pas faire ce qu'on veut?. »

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