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L'autorité politique peut-elle limiter la liberté de pensée?

Publié le 02/02/2005

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La censure est ainsi un moyen pour l'autorité politique de limiter la liberté de penser. Cette limitation est possible par diverses moyens dès lors que la pensée est considérer comme ce qui se construit dans une intersubjectivité et la liberté de penser ce qui existe dans une intercommunicabilité.   II- Penser la liberté comme une indépendance du corps avec l'idéalisme platonicien   Pour Socrate (Théétète 175 c-e) la liberté n'est pas politique. Il opère une analogie : le citoyen est à l'esclave ce que le philosophe est au citoyen. La seule liberté est celle de la pensée qui est une rupture avec toute contrainte matérielle. Il s'agit, par la réminiscence, de parvenir au désoubli et d'accéder au monde intelligible, au monde des idées. Aucune contrainte ne peut empêcher à l'homme de savoir. Cependant la difficulté est de parvenir à se libérer du despotisme des désirs et de l'injustice de la cité. La cité contraint l'individu notamment par son éducation juridico-politique, ce qui n'est pas en soi un obstacle insurmontable.   III- Les idéologies sont des limitations de la liberté de penser   Si l'autorité politique peut être une contrainte notamment par la censure, elle n'est donc pas un obstacle majeur à la liberté de penser ou même d'agir.

Si la liberté de parler ou d'écrire peut nous être retirée par un pouvoir supérieur, nous avons communément l'impression que la liberté de penser nous appartient, comme un socle indestructible, une expérience cruciale. Pourtant c'est en communauté que nous pensons : d'autres nous communiquent leur pensée et nous leur communiquons les nôtres. La liberté de penser semble, en effet, avoir besoin d'une extériorisation ce qui laisse une place à l'intervention de l'autorité politique.

 

L'autorité politique peut –elle limiter la liberté de penser ? Le statut de la liberté de penser est-il celui d'une construction à partir de l'expérience ce qui laisserait un espace à l'autorité politique pour limiter la liberté de penser ? Ou bien au contraire la liberté de penser est-elle une pure intellection, une expérience du vrai sur laquelle seule les idées ont une influence ? La limitation de la liberté de penser est-elle davantage le fait d'une autorité politique où des idéologies qui fondent les groupes socio politiques ?

 

« Conclusion Si la liberté de penser est nécessairement liée à la liberté de parler ou d'écrire et si l'autorité politique a, dès lors, unrôle important dans la liberté de penser ou sa limitation, celle-ci est avant tout un acte subjectif.Cependant cette subjectivité peut être façonnée par de multiples influences et notamment par les idéologies.

• L'autorité politique peut-elle limiter la liberté de pensée ?La monarchie absolue, la dictature, toute forme de gouvernement qui ne tolère aucun autre parti que le sien, qui netolère aucune opposition, sont des autorités politiques qui limitent la liberté de pensée.

Notre siècle n'a pas étéavare en gouvernements totalitaires.

Que ce soit Hitler, Staline, Pol Pot, et malheureusement bien d'autres, tousceshommes politiques refusaient non seulement la liberté d'expression mais niaient aussi la liberté de penser.

Il est doncpossible à une autorité politique de limiter la liberté de pensée.Mais un gouvernement qui menace la liberté de pensée porte en lui son processus autodestructeur.

Car aucungouvernement, même s'il peut, comme nous l'avons vu, asservir ses membres, n'a de pouvoir infini, définitif, sur lapensée, étant lui-même soumis à la durée.

Car limiter n'est pas éliminer.

La suppression politique de la liberté estplus une menace pour l'autorité politique elle-même que son autorisation.

Sa suppression entraîne la fin de la paix.C'est pourquoi la liberté individuelle doit être accordée à tous par l'autorité politique si elle veut durer.L'indépendance absolue de la pensée et de la liberté de penser est indispensable à la paix publique.

Ainsi ladémocratie, contrat fondé en raison, résultat d'un calcul, peut seule assurer la liberté.Spinoza vivait en Hollande, pays très tolérant.

La libre République hollandaise représentait en quelque sorte cettecommunauté politique, dont le principe écartait la tyrannie personnelle d'un monarque.

La liberté est le bien le plusprécieux : liberté de parole, liberté de jugement, liberté de culte sont indissociables.

La liberté n'admet ni préjugés,ni contraintes.

Si seuls les actes étaient poursuivis et non les paroles, le droit réel existerait et non son apparence,nous dit Spinoza.

Ajoutons cependant qu'il serait pernicieux d'accorder ce droit en toute circonstance, car il est desparoles dangereuses pour la communauté (pensez à la diffamation, aux rumeurs, par exemple).Ainsi, un gouvernement a la possibilité de promulguer des lois interdisant la liberté de penser différemment : pensez,par exemple, aux gouvernements théocratiques d'aujourd'hui.

Mais ces gouvernements peuvent changer et les loisaussi.

Par contre, ce qui ne changera jamais, c'est la nature même de l'homme, être de raison.

La liberté de penseret de s'exprimer est inhérente à la nature humaine, et si l'on peut parfois l'étouffer, on ne pourra jamais l'annihiler.. »

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